samedi 26 septembre 2026

Le 8 septembre 2027: notez cette date!

Source: Statistique Canada, recensement 2026


Si seulement on avait pu savoir le 8 septembre 2026... le Parti québécois aurait facilement élu 80 députés. Ou plus. Mais nous devrons attendre au 8 septembre 2027 pour enfin prendre connaissance des données linguistiques du récent recensement fédéral. Et à moins que Statistique Canada ne tripote les chiffres, ce dont je doute, les résultats seront plus catastrophiques qu'en 2021 pour la langue française, au Québec et encore davantage dans le reste du Canada.

Entre 2021 et 2026, la population du Canada est passée de 36 600 000 à plus de 41,5 millions, soit une augmentation de plus de 13%. De 8,4 millions en 2021, le Québec a dépassé le cap des 9 millions en 2026 (9% de plus). La seule province à majorité française ne représentera plus que 21,6% de la population du Canada (contre 28,7% en 1951). Cela est préoccupant en soi, mais bien moins que l'évolution (disons plutôt déclin) de la langue française.

Historiquement, le Canada se compose de deux majorités unilingues, l'une anglaise, l'autre (principalement au Québec) française. Depuis le recensement de 2021, tout a changé. Les unilingues français sont en minorité même au Québec et leur nombre (en chiffres réels) décline. Alors que les unilingues français représentaient près de 20% de la population du Canada au milieu du 20e siècle, ils n'étaient plus que 11% en 2021. Et si l'accélération de cette chute se poursuit, à peine 9,5% de la population canadienne (et moins de 45% des Québécois) n'aura coché «français seulement» à la question du recensement sur la connaissance des langues officielles.

Pensez-y. Sur plus de 41 millions d'habitants au Canada, le français deviendra une absolue nécessité pour à peine 4 millions (peut-être moins) de personnes situées à près de 98% au Québec. Le gros bon sens dicte que quelqu'un, quelque part, à Ottawa et dans les provinces à majorité anglophone, commencera à s'interroger sur la nécessité d'un bilinguisme mur à mur au gouvernement fédéral. Et à mesure que la jeune génération de Franco-Québécois se «bilinguise» (contrairement aux jeunes anglos-hors-Québec), la pression augmentera en faveur d'une réaffirmation des ex-droits de la langue anglaise au Québec.

Le tableau que les données linguistiques du recensement 2026 nous peindront avec une précision chirurgicale, au-delà de l'agonie de la francophonie historique hors Québec (on la voyait venir celle-là), c'est celui d'un cancer bientôt terminal pour la langue et de la culture françaises dans son seul réduit nord-américain, le Québec. Au recensement de 2021, le nombre d'unilingues français a chuté de 50 000 au Québec, pendant qu'on enregistrait une hausse d'environ 73 000 unilingues anglophones. Cela vous effraie? Ce sera bien pire le 8 septembre 2027...

La dislocation de notre nation française et laïque ne sera pas belle à voir. Le recensement de 2026 écrira en colonnes de chiffres ce que tous et toutes peuvent voir et entendre dans la rue, dans les réseaux sociaux, dans les médias, un peu partout. Pierre Falardeau l'avait bien saisi: «Un peuple qui meurt, ça meurt longtemps.»

Vous savez, comme moi, qu'il n'existe pas une gamme infinie de solutions. Ou on se laisse mourir - lentement - parce que c'est plus facile que prendre en mains sa destinée politique, ou on prend son courage à deux mains pour se libérer enfin d'un carcan constitutionnel qui nous étouffera à coup sûr. Nous serons français et indépendants, ou ne serons pas...

Statistique Canada nous en fera la preuve le 8 septembre, l'an prochain... Espérons que la balle puisse être saisie au bond par un gouvernement péquiste majoritaire...

Aucun commentaire:

Publier un commentaire