9 mai 2026...
Trouvaille en cette veille de la fête des Mères... Faut croire qu'elle pense à moi dans l'au-delà...
Ma mère, Germaine Jubinville-Allard, décédée le jour de son 99e anniversaire (28 juillet 2023), avait conservé des boîtes pleines de souvenirs, y compris une grande enveloppe blanche contenant huit coupures de presse - sept du Droit, une du Ottawa Citizen - où je suis le sujet plutôt que l'auteur. Par crainte de les égarer, ce que je pourrais bien faire, j'ai choisi de les numériser et de les conserver sur mon blogue. Chacune rappelle une époque bien précise...
1. Les deux photos identiques ci-dessus ont été prises en 1968 pour ma collation des grades (bac en science po à l'Université d'Ottawa). Celle de droite annonce que j'ai reçu une bourse de l'Ontario pour poursuivre mes études de maîtrise en fédéralisme canadien et comparé. Celle de gauche a été utilisée au printemps 1969 pour annoncer ma candidature au conseil régional d'Ottawa-Carleton de l'Association canadienne-française de l'Ontario (j'ai été élu le 4 juin, cinq jours avant de devenir journaliste au Droit). Celle du milieu, avec barbe et cheveux longs, annonce ma nomination comme éditorialiste aux affaires québécoises (j'étais franco-ontarien) en 1974. À cette époque, pour accéder à l'équipe éditoriale du Droit, il fallait parader devant le conseil d'administration du journal, où je les avais averti que j'étais socialiste et indépendantiste. Aucun problème, m'a-t-on répondu, à condition que tu respectes la politique éditoriale du journal... ce que je fis.
2. Le début des années 1970, mon époque la plus intense de militantisme syndical. En plus de siéger à l'exécutif syndical des journalistes, j'avais été élu à l'exécutif du Conseil central de l'Outaouais de la CSN avec un de mes collègues du Droit, Norman Dugas. De grands bouleversements ont marqué ces années y compris le douloureux schisme à la CSN en 1972, le premier grand front commun intersyndical du secteur public québécois et l'emprisonnement des chefs syndicaux. À ne pas oublier, la grande manif d'octobre 1971 à Montréal pour sauver La Presse, menacée par Power Corp. Mon souvenir le plus précieux de l'époque syndicale: une caricature de moi dessinée par l'auteur et militant Pierre Vadeboncoeur durant une session du conseil confédéral de la CSN, à Québec je crois.
3. Cette bizarre photo de moi, prise en 1973, a été publiée par Le Droit en 2013 à l'occasion du centenaire du journal. L'article portait sur une rencontre genre retrouvailles d'anciens et actuels membres du personnel de la salle de rédaction. La photo elle-même, celle où je tiens deux téléphones, a été prise la nuit durant les négociations en vue du renouvellement de la convention collective des journalistes. Je parlais peut-être aux deux autres membres du comité de négociations mais je n'en suis pas sûr. Il n'y avait pas de Zoom ou de Messenger à l'époque... On utilisait les moyens du bord... Évidemment, les deux autres ne pouvaient parler qu'à moi...
4. Cette photo a été prise et publiée en 2008 ou 2009, peut-être aussi tardivement que 2013, dans le cadre d'un cahier spécial où il était question du fonctionnement des différents services du quotidien. En tout cas, c'était avant qu'on me mette à la porte en mai 2014. On voit, de gauche à droite, Pierre Jury, moi, Adrien Cantin et Guy Badeaux.
5. La plus ancienne des photos conservée dans cette enveloppe par ma maman. elle remonte au mois d'avril 1964, alors qu'un groupe d'étudiants de pré-universitaire de l'Université d'Ottawa avaient décidé de former une équipe dans le cadre d'un tournoi de quilles à Ottawa (5 quilles). Nous avions gagné le tournoi et la photo de la présentation du trophée par un animateur de la station de radio CFRA avait été publiée dans les pages de l'Ottawa Citizen. Je suis au centre à l'arrière, avec lunettes et chemise rayée. À ma gauche (à ma droite quand on regarde la photo), deux de mes bons amis, Pierre Brisson et Pierre de Champlain. Les trois Pierre de l'équipe. Je ne joue plus aux quilles. Si j'essayais de nouveau de m'élancer sur une allée avec une boule, j'ai la certitude absolue que je finirais ma journée à l'urgence d'un hôpital...
Bon voilà. Les souvenirs de ma mère sont sains et saufs dans l'univers numérique. Euh, non pas tous... Maman a aussi conservé dans une grande boîte tous les éditoriaux que j'ai signés au Droit en 1974-75, puis entre 2002 et 2014. Je vais tâcher de ne pas les expédier par erreur au bac de recyclage...





Aucun commentaire:
Publier un commentaire