dimanche 28 juin 2026
Entre la planète Mars et les îles Seychelles
samedi 27 juin 2026
Multiculturalisme 1, Saint Jean-Baptiste 0
vendredi 26 juin 2026
Et l'apparence de neutralité des journalistes?
26 juin 2026...
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| capture d'écran du Journal de Montréal |
Intéressant de voir le débat sur la laïcité se transporter à l'extérieur du Québec. Chez nous, la question a été tournée, retournée dans tous les sens et même s'il y a toujours des étincelles, le débat fait partie du quotidien. Nous nous y sommes habitués. Mais voilà que la chicane pogne au coeur des Prairies, à Regina, capitale de la Saskatchewan.
Eux, sont habitués à jeter un regard sévère sur les élans de laïcité québécois style Loi 21, poussant à l'occasion des cris d'indignation devant ce qu'ils perçoivent comme des formes de xénophobie, d'islamophobie ou de racisme. Mais voilà que Regina vient de permettre un appel public à la prière de la mosquée locale, lancé d'un haut-parleur sur le sommet d'un édifice en plein centre-ville.
Pensez-vous que les élus municipaux ont été couverts de félicitations et de gerbes de fleurs? Non, les réseaux sociaux ont pris feu sous une accumulation de protestations, de propos souvent haineux et même de menaces, au point où la police de Regina fait enquête. Selon le Journal de Montréal, qui cite Global News, une présence policière accrue est prévue aux alentours des rassemblements musulmans.
Des médias locaux et canadiens ont fini par s'emparer de l'affaire et consacrer quelques reportages que j'ai trouvés plutôt doucereux. Mais de mon point de vue de journaliste, ce qui surprend le plus dans cette couverture médiatique, c'est que CBC et Global News aient affecté à cette nouvelle des femmes musulmanes voilées: Aishah Ashraf (CBC) et Sania Ali (Global). Je trouve cela plutôt inquiétant, sur le plan de l'intégrité de l'information, de confier une affectation portant sur la religion musulmane à des reporters qui portent des signes religieux musulmans.
Allez faire un tour dans les médias (CBC, Global, Regina Leader Post, plusieurs pages Facebook) et renseignez-vous. Suffit de dire que nombre de commentaires sont d'une violence verbale qui fait sursauter. Voir par exemple ci-dessous:
Des médias locaux et canadiens ont fini par s'emparer de l'affaire et consacrer quelques reportages que j'ai trouvés plutôt doucereux. Mais de mon point de vue de journaliste, ce qui surprend le plus dans cette couverture médiatique, c'est que CBC et Global News aient affecté à cette nouvelle des femmes musulmanes voilées: Aishah Ashraf (CBC) et Sania Ali (Global). Je trouve cela plutôt inquiétant, sur le plan de l'intégrité de l'information, de confier une affectation portant sur la religion musulmane à des reporters qui portent des signes religieux musulmans.
Si la neutralité religieuse de l'État se défend, celle de la presse s'impose. Neutralité religieuse bien sûr. Neutralité tout court! Les médias professionnels doivent non seulement être neutres, ils doivent en donner l'apparence. Je ne dis pas que les reportages de Mmes Ashraf et Ali ont souffert de leur engagement religieux mais le public qu'elles rejoignent (ainsi que les personnes qu'elles interviewent) seraient en droit de s'interroger sur leur neutralité en les voyant.
Qu'aurait pensé le directeur de la mosquée de Régina s'il avait vu arriver un reporter juif portant kippa, ou un chrétien zélé avec une croix au cou? Se serait-il méfié? Voyait-il donc ces deux journalistes voilées comme des amies, des alliées, ou des fidèles sur lesquelles il pouvait exercer une influence? Global News et CBC auraient-ils osé envoyer Mmes Ali et Ashraf couvrir une manif de Juifs militants appuyant les agressions israéliennes, ou même un rassemblement de gens de Regina opposés aux appels musulmans à la prière?
La seule quête d'un journaliste, ce sont les faits. Rien que les faits. Si on réussit à présenter tous les faits au lectorat, ce dernier sera bien placé pour comprendre ce qui se passe et former une opinion. Tout ce qui nuit à la collecte des faits, et cela inclut la tenue vestimentaire du journaliste, doit être banni. On n'arbore pas une épinglette «Je suis athée» à une manifestation d'intégristes religieux. On ne porte pas un t-shirt «Je suis indépendantiste» au congrès libéral. Et on ne porte pas un hijab pour couvrir une réunion du Mouvement laïque local.
Je dois conclure que dans certaines grandes salles de rédaction au Canada anglais, le multiculturalisme débridé est devenu un dogme, au détriment de la neutralité de la cueillette d'information. Comme chef des nouvelles ou rédacteur en chef, j'aurais volontiers embauché ces deux journalistes, mais à la condition qu'elles ne portent pas de signes religieux (ou politiques, ou militants) ostentatoires à l'ouvrage. Si elles choisissent leur religion avant leur emploi, elles s'excluent de la neutralité journalistique. Et quant à moi, elles s'excluent de la profession.
jeudi 25 juin 2026
La grande tablée de notre Saint-Jean…
La table est mise partout, et tous, toutes y sont bienvenus.
Notre hospitalité est légendaire...
Il y a plus de 400 ans, arrivant de France, nous étions accueillis par les peuples d'Amérique.
La liberté, le partage, les grands espaces font partie de l'héritage commun.
Notre présence - française et métissée - aura marqué à jamais les rives et les affluents du «fleuve géant».
Elle mérite d'être conservée, appréciée, enseignée.
Même conquis, nous avons su porter l'épée. Nous avons, surtout, porté la croix.
Pacifiques, rebelles à notre façon, nous avons jeté l'épée, puis remisé la croix.
Le coeur de la nation, s'éloignant de l'ancienne mère-patrie, restait français cependant...
Ces derniers siècles, d'autres ont pris place à notre table…
Des Européens, Africains, Antillais, Asiatiques, Américains…
Plusieurs ont voulu cheminer avec nous et sont maintenant chez eux, à notre table.
Notre aventure en Amérique est devenue la leur…
Ils ont compris ce que trop des nôtres semblent avoir oublié:
- l'importance et l'attrait de notre petite nation encerclée… de son passé, son présent et son avenir...
- l'actualité des valeurs de survivance, résistance, rébellion, liberté, laïcité, indépendance…
- la beauté de la langue française, bien vivante dans notre riche répertoire musical et littéraire…
Ces anciens étrangers ont compris qu'ils étaient invités à notre table, pas nous à la leur.
Que les bras tendus en accueil étaient les nôtres…
Ils ont saisi ce que les «multiculturels» semblent incapables de saisir…
S'ouvrir collectivement à l'autre, c'est l'inviter à venir vers soi.
On ne fait pas preuve d'ouverture en souscrivant aux coutumes des autres, mais en conviant les autres à notre table…
Leur présence enrichira la nôtre et modifiera peu à peu la texture de la nation, sans en altérer le coeur et les valeurs.
Alors je leur lance cette intitiation: venez casser la croute à la grande tablée de la Saint-Jean!
À la fin du repas et de la fête, si vous désirez toujours participer à notre aventure nationale, si vous choisissez de la faire vôtre, nous chanterons tous, toutes, sur un air connu:
«Ils sont des nôtres»… »
mercredi 24 juin 2026
Je suis bouche bée!
24 juin 2026...
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| le message lamentable de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario en 2026 |
Dans le quotidien Le Droit du 23 juin 1913, la direction franco-ontarienne du journal qui n'avait que trois mois d'existence publia à la une un éditorial sur la fête de la Saint Jean-Baptiste. En voici le début: «Demain, 24 juin, le peuple canadien-français célèbre sa fête nationale, la Saint-Jean-Baptiste. C'est la fête du peuple; c'est le jour des grands enthousiasmes, des manifestations joyeuses et des viriles résolutions. En ce jour, on aime à voir les drapeaux claquer à la brise; le son des fanfares nous paraît plus joyeux et l'on redit avec plus d'entrain les chansons du jeune âge. Tout cela est bon, tout cela est même nécessaire, c'est le souffle de l'âme nationale qui passe dans les foules, ranime les courages et inspire de fortes et solides résolutions.»
Cette Saint Jean-Baptiste se déroulait sur fond de crise scolaire alors que les Franco-Ontariens luttaient pour conserver leurs écoles françaises. Le 22 juin, un grand ralliement canadien-français avait eu lieu à Ottawa en solidarité avec les collectivités francophones de l'Ontario. Douze mille manifestants avaient paradé dans les rues de la capitale. La crise suscitée par l'ignoble Règlement 17 devait durer jusqu'à la fin des années 1920 et les séquelles se faisaient encore sentir dans mon enfance et même après, jusque dans les années 1990. Et à tous les ans, la Saint Jean-Baptiste était l'occasion de célébrer les combats historiques des Franco-Ontariens et de l'ensemble de la nation canadienne-française.
Que ces chapitres ontariens de l'histoire nationale aient été oubliés ou mis au rancart au Québec, dans l'Ouest ou en Acadie est bien regrettable. Mais il est scandaleux que cela se produise en Ontario même, au sein de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, l'organisme parapluie de l'Ontario français. Quand revient tous les ans la Saint Jean-Baptiste, comment ne peut-on pas faire revivre, tout au moins dans un texte officiel, l'héritage laissé par des générations de militants franco-ontariens? Ce passé pas si lointain n'est-il pas le socle sur lequel se dresseront les résistances de l'avenir?
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| l'éloquente page une du Droit du 23 juin 1913 |
J'ai vu ce matin le message annuel de la Saint Jean-Baptiste de l'AFO et même si je suis Québécois depuis plus de 50 ans, mes vieilles tripes franco-ontariennes ont sursauté. Comment l'association qui dit représenter les Franco-Ontariens peut-elle publier un texte aussi plate et aussi insipide? On croirait, à la lire, que ses auteurs et les dirigeants qui leur ont donné le feu vert ignorent tout de l'histoire de l'Ontario français. J'en ai eu le souffle coupé. Lisez: «L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario souhaite une excellente fête de la Saint Jean-Baptiste à tou.te.s (!!) les canadien.nes (!!!) francophones en Ontario et dans tout le Canada. C'est une période joviale pour la communauté francophone canadienne qui se commémore (sic) ses aboutissements dans le maintien du français.»
Ne cherchez pas le mot «national». Il n'y est pas, même s'il s'agit depuis toujours de la fête nationale (des Québécois, mais aussi des Canadiens français). Les Franco-Ontariens et les francophones des autres provinces (y compris le Québec) ne sont plus, à croire l'AFO, qu'une «communauté francophone canadienne». Comme les autres «communautés»... Vérifiez le sens du mot communauté quelqu'un! Quant à l'existence d'une «période joviale» pour commémorer les «aboutissements dans le maintien du français», on peut à juste titre se demander de quoi l'AFO parle... Peut-être s'agit-il d'une nouvelle langue de bois pour éviter de raconter la véritable histoire des Franco-Ontariens...
Si Doug Ford ou quelque représentant du gouvernement de l'Ontario avait pondu un tel message, on aurait pu comprendre et attribuer les faiblesses du texte à leur ignorance de l'histoire des francophones de leur province. Mais venant de l'AFO, je suis bouche bée...
mardi 23 juin 2026
Une montée de lait...
lundi 22 juin 2026
Une autre étude non scientifique...
22 juin 2026...
Je suis toujours à l'affût de données crédibles sur la francophonie hors Québec. Elles ne courent pas les rues. Quand j'ai vu le titre ci-dessus, portant sur la langue de travail, j'ai épluché l'article signé par Mathilde Beaulieu-Lépine, qui se spécialise dans la cueillette d'information sur les Canadiens français et Acadiens en situation minoritaire.
Que les jeunes francophones aient de la difficulté à travailler dans leur langue en Ontario, au Manitoba ou en Nouvelle-Écosse ne surprendra personne. La question est toujours de savoir dans quelle proportion, d'une province à l'autre. Or, dès le début de l'article, on parle d'une «étude» de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), selon laquelle «seulement un tiers des jeunes francophones en situation minoritaire travaillent surtout dans leur langue».
Plusieurs s'étonneraient en clamant: c'est bien peu! Pour ma part, je trouvais ce pourcentage bien élevé. À cause du mot «surtout». J'ai vécu près de 30 ans de ma vie à Ottawa, à jet de pierre du Québec, et à moins de travailler dans les milieux scolaires francophones, ou à l'hôpital Montfort, ou dans une caisse populaire (et encore), les occasions sont plutôt rares de travailler «surtout» en français.
Je fais alors ce que tout journaliste devrait avoir le réflexe de faire: trouver cette étude et examiner de plus près sa méthodologie. Il s'agit d'une consultation effectuée pour la FJCF par la firme Sociopol, d'un sondage pancanadien appelé Baromètre, s'adressant aux jeunes de 14 à 25 ans et tenu à l'été 2025. On y a comptabilisé un total de 295 répondants provenant de tous les coins du pays (excepté le Québec). De quelle façon ont-ils été choisis? Ça je n'ai pas trouvé.
La caractère non scientifique de cette «étude» est vite suggéré par l'affirmation suivante: «Pour près du tiers des jeunes consultés, la consultation fut l'occasion de se familiariser avec la FJCF et avec l'éventail des activités et des services qu'elle offre.» Cela signifie que plus des deux tiers des répondants connaissaient bien l'organisation. C'est louche. Je serais prêt à gager que plus de 90% des francophones de 14 à 25 ans en situation minoritaire ne connaissent pas ou connaissent peu la FJCF. On ne tire pas les noms des participants au hasard...
La conclusion qui suit l'affirmation précédente renforce mes soupçons... «Les réponses permettent de faire le portrait d'une jeunesse forte, engagée et dynamique, qui a la langue française à coeur et qui souhaite la faire rayonner.» Je veux bien croire que l'immense majorité des 295 répondants correspond à ce profil, mais ce profil ne correspond pas aux données scientifiques collectées par Statistique Canada dans les recensements et les autres études démo-linguistiques.
Les taux d'assimilation (plus élevés chez les jeunes) dans la francophonie hors Québec - sauf au Nouveau-Brunswick et dans quelques coins de l'Ontario - brossent un tableau catastrophique, avec des transferts linguistiques vers l'anglais qui dépassent souvent les 50% et même 60% et plus. Je prends pour exemple mon ancien patelin: l'Ontario. Selon Baromètre, 70% des répondants utilisent surtout le français avec leur famille. Or, selon le recensement de 2021, cette proportion oscille autour de 55% pour l'ensemble des Franco-Ontariens. C'est sans doute moins chez les jeunes...
Plus j'avance, plus je m'interroge sur la méthodologie employée et sur sa valeur scientifique. Pire, sur sa valeur tout court. L'étude me semble un fidèle reflet des 295 répondants, mais pas de l'ensemble de la jeunesse francophone en situation minoritaire. Je m'arrête là. Je réserve mon jugement final en attendant d'obtenir les réponses à toutes les questions que je me suis posées en lisant cet article du Devoir et le rapport de la firme Sociopol.
dimanche 21 juin 2026
Pas de pitié!
samedi 20 juin 2026
Mon papa méconnu...
20 juin 2026...
En cette veille de la fête des Pères, je songe à mon papa. Je n'ai pas visité sa tombe à Orléans (Ontario) très souvent depuis sa mort en septembre 1998. Mais je ne l'ai pas oublié. J'entends toujours sa voix. Il me visite, parfois, dans mes rêves. Je l'aime comme il était, comme la vie l'a façonné.
Aurèle Allard est né à Ottawa en mai 1924. Une époque difficile pour les Franco-Ontariens sous la coupe du Règlement 17. Deux ans après sa naissance, une des trois réunions de fondation de l'Ordre de Jacques-Cartier (la Patente) avait lieu dans notre église paroissiale, St-François d'Assise. Mon grand-père Joseph Allard s'y joindrait, comme mon père quelques décennies plus tard.
La famille de mon papa vivait dans un quartier canadien-français ouvrier d'Ottawa appelé Mechanicsville. Son père et sa mère étaient épiciers. Les tâches abondaient et les gars devaient rapidement abandonner leurs études pour donner un coup de main. Papa n'a pas dépassé la 9e année à l'école, ce qui, je crois, fut pour lui une grande tragédie.
De ses six pieds, tout en muscles, avec ses mains de bûcheron, il pouvait affronter toutes les tâches manuelles. Mais il aimait la musique classique, et la jouait au piano, ce qui lui a valu les railleries de ses amis. J'ai la conviction qu'avoir pu étudier, Aurèle Allard aurait décroché facilement le diplôme universitaire de son choix. Ses ambitions déçues, il les a reportées sur ses enfants.
Pendant toute notre jeunesse, alors qu'il apprenait tout seul l'algèbre, la géométrie et la trigonométrie dans ses cours par correspondance, en anglais, pour obtenir un meilleur emploi, mon papa nous répétait ad nauseam qu'un jour, tous ses enfants fréquenteraient l'université. Ce choix qui lui avait été refusé nous serait imposé. Il a vécu assez longtemps pour assister à toutes nos collations des grades.
Papa n'a jamais beaucoup parlé de sa jeunesse ou de ses années de fréquentation avec ma mère durant la Deuxième Guerre mondiale. Nous avons vu des photos de lui avec son vélo, alors qu'il livrait des télégrammes. Je sais qu'il a tenté de s'enrôler dans l'armée à quelques reprises, jusqu'à ce qu'on l'accepte au début de 1945. Son entraînement n'était pas complété quand la guerre a pris fin. Heureusement parce que le connaissant il se serait lancé tête baissée contre les Nazis et et sa tombe serait quelque part en Europe.
Je suis né en juillet 1946. Un vrai baby boomer. Quelques années plus tard, mon père serait embauché par la ville d'Ottawa, où il passerait 33 années à travailler dans un milieu le plus souvent francophobe. Il a toujours eu des patrons anglais détestables, jusqu'à la fin. Parfois il se vengeait en douce. Durant le projet de rénovation urbaine de la Basse-Ville, dont il était le directeur, il aidait le comité de citoyens et a même signé leurs pétitions contre la municipalité.
À sa dernière affectation municipale, fin années 70, malade, cardiaque, il dirigeait le Marché By dans la Basse-Ville. Encore dans des circonstances frustrantes. La mairesse néo-démocrate d'Ottawa a contribué à lui assurer une retraite hâtive sans pénalité.
Mon papa était un homme de son époque. Comme dans la chanson Frédéric de Claude Léveillée, «papa nous aimait bien» pendant «que maman nous servait» aux repas. Mais je l'ai souvent vu refuser de se faire servir, alléguant qu'il n'avait pas d'appétit, et tout à coup changer d'idée une fois convaincu que tous avaient mangé à leur faim. Il n'aurait reculé devant rien pour nous défendre et aurait tout sacrifié pour notre bonheur. Comme ma mère.
Mon grand-papa Allard me disait parfois. «Mon petit gars, y'a rien que deux sortes de monde dans notre pays: les Canadiens et les Anglais». Il avait transmis cet héritage à ses enfants. Mon père, fier Franco-Ontarien, aurait bien voulu que nous partagions sa vision politique. Mais j'ai fréquenté les sciences sociales dans les années 60 avec une majorité de Québécois. Est arrivé ce qui devait arriver. Il était sûrement déçu.
Ses dernières années, je l'espère, auront été ses plus heureuses et ses plus calmes. Entre les terrains de golf, une résidence d'hiver à la frontière mexicaine du Texas et les rencontres familiales, il a eu tout le temps voulu pour se recadrer et plonger dans ses souvenirs. À la toute fin, il me paraissait serein. Je regrette que nous n'ayons pas plus souvent jasé de son enfance, de son adolescence et de sa vie adulte. Et surtout de tout ce qu'il aurait voulu devenir si les exigences de la vie n'avaient pas dressé d'obstacles.
Je l'imagine parfois professeur, politicien, entrepreneur. Avec son ardeur au travail et sa vive intelligence, il aurait pu ouvrir bien des portes. Mais il a choisi de fonder une famille et de devenir mon papa.
Bonne fête des Pères!
vendredi 19 juin 2026
Jean-Baptiste et son mouton
19 juin 2026...
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| capture d'écran du site Web La Presse |
À la fin des défilés d’antan de la fête nationale, un petit Jean-Baptiste aux cheveux bouclés trônait sur le dernier char allégorique, flanqué d’un mouton : symbole tout en douceur d’une nation sachant «porter la croix», ayant adopté comme saint patron un martyr qui criait dans le désert.
Sous les élans fleurdelisés des années 1960, le ton des célébrations a changé. Le 24 juin s’est transformé en fête patriotique, en affirmation laïque et vigoureuse de la langue française et la culture québécoise. Le PQ a été porté au pouvoir. La Loi 101 a été adoptée. Et en dépit des jambettes, nous sommes passés à un cheveu près de la souveraineté.
Mais sous notre éveil combatif, les anciennes docilités veillaient. Depuis quelques décennies, les envolées oratoires de la fête nationale cachent difficilement un déclin de militantisme chez les nôtres, une glissade de plus en plus apathique vers le confort du bilinguisme.
L’engouement de milliers de Québécois pour l’anglais intensif au primaire, la ruée de nos étudiants vers les cégeps de langue anglaise, la corruption de notre langue au travail, dans les commerces, dans les médias d’information et les réseaux sociaux, notre soumission gênante devant les bonjour-Hi et toutes manières de génuflexion devant les exigences de l’anglosphère rappellent la résignation des Jean-Baptiste d’antan et, pire, leurs moutons.
Reste-t-il au sein de notre jeune génération (et chez leurs aînés) suffisamment d’étincelles de rébellion pour relancer l'esprit des luttes amorcées durant la Révolution tranquille ? Souhaitons-le. L’avenir de la nation québécoise en dépend! Bonne fête nationale!
jeudi 18 juin 2026
Entre Samuel de Champlain et les archives franco-canadiennes, l'impuissance...
mercredi 17 juin 2026
Protection du français: l'effondrement libéral...
mardi 16 juin 2026
Depuis quand Ottawa veut-il l'épanouissement des minorités francophones?
16 juin 2026...
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| capture d'écran du site Web Le Droit, 16 juin 2026 |
Vous voyez le titre ci-haut, publié dans Le Droit ce mardi 16 juin 2026? Il est trompeur. Nulle part dans le texte signé Lise Denis ne trouve-t-on une telle affirmation. Ni dans l'article de Pascal Vachon dans les pages d'ONFR-TFO. Pourquoi? Parce que ce serait faux.
En janvier 2026, le gouvernement du Canada a rendu public un avant-projet de règlement découlant de la modernisation de la Loi sur les langues officielles (LLO). Cet avant-projet avait pour but de mousser «la progression vers l'égalité de statut et d'usage du français et de l'anglais» au pays.
Pas besoin de faire de dessin. L'inégalité actuelle, reconnue explicitement, défavorise la langue française. Depuis 1867. Lisez l'histoire du Canada. Tout le monde, ou presque, peut se mettre d'accord là-dessus. Favoriser la progression vers l'égalité ne peut que signifier des mesures de promotion du français (ou de régression - impensable - de l'anglais).
Or, cet avant-projet de règlement annoncé en janvier n'aborde même pas l'alinéa 41(6) de la LLO, prévoyant des «mesures positives» pour octroyer au français un statut qui lui conférerait une «égalité réelle». Aucune référence, entre autres, aux mesures «pour assurer le rétablissement et l'accroissement du poids démographique des minorités francophones»...
L'avant-projet, ainsi que le rapport sénatorial qui le critique, s'en tiennent largement à cette sempiternelle symétrie fictive entre toutes les CLOSM (communautés de langue officielle en situation minoritaire). Les minorités de langue française et de langue anglaise y sont considérés sur un pied d'égalité alors que de toute évidence, les Anglo-Québécois sont choyés depuis toujours.
Les textes reflètent fidèlement ce refus de nommer l'infériorité du français et de parler de mesures conçues spécifiquement pour promouvoir l'égalité de la langue française. J'offre en exemple le premier paragraphe du texte du Droit :
La journaliste ne mentionne pas l'épanouissement des minorités francophones hors Québec, mais celui «des communautés de langue officielle en situation minoritaire». Les mesures d'épanouissement et de développement s'appliquent donc également la collectivité anglo-québécoise, ce qui, dans le cadre d'une recherche d'égalité «réelle», n'a absolument aucun sens.La modernisation de la LLO a introduit pour la première fois une reconnaissance des menaces qui pèsent sur la langue française au Canada - et seulement sur la langue française. Clairement, l'avant-projet de règlement, qui devait passer du principe aux mesures positives, renie cette avancée. Et le Sénat du Canada ne lui en fait pas le reproche, quoiqu'en dise le titre du Droit...
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Lien au texte d'ONFR-TFO - https://onfr.tfo.org/langues-officielles-reglement-ottawa-federal-francophonie/
lundi 15 juin 2026
Le rituel obligé de la vente de garage...
Le quartier lui traverse les âges
Conservant dans ses cours ses maisons et ses rues
L'âme de tous ceux qui y ont vécu.»




















