lundi 14 septembre 2026

Contester la Charte des longs couteaux? Oui!



Après avoir reconnu «que nous sommes devant le pire déclin du français des cinquante dernières années» et que nous faisons désormais «face à une véritable urgence linguistique», le chef du Parti Québécois a proposé cinq mesures (voir image ci-dessous), opportunes certes, mais qui ne renverseront pas grand chose à court terme et envoient, par surcroit, un message bien plus faible que la prémisse.
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Paul St-Pierre Plamondon ajoute d'ailleurs à la fin de son message, publié le 30 août: «Nous vous présentons aujourd'hui des mesures ambitieuses. Jamais un gouvernement n'est allé si loin pour renverser le déclin du français. Mais je me dois d'être franc; avec cette annonce, nous atteignons la limite de ce que nous pouvons accomplir en tant que province. L'ultime outil qu'il nous manque, et sans doute le plus déterminant, c'est de faire du Québec un pays.»

Je dois avouer que je m'attendais à plus du PQ. C'est mieux que les autres partis, mais ça manque de muscle, surtout s'il s'agit d'une «véritable urgence». En 2022, quand les trois mousquetaires - PSPP, Joël Arseneau et Pascal Bérubé - se sont présentés à l'Assemblée nationale, ils ont refusé de prêter serment au roi Charles III. Un geste selon toutes apparences inconstitutionnel. Ils n'ont pas cédé en disant avoir atteint «la limite de ce que nous pouvons faire» en tant que citoyens d'une simple province. Leur obstination a rallié la totalité de l'Assemblée nationale, qui a modifié unilatéralement la constitution canadienne!

J'aurais souhaité que le PQ s'engage à rétablir la pleine force de la Loi 101 d'origine, celle de 1977, et d'affirmer une fois pour toutes qu'il ne permettra plus au Canada anglais majoritaire - par son Parlement, par sa Cour suprême - de dicter au Québec français ce qu'il doit faire ou ne pas faire quand l'identité nationale est en jeu; que Québec n'a jamais entériné la Charte des longs couteaux de 1982, et qu'un gouvernement du Parti Québécois ne laissera pas les juges suprêmes nommés par Ottawa piétiner la langue française et les valeurs québécoises, y compris la laïcité; qu'il ne respectera pas l'invalidation des lois 96 et 21 en vertu d'une constitution imposée par le gouvernement de la majorité anglo-canadienne et ceux des neuf provinces à majorité anglophone.

Le débat qu'un tel engagement aurait suscité au sein des autres partis (et au Canada tout entier) aurait ramené «l'urgence linguistique» au coeur de la campagne électorale, là où elle aurait dû être dès le départ. Tout le monde veut en principe un Québec français (sauf peut-être le parti des Anglais, le PLQ) mais personne ne conteste que les règles du jeu aient été fixées en pleine nuit dans la cuisine du Château Laurier, à Ottawa, en novembre 1981. Si les juges suprêmes d'Ottawa invalident la Loi 21 ou la Loi 96, la CAQ grimacera mais se pliera à la décision. Les dirigeants du PQ doivent se tenir debout, comme ses trois élus l'ont fait à l'automne 2022.

Les conséquences de céder devant le Canada anglais? Le précipice est droit devant... Il ne faut surtout pas attendre la souveraineté pour poser des gestes efficaces.

dimanche 13 septembre 2026

Le PQ en Outaouais - la longue traversée du désert...

Trois candidats du PQ en Outaouais - Meixia Maltais (Chapleau), Marcela Cazas (Pontiac) et Raphaël Déry (Gatineau)


L'Outaouais a élu - de justesse - deux députés du Parti Québécois en 1976. Jocelyne Ouellette dans la circonscription de Hull et Jean Alfred dans Papineau (maintenant Chapleau). Ce furent les seules victoires péquistes. Depuis 50 ans, la longue traversée du désert se poursuit. Les chances d'élire un indépendantiste à Gatineau et dans les vallées environnantes sont plus que minces, et il n'y a jamais de file d'attente quand vient le temps de trouver des candidats ou des candidates prêts à porter les couleurs du PQ en terrain si hostile...

Et pourtant, quelque chose a changé. Jusqu'au scrutin de 2018, la forteresse libérale semblait inébranlable. Choisir le candidat du PLQ, c'était choisir le prochain député. Puis la vague caquiste de François Legault réalisa ce qui paraissait jusque là impossible: détrôner trois députés libéraux en 2018, puis un quatrième en 2022. Seul le fief du Pontiac, où le PLQ obtient parfois près de 100% des voix dans les villages anglophones, est resté fidèle aux rouges.

Après huit années de gouvernement de la CAQ et un changement de chef, le vote caquiste chancelle après être passé près de l'effondrement. Mais en Outaouais, les pertes caquistes ne se sont pas transformées automatiquement en gains libéraux, si l'on peut de fier aux extrapolations de sondages dans le site Web QC125. Le public, jadis acquis aux rouges anti-séparatistes, semble hésiter à retomber dans ses anciennes ornières. 

En date du 13 septembre, QC 125 annonce des victoires sûres ou probables du PLQ dans trois des cinq circonscriptions outaouaises: Pontiac (bien sûr), la reprise de Hull et le retour au bercail de Gatineau. La CAQ, qui semblait rayée de la carte avant le début de la campagne, conserverait Chapleau et Papineau. Ce ne sont pas là des bonnes nouvelles pour le PQ, direz-vous. Et pourtant...

Un exemple. Dans la circonscription de Chapleau (est de la ville de Gatineau), l'ancien député libéral Marc Carrière, qui se considérait vissé à son siège de député presque à vie, avait obtenu près de 58% des voix en 2014. En 2022, le PLQ n'a obtenu que 13,4% des suffrages. Cette année, même avec la chute de la CAQ, la cote libérale ne dépasse pas les 25%. Le PQ a fait un aussi un bond considérable avec une hausse de 11% pour atteindre 20% en cette mi-septembre.

Dans les quatre circonscriptions (j'exclus Papineau) où vomir sur les séparatistes est considéré socialement acceptable - et ce, même après les interventions de PSPP sur une probable perte d'emplois dans la fonction publique fédérale et la reprise des campagnes de peur pré-référendaires - la PQ grignote partout des points dans les sondages. Une hausse de 10 points dans Papineau, 11 dans Chapleau et Gatineau, 8% de plus dans Hull et même 5% dans l'enfer pontissois. Une bonne performance du chef du PQ dans les débats et le vaisseau amiral de l'indépendance pourrait peut-être embêter les meneurs dans Papineau, Chapleau et Gatineau.

La faiblesse locale du PQ ne tient pas à la qualité de ses candidats et candidates, mais à leur manque de notoriété. À part Raphaël Déry dans Gatineau et Isabelle Millette dans Papineau, on a l'impression d'avoir affaire à des parachutages. Cela ne serait guère surprenant. Les candidats au suicide politique ne courent pas les rues. Je ne crois que le Parti Québécois ait investi de grands efforts dans notre région frontalière peu accueillante. Je n'ai aucune preuve, mais quand je regarde le nombre de pancartes sur les poteaux j'en conclus qu'ou bien le PQ n'a pas imprimé beaucoup d'affiches, ou le parti n'a pas grand bénévoles pour les poser aux endroits stratégiques.

Si je n'étais pas si vieux (j'ai 80 ans) j'aurais aimé avoir de franches discussions sur la façon dont le PQ aborde les électeurs de Gatineau et de l'Outaouais. Je ne proposerais pas de cacher l'option souverainiste ou même l'imminence d'un référendum, au contraire, mais de tenir compte de l'impossibilité en quelques semaines de convertir à l'indépendance des gens qui ne veulent absolument rien savoir de cette option. Il existe cependant des dossiers identitaires où le Parti Québécois peut se démarquer de ses adversaires, des dossiers importants où il ferait cavalier seul contre les autres formations politiques.

Les candidats du PQ n'auraient aucune difficulté à attaquer les autres partis sur le plan linguistique. Les postes «français essentiel» tombent comme des mouches dans la fonction publique fédérale, milieu de travail de milliers de Gatinois, et le candidat péquiste dans Hull est ancien fonctionnaire fédéral aux Affaires extérieures. Il connaît ça.

De plus, les francophones sont en voie de devenir minoritaires dans le Vieux Hull (centre-ville), avec la complicité de la ville de Gatineau qui n'a aucun plan de protection d'un français en déclin rapide depuis des décennies. Le parti de la Loi 101 se trouve ici en terreau fertile. Il serait grand temps que Québec se penche sur la situation du français à Gatineau!

Les candidats péquistes peuvent attaquer de front le fédéral qui dépense tous les ans des dizaines de millions $ pour angliciser le Québec, y compris l'Outaouais. Ils pourraient s'en prendre aux libéraux qui, en plus de s'allier constamment aux Anglo-Québécois, ont tenté d'imposer à Gatineau une faculté de médecine où l'enseignement aurait été donné en anglais sous la tutelle de McGill, entre autres. Ils pourraient revendiquer l'intervention de Québec pour faire pression sur l'église catholique afin que le Pontiac québécois cesse d'être intégré au diocèse ontarien anglo-dominant de Pembroke. Ils pourraient dénoncer les multiples violations de la Loi 101 et l'inaction des municipalités. On pourrait dresser une liste longue comme le bras.

Le PQ pourrait reprendre avec vigueur l'abandon historique de l'Outaouais par le gouvernement québécois, trop souvent considéré même à Québec comme une banlieue d'Ottawa plutôt que la porte d'entrée du Québec. Cet abandon se manifeste dans plusieurs secteurs, la santé notamment, mais aussi l'éducation et le transport. À Gatineau, le réseau routier et le transport en commun est conçu d'abord en fonction d'un arrimage avec Ottawa, un entonnoir vers l'Ontario plutôt qu'un carrefour urbain essentiel pour le Québec, situé presque à mi-chemin entre la métropole et l'Abitibi-Témiscamingue. Mais après 100 ans de demandes, il n'y a toujours pas de projet de route entre le Pontiac et la pointe sud du Témiscamingue.

Sur le plan de l'Immigration et de ses effets sur la langue française et l'identité québécoise, le PQ a la chance d'avoir dans la circonscription de Pontiac une candidate d'origine bolivienne qui a appris à comprendre et à valoriser le Québec et la langue française. 

En y mettant un peu d'effort, les candidats et candidates du Parti québécois n'auraient aucune difficulté à ajouter aux thèmes communs de la campagne (santé, éducation, fiscalité, environnement, etc.) une promotion agressive de la langue et de la culture françaises ainsi que des valeurs québécoises (démocratie, égalité des sexes, laïcité). Ils mettraient leurs adversaires en mode défensif et marqueraient des points essentiels au sein de l'opinion publique.

Peut-être pourraient-ils conclure en rappelant que les libéraux, sur leur ancien trône outaouais, ont toujours misé sur la peur pour éloigner les électeurs du Parti Québécois. Pourquoi? Parce qu'ils croyaient avoir affaire à une bande de peureux... Avaient-ils raison? Le temps n'est-il pas venu de relever la tête?

vendredi 11 septembre 2026

Laïcité: la décision de la Cour suprême est prête? Ou pas?

capture d'écran du site Web Le Devoir


Je suis tombé par hasard sur une coupure de presse du Devoir que j'avais conservée depuis sa publication, le 10 juin dernier. Un gros titre dans l'édition papier: «Une décision sur la loi 21 (laïcité) pourrait être rendue avant les élections québécoises».

L'affirmation venait de nul autre que le juge en chef de la Cour suprême fédérale, Richard Wagner. Dans son allocution annuelle de fin de session judiciaire, il avait affirmé que le jugement pouvait «être rendu n'importe quand». Un peu flou. Peut-être dès la semaine suivante, avait-il ajouté, ou avant le scrutin du 5 octobre, ou plus tard.

Les adversaires - nombreux - et les défenseurs de la Loi 21 sur la laïcité de l'État québécois avaient paradé devant la Cour suprême pendant quatre jours, vers la fin de mars 2026, les premiers espérant que les juges utilisent la Charte des longs couteaux pour déclarer la loi québécoise inconstitutionnelle.

La déclaration du juge en chef Wagner, surprenante, suggérait l'existence d'un certain consensus à la Cour. Sinon, pourquoi évoquer la possibilité d'une décision quelques jours après? Les juges avaient en main deux décisions des cours inférieures. Ils avaient eu un mois et demi pour se parler et échanger après les audiences du 23 au 26 mars.

Nous sommes maintenant à la mi-septembre, quatre mois plus tard, et rien n'a été annoncé. Ou la chicane est «pognée» pour je ne sais quelles raisons, ou la Cour a décidé - pour des motifs inconnus - de ne pas voir sa décision enflammer les débats électoraux au Québec. Cela serait inhabituel pour un tribunal suprême qui se dit indépendant et qui se targue de suivre son propre horaire.

Choisir de retarder une décision après l'élection constitue une ingérence électorale autant que de l'annoncer avant le scrutin. La publier en septembre risque bien sûr d'orienter les débats entre les partis, selon qu'ils soient ou non en accord avec le jugement. Mais s'assoir sur la décision jusqu'à la mi-octobre ou novembre prive la population québécoise d'une information peut-être essentielle au choix final de milliers d'électeurs qui se diront: avoir su...

Si la Cour suprême fédérale a en mains une décision, unanime ou majoritaire, et qu'elle la range sur une tablette pour des motifs autres que judiciaires, elle devient un tribunal politique et se discrédite. La Charte des longs couteaux lui confère de réels pouvoirs. Les juges suprêmes peuvent abroger les lois d'élus fédéraux et provinciaux, et leur décision est sans appel! La Cour n'a surtout pas à faire de calculs électoraux...

Alors, cher juge en chef, annoncez votre jugement s'il est prêt. De toute façon, la campagne manque de mordant.


jeudi 10 septembre 2026

Ils auraient été horrifiés...

Le tout premier programme du PQ, publié au début de 1969


Dans le programme que les délégués ont adopté lors du congrès de fondation du Parti Québécois, du 11 au 14 octobre 1968, le tout premier article portait sur la langue française. Je cite:

«La langue est le facteur premier d'identité, la base et l'expression de la culture d'une nation. Nous devons nous donner les motivations culturelles, économiques et sociales qui rendront à notre langue le statut auquel elle a droit. Le Québec sera le pays d'un peuple parlant français.»

La situation du français était certes préoccupante. Le Constitution de 1867 avait fait du Québec une province officiellement bilingue et blindé les privilèges des anglophones. Le choix massif de l'école anglaise chez les nouveaux arrivants s'était transformé en crise scolaire à Saint-Léonard. L'affichage unilingue anglais ou bilingue était omniprésent dans les rues de Montréal et ailleurs au Québec. Au travail, l'anglais dominait souvent aux échelons supérieurs.

On avait compris que pour assurer l'avenir du français, «le Québec souverain devait être un État où la langue française sera la seule langue officielle». Le mouvement lancé par cette génération de Québécois aura donné l'élection du PQ en 1976 et la Loi 101 en 1977. Pour quelques années, tout semblait possible, jusqu'à ce que le Canada anglais impose sa charte des longs couteaux. Celle-ci deviendrait un mode d'emploi pour les tribunaux désireux de déconstruire la Charte de la langue française.

Cinquante ans après l'élection du premier gouvernement Lévesque, la situation est pire qu'elle l'était en 1968 (mais moins pire qu'elle pourrait l'être). Le français reste la règle - poreuse - dans l'affichage public et la grande majorité des enfants d'immigrants fréquentent l'école française au primaire et au secondaire. Et pourtant l'anglicisation du Québec progresse à une vitesse accélérée.

Sur l'île de Montréal, les francophones seront bientôt minoritaires. La jeune génération de Québécois de langue française est massivement bilingue. La proportion d'unilingues français a chuté de près de 20% depuis le recensement de 1971. Ottawa dépense des dizaines de millions $ tous les ans pour renforcer l'anglais au Québec. Le précipice se pointe droit devant. Tous les rapports, publiés année après année, soulignent l'urgence d'agir.

Confrontés à la situation actuelle, les Québécois de la fin des années 1960 seraient montés aux barricades avant qu'il ne soit trop tard. Ils auraient été horrifiés. La langue française, l'âme de la nation, aurait dominé les débats durant la campagne électorale. Les générations d'aujourd'hui ont perdu cette ferveur, et oublié la base. Ce n'est pas l'indépendance qui nous fera gagner notre combat pour le français. C'est le combat pour le français qui nous fera gagner l'indépendance. 

Hier soir, au premier débat des chefs, la situation alarmante de la langue française, en plein déclin, a été occultée. Il nous reste moins de quatre semaines pour faire de l'urgence linguistique l'un des thèmes dominants de cette campagne. Si le PQ est élu avec un gouvernement majoritaire, on pourra toujours espérer. S'il ne l'est pas, après quatre années de plus d'inaction sous la tutelle des juges des longs couteaux, je crains qu'il ne soit trop tard...

mardi 8 septembre 2026

Quand arrêterons-nous d'avoir peur?



Le thème de la peur reste omniprésent dans cette campagne électorale «tous contre le PQ», encore plus que dans toutes les campagnes électorales ou référendaires depuis les années 1960. Aux épouvantails anti-indépendantistes traditionnels s'ajoute l'ombre menaçante de Donald Trump, habilement manipulée par les fédéraux et collabos pour nous convaincre que nous ne sommes pas (et ne serons jamais) de taille à tenir tête à la bête orange sans la tutelle anglo-canadienne.

«N'ayez pas peur!» Ce message laissé sur le tombe de Jacques Parizeau n'a jamais été plus actuel. Si Ottawa et ses alliés québécois continuent d'utiliser la tactique de la peur, c'est parce qu'ils sont convaincus d'avoir affaire à suffisamment de peureux pour que ça fonctionne. Auront-ils encore une fois raison?

Christine Fréchette a déclaré au sujet de Trump: «C’est clair, le Québec fait face à un intimidateur. Face à lui, on a le choix : soit on s’incline et on finit à genoux, soit on garde la tête haute et on se tient debout». Ne pas céder à la peur, à l'intimidation? Bravo! Le problème de Mme Fréchette, c'est que face à Carney et à l'intimidation fédérale, elle s'incline et le Québec finit à genoux... comme d'habitude...

J'ai écrit le texte de blogue prophétique ci-dessous en janvier 2026. Je le ressors des boules à mites, parce que je l'estime tout à fait opportun. Lisez si ça vous intéresse...

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ENSEMBLE ON N'A PEUR DE RIEN!

Les prochaines élections québécoises auront lieu le 5 octobre. Cette année! Autant dire demain... Peut-être notre ultime chance de mettre en chantier ce pays que tant d'entre nous souhaitons. Surtout pas question de rater cette fois!

Heureusement, ça augure mieux que lors du scrutin de 2022, alors que le PQ avait évité de peu d'être rayé de la carte avec seulement trois élus. L'excellente prestation de Paul St-Pierre Plamondon, avec sa campagne axée sans détour sur le projet d'indépendance, avait cependant permis à la popularité du parti de doubler entre août 2022 et le jour de l'élection (de 7% à 15%).

Aujourd'hui, après trois victoires d'affilée dans des élections partielles et avec une avance appréciable sur les autres partis dans les sondages d'opinion publique, le Parti québécois peut espérer obtenir un mandat majoritaire au prochain scrutin. À condition de ne pas trébucher dans le dernier droit qui s'amorce.

Si le passé est garant de l'avenir immédiat, on ne fera pas de quartier au PQ, qui se verra cloué au pilori pour des erreurs perçues ou réelles qu'on pardonnerait volontiers aux libéraux, à QS ou à la CAQ. Ce sera comme d'habitude du «tous contre un», et j'inclus dans cette meute hostile les grands médias qui manquent rarement une chance de varloper le vaisseau amiral du mouvement indépendantiste.

Mais il ne suffira pas de mener une campagne quasi parfaite. Un parcours sans faute, avec les meilleurs arguments du monde, aura maille à partir avec l'argument massue des fédéralistes, tant ceux de Québec que de leurs maîtres à Ottawa: la peur. Depuis plus de 60 ans, c'est le moyen le plus efficace employé pour casser l'élan de la souveraineté du Québec. J'en connais les effets: je vis à Gatineau, à l'ombre du Parlement fédéral, en plein royaume de la peur.

En 1970, des camions de la Brinks en avril à l'armée en octobre, on en a terrorisé suffisamment pour modifier les résultats de deux élections et pousser nos «braves» médias à l'autocensure. En 1980 et en 1995, au-delà de toutes les autres tactiques douteuses et des scénarios de catastrophe, on a menacé sans gêne les vieux, miroitant la perte de leurs pensions advenant une victoire séparatiste.  La peur, croyez-moi, est bien plus efficace que le mensonge, surtout quand on a affaire à un public vulnérable. Et par les temps qui courent, avec le fou furieux orange dans le décor, nous sommes tous vulnérables.

Il me semble que le premier défi à surmonter, pour le PQ en 2026, c'est d'élaborer une stratégie contre l'arme de la peur, une arme que les fédéraux et collabos emploient uniquement parce qu'ils ont toujours la conviction d'affronter une bande de peureux. La solution devra être collective. Pas facile, mais essentielle! Il faudra, d'ici le 5 octobre, montrer à ceux qui voudraient nous terroriser qu'«ensemble, on n'a peur de rien». 

Tiens... ça aurait fait un bon slogan pour la campagne... Merci les Cowboys...

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lundi 7 septembre 2026

Élections québécoises... L'âme de Gatineau en perdition...

L'Outaouais selon Tourisme Outaouais...


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«Que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perd son âme?» - Évangile de Marc (8:36)

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Voilà la question que tous et toutes devraient se poser, dans ma ville de Gatineau et les environs, d'ici le scrutin québécois du 5 octobre. Chacun, chacune veut de meilleures routes, des soins de santé, un logement abordable, un bon emploi, une piste cyclable, des coins de verdure, une part de prospérité. Et personne n'en dispute l'importance.

Mais cette élection a pour but principal de décider qui nous représentera à l'Assemblée nationale du Québec, la seule législature d'Amérique du Nord gouvernée par une majorité francophone. Elle ne s'appelle pas «nationale» pour rien. Nous formons une nation et l'âme de cette nation, ce sont la langue et la culture françaises.

Cette âme est en danger. Le déclin du français est abondamment documenté, dans les recensements fédéraux, dans les rapports officiels de l'OQLF et dans les médias (voir multiples liens en bas de page). Au cours de la dernière décennie, des milliers de manchettes l'ont évoqué dans la presse nationale et régionale. À Gatineau (ainsi qu'à Montréal et Laval), c'est bien pire qu'ailleurs. Mais personne n'en parle...

Les Gatinois francophones s'anglicisent dans la fonction publique fédérale, où le français comme langue de travail revêt de plus en plus un caractère marginal. De 2016 à 2021, la proportion de Gatinois utilisant principalement le français au travail au culbuté, de 77% à 62%! Pas surprenant qu'avec 4,7% de la population, l'Outaouais compte pour 9% des plaintes à l'OQLF...

À la fin des années 1960, le fédéral a exproprié une partie du Vieux Hull, remplaçant les rues peuplées de francophones par des tours à bureau anglo-dominantes. Depuis quelques décennies, le conseil municipal achève l'oeuvre entreprise par Ottawa il y a un demi-siècle en permettant l'expulsion de la francophonie historique du centre-ville et son remplacement par des tours à logement. Les francophones y seront bientôt minoritaires.

Il y a une dizaine d'années, la ville de Gatineau a poignardé un pan de la Loi 101 en Cour suprême, faisant progresser l'anglais comme langue de travail. En 2024, la municipalité se faisait réprimander pour son slogan Gatineau passe au bold. Et cette année, Tourisme Outaouais y mettait son grain de venin avec son identification de Gatineau comme lieu de «bleisure» avec comme fond d'image le centre-ville d'Ottawa...

Dans cette ville où les violations à la Loi 101 ne se comptent plus, où on honore le francophobe William Johnson avec l'Ordre de Gatineau mais pas le président émérite d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, où un bilinguisme de fait sabote de plus en plus le statut français de la ville, ça va mal. Mais le sujet est tabou. Silence partout. Surtout chez les candidats et candidates des partis politiques en lice pour les élections d'octobre 2026.

Il reste moins d'un mois avant le scrutin et à ma connaissance, AUCUN candidat n'a même effleuré cette question en public. Du moins sur le plan régional. La candidate péquiste dans Pontiac, Marcela Cazas, Bolivienne d'Origine, écrit dans son programme qu'elle «constate avec inquiétude les menaces qui pèsent sur la langue française». Je refuse, écrit-elle, «de voir la majorité francophone régresser sur son territoire et perdre ainsi les leviers nécessaires à sa pérennité et à son épanouissement

Rien ailleurs. Cela ne surprend guère chez les libéraux, amis des Anglais, un peu plus à la CAQ, auteure de la Loi 96, ainsi que chez Québec Solidaire et au PCQ. Au Parti Québécois, défenseur réel de l'âme du Québec, cette question aurait dû être propulsée à l'avant-scène. Mais non. Le candidat du PQ dans Gatineau, Raphaël Déry, a même déclaré que la crise de l’itinérance serait l’enjeu régional le plus important de la campagne pour sa formation politique... À n'y rien comprendre!

Suis-je l'un des seuls à constater cette criminelle absence de la situation régionale du français dans cette campagne électorale?

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Liens

Les postes «français essentiel» ont chuté d'environ 75% en 50 ans au fédéral - Radio-Canada - https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2276540/francophone-fonction-publique-poste-bilingue

L'anglais au travail «souvent ou régulièrement» pour 89% des gens d'Ottawa-Gatineau - https://www.lesoleil.com/2022/12/01/langlais-au-travail-souvent-ou-regulierement-pour-89-des-gens-dottawa-gatineau-39e7f3b2ff41bd8b2632e3c3f5d2fdbf/

Jean-Paul-Perreault. Vivement l'Ordre de Gatineau et l'Ordre national du Québec - https://lettresdufront1.blogspot.com/2024/08/jean-paul-perreault-vivement-lordre-de.html

Montréal et Gatineau, l'immigration et les jeunes accélèrent le déclin du français au Québec - Le Devoir - https://www.ledevoir.com/politique/quebec/813400/montreal-immigration-jeunes-derriere-declin-francais-dit-quebec?

Le Vieux Hull... Bientôt ce sera the «Old Hull»... - https://lettresdufront1.blogspot.com/2024/02/le-vieux-hull-bientot-ce-sera-old-hull.html

Gatineau poignarde la Loi 101 - https://lettresdufront1.blogspot.com/2016/10/pourquoi.html

Un peu moins de deux Gatinois sur trois parlent uniquement le français à la maison - Radio-Canada - https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2163922/francais-langue-maison-gatineau-statistique-quebec

Nouveau record de plaintes à l'Office québécois de langue française _ Le Devoir - https://www.ledevoir.com/actualites/societe/988904/nouveau-record-plaintes-office-quebecois-langue-francaise?

Protéger le français en Outaouais: une Loi 101 avec plus de mordant? - Radio-Canada - https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1915318/francais-outaouais-loi-101-elections

Pourquoi pas un Conseil linguistique à Gatineau? - https://lettresdufront1.blogspot.com/2024/09/pourquoi-pas-un-conseil-linguistique.html

Deux claques en pleine face... - https://lettresdufront1.blogspot.com/2026/03/deux-claques-en-pleine-face.html

Gatineau et le recensement 2021. Où sont les médias? - https://lettresdufront1.blogspot.com/2022/08/gatineau-et-le-recensement-2021-ou-sont.html

vendredi 4 septembre 2026

Le temps de bondir!

Je n'aime pas l'allure que prend cette élection de 2026. Je crois depuis 2022 qu'il s'agit de notre dernière chance de prendre l'ultime élan qui nous mènera vers un Québec français et souverain. Je le dis et je le répète depuis quatre ans. Et nous y voilà, empêtrés dans une campagne électorale qui ressemble beaucoup trop aux précédentes. Comme nation, nous sommes au bord du précipice. Nous n'avons plus quatre ans à perdre.

Mais je ne sens pas l'urgence en ce début de septembre. Même au PQ. Ce n'est plus le temps de faire du sur place, ou de proposer piteusement d'avancer... Il faut bondir avec l'énergie de l'espoir! En 2022, les trois élus du Parti Québécois, refusant de prêter serment au roi, ont rallié toute l'Assemblée nationale et modifié la constitution. C'est cette volonté, cette fermeté, ce courage qui a ranimé l'opinion publique et engrangé quatre victoires aux partielles.

Nous voici près de la ligne d'arrivée et je me demande: qu'est-il arrivé à la fougue de 2022? Le PQ n'avait peur de rien il y a quatre ans. Le peuple québécois avait aussi envie de ne plus avoir peur. Il nous reste un mois. Embrayons.

Les Cowboys fringants avaient raison: ensemble, on n'a peur de rien!

J'ai écrit le texte ci-dessous le 5 octobre 2022. Il demeure actuel.
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Gatineau, 5 octobre 2022.

Pour le Parti québécois et les véritables partisans de l'indépendance, la campagne électorale de 2026 doit s'amorcer sans délai! Le résultat sans surprise du 3 octobre sera décortiqué ad nauseam par nos régiments de spécialistes mais une conclusion s'impose déjà: le mandat massif obtenu par la CAQ sous le thème Continuons! est le fidèle reflet d'une majorité bien trop tranquille, certes inconfortable par moments mais se croyant à l'abri d'urgences collectives imminentes. 

Et pourtant il y a urgence! Si les chiffres du recensement fédéral de 2021, dévoilés en août 2022, n'ont pas eu l'effet d'un coup de tonnerre, c'est qu'à peu près personne - même pas nos médias - ne se donne la peine d'en prendre connaissance. Le froid pinceau des statisticiens brosse sur des milliers de pages le tableau d'une langue et d'une culture françaises en perdition. L'âme québécoise s'avançant vers le gouffre. Minuit moins une.

Le combat de millions de Québécoises et Québécois depuis des centaines d'années, au bord de la défaite. Notre page d'histoire finira-t-elle blanche? Je lisais ce matin l'article du Devoir sur la mort d'Andrée Ferretti. Voilà une femme qui lutte depuis les années 1950 pour l'indépendance du Québec. Figure marquante du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) durant les années 60, Ottawa l'a jetée en prison pour deux mois pendant la crise d'octobre. Elle a poursuivi son combat au sein du PQ et dans sa carrière d'auteure engagée.

Une vie entière consacrée à la cause de la souveraineté, qui se termine sans avoir vu le fleurdelisé devenir l'étendard d'un pays, le Québec s'enfonçant de plus en plus dans un bourbier qui menace son existence. La fille d'Andrée Ferretti, Lucia, évoquait les derniers jours de sa mère: «On a toujours le deuil à faire de sa propre vie quand on va mourir. Mais le deuil de ne pas avoir vu l’indépendance, ça a quand même été une grande tristesse de sa vie.» Ainsi en fut-il, sans doute, pour les Lévesque, Bourgault, Leclerc, Miron et les autres. Et un jour, pour nous itou, peut-être, si la tendance se maintient...

Selon les plus récents coups de sonde, plus du tiers des Québécois francophones donneraient leur assentiment à 'indépendance. C'est loin d'être suffisant, et les effectifs divisent leurs appuis politiques entre le PQ, Québec Solidaire et la CAQ, ces deux dernières formations étant à toutes fins utiles des culs-de-sac en matière de souveraineté. La tâche sera herculéenne mais le Parti québécois a enfin un chef qui a su rallier les troupes autour de l'objectif clé: un Québec français et indépendant. Il reste à M. Plamondon à refaire le programme du PQ en fonction d'une gouvernance souverainiste ferme et immédiate, dans le cadre de la Constitution actuelle s'ils le faut, en attendant, et surtout sans étape référendaire. Personne n'en veut, de ce boulet!

Au début de la campagne électorale 2022, les sondages donnaient moins de 10% des intentions de vote PQ. Paul St-Pierre Plamondon a fait un parcours sans faute, impressionnant même ses adversaires. Sous son habile direction, la cote du PQ a grimpé à près de 15% le soir des élections. Les images de cercueils péquistes dans les caricatures médiatiques ont été rangées, mais on ne prendra pas le pouvoir à 15%, ni même à 20 ou 25%. D'ici le scrutin de 2026, il, faudra tripler les résultats de 2022. et cela ne se fera pas en quelques mois de campagne électorale. Ceux qui diront que je rêve en couleurs auront parfaitement raison. Mais comme disait Pierre Falardeau, on va toujours trop loin pour ceux qui ne vont nulle part. Un vote à la fois. Un jour à la fois. Tous les jours, à compter de maintenant. Nous n'avons pas le choix. Si nous n'avons rien fait d'ici quatre ans, nous mourrons tous avec les regrets d'Andrée Ferretti et notre aventure de 400 ans prendra fin.

Claude Gauthier chantait: «Je suis Québec mort ou vivant». Le temps de choisir, et d'agir en conséquence sans tarder, est arrivé.

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