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| capture d'écran des propos de Pete Hegseth devant la presse, 4 mars 2026 |
Lettres du front
mercredi 4 mars 2026
Nous n'avons jamais voulu que ce soit un combat loyal... (Hegseth)
mardi 3 mars 2026
(Tab)... arnaque à la pompe?
lundi 2 mars 2026
La laïcité en spectacle à Ottawa...
dimanche 1 mars 2026
Dis-moi au bout du chemin c'qui va rester
-----------------------------------------------------------Et que les rêves des ti-culs s'évanouissent ou se refoulent
Dans cette réalité crue qui nous embarque dans le moule
La trentaine, la bédaine, les morveux, l'hypothèque
Les bonheurs et les peines, les bons coups et les échecs
Travailler, faire d'son mieux, n'arracher, s'en sortir
Et espérer être heureux, un peu avant de mourir»
De notre p'tit passage dans ce monde effréné ?»
samedi 28 février 2026
Fureur épique... Lion rugissant... Mort ailée...
28 février 2026...
Sans se donner la peine d'obtenir l'aval du Congrès américain (qu'il n'aurait pas obtenu), le soi-disant «Prix Nobel de la paix» vient de déclencher contre l'Iran une guerre qu'il a baptisée Fureur épique, de concert avec avec son allié israélien génocidaire, Benyamin Netanyahou. Ce dernier, rivalisant d'éloquence avec le fou de la Maison Blanche, appelle l'opération conjointe Lion rugissant.
Au-delà de ce que l'on puisse penser du régime obscurantiste et assassin des ayatollahs en Iran, dont tout citoyen responsable doit souhaiter la disparition, la question que tous doivent se poser est la suivante: permettra-t-on à Donald Trump et sa cohorte de mafiosos d'agir en toute impunité, à travers la planète, pour attaquer, envahir et à la limite remplacer par des pantins les régimes de pays qui le frottent à rebrousse-poil?
Personne ne conteste le danger que représente l'Iran sous la direction des intégristes chiites, tant pour les habitants du pays (les femmes surtout) que pour la communauté internationale. Mais il n'appartient pas aux Trump de ce monde et à leur très mal nommé Conseil de la paix de se substituer aux organismes internationaux en place, et notamment les Nations Unies. Trump agit chez lui en dirigeant autoritaire, ennemi de la liberté, et sa transformation des États-Unis en oligarchie assassine de milliardaires sera bientôt aussi condamnable que la dictature à Téhéran.
Quant à Israël, Netanyahou a plus que dépensé le capital de sympathie accumulé depuis l'attaque meurtrière du 7 octobre 2023 par le bras militaire du Hamas. Au massacre ignoble d'un peu plus de 1000 Israéliens, il répond en effaçant ce qui reste de la Palestine à Gaza et en tuant 70 000 de ses habitants. Le Conseil de la paix de Trump et ses magnats immobiliers se chargeront de compléter le génocide orchestré par le premier ministre israélien. Le comportement de ce dernier à Gaza ne laisse aucun doute sur ses intentions face à l'Iran. Ce sera une opération efficace et sans pitié.
Les premières réactions à la guerre américano-israélienne contre l'Iran ne sont rien de moins que désespérantes. La dénonciation de la Russie, qui poursuit sa guerre impitoyable contre les Ukrainiens, est tellement risible que personne ne la prendra au sérieux. Quant aux démocraties, déjà dans la mire économique de Washington, leur lâcheté ne connaît plus de bornes. Au lieu de se lever, solidaires, pour dénoncer l'agression trumpienne et réaffirmer la mission de l'ONU comme gardienne de la paix et de l'ordre mondial, elles appuient ouvertement Trump ou peinent à trouver les mots pour protester sans trop offusquer le maniaque orange.
La déclaration du Canada suinte de pusillanimité. Pas de bémol. Pas même de petit bémol pour l'honneur. «Le Canada appuie les mesures prises par les États-Unis», déclare Mark Carney. Le premier ministre canadien n'aime pas le régime en Iran et le considère dangereux. Soit. Cette fois il est d'accord avec M. Gâchette facile à Mar-A-Lago. Quand, dans un proche avenir peut-être, Trump tournera ses armes vers le 51e État, qu'il n'aime pas beaucoup plus que l'Iran, que dira M. Carney en hissant le drapeau blanc? On pense sérieusement qu'il s'arrêtera au Vénézuela, à Cuba, l'Iran, au Groenland? Trump se croit destiné à dominer la planète. Faudra l'arrêter quelque part. Au moins le Mexique a sauvé l'honneur des Amériques en condamnant les attaques comme une «violation du droit international».
Trump et Netanyahou n'ont aucune crédibilité en matière de paix ou de liberté. Trump, en particulier, incarne le mensonge, l'hypocrisie et l'immoralité. Il est de plus assoiffé de pouvoir. Pas seulement chez lui. Partout. En attendant que le peuple américain s'en occupe, la collectivité internationale, les démocraties tout au moins, doivent ériger des barricades pour limiter le plus possible ses folies guerrières. S'il faut en finir avec le régime iranien pour empêcher un cataclysme mondial, que l'intervention soit collective et mesurée, et que le remède ne soit pas pire que le mal. Mais ça, ça prend une bonne dose de courage et présentement, je n'en vois pas beaucoup.
Quand j'ai vu Trump au micro, ce matin, casquette de baseball USA sur la tête (quelle dignité...), annoncer aux Iraniens que l'heure de la liberté avait sonné... j'ai eu la nausée. Celui qui piétine les libertés de tous les États-Uniens (sauf quelques milliardaires) se prétend apôtre de la liberté au Moyen-Orient. Il ment comme il respire. Mark Carney aurait dû vomir sur la place publique au lieu de l'encenser, sans pour autant cesser de condamner les ayatollahs. Que faut-il penser de son «héroïsme» à Davos, maintenant?
Les seuls qui feront les frais de cette guerre seront les civils iraniens, qui mourront par milliers sous les missiles israélo-américains et la répression militaire du régime. Je leur souhaite de se soulever en masse et de saisir l'occasion qui se présente, tant pour détrôner les fous d'Allah que pour bloquer la voie à Trump et à ses oligarques. La démocratie en Iran ne pourra venir que des Iraniens eux-mêmes. Surtout pas de criminels internationaux comme Trump et Netanyahou.
vendredi 27 février 2026
Tout le monde veut aller au ciel, mais...
27 février 2026...
«Tout le monde veut aller au ciel mais personne ne veut mourir». Vous vous souvenez de cette vielle chanson de Petula Clark qui trônait au sommet des palmarès en 1967, l'année des 100 ans du Canada? Moi si. J'avais 21 ans, et le débat sur l'avenir constitutionnel du Québec battait son plein. Quel lien, direz-vous? Ténu, j'en conviens, mais cette maxime me fait penser depuis un demi-siècle aux espoirs politiques du Québec. Tout le monde veut que «ça change», mais personne n'est prêt à «mourir» un peu pour déstabiliser le carcan constitutionnel édicté en 1867 et renforcé à Ottawa en 1982 après la nuit des longs couteaux.
Nous vivons depuis l'époque du gouvernement Johnson dans un régime de tout ou rien. L'égalité ou l'indépendance. Puis celui de l'étapisme du PQ depuis 1973: un référendum gagnant ou... rien. Avec la Loi 101 en 1977, plusieurs croyaient que l'élan mènerait à la victoire du «oui» en 1980. Ce fut un échec cuisant et deux ans plus tard, Trudeau ainsi que ses collabos du Québec et du Canada anglais ne se sont pas embarrassés d'une procédure référendaire pour imposer une constitution multiculturelle dont l'un des objectifs était clairement de saboter toute velléité autonomiste québécoise, y compris la Loi 101.
En 1990, après l'échec de l'Accord du Lac Meech, qui aurait sans doute fissuré un peu la Charte fédérale de 1982, et la défaite référendaire de l'Accord de Charlottetown en 1992, les positions s'étaient figées. Oui ou non, sans trop de compromis. La seconde tentative référendaire du PQ en 1995 a passé à un cheveu près de réussir. Sans les tricheries fédéralistes, le «oui» aurait franchi le cap des 50% plus 1. Mais ce fut 49,4%, et un résultat de 50% moins 1, c'est zéro en politique. Pas de pays. Pas de constitution d'un Québec souverain. Rien. S'cusez, on a eu droit à la Loi fédérale sur la clarté référendaire, pour nous dire quelle question serait acceptable à Ottawa et quelle majorité serait requise au prochain référendum. Bien plus que 50% plus 1...
À force de gouverner dans ce statu quo constitutionnel, le Québec - peu importe le parti au pouvoir - s'est enlisé. Les barricades ont été démantelées, la ferveur indépendantiste réduite à l'État de braises vieillissantes. Après la défaite du gouvernement Marois, le Parti québécois agonisait, notamment chez les plus jeunes. Puis arrive 2022. Il ne reste que trois députés péquistes mais le parti sous PSPP grimpe dans l'opinion publique. Le premier geste des trois élus du PQ fut de refuser de prononcer le serment d'allégeance au roi Charles III. Ne pas siéger pour changer la constitution. Mourir un peu pour voir un minuscule coin de ciel bleu. Ils ont réussi. Le gouvernement Legault, par un vote unanime de l'Assemblée nationale, a modifié l'AANB de 1867 pour permettre un serment d'allégeance au peuple québécois. Un tout petit pas sans doute, mais mieux que rien.
Quatre ans plus tard, le Parti québécois a raflé quatre partielles avec des majorités appréciables et tout semble indiquer que les indépendantistes pourraient reprendre le pouvoir en octobre 2026. Une fenêtre s'ouvre. Peut-être pour la dernière fois. Et nous voilà de nouveau dans le quitte ou double. Tout ou rien. Une autre échéance référendaire qui, sans ce magique 50% plus 1, nous mènera strictement à rien! Pendant que nous continuons à jouer le tout pour le tout, Ottawa continue de s'ingérer sans référendum dans les compétences québécoises avec son pouvoir de dépenser illimité et les juges suprêmes (qu'il nomme seul), chargés depuis 1982 d'interpréter la constitution. Pendant qu'Ottawa agit, détruisant notre édifice national brique par brique, nous référendons...
Ce qui m'amène au sujet de l'heure: le projet de constitution québécoise présenté par le ministre Simon Jolin-Barrette. Attaqué de toutes parts pour son libellé. Sa légitimité mise en cause. Bien sûr, il n'est pas issu d'une grande consultation populaire. Bien sûr il ne remet pas en question l'appartenance du Québec à la structure fédérale. Bien sûr, il pourrait être amélioré. Mais ce n'est pas du tout ou rien. Muni du nonobstant, seule arme qui reste au Québec avec la Charte de 1982, le projet de loi 1 constitutionnalise le français langue commune, la laïcité, la primauté de l'égalité hommes-femmes sur les religions, la primauté des lois du Québec dans ses champs de compétence, les relations internationales du Québec, et plus. Comme indépendantiste, je trouve cela nettement insuffisant, mais ce n'est pas RIEN.
Une fois au pouvoir, le PQ pourra s'en servir, tester ses limites, la modifier au besoin, et surtout l'utiliser pour montrer la rigidité et la mauvaise foi du régime fédéral anglo-dominant envers la francophonie québécoise. S'en servir pour intensifier l'appui à l'indépendance, seul moyen de prendre l'ultime envol qui nous permettra, cette fois, de ne pas percuter de front le béton référendaire. C'est notre dernière chance, j'en suis convaincu. Quand notre seule métropole, Montréal, sera bilingual, et ça s'en vient vite, il sera trop tard. Cueillons au moins ces quelques cailloux constitutionnels offerts par la CAQ avant d'affronter Goliath en 2030.
J'en ai assez du tout ou rien. Pour réaliser l'indépendance, il faut bâtir sur de petites victoires qui mèneront à de grandes victoires, et non sur le désert des mauvais souvenirs des échecs de 1980 et de 1995. Les adversaires du projet de M. Jolin-Barrette ont raison. Mais avoir raison sur papier ne garantit rien dans une mêlée politique où l'ennemi ne recule jamais devant les coups bas. Veut-on affronter Ottawa avec ou sans une constitution québécoise adoptée par l'Assemblée nationale, si imparfaite soit-elle? Voilà la question que je me pose.
Tout le monde veut aller au ciel...







