dimanche 8 mars 2026

Des rapports où on évite de parler d'anglicisation...

8 mars 2026...

capture d'écran du site Web Le Devoir


«L’immigration de travailleurs de la santé francophones qualifiés ne donne pas les résultats espérés dans les milieux linguistiques minoritaires au Canada, révèle une étude publiée jeudi. Ceux-ci font face à de nombreuses barrières qui les empêchent de s’intégrer adéquatement dans les environnements pour lesquels ils ont été recrutés.» Ainsi débute le texte de la journaliste Mathilde Beaulieu-Lépine dans l'édition numérique du 5 mars du quotidien Le Devoir.

Pour lire cet article, voyez le lien en bas de page.

L'étude évoquée par Le Devoir ne fera pas les manchettes des médias et ne soulèvera pas de frénésie dans les réseaux sociaux, mais elle met le doigt sur deux problèmes qui aident à comprendre l'agonie des minorités francophones dans plusieurs provinces (et la situation que risquent de vivre la majorité francophone du Québec si la tendance actuelle se maintient).

Pour une raison que je peine à m'expliquer, on semble croire dans plusieurs milieux que le redressement du français hors Québec passe par une forte augmentation de l'immigration francophone, y compris dans les milieux de la santé. Ceux qui préconisent cette solution semblent croient-ils que les nouveaux arrivants, placés dans des milieux anglo-dominants, seront plus résistants à l'assimilation que les Canadiens français et les Acadiens de souche? J'en doute.

Trop souvent, les analyses des effets de l'immigration francophone, y compris dans ce rapport, n'abordent pas ou peu la dynamique de l'anglicisation. Ni ses causes, ni ses conséquences, ni son évolution dans le temps, ni les projections vers l'avenir. On effleure le problème parfois, sans trop le nommer. Par exemple, dans le rapport dont il est question dans ce texte, on mentionne à quelques reprises le vieillissement de la population francophone de souche, y compris celle des professionnels de la santé.

On ne dit pas cependant pourquoi le vieillissement est si alarmant. Ce phénomène touche après tout l'ensemble du Canada et du Québec. Le problème additionnel chez les collectivités de langue française à l'extérieur du Québec, c'est que l'anglicisation gruge une proportion croissante de chaque nouvelle génération. Prenons le cas de l'Ontario, qui abrite la plus importante minorité francophone hors Québec. Avec la disparition de tous les quartiers urbains franco-ontariens et la prédominance des foyers exogames, la langue française est de moins en moins transmise aux jeunes. D'ici quelques années, la situation sera catastrophique et rien, même des milliers de nouveaux arrivants, ne pourra enrayer la chute.

Le texte du Devoir évoque aussi, pour les soignants étrangers francophones, l'obligation d'apprendre d'abord l'anglais. Les ordres professionnels l'exigent mais sur un plan plus général, à l'exception de petites municipalités et villages à majorité francophone (ou dans les régions acadiennes du Nouveau-Brunswick), il est presque impossible de vivre uniquement en français à l'extérieur du Québec. Ce n'est pas par hasard si plus de 90% des Franco-Ontariens sont bilingues, et si plus de 40% d'entre eux perdent leur langue. Une génération ou deux et les immigrants francophones feront de même.

Il devrait paraître évident aux analystes sérieux que le seul territoire où des immigrants formés en santé pourront travailler et vivre en français, sauf exception, c'est au Québec. Et en tirer les conclusions qui s'imposent.

Les milieux de la santé hors Québec sont «mal préparés» à l'accueil de soignants francophones étrangers? Oui. Mais rien ne changera. De fait, la situation va empirer.

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L'étude dont il est question ci-dessus a été préparée pour le le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE Canada), qui œuvre depuis 25 ans pour favoriser le développement économique des communautés francophones et acadienne.

samedi 7 mars 2026

Les médias d'«information»???

7 mars 2026...

Vous voulez voir comment les médias d'information trahissent leur vocation historique de nous renseigner sur l'actualité? Regardez les trois images ci-dessous...

La page une de l'édition papier du Devoir, 7 mars 2026


La une de l'édition numérique de La Presse, 7 mars 2026


La une de l'application Le Droit, 7 mars 2026


Les trois «unes» de l'édition papier du Devoir (photo du haut), de l'édition numérique de La Presse (photo du milieu) et de l'application de l'ancien quotidien Le Droit (photo du bas) ont toutes en commun qu'on n'y trouve absolument aucune nouvelle d'actualité.

Rien sur les événements du jour au Moyen-Orient... Rien sur les plus récents développements à la Maison-Blanche... Rien sur les pérégrinations de Mark Carney... Rien au sujet du jugement de la Cour suprême sur les CPE et les demandeurs de droit d'asile... Rien sur la flambée des prix de l'essence... Rien sur le procès du cardinal Ouellet... Rien sur les actualités locales et régionales...

Enfin, vous comprenez. De mes cinq décennies en journalisme, s'il y a une chose que j'ai apprise et envers laquelle je suis profondément engagé, c'est que la toute première mission d'un journal est de fournir à son lectorat un résumé le plus complet possible des actualités locales, nationales et internationales des 24 heures précédentes. 

Je ne veux pas diminuer l'importance et la pertinence des chroniques, des éditoriaux, des analyses, des grands dossiers, des cahiers spéciaux et de tout ce qui peut s'ajouter, mais sans un bon condensé des actualités du jour, ce qu'on publie n'est pas un journal quotidien d'information au sens traditionnel du terme.

Regardez les unes ci-dessus. Elles sont de plus en plus fréquentes. La première page du Devoir propose à ses lecteurs une analyse du dilemme iranien de la Chine, un enquête maison sur les maisons neuves mal bâties, et les trois quarts du haut de la une annoncent les cahiers Culture et Perspectives, ainsi que la rubrique Le Devoir d'éducation. L'actualité? Connais pas...

La Presse ne fait pas mieux. La manchette? Un reportage sur la douleur des proches de victimes de féminicides, un titre sur la conversion de bureaux en logements, des reportages sur le sandwich déjeuner petit luxe décontracté et sur les 20 ans de la Forêt des mal-aimés de Pierre Lapointe. Certes des sujets opportuns, mais zéro texte d'actualité...

Le Droit n'est plus un journal quotidien, contrairement aux deux autres mentionnés ci-haut. Mais en ouvrant son application sur une tablette, rien ne garantit qu'on trouvera à le une (si on peut parler de telle chose sur ce site Web) des articles sur les actualités de la journée précédente. Ce matin, le seul texte qui apparaît à l'écran quand on accède au site est un reportage sur ce qui change en 2026 dans les rapports d'impôt. Pour trouver les vraies manchette du jour, il faut chercher un peu partout... Bonne chance...

Je ne prétends pas que les actualités sont absentes des quotidiens et des sites Web de ces trois médias d'information (quoiqu'ils se raréfient dans l'édition papier du Devoir), mais le produit qu'ils vendent à la une en kiosque et à l'écran a bien peu à voir avec les événements qui forment les collectivités, les pays et la planète de jour en jour.

Soit les directions jugent que les actualités ne sont pas attrayantes comme outil de vente, soit leur perception du rôle fondamental d'une salle de rédaction a changé... Quoiqu'il en soit, ce que ces trois médias ont mis en vitrine ce matin constitue, pour moi, une trahison de leur mission la plus essentielle: livrer les actualités du jour, et se présenter comme tel dès leur première page.

Ce n'est pas ainsi qu'on agit envers un lectorat qu'on juge adulte et avide d'être bien informé. On ne publie pas Écho-Vedettes, Sept-Jours ou Tendances de la mode... Les grands médias d'information ont comme responsabilité de renseigner les lecteurs, au jour le jour, sur le monde qui les entoure, pour qu'ils puissent formuler des jugements en citoyens informés. Le ciment de nos démocraties.

Présentement, ça val mal à shoppe...

vendredi 6 mars 2026

Jacques Michel: «Par-dessus tout, tenir le coup!»

6 mars 2026...

Jacques Michel



De tous ces chansonniers qui ont marqué le Québec des années 1960 et 1970, qui reste-t-il en 2026? Gilles Vigneault, Claude Gauthier, Robert Charlebois, Claude Dubois? Paul Piché? Une précieuse poignée de survivants d'un âge d'or. Les Félix Leclerc, Claude Léveillée, Raymond Lévesque, Pauline Julien, Georges Dor, Jean-Pierre Ferland, Tex Lecor, Renée Claude et bien d'autres nous ont quittés.

En plus de chanter les amours, les peines et les rêves de tous les humains, cette extraordinaire génération d'artistes a mis en musique l'histoire du peuple québécois et les espoirs d'un pays qu'ils n'auront jamais eu la chance de voir de leur vivant. L'heure n'est jamais venue d'entendre Félix chanter Le tour de l'île pour célébrer l'indépendance: «Les fruits sont mûrs dans les vergers de mon pays».

Cette semaine on pleure la disparition d'un de nos grands: Jacques Michel. J'ai six de ses albums. Au plus sombre de la crise d'octobre de 1970, après qu'Ottawa eut envoyé policiers et militaires arrêter près de 500 indépendantistes en invoquant une insurrection fictive, sa chanson Un nouveau jour va se lever giflait les mesures de guerre: «Le temps de l'esclavage, le temps du long dressage, le temps de subir est passé.»

Son album suivant, celui de 1971, intitulé SOS, se voulait un cri de ralliement pour ceux et celles qui luttent pour la libération du Québec. Les chansons engagées se suivent en rafale: Debout, Quel temps est-il?, La suite, Victor, S.O.S On va couler, l'ensemble formant un appel à la solidarité et l'engagement. «Nous avons besoin de chacun de nous.» «Solidarité je t'implore sois notre guide jusqu'au but.» «Temps d'avancer, temps d'agir, temps d'assumer, temps d'accomplir, temps de lutter, temps d'acquérir, temps d'exiger, temps d'obtenir!»

J'ai eu la chance de voir Jacques Michel en spectacle après la sortie de son dernier album, Tenir, à la salle Jean Després de la Maison du citoyen de Gatineau. Un spectacle intime, devant quelques centaines de personnes conquises d'avance. Une soirée magique où, du haut de ses plus de 80 ans, il a livré quelques pages de son testament musical. La chanson Tenir m'a ému presque aux larmes: 

«Nous avons fait tout c'que nous avons pu
Nous avons fait même encore un peu plus
Nous étions débordants d'espoir
Presque assurés de la victoire
Mais après notre double défaite
Le coeur en deuil, le coeur en miettes
Malgré le poids de notre peine
Nous avons redit "à la prochaine"

Tenir le coup 
Malgré nos blessures et nos pertes 
Garder notre esprit de conquête 
Et refuser de disparaître, tenir, tenir, tenir
Tenir le coup 
Sans jamais fléchir les genoux 
Il nous faudra par-dessus tout
Tenir, tenir, tenir»

Quand, à quelques mois de mes 80 ans, je réécoute les chansons de Jacques Michel et de Vigneault et de Léveillée et de Pauline Julien et des autres, je me dis que la relève, ces jours-ci, se fait trop discrète. Existe-t-il aujourd'hui une génération de jeunes bardes qui, comme les anciens, remplira les salles et les ondes avec des airs de combat et de solidarité pour la cause de l'indépendance du Québec? Peut-être sont-ils devenus comme trop d'entre nous le reflet d'une société qui n'a jamais pleinement réussi à réparer son «coeur en miettes», et qui peine à reprendre la lutte. 

Une fenêtre s'ouvre en octobre 2026. «Au dixième mois de l'année», chantait Jacques Michel dans Victor. Puisse son message dans Tenir être entendu:

«Tenir le coup
Sans jamais fléchir les genoux
Nous désirions par-dessus tout
Posséder un pays rien qu'à nous»

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Lien à la chanson Tenir de Jacques Michel - https://www.youtube.com/watch?v=QoupqaBMstA

jeudi 5 mars 2026

Et le français à Vaudreuil-Soulanges?

5 mars 2026...


J'ai un défaut, ou une qualité. C'est selon. Je lis les textes médiatiques comme un journaliste. Ou plutôt comme le chef des nouvelles que je fus jadis. C'est instinctif. J'analyse la structure de l'article, la qualité du français, son intégrité factuelle. Ma perception globale d'un sujet bien (ou mal) couvert déterminera mon appréciation.

Parfois, comme cela m'est arrivé hier, 4 mars 2026, je lis un reportage et à la fin, je recommence, cherchant un élément important qui m'a échappé. Et qui m'échappera encore parce qu'il ne s'y trouve pas. Dans l'édition papier du Devoir de ce matin, la manchette à la une se titrait: Vaudreuil-Soulanges veut un statut spécial en immigration (voir lien en bas de page).

Globalement, le journaliste explique que la MRC de Vaudreuil-Soulanges, située entre l'île de Montréal et la frontière ontarienne, voudrait devenir la première zone québécoise d'exception territoriale en matière d'immigration. Pour y arriver, il faudrait négocier une entente avec le gouvernement fédéral. La région veut ainsi assurer une main-d'oeuvre pour les 3500 emplois qui seront bientôt créés avec la construction d'un nouvel hôpital d'ici 2028. Ce besoin serait exacerbé par le maraudage de l'Ontario, tout près, où les immigrants peuvent obtenir leur résidence permanente plus rapidement.

Compte tenu des résultats des études du Commissaire québécois à la langue française, Benoît Dubreuil, qui révélaient en 2024 un recul «préoccupant» du français comme langue de travail et de culture, notamment dans la région de Vaudreuil-Soulanges (la pire au Québec), je m'attendais à ce que le texte du Devoir aborde cette dimension du problème, vu la forte attraction de l'anglais pour une grande partie de la population immigrante. À Vaudreuil-Soulanges, la proportion de francophones est passée de 76% à 60% depuis les années 1970 et cette baisse s'accélère.

Au dernier recensement, celui de 2021, non seulement les nouveaux arrivants s'anglicisent-ils en masse dans Vaudreuil-Soulanges, mais les transferts linguistiques vers l'anglais se produisent même au sein de la majorité déclinante de francophones. La région compte environ 25% d'habitants de langue maternelle anglaise, mais près du tiers de la population utilise surtout l'anglais à la maison. Ce gonflement des chiffres de l'anglais provient principalement des plus de 20 000 allophones issus de l'immigration, qui basculent vers la langue dominante de l'Amérique.

L'absence de toute référence à la problématique linguistique dans ce reportage m'a surpris. On y évoque une zone d'exception territoriale «où les programmes d'immigration seraient adaptés aux réalités locales» et aux «réalités du milieu». La langue de travail ne fait-elle pas partie de ces réalités locales et de ces réalités du milieu? Le fort taux de bilinguisme français-anglais de la région (65%), un des plus élevés du Québec, avoisinant celui de Gatineau, constitue un incitatif pour bien des résidents - y compris des immigrants - à traverser la frontière ontarienne, à moins d'une heure de route.

Et il y a cette obligation de négocier une entente spéciale avec le fédéral, ce que Québec n'a jamais fait pour ce type de programme d'immigration. Le Canada contribue rarement à promouvoir le français au Québec. Ses millions sont dépensés le plus souvent pour la protection de la soi-disant minorité anglophone. Le glaçage sur le gâteau? À la fin du texte du Devoir apparaît cette mention irritante exigée par Ottawa dans le cadre de l'Initiative de journalisme local:

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mercredi 4 mars 2026

Nous n'avons jamais voulu que ce soit un combat loyal... (Hegseth)

4 mars 2026...

Capture d'écran du Times of Israel, 4 mars 2026

En écoutant le crapuleux Secrétaire américain à la «Guerre», ce midi, au téléjournal de Radio-Canada, j'ai compris à quel point l'esprit de Donald Trump imprègne désormais les pires excès de la politique extérieure des États-Unis. Dans sa vie privée comme à Mar-A-Lago, il abuse de sa force, menace, intimide, attaque sans justification, sans moralité, sans préavis, frappe l'adversaire déjà au tapis et attend de la victime sonnée qu'elle s'agenouille, baise son anneau et dise merci...

Parlant des tactiques américano-israéliennes contre l'Iran, Hegseth a levé les voile sur l'état d'esprit qui anime la Maison Blanche et ses hommes de main. Les Iraniens, dit-il, lèveront les yeux et ne verront que la puissance aérienne impitoyable des États-Unis et d'Israël, «chaque minute de chaque jour jusqu'à ce que nous décidions que c'est fini».

Et d'ajouter le Secrétaire à la «Guerre»: «L'Iran ne pourra rien faire. La mort et la destruction par les airs. Toute la journée. Les pilotes américains ont l'autorité maximale accordée par le président et moi-même. Les règles d'engagement sont conçues pour déchaîner la puissance américaine et non l'enchaîner». Imaginez. Les ordres ne commandent pas d'atteindre une cible, la détruire et revenir. On oblige des humains à semer la mort et la destruction, sur des innocents au besoin, sans retenue, sans règles morales, en violation de toutes les lois américaines et du droit international.

Des crimes contre l'humanité des crimes de guerre non seulement avoués devant la presse mondiale, mais affirmés avec fierté. Les militaires U.S., obéissant à ces ordres criminels et inconstitutionnels, s'en rendent complices. S'il existe toujours une justice en ce bas monde, ils répondront de leurs actes aux côtés de leurs commandants à un éventuel tribunal style Nuremberg et finiront leur vie derrière les barreaux ainsi que dans la poubelle de l'histoire. Comme les ayatollahs et mollahs qui piétinent les droits des Iraniens depuis 1979.
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capture d'écran des propos de  Pete Hegseth devant la presse, 4 mars 2026
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Voyez le message qu'il lance à l'humanité. Un message sans humanité. Je l'interprète ainsi: «Nous n'avons jamais voulu que ce soit un combat loyal, et ce n'est pas un combat loyal. Nous continuons de les frapper quand ils sont abattus, et c'est ainsi que les choses devraient être.» À ceux qui pourraient croire qu'il réserve un tel traitement aux méchants autoritaires qui oppriment le peuple iranien depuis des décennies, détrompez-vous.

Cette philosophie est le fidèle reflet d'actions déjà prises dans les Amériques. Les militaires, obéissant aux ordres, ont illégalement coulé des bateaux vénézuéliens dans les eaux internationales sous des. prétextes douteux. Et qu'ont-ils faits quand quelques survivants sans armes demandaient d'être rescapés en mer? Ils les ont froidement abattus. Comment disait-il encore? Nous n'avons jamais envisagé un combat loyal... On les achève après les avoir abattus...

Cela ne vous rappelle-t-il pas les actes criminels posés par la Gestapo ICE à Minneapolis en janvier 2026, alors que des agents de l'ICE, après avoir cloué Alex Pretti au sol et l'avoir maîtrisé, ont tiré une dizaines de balles sur son corps étendu? «Nous continuons de les frapper quand ils sont abattus, et c'est ainsi que les choses devraient être.» Et que penser de la mort de Renée Good, abattue de trois balles dans la tête alors qu'elle tentait de fuir le personnel d'ICE? Un passant a interpellé le tueur. «Vous n'avez pas de conscience?» La question aurait dû être posée à Trump et ses exécutants aussi...

À Netanyahou également, qui fait de même à Gaza, dépassant en horreur, si cela est possible, les assassins du Hamas.

Quoiqu'il en soit, s'il restait une parcelle de crédibilité aux motifs invoqués par l'administration Trump pour attaquer l'Iran, Pete Hegseth l'a oblitérée aujourd'hui. On sait désormais à quoi s'attendre si on se trouve dans la mire de ces criminels.

mardi 3 mars 2026

(Tab)... arnaque à la pompe?

3 mars 2026...
caricature de Godin dans Le Devoir, 3 mars 2026


Hier, 2 mars, l'essence se vendait 1,339 $ le litre dans mon secteur de Gatineau. Un prix relativement stable depuis des mois. Excusez-moi, gens de Montréal, apparemment chez vous c'est bien pire. Quoiqu'il en soit, quand je suis allé faire le plein ce matin, le prix du carburant avait bondi à 1,539 $ le litre. Une augmentation de 20 cents en une journée. Huit dollars de plus pour une quarantaine de litres...

On tente de nous faire avaler que cette flambée instantanée des prix résulte de la guerre Trump-Netanyahou contre l'Iran. Je veux bien croire que les pluies de missiles autour du détroit d'Ormuz vont perturber les marchés pétroliers mais ce qu'on achète aujourd'hui à la pompe n'a pas été rescapé de la pagaille navale et aérienne déclenchée le 27 février. Le baril de pétrole se vendait 73$ US vendredi et un peu plus de 80$ quatre jours plus tard.

Selon les infos que j'ai pu glaner sur Internet, il se déroule au moins une ou deux semaines avant que l'indice des prix oscille à la hausse dans les stations d'essence. Des experts interviewés par le Journal de Montréal indiquent qu'avec une flambée atteignant 100$ US le baril, le prix de l'essence pourrait grimper de 20 à 30 cents le litre. Mais là on vient de nous soutirer 20 cents le litre quatre jours seulement après le début du conflit, et nous sommes toujours très, très loin du seuil de 100 $ le baril de pétrole.

Si vous êtes comme moi, vous flairez un hold-up à la pompe par des pétrolières multi-milliardaires qui nous ont fait le coup des milliers de fois auparavant. Leurs poches déjà pleines d'une richesse obscène vont déborder sous les yeux complices de nos gouvernements pendant que les consommateurs se font encore une fois arnaquer. À qui peut-on se plaindre? Inutile d'engueuler le préposé à la station d'essence, il ou elle est aussi mal prix que nous. Inutile d'intervenir auprès de nos députés à Ottawa ou à Québec, leur impuissance (indifférence?) historique face aux pétrolières est connue. Alors on paie, quitte à rager un peu sur Facebook, X-Twitter ou un truc du genre.

Je me console en constatant que le moteur électrique de ma voiture hybride propulse le véhicule environ la moitié du temps en ville. Tout de même. Une arnaque, qu'il s'agisse de 2$ ou de 20$, ça reste une arnaque. Et n'oubliez pas l'effet de la hausse du prix du pétrole sur une variété de secteurs économiques (transport, fabrication, chauffage, etc.). On ne nous manquera pas. Il en résultera une hausse de l'inflation, un cadeau pour nos «amies» les banques. Les taux d'intérêt monteront ou cesseront de baisser, et qui en fera les frais? Les mêmes, comme toujours. Nous!

Ne vous demandez pas pourquoi je suis socialiste...

lundi 2 mars 2026

La laïcité en spectacle à Ottawa...

2 mars 2026...


Attachez vos ceintures. Le cirque arrive dans la capitale fédérale le 23 mars, avec un super spectacle de quatre jours. En effet, dans trois semaines, une horde d'individus, d'organisations, de commissions scolaires (English Montréal en tête) et de gouvernements y compris celui d'Ottawa, déferlera sur la Cour suprême du Canada pour essayer de torpiller la Loi québécoise sur la laïcité de l'État (Loi 21).

Soyez avertis. Ce ne sera pas beau à voir. Les ennemis de la laïcité mode québécoise attendent cette occasion depuis des années. Ils seront plus nombreux que les défenseurs de la Loi 21 et si le passé est garant de l'avenir, le Québec Bashing figurera au menu. Il nous faudra un estomac fort pour digérer les procès d'intention et les calomnies parfois haineuses qu'on proférera pour convaincre les juges suprêmes de charcuter le contenu de la Loi sur la laïcité et limiter le droit constitutionnel du Québec d'utiliser la clause dérogatoire (article 33 de la Charte des longs couteaux).

La mise en scène est parfaite pour humilier le Québec, une nouvelle fois à genoux devant huit juges (nommés par Ottawa) assujettis à la Constitution de 1982, celle qu'on a imposée au Québec contre sa volonté après un complot nocturne teinté de trahison. Vous pensez ces juges indépendants et impartiaux? Simon Jolin-Barrette l'affirme, mais j'ai peine à croire à une telle naïveté. N'oubliez pas que le neuvième juge, qui s'est récusé, était président de l'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) au moment où cette dernière lançait sa contestation judiciaire de la Loi québécoise sur la laïcité...

Des relents du vieux racisme impérial britannique subsistent toujours au Canada anglais en ce début de 21e siècle, hérité d'une intolérance historique à l'endroit de l'irritante nation francophone qui refuse de s'avouer vaincue et tente toujours d'affirmer sa langue et ses valeurs. Ces préjugés teintés de supériorité ont été transmis au fil des ans aux collectivités, peu importe l'origine, que la majorité Canadian a anglicisées depuis la Conquête ou qui sont présentement en voie d'anglicisation, y compris au Québec. Pour un grand nombre d'anglophones et d'anglicisés du Canada et du Québec, les francophones de souche demeurent encore aujourd'hui inférieurs, moins civilisés, moins tolérants, etc. Lisez Lord Durham. Vous verrez.

Les ennemis anglo-multiculturels de la Loi 21 et des valeurs qu'elle sous-tend n'arrivent pas devant la Cour suprême en contestant uniquement le libellé ou l'effet de certains articles. Au nom de la supériorité des valeurs, de la moralité et de la religion qu'ils défendent, ils contestent le droit, pour la «tribu» québécoise, de pouvoir édicter des lois qui heurtent leurs nobles principes et leurs traditions. Le fait que la quasi-totalité des provinces canadiennes et le fédéral aient piétiné la langue et les valeurs québécoises et canadiennes-françaises depuis la Confédération ne les offusque pas. Au contraire. Lisez les commentaires après les textes qui traitent de ce genre de chose dans les médias de langue anglaise. On comprend vite que les propos haineux et racistes envers le français et le Québec sont à peu près les seuls qui soient tolérés au Canada.

Alors quoiqu'en dise le gouvernement de la CAQ, quoiqu'il en pense, le Québec arrive démuni devant la Cour suprême du Canada. En reconnaissant la légitimité des juges d'Ottawa, les procureurs québécois ont déjà accepté la légitimité de leur décision s'ils envoient paître la Loi 21 ou taillent en pièces le droit d'utiliser la clause dérogatoire. Cela ne signifie pas que Québec doive nécessairement perdre sa cause. Il reviendra peut-être d'Ottawa avec une victoire totale, quoique j'en doute. Peut-être quatre jours d'injures et de remontrances seront-ils suffisants pour satisfaire la meute dans l'esprit des magistrats.

Mais le fond du problème reste entier. Si la Loi 21 sur la laïcité de l'État survit aux contestations judiciaires, ce sera uniquement parce que les juges d'Ottawa l'auront permis. Le droit pour le Québec de décider seul de l'avenir de sa langue et de sa laïcité est compromis. Reconnaître la compétence des juges d'Ottawa, c'est accepter une soumission permanente à la Constitution des longs couteaux et aux juges suprêmes du Canada anglais. Si ces derniers consentent à permettre notre État laïc et notre recours irritant au nonobstant, il ne nous restera qu'à dire poliment merci-thank-you pour cette faveur accordée, en attendant la prochaine fois et l'inévitable coup de massue qui finira, un jour, par nous remettre pour de bon à notre place...

J'espère que le PQ et Paul St-Pierre Plamondon prendront des notes les 23, 24, 25 et 26 mars. S'ils sont élus avec une majorité en octobre, la soumission judiciaire du Québec doit devenir un enjeu prioritaire. Surtout si un référendum se pointe à l'horizon...

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Lien aux intervenants dans la cause de la Loi 21 - https://www.scc-csc.ca/fr/cases-dossiers/search-recherche/41231/