12 avril 2026...
S'il faut trouver le jour de l'année qui marque l'opposition la plus fondamentale entre le Québec et le Canada, mon choix se porterait sur le lundi avant le 25 mai (c'est le 18 mai en 2026). Partout au Canada anglais, cette journée s'appelle la Fête de Victoria (la reine, s'entend) et a pour but de célébrer «l'anniversaire du souverain». Au Québec, on y fête la Journée nationale des Patriotes, ceux-là mêmes qui se sont rebellés contre la monarchie répressive de Victoria en 1837-1838.
À preuve, le gouvernement québécois vient d'honorer comme «personnages historiques» le médecin patriote Jean-Olivier Chénier, tombé sous les balles britanniques en 1837 à St-Eustache, et les patriotes cruellement pendus en 1838-1839 par des militaires au service de la Reine Victoria et de son empire. Pendant qu'à Ottawa et ailleurs au pays, on rend hommage à la mémoire de Victoria et de ses habits rouges, au Québec on commémore l'héroïsme de ses victimes!
Alors que le Canada anglais souligne toujours l'allégeance au monarque, les élus québécois veulent «abolir le lien entre l'État du Québec et la monarchie britannique» (voir image ci-dessous).
------------------------------------------------------------
![]() |
| capture d'écran du Devoir du 27 mai 2025 |
-------------------------------------------------------------
Sur le site officiel du ministère québécois de la Culture, on peut lire: «La Journée nationale des patriotes honore la mémoire des patriotes qui ont lutté (en 1837-38) pour la reconnaissance nationale du peuple québécois, sa liberté politique et l'obtention d'un système de gouvernement démocratique». De nombreuses célébrations ont lieu à travers le Québec, et le drapeau tricolore vert-blanc-rouge est bien en évidence, même sur des édifices publics.
Sur le site officiel des «journées importantes et commémoratives» du gouvernement canadien, on ne parle que de la Fête de Victoria. Aucune référence à la Journée nationale des patriotes, pourtant essentielle si l'on veut comprendre l'évolution vers la démocratie au Québec et dans l'ensemble du Canada. Ottawa feint d'ignorer que le Haut-Canada (Ontario) a aussi eu ses rebelles en 1837-38 et que certains d'entre eux ont été pendus par l'armée de Victoria...
Il n'y a que deux autres «journées importantes et commémoratives» en mai au calendrier du gouvernement du Canada: la Journée du patrimoine néerlandais (5 mai) et la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie (17 mai). Et pour tourner le fer dans la plaie, on célèbre toujours la Journée Sir John A. Macdonald le 11 janvier. Heureusement on inclut La Saint-Jean-Baptiste le 24 juin, sans toutefois mentionner qu'il s'agit de la Fête nationale du Québec.
On indique par ailleurs que mars est le Mois du patrimoine irlandais. C'est aussi le Mois de la francophonie, mais vous ne le trouverez pas dans la liste fédérale... Le gouvernement canadien mentionne cependant le Mois du patrimoine hindou (novembre), le Mois du patrimoine libanais (novembre), le Mois du patrimoine allemand (octobre), le Mois canadien de l'histoire islamique (octobre), le Mois du patrimoine latino-américain (octobre), le Mois du patrimoine polonais (mai), et j'en passe... etc... etc...
J'ai scruté la liste fédérale et déniché une journée commémorative qui pourrait servir à honorer les Patriotes: le 23 juin, Journée nationale du souvenir des victimes de terrorisme. Les troupes britanniques qui ont brûlé des villages, pillé des demeures, violé des femmes et pendu nos patriotes étaient auteurs d'actes terroristes. Les anciens Québécois du Bas-Canada qui ont goûté à la médecine des troupes de Victoria étaient des victimes de terrorisme!

















