mercredi 4 mars 2026

Nous n'avons jamais voulu que ce soit un combat loyal... (Hegseth)

4 mars 2026...

Capture d'écran du Times of Israel, 4 mars 2026

En écoutant le crapuleux Secrétaire américain à la «Guerre», ce midi, au téléjournal de Radio-Canada, j'ai compris à quel point l'esprit de Donald Trump imprègne désormais les pires excès de la politique extérieure des États-Unis. Dans sa vie privée comme à Mar-A-Lago, il abuse de sa force, menace, intimide, attaque sans justification, sans moralité, sans préavis, frappe l'adversaire déjà au tapis et attend de la victime sonnée qu'elle s'agenouille, baise son anneau et dise merci...

Parlant des tactiques américano-israéliennes contre l'Iran, Hegseth a levé les voile sur l'état d'esprit qui anime la Maison Blanche et ses hommes de main. Les Iraniens, dit-il, lèveront les yeux et ne verront que la puissance aérienne impitoyable des États-Unis et d'Israël, «chaque minute de chaque jour jusqu'à ce que nous décidions que c'est fini».

Et d'ajouter le Secrétaire à la «Guerre»: «L'Iran ne pourra rien faire. La mort et la destruction par les airs. Toute la journée. Les pilotes américains ont l'autorité maximale accordée par le président et moi-même. Les règles d'engagement sont conçues pour déchaîner la puissance américaine et non l'enchaîner». Imaginez. Les ordres ne commandent pas d'atteindre une cible, la détruire et revenir. On oblige des humains à semer la mort et la destruction, sur des innocents au besoin, sans retenue, sans règles morales, en violation de toutes les lois américaines et du droit international.

Des crimes contre l'humanité des crimes de guerre non seulement avoués devant la presse mondiale, mais affirmés avec fierté. Les militaires U.S., obéissant à ces ordres criminels et inconstitutionnels, s'en rendent complices. S'il existe toujours une justice en ce bas monde, ils répondront de leurs actes aux côtés de leurs commandants à un éventuel tribunal style Nuremberg et finiront leur vie derrière les barreaux ainsi que dans la poubelle de l'histoire. Comme les ayatollahs et mollahs qui piétinent les droits des Iraniens depuis 1979.
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capture d'écran des propos de  Pete Hegseth devant la presse, 4 mars 2026
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Voyez le message qu'il lance à l'humanité. Un message sans humanité. Je l'interprète ainsi: «Nous n'avons jamais voulu que ce soit un combat loyal, et ce n'est pas un combat loyal. Nous continuons de les frapper quand ils sont abattus, et c'est ainsi que les choses devraient être.» À ceux qui pourraient croire qu'il réserve un tel traitement aux méchants autoritaires qui oppriment le peuple iranien depuis des décennies, détrompez-vous.

Cette philosophie est le fidèle reflet d'actions déjà prises dans les Amériques. Les militaires, obéissant aux ordres, ont illégalement coulé des bateaux vénézuéliens dans les eaux internationales sous des. prétextes douteux. Et qu'ont-ils faits quand quelques survivants sans armes demandaient d'être rescapés en mer? Ils les ont froidement abattus. Comment disait-il encore? Nous n'avons jamais envisagé un combat loyal... On les achève après les avoir abattus...

Cela ne vous rappelle-t-il pas les actes criminels posés par la Gestapo ICE à Minneapolis en janvier 2026, alors que des agents de l'ICE, après avoir cloué Alex Pretti au sol et l'avoir maîtrisé, ont tiré une dizaines de balles sur son corps étendu? «Nous continuons de les frapper quand ils sont abattus, et c'est ainsi que les choses devraient être.» Et que penser de la mort de Renée Good, abattue de trois balles dans la tête alors qu'elle tentait de fuir le personnel d'ICE? Un passant a interpellé le tueur. «Vous n'avez pas de conscience?» La question aurait dû être posée à Trump et ses exécutants aussi...

À Netanyahou également, qui fait de même à Gaza, dépassant en horreur, si cela est possible, les assassins du Hamas.

Quoiqu'il en soit, s'il restait une parcelle de crédibilité aux motifs invoqués par l'administration Trump pour attaquer l'Iran, Pete Hegseth l'a oblitérée aujourd'hui. On sait désormais à quoi s'attendre si on se trouve dans la mire de ces criminels.

mardi 3 mars 2026

(Tab)... arnaque à la pompe?

3 mars 2026...
caricature de Godin dans Le Devoir, 3 mars 2026


Hier, 2 mars, l'essence se vendait 1,339 $ le litre dans mon secteur de Gatineau. Un prix relativement stable depuis des mois. Excusez-moi, gens de Montréal, apparemment chez vous c'est bien pire. Quoiqu'il en soit, quand je suis allé faire le plein ce matin, le prix du carburant avait bondi à 1,539 $ le litre. Une augmentation de 20 cents en une journée. Huit dollars de plus pour une quarantaine de litres...

On tente de nous faire avaler que cette flambée instantanée des prix résulte de la guerre Trump-Netanyahou contre l'Iran. Je veux bien croire que les pluies de missiles autour du détroit d'Ormuz vont perturber les marchés pétroliers mais ce qu'on achète aujourd'hui à la pompe n'a pas été rescapé de la pagaille navale et aérienne déclenchée le 27 février. Le baril de pétrole se vendait 73$ US vendredi et un peu plus de 80$ quatre jours plus tard.

Selon les infos que j'ai pu glaner sur Internet, il se déroule au moins une ou deux semaines avant que l'indice des prix oscille à la hausse dans les stations d'essence. Des experts interviewés par le Journal de Montréal indiquent qu'avec une flambée atteignant 100$ US le baril, le prix de l'essence pourrait grimper de 20 à 30 cents le litre. Mais là on vient de nous soutirer 20 cents le litre quatre jours seulement après le début du conflit, et nous sommes toujours très, très loin du seuil de 100 $ le baril de pétrole.

Si vous êtes comme moi, vous flairez un hold-up à la pompe par des pétrolières multi-milliardaires qui nous ont fait le coup des milliers de fois auparavant. Leurs poches déjà pleines d'une richesse obscène vont déborder sous les yeux complices de nos gouvernements pendant que les consommateurs se font encore une fois arnaquer. À qui peut-on se plaindre? Inutile d'engueuler le préposé à la station d'essence, il ou elle est aussi mal prix que nous. Inutile d'intervenir auprès de nos députés à Ottawa ou à Québec, leur impuissance (indifférence?) historique face aux pétrolières est connue. Alors on paie, quitte à rager un peu sur Facebook, X-Twitter ou un truc du genre.

Je me console en constatant que le moteur électrique de ma voiture hybride propulse le véhicule environ la moitié du temps en ville. Tout de même. Une arnaque, qu'il s'agisse de 2$ ou de 20$, ça reste une arnaque. Et n'oubliez pas l'effet de la hausse du prix du pétrole sur une variété de secteurs économiques (transport, fabrication, chauffage, etc.). On ne nous manquera pas. Il en résultera une hausse de l'inflation, un cadeau pour nos «amies» les banques. Les taux d'intérêt monteront ou cesseront de baisser, et qui en fera les frais? Les mêmes, comme toujours. Nous!

Ne vous demandez pas pourquoi je suis socialiste...

lundi 2 mars 2026

La laïcité en spectacle à Ottawa...

2 mars 2026...


Attachez vos ceintures. Le cirque arrive dans la capitale fédérale le 23 mars, avec un super spectacle de quatre jours. En effet, dans trois semaines, une horde d'individus, d'organisations, de commissions scolaires (English Montréal en tête) et de gouvernements y compris celui d'Ottawa, déferlera sur la Cour suprême du Canada pour essayer de torpiller la Loi québécoise sur la laïcité de l'État (Loi 21).

Soyez avertis. Ce ne sera pas beau à voir. Les ennemis de la laïcité mode québécoise attendent cette occasion depuis des années. Ils seront plus nombreux que les défenseurs de la Loi 21 et si le passé est garant de l'avenir, le Québec Bashing figurera au menu. Il nous faudra un estomac fort pour digérer les procès d'intention et les calomnies parfois haineuses qu'on proférera pour convaincre les juges suprêmes de charcuter le contenu de la Loi sur la laïcité et limiter le droit constitutionnel du Québec d'utiliser la clause dérogatoire (article 33 de la Charte des longs couteaux).

La mise en scène est parfaite pour humilier le Québec, une nouvelle fois à genoux devant huit juges (nommés par Ottawa) assujettis à la Constitution de 1982, celle qu'on a imposée au Québec contre sa volonté après un complot nocturne teinté de trahison. Vous pensez ces juges indépendants et impartiaux? Simon Jolin-Barrette l'affirme, mais j'ai peine à croire à une telle naïveté. N'oubliez pas que le neuvième juge, qui s'est récusé, était président de l'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) au moment où cette dernière lançait sa contestation judiciaire de la Loi québécoise sur la laïcité...

Des relents du vieux racisme impérial britannique subsistent toujours au Canada anglais en ce début de 21e siècle, hérité d'une intolérance historique à l'endroit de l'irritante nation francophone qui refuse de s'avouer vaincue et tente toujours d'affirmer sa langue et ses valeurs. Ces préjugés teintés de supériorité ont été transmis au fil des ans aux collectivités, peu importe l'origine, que la majorité Canadian a anglicisées depuis la Conquête ou qui sont présentement en voie d'anglicisation, y compris au Québec. Pour un grand nombre d'anglophones et d'anglicisés du Canada et du Québec, les francophones de souche demeurent encore aujourd'hui inférieurs, moins civilisés, moins tolérants, etc. Lisez Lord Durham. Vous verrez.

Les ennemis anglo-multiculturels de la Loi 21 et des valeurs qu'elle sous-tend n'arrivent pas devant la Cour suprême en contestant uniquement le libellé ou l'effet de certains articles. Au nom de la supériorité des valeurs, de la moralité et de la religion qu'ils défendent, ils contestent le droit, pour la «tribu» québécoise, de pouvoir édicter des lois qui heurtent leurs nobles principes et leurs traditions. Le fait que la quasi-totalité des provinces canadiennes et le fédéral aient piétiné la langue et les valeurs québécoises et canadiennes-françaises depuis la Confédération ne les offusque pas. Au contraire. Lisez les commentaires après les textes qui traitent de ce genre de chose dans les médias de langue anglaise. On comprend vite que les propos haineux et racistes envers le français et le Québec sont à peu près les seuls qui soient tolérés au Canada.

Alors quoiqu'en dise le gouvernement de la CAQ, quoiqu'il en pense, le Québec arrive démuni devant la Cour suprême du Canada. En reconnaissant la légitimité des juges d'Ottawa, les procureurs québécois ont déjà accepté la légitimité de leur décision s'ils envoient paître la Loi 21 ou taillent en pièces le droit d'utiliser la clause dérogatoire. Cela ne signifie pas que Québec doive nécessairement perdre sa cause. Il reviendra peut-être d'Ottawa avec une victoire totale, quoique j'en doute. Peut-être quatre jours d'injures et de remontrances seront-ils suffisants pour satisfaire la meute dans l'esprit des magistrats.

Mais le fond du problème reste entier. Si la Loi 21 sur la laïcité de l'État survit aux contestations judiciaires, ce sera uniquement parce que les juges d'Ottawa l'auront permis. Le droit pour le Québec de décider seul de l'avenir de sa langue et de sa laïcité est compromis. Reconnaître la compétence des juges d'Ottawa, c'est accepter une soumission permanente à la Constitution des longs couteaux et aux juges suprêmes du Canada anglais. Si ces derniers consentent à permettre notre État laïc et notre recours irritant au nonobstant, il ne nous restera qu'à dire poliment merci-thank-you pour cette faveur accordée, en attendant la prochaine fois et l'inévitable coup de massue qui finira, un jour, par nous remettre pour de bon à notre place...

J'espère que le PQ et Paul St-Pierre Plamondon prendront des notes les 23, 24, 25 et 26 mars. S'ils sont élus avec une majorité en octobre, la soumission judiciaire du Québec doit devenir un enjeu prioritaire. Surtout si un référendum se pointe à l'horizon...

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Lien aux intervenants dans la cause de la Loi 21 - https://www.scc-csc.ca/fr/cases-dossiers/search-recherche/41231/

dimanche 1 mars 2026

Dis-moi au bout du chemin c'qui va rester

1er mars 2026...



«Quand on aura enfin du temps
Et qu’on vivra tranquillement»... (Vincent Vallières)
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J'ai toujours eu un faible pour les chansons qui s'accrochent à nos cheminements de vie. Les artistes ont ce talent de faire ressurgir des souvenirs de jeunesse ou de nous faire méditer sur tout ce qui se profile dans notre parcours vers les cheveux gris. Cela fait le plus grand bien de reconnaître en musique nos peines, nos amours, nos espoirs. Nous avons la certitude que nous ne sommes jamais seuls.

Nous écoutions aujourd'hui, en auto, On va s'aimer encore de Vincent Vallières, en revenant de dîner avec la famille de notre fille ainée. À quelques mois de mes 80 ans, les paroles de cette chanson me ramènent toujours à l'époque de ma vie où mon épouse et moi, au coeur de la trentaine, mettions tout en chantier.
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«Quand nos enfants vont partir
Qu'on les aura vu grandir
Quand ce s'ra leur tout de choisir
Leur tour de bâtir»
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Les années filent à la vitesse de la lumière. Les enfants deviennent ados, puis adultes. Le collège, l'université, les amours, les emplois, et tout à coup, presque comme par surprise, les chambres des enfants sont désertes. La maison devient grande. Le travail comble les vides, mais à l'horizon, l'âge fait apparaître l'inévitable moment où il faudra envisager la retraite... Tout ça en un clin d'oeil...
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«Quand nos têtes seront blanches
Qu'on aura de l'expérience
Quand plus personne n'va nous attendre
Qu'y restera plus rien qu'à s'éprendre»
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Sur la même liste d'écoute musicale préparée pour nos 50 ans de mariage, les tranches de vie se succèdent avec éloquence dans Les étoiles filantes des Cowboys fringants. Combien d'entre nous se reconnaîtraient dans leur évocation émouvante de tant de cheminements:

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«Si je m'arrête un instant pour te parler de la vie
Je constate que bien souvent, on choisit pas mais on subit
Et que les rêves des ti-culs s'évanouissent ou se refoulent
Dans cette réalité crue qui nous embarque dans le moule

La trentaine, la bédaine, les morveux, l'hypothèque
Les bonheurs et les peines, les bons coups et les échecs

Travailler, faire d'son mieux, n'arracher, s'en sortir
Et espérer être heureux, un peu avant de mourir»
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En entendant Vincent Vallières évoquer un avenir où «toutes les bombes auront sauté», où «la paix sera là pour rester», et en me rendant compte que je risque de ne jamais voir cela de mon vivant. je me console en écoutant nos artistes si bien exprimer notre vécu et notre expérience. Pour moi, il y a là un grand bonheur, et une ultime interrogation alors que l'horizon final se rapproche. Je laisse la parole aux Cowboys fringants:

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«Mais au bout du chemin dis-moi c'qui va rester
De notre p'tit passage dans ce monde effréné ?»


samedi 28 février 2026

Fureur épique... Lion rugissant... Mort ailée...

28 février 2026...



Sans se donner la peine d'obtenir l'aval du Congrès américain (qu'il n'aurait pas obtenu), le soi-disant «Prix Nobel de la paix» vient de déclencher contre l'Iran une guerre qu'il a baptisée Fureur épique, de concert avec avec son allié israélien génocidaire, Benyamin Netanyahou. Ce dernier, rivalisant d'éloquence avec le fou de la Maison Blanche, appelle l'opération conjointe Lion rugissant.

Au-delà de ce que l'on puisse penser du régime obscurantiste et assassin des ayatollahs en Iran, dont tout citoyen responsable doit souhaiter la disparition, la question que tous doivent se poser est la suivante: permettra-t-on à Donald Trump et sa cohorte de mafiosos d'agir en toute impunité, à travers la planète, pour attaquer, envahir et à la limite remplacer par des pantins les régimes de pays qui le frottent à rebrousse-poil?

Personne ne conteste le danger que représente l'Iran sous la direction des intégristes chiites, tant pour les habitants du pays (les femmes surtout) que pour la communauté internationale. Mais il n'appartient pas aux Trump de ce monde et à leur très mal nommé Conseil de la paix de se substituer aux organismes internationaux en place, et notamment les Nations Unies. Trump agit chez lui en dirigeant autoritaire, ennemi de la liberté, et sa transformation des États-Unis en oligarchie assassine de milliardaires sera bientôt aussi condamnable que la dictature à Téhéran.

Quant à Israël, Netanyahou a plus que dépensé le capital de sympathie accumulé depuis l'attaque meurtrière du 7 octobre 2023 par le bras militaire du Hamas. Au massacre ignoble d'un peu plus de 1000 Israéliens, il répond en effaçant ce qui reste de la Palestine à Gaza et en tuant 70 000 de ses habitants. Le Conseil de la paix de Trump et ses magnats immobiliers se chargeront de compléter le génocide orchestré par le premier ministre israélien. Le comportement de ce dernier à Gaza ne laisse aucun doute sur ses intentions face à l'Iran. Ce sera une opération efficace et sans pitié.

Les premières réactions à la guerre américano-israélienne contre l'Iran ne sont rien de moins que désespérantes. La dénonciation de la Russie, qui poursuit sa guerre impitoyable contre les Ukrainiens, est tellement risible que personne ne la prendra au sérieux. Quant aux démocraties, déjà dans la mire économique de Washington, leur lâcheté ne connaît plus de bornes. Au lieu de se lever, solidaires, pour dénoncer l'agression trumpienne et réaffirmer la mission de l'ONU comme gardienne de la paix et de l'ordre mondial, elles appuient ouvertement Trump ou peinent à trouver les mots pour protester sans trop offusquer le maniaque orange.

La déclaration du Canada suinte de pusillanimité. Pas de bémol. Pas même de petit bémol pour l'honneur. «Le Canada appuie les mesures prises par les États-Unis», déclare Mark Carney. Le premier ministre canadien n'aime pas le régime en Iran et le considère dangereux. Soit. Cette fois il est d'accord avec M. Gâchette facile à Mar-A-Lago. Quand, dans un proche avenir peut-être, Trump tournera ses armes vers le 51e État, qu'il n'aime pas beaucoup plus que l'Iran, que dira M. Carney en hissant le drapeau blanc? On pense sérieusement qu'il s'arrêtera au Vénézuela, à Cuba, l'Iran, au Groenland? Trump se croit destiné à dominer la planète. Faudra l'arrêter quelque part. Au moins le Mexique a sauvé l'honneur des Amériques en condamnant les attaques comme une «violation du droit international».

Trump et Netanyahou n'ont aucune crédibilité en matière de paix ou de liberté. Trump, en particulier, incarne le mensonge, l'hypocrisie et l'immoralité. Il est de plus assoiffé de pouvoir. Pas seulement chez lui. Partout. En attendant que le peuple américain s'en occupe, la collectivité internationale, les démocraties tout au moins, doivent ériger des barricades pour limiter le plus possible ses folies guerrières. S'il faut en finir avec le régime iranien pour empêcher un cataclysme mondial, que l'intervention soit collective et mesurée, et que le remède ne soit pas pire que le mal. Mais ça, ça prend une bonne dose de courage et présentement, je n'en vois pas beaucoup.

Quand j'ai vu Trump au micro, ce matin, casquette de baseball USA sur la tête (quelle dignité...), annoncer aux Iraniens que l'heure de la liberté avait sonné... j'ai eu la nausée. Celui qui piétine les libertés de tous les États-Uniens (sauf quelques milliardaires) se prétend apôtre de la liberté au Moyen-Orient. Il ment comme il respire. Mark Carney aurait dû vomir sur la place publique au lieu de l'encenser, sans pour autant cesser de condamner les ayatollahs. Que faut-il penser de son «héroïsme» à Davos, maintenant?

Les seuls qui feront les frais de cette guerre seront les civils iraniens, qui mourront par milliers sous les missiles israélo-américains et la répression militaire du régime. Je leur souhaite de se soulever en masse et de saisir l'occasion qui se présente, tant pour détrôner les fous d'Allah que pour bloquer la voie à Trump et à ses oligarques. La démocratie en Iran ne pourra venir que des Iraniens eux-mêmes. Surtout pas de criminels internationaux comme Trump et Netanyahou.


vendredi 27 février 2026

Tout le monde veut aller au ciel, mais...

27 février 2026...



«Tout le monde veut aller au ciel mais personne ne veut mourir». Vous vous souvenez de cette vielle chanson de Petula Clark qui trônait au sommet des palmarès en 1967, l'année des 100 ans du Canada? Moi si. J'avais 21 ans, et le débat sur l'avenir constitutionnel du Québec battait son plein. Quel lien, direz-vous? Ténu, j'en conviens, mais cette maxime me fait penser depuis un demi-siècle aux espoirs politiques du Québec. Tout le monde veut que «ça change», mais personne n'est prêt à «mourir» un peu pour déstabiliser le carcan constitutionnel édicté en 1867 et renforcé à Ottawa en 1982 après la nuit des longs couteaux.

Nous vivons depuis l'époque du gouvernement Johnson dans un régime de tout ou rien. L'égalité ou l'indépendance. Puis celui de l'étapisme du PQ depuis 1973: un référendum gagnant ou... rien. Avec la Loi 101 en 1977, plusieurs croyaient que l'élan mènerait à la victoire du «oui» en 1980. Ce fut un échec cuisant et deux ans plus tard, Trudeau ainsi que ses collabos du Québec et du Canada anglais ne se sont pas embarrassés d'une procédure référendaire pour imposer une constitution multiculturelle dont l'un des objectifs était clairement de saboter toute velléité autonomiste québécoise, y compris la Loi 101.

En 1990, après l'échec de l'Accord du Lac Meech, qui aurait sans doute fissuré un peu la Charte fédérale de 1982, et la défaite référendaire de l'Accord de Charlottetown en 1992, les positions s'étaient figées. Oui ou non, sans trop de compromis. La seconde tentative référendaire du PQ en 1995 a passé à un cheveu près de réussir. Sans les tricheries fédéralistes, le «oui» aurait franchi le cap des 50% plus 1. Mais ce fut 49,4%, et un résultat de 50% moins 1, c'est zéro en politique. Pas de pays. Pas de constitution d'un Québec souverain. Rien. S'cusez, on a eu droit à la Loi fédérale sur la clarté référendaire, pour nous dire quelle question serait acceptable à Ottawa et quelle majorité serait requise au prochain référendum. Bien plus que 50% plus 1...

À force de gouverner dans ce statu quo constitutionnel, le Québec - peu importe le parti au pouvoir - s'est enlisé. Les barricades ont été démantelées, la ferveur indépendantiste réduite à l'État de braises vieillissantes. Après la défaite du gouvernement Marois, le Parti québécois agonisait, notamment chez les plus jeunes. Puis arrive 2022. Il ne reste que trois députés péquistes mais le parti sous PSPP grimpe dans l'opinion publique. Le premier geste des trois élus du PQ fut de refuser de prononcer le serment d'allégeance au roi Charles III. Ne pas siéger pour changer la constitution. Mourir un peu pour voir un minuscule coin de ciel bleu. Ils ont réussi. Le gouvernement Legault, par un vote unanime de l'Assemblée nationale, a modifié l'AANB de 1867 pour permettre un serment d'allégeance au peuple québécois. Un tout petit pas sans doute, mais mieux que rien.

Quatre ans plus tard, le Parti québécois a raflé quatre partielles avec des majorités appréciables et tout semble indiquer que les indépendantistes pourraient reprendre le pouvoir en octobre 2026. Une fenêtre s'ouvre. Peut-être pour la dernière fois. Et nous voilà de nouveau dans le quitte ou double. Tout ou rien. Une autre échéance référendaire qui, sans ce magique 50% plus 1, nous mènera strictement à rien! Pendant que nous continuons à jouer le tout pour le tout, Ottawa continue de s'ingérer sans référendum dans les compétences québécoises avec son pouvoir de dépenser illimité et les juges suprêmes (qu'il nomme seul), chargés depuis 1982 d'interpréter la constitution. Pendant qu'Ottawa agit, détruisant notre édifice national brique par brique, nous référendons...

Ce qui m'amène au sujet de l'heure: le projet de constitution québécoise présenté par le ministre Simon Jolin-Barrette. Attaqué de toutes parts pour son libellé. Sa légitimité mise en cause. Bien sûr, il n'est pas issu d'une grande consultation populaire. Bien sûr il ne remet pas en question l'appartenance du Québec à la structure fédérale. Bien sûr, il pourrait être amélioré. Mais ce n'est pas du tout ou rien. Muni du nonobstant, seule arme qui reste au Québec avec la Charte de 1982, le projet de loi 1 constitutionnalise le français langue commune, la laïcité, la primauté de l'égalité hommes-femmes sur les religions, la primauté des lois du Québec dans ses champs de compétence, les relations internationales du Québec, et plus. Comme indépendantiste, je trouve cela nettement insuffisant, mais ce n'est pas RIEN.

Une fois au pouvoir, le PQ pourra s'en servir, tester ses limites, la modifier au besoin, et surtout l'utiliser pour montrer la rigidité et la mauvaise foi du régime fédéral anglo-dominant envers la francophonie québécoise. S'en servir pour intensifier l'appui à l'indépendance, seul moyen de prendre l'ultime envol qui nous permettra, cette fois, de ne pas percuter de front le béton référendaire. C'est notre dernière chance, j'en suis convaincu. Quand notre seule métropole, Montréal, sera bilingual, et ça s'en vient vite, il sera trop tard. Cueillons au moins ces quelques cailloux constitutionnels offerts par la CAQ avant d'affronter Goliath en 2030.

J'en ai assez du tout ou rien. Pour réaliser l'indépendance, il faut bâtir sur de petites victoires qui mèneront à de grandes victoires, et non sur le désert des mauvais souvenirs des échecs de 1980 et de 1995. Les adversaires du projet de M. Jolin-Barrette ont raison. Mais avoir raison sur papier ne garantit rien dans une mêlée politique où l'ennemi ne recule jamais devant les coups bas. Veut-on affronter Ottawa avec ou sans une constitution québécoise adoptée par l'Assemblée nationale, si imparfaite soit-elle? Voilà la question que je me pose.

Tout le monde veut aller au ciel...

jeudi 26 février 2026

Le gros mensonge d'Allan Rock

26 février 2026...

capture d'écran du site Web de Radio-Canada

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Ne vous attendez pas à une mobilisation populaire pour sauver le Programme d'antiquité grecque et romaine à l'Université d'Ottawa. On ne verra pas de sitôt des milliers de manifestants crier Programma nostrum servemus, pancartes en mains, dans les rues de la capitale fédérale... Plutôt des haussements d'épaule et des bâillements...

Je ne tenterai pas de refaire ici l'éternel débat sur la place d'une culture générale dans un monde dominé par les technologies et la science. Au cours du dernier demi-siècle, les collèges et universités ont formé des armées de spécialistes dépourvus du savoir classique (philosophie, littérature, langues contemporaines et anciennes, histoire, géographie) qui contribue à faire de l'être humain un citoyen moral et responsable. On en subit d'ailleurs les conséquences en ce début de 21e siècle.

Non, ce que je trouve particulier dans cette histoire (rapportée par Le Droit et Radio-Canada - liens en bas de page), c'est le brouillard décisionnel ayant mené à cette seconde (et finale?) suspension du programme d'apprentissage du latin et du grec anciens. Qui a pris l'ultime décision et quels sont les véritables motifs? Est-ce simplement une question d'inscriptions insuffisantes ou y a-t-il autre chose? Les jeux de pouvoir dans les grandes institutions universitaires, qui brassent aujourd'hui des milliards $, se déroulent dans l'obscurité.

Mais il ne s'agit pas de n'importe quel établissement. L'Université d'Ottawa se targue d'être une institution bilingue avec un mandat spécial de protection et de promotion de la langue et de la culture française. Et le programme d'antiquité grecque et romaine est le seul programme du genre donné en français en Ontario. Or, les Franco-Ontariens ne sont pas maîtres de la gestion de cette université qu'on dit la leur. Ils sont minoritaires depuis le début des années 1970 sur ce campus désormais anglo-dominant. S'ils veulent conserver le programme d'étude des langues anciennes, en ont-ils le droit? Pas sûr...

Le fait que le directeur du département d'études anciennes, Dominique Côté, invoque la Loi ontarienne sur les services en français (LSF) pour défendre le maintien du programme d'antiquité grecque et latine est révélateur. Selon lui, l'Université d'Ottawa aurait demandé un avis juridique pour contourner la protection offerte par la LSF. Le porte-parole de l'Université nie cette allégation, mais le simple fait qu'elle surgisse laisse croire qu'il n'y a pas de fumée sans feu, quelque part. Ce ne serait pas la première fois que les francophones feraient les frais de tractations à huis clos...

La justification par un «vaste processus d'évaluation et de revitalisation de programmes pour qu'ils continuent de répondre aux aspirations de la population étudiante et aux besoins des communauté» est vieille comme le monde. C'est la langue de bois qu'on utilise souvent pour ne pas mentir trop effrontément. Pour cacher une réalité qu'on veut taire. M. Côté y voit une «stratégie de restructuration» visant à réduire la taille de la faculté des Arts. Probablement la taille des programmes en français à la faculté des Arts. 

Quant aux aspirations de la population étudiante, de qui parle-t-on? Des 70% d'anglophones, qui finiront peut-être par continuer à étudier les langues anciennes en anglais? Ou des 30% de francophones? Et qu'en est-il des «besoins des communautés»? De quelles communautés s'agit-il? De quels besoins? On obscurcit bien plus qu'on éclaircit. On calme ainsi les objections et le débat se trouve reporté jusqu'au moment où les décisions finales étant prises, les défenseurs du programme français de langues anciennes ne pourront que constater les dégâts, irréparables. 

En 2014, quand les organisations étudiantes franco-ontariennes réclamaient une université provinciale où les francophones auraient le droit d'administrer tous les programmes en français de l'Ontario, y compris ceux de l'Université d'Ottawa, le recteur de l'époque, Allan Rock, avait publié la déclaration suivante dans les pages d'opinion du Droit:

«Les francophones de tout l'Ontario ont déjà leur université: c'est l'Université d'Ottawa. J'invite tous les Franco-Ontariens à soutenir leur université, un endroit où la formation en français rime avec excellence, plutôt que songer à créer un nouvel établissement qui pourrait mettre longtemps à atteindre les normes de qualité que notre université a si bien su établir et promouvoir.»

À chaque fois que surgissent des choix difficiles, budgétaires surtout, qui affectent les programmes en français, et qu'on se trouve dans des universités soi-disant bilingues mais anglo-dominantes, dans ces situations où personne ne sait trop qui décide et pourquoi, on se rend compte que les propos de M. Rock étaient un gros mensonge!

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«À l'U d'O, le seul programme d'études anciennes en français vacille encore», par Sébastien Pierroz, Le Droit - https://www.ledroit.com/actualites/actualites-locales/ottawa/2026/02/26/a-lu-do-le-programme-en-antiquite-grecque-et-romaine-vacille-encore-TMPOAPD3KRBE3NF2RBYQMVC2VI/

«Le programme d'Antiquité grecque et romaine de nouveau suspendu», par Mariane Dépelteau, Radio-Canada - https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2232621/programme-suspension-universite-ottawa