mercredi 10 juin 2026

Nous portons nos identités...

10 juin 2026...

Quand on déménage après 38 ans dans la même maison, et que l'on doit s'installer dans un appartement plutôt exigu, l'heure du GRAND ménage a sonné. Livres, disques, CD, DVD et autres articles de tous genre accumulés sur quatre décennies ont été chez moi les premiers visés. Ces jours-ci, les vêtements sont dans la mire.

Une à une, les commodes se vident et les fonds de tiroirs nous réservent inévitablement des surprises. Des gilets, chandails et maillots trop petits qu'on garde depuis plus de 10 ans dans l'espoir de perdre un jour 5 ou 6 kilos qu'on ne perdra pas... Des dizaines de chaussettes neuves qu'on n'a aucunement l'intention de porter... Quelques pantalons de taille 36, vestiges d'un passé plus svelte... Une cravate avec un dessin de guitare électrique (que j'aimais bien)... Enfin...

Mais le plus intéressant dans cette corvée menée de main de maîtresse par mon épouse Ginette, ce fut de revoir les pièces vestimentaires ayant une valeur identitaire. Nous portons souvent nos identités dans la vie avant de finir par les ranger dans nos tiroirs et garde-robes. Je me suis dit qu'un inconnu, après avoir passé en revue mes vêtements, aurait pu deviner mon coin de pays, quelques-uns de mes engagements et préférences, et même certains de mes problèmes de santé...

Il aurait compris que j'avais probablement quitté l'Ontario pour m'installer au Québec, que j'étais sans doute indépendantiste, que je m'intéressais depuis longtemps au hockey, que j'admirais Guy Lafleur et Stéphane Richer, deux gars de l'Outaouais (autre indice), que j'étais amateur de musique, que ma participation au Relais pour la vie (contre le cancer) n'était pas fortuite, et que je faisais la promotion du français.

Je n'ai pas gardé tous ces vêtements. Mais j'ai voulu tout au moins leur offrir un petit espace spécial dans mon blogue. Ils ne seront pas oubliés. Les voici.
 



Depuis 1975, je demeure au Québec. Je suis devenu Québécois à 100%... pour l'éternité...




Avant d'être Québécois, j'étais Franco-Ontarien. Ma nièce Renée, qui demeure à Orléans (Ontario), fabrique ces t-shirts.



Dans le fouillis du pré-déménagement, je ne trouvais pas mon chandail de Guy Lafleur... puis Ginette m'a rappelé que je l'ai donné à ma petite-fille Anne-Rose, qui vit à Montréal... Mon numéro 10 est en sécurité...



Mon père, originaire d'Ottawa comme moi, était un inconditionnel des Sénateurs, dès leur première saison. Son joueur préféré? Alexandre Daigle bien sûr...



Mon héros du hockey après la retraite de Guy Lafleur? Stéphane Richer que j'ai suivi jusqu'aux Devils. Passage facile, je n'ai jamais pardonné aux Canadiens le congédiement de Lafleur...



Pour mon 50e anniversaire, en 1996, j'ai eu en cadeau une guitare Fender Telecaster, et ce t-shirt assorti (à gauche)... que j'ai retrouvé dans un tiroir avec celui de Bob Dylan, que j'avais vu en spectacle...



Dans les années 2010, nous avons formé une équipe pour participer au Relais pour la vie (contre le cancer). Formée de proches et d'amis, on l'a appelée Nous autres... Une activité nocturne que nous ne sommes pas près d'oublier...



Les survivants du cancer portaient un t-shirt jaune, les aidants un t-shirt orange, les autres aux couleurs de leur équipe. C'est mon chandail jaune, ci-dessus.



Après des décennies d'achats de t-shirts, maillots et chandails annonçant des identités, des causes, des artistes et bien plus, j'arrive à 80 ans où mes engagements et préférences s'exprimeront davantage dans des rencontres en famille ou avec des amis, ainsi que sur mes claviers connectés au Web. La vie sera plus simple...

mardi 9 juin 2026

Et la haine des francophones?

9 juin 2026...



Le 1er juin, le premier ministre Mark Carney a annoncé que le nouveau Conseil consultatif sur les droits, l’égalité et l’inclusion serait chargé d'évaluer les causes de l’antisémitisme au Canada et d'améliorer la recherche et la collecte de données sur les incidents motivés par la haine. Hier c'était l'islamophobie. Aujourd'hui c'est (de nouveau et toujours) l'antisémitisme.

La haine existe depuis la nuit des temps. Des centaines de millions d'individus et de groupes en sont victimes quotidiennement, au Québec, au Canada et ailleurs sur cette planète. Tous les conflits armés de l'histoire humaine ont été propulsés, en tout ou en partie, par la haine. On pourrait croire qu'après tant de souffrance et de morts, l'humanité aurait appris sa leçon. Mais non. Encore aujourd'hui, le combat contre la haine vogue au rythme d'incidents, souvent violents, qui se retrouvent en manchette dans les médias.

Plus souvent qu'autrement, les gestes et propos haineux sont banalisés. Genre tout le monde le fait, fais-le donc. C'est pas grave, ce sont juste des mots. Et même quand ce ne sont pas juste des mots... À force de voir les nouvelles de bombes russes sur l'Ukraine, de violences génocidaires à Gaza, de camps de concentration trumpiens aux États-Unis, de meurtres et d'assassinats, notre carapace morale se durcit et repousse les assauts de la conscience. On en arrive à ne plus reconnaître, ou pire, on en vient à justifier la montée insidieuse de la haine dans nos propres comportements, dans nos propres milieux.

M. Carney a raison de monter au front contre tout ce qui soit motivé par la haine. Mais encore faudrait-il qu'il ne soit pas sélectif. Les statistiques cueillies par les forces policières québécoises et canadiennes déterminent un certain nombre de catégories d'incidents haineux: ceux qui visent les groupes ethniques, ou encore la religion, la race ou l'orientation sexuelle. En vertu de cette classification, les Juifs sont de loin les plus visés par des actes haineux. Mais au Canada, si on passe en revue les livres d'histoire, il existe un groupe contre lequel la haine a toujours été tolérée, voire encouragée à plusieurs époques: les francophones (Québécois, Canadiens français, Acadiens).

Oui, j'oserais affirmer avec beaucoup de conviction qu'ici, la collectivité visée le plus souvent par des «crimes haineux» depuis la Confédération, c'est nous. Les francophones. Partout au pays, même au Québec. À tous les jours, dans les réseaux sociaux, dans les médias de langue anglaise, on tient à notre endroit des propos diffamatoires et haineux. Les recenser est un jeu d'enfant.

Le problème, c'est qu'ils ne correspondent pas vraiment à la définition canadienne de crime haineux. Les dénigrements parfois violents qu'on nous dirige, s'ils étaient proférés contre la collectivité juive ou musulmane, ou contre des gens d'autres races, vaudraient à leurs auteurs des accusations criminelles d'incitation à la haine.

Mais au Canada, la chasse aux francophones est toujours ouverte... Cher M. Carney, pensez-y...

lundi 8 juin 2026

Dans l'bout de la rue Sainte-Catherine et d'la Main...

8 juin 2026...



C'était un moment parfait...

Peu importe ce que je puisse penser de la monarchie britannique ou du cérémonial anglo-vétuste qu'elle traîne jusque chez nous, la cérémonie d'installation de Louise Arbour comme gouverneure générale aura offert au Québec un moment bien spécial avec l'interprétation, par Sara Dufour, de la chanson La Reine des Cowboys fringants.

En l'écoutant avec émotion, murmurant presque les paroles de Jean-François Pauzé, Mme Arbour semblait traverser son pont des soupirs, jetant un ultime regard de liberté sur les rues et ruelles de Montréal avant de revêtir pour cinq longues années les habits de sa geôle royale.

La salle du Sénat au Parlement incarne parfaitement le legs de la royauté victorienne. Sa vocation même est anti-démocratique et vise à freiner les élans démocratiques des élus. C'est le refuge historique des riches et des nobles au service du monarque. Le protocole est rigide. Un univers de courbettes devant le roi ou la reine, ou la gouverneure générale en leur absence.

Il y a de fortes chances que le gratin anglo-canadien, majoritaire à la cérémonie, n'ait jamais entendu parler des Cowboys fringants et que le titre La Reine leur ait suggéré un thème en lien quelconque avec la monarchie. Les rares images face-de-bois de Mark Carney durant la prestation de Sara Dufour donnent l'impression d'un type qui ne comprend absolument rien au message de cette chanson.

Tirée de l'album La Grand-Messe de 2005, La Reine raconte l'engagement social d'une immigrante ayant vécu les horreurs de la guerre, que personne ne connaît vraiment. «Mais tout'le monde la surnommait la reine dans l'bout d'la rue Sainte-Catherine et d'la Main». Une reine des putains, des itinérants, des clochards et des junkies de fond de ruelle. Surtout pas Élizabeth II ou Charles III...

Pas une reine (ou vice-reine) bijoutée et couronnée dans les couloirs d'un palais mais «un ange gardien venu du ciel, qui serait atterri dans les poubelles». Louise Arbour, qui fredonnait avec Sara Dufour jusque là, a tourné son regard vers un lointain qu'elle avait connu. «S'occuper des pauvres et des plus démunis» pour «s'accrocher à la vie»... Une hésitation, peut-être, avant d'entreprendre une vie luxueuse dans l'entourage de riches et puissants...

Dans cette salle de dignitaires et parlementaires où Mme Arbour devait lire son premier discours comme gouverneure-générale, un texte où sa liberté serait désormais soumise à l'autorité de M. Carney, cette salle où peu de gens ont mis les pieds ou le coeur dans les ruelles mal famées, le drame de cette reine fictive retrouvée morte dans un banc de neige faisait l'effet d'une gifle bien sentie, assénée par Louise Arbour elle-même, qui avait expressément demandé qu'on la chante.

La fin de la chanson La Reine est tout à fait appropriée pour son accession au poste de représentante d'un roi qui occupe son trône de droit divin et d'une constitution qui consacre «la suprématie de Dieu». La reine des Cowboys était athée. «Et même si elle croyait pas en dieu, c'est sûr qu'elle vole quelque part où le ciel est bleu». Les monarchistes n'ont pas dû aimer s'ils se sont donné la peine d'écouter...

J'étais déçu qu'une femme de la stature de Louise Arbour accepte de jouer le monarque pendant quelques années, au service de Mark Carney et Charles III. Mais son choix de la chanson La Reine était comme une bouffée d'air frais dans une salle autrement étouffante. Au moment de s'embarquer dans un quinquennat de propagande fédérale, on aura vu un instant dans les yeux de Mme Arbour la détresse et la tristesse d'une combattante qui s'éloigne des naufragés dans l'bout de la Sainte-Catherine et d'la Main...

Je dois l'avouer. J'ai été ému.

dimanche 7 juin 2026

PLQ : à genoux tout le monde...

7 juin 2026...

capture d'écran du site Web Le Devoir (André Pratte)


Le 26 août 1977, quand vint le temps du vote final, tous les députés libéraux se sont levés pour voter contre l'adoption de la Loi 101 (Charte de la langue française) à l'Assemblée nationale. Il est bon de le rappeler à chaque fois qu'un élu ou un représentant du PLQ lance un sempiternel «oui, mais...» quand vient le temps de de se prononcer sur des mesures de protection ou de promotion de la langue française.

S'ils pouvaient agir à leur guise, les libéraux - tant les «provinciaux» que les fédéraux - feraient du Québec un État où, derrière quelques hypocrites engagements de principe en faveur du français, le Bonjour-Hi deviendrait la règle un peu partout. Les Anglo-Québécois et leurs collabos parfois colonisés charcuteraient volontiers ce qui reste du projet initial de Camil Laurin et René Lévesque.

À chaque fois que la société civile, la législature ou les tribunaux débattent d'un projet de francisation, on peut invariablement compter sur la présence d'éminents libéraux pour défendre les intérêts de l'anglais sous l'étendard toujours commode du bilinguisme. À son plus extrême, le député fédéral d'Alfred-Pellan (Laval) proposait en 2024 que le Québec devienne une province officiellement bilingue. Aucun de ses collègues du caucus libéral québécois n'a dénoncé ces propos.

Il y a une dizaine d'années, Philippe Couillard, alors premier ministre, souhaitait que tous les jeunes Québécois francophones puissent apprendre l'anglais. Son gouvernement avait même tenté, en Outaouais, de forcer les étudiants francophones en médecine de suivre leurs cours en anglais au campus satellite de l'université McGill à Gatineau. La députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault, avait renchéri en appuyant le libre choix pour tous de l'école française ou anglaise, du primaire en montant...

La hausse inquiétante des inscriptions de francophones dans les cégeps anglais provoque un vif débat depuis des années. Le gouvernement de la CAQ, dans son projet de loi 96, s'est contenté de plafonner le nombre d'inscriptions dans les collèges anglais, mesure faible s'il en fut, mais que les libéraux jugent inacceptables. Rien de moins que le libre choix, bien sûr. Il  fallait donc s'attendre à ce que la troupe de Milliard s'oppose à l'extension de la Loi 101 à la formation professionnelle et l'éducation des adultes.

Le français décline au Québec, notamment comme langue de travail. Les étudiants francophones et leurs parents le savent. Québec lui-même accélère l'apprentissage de l'anglais au primaire depuis 15 ans avec les programmes d'anglais intensif de Jean Charest. Les députés libéraux anglophones et anglophiles de la région de Montréal jubilent. On entrevoit déjà le passage du Bonjour-Hi au Hi-Bonjour, en attendant Hi tout simplement, à la Michael Rousseau.

La bienveillante députée libérale de Westmount-Saint-Louis, le coeur sur la main, se fait l'avocate des jeunes adultes désireux de faire le plongeon vers l'anglais. «Rendu à 18 ans, dit-elle, si un jeune francophone désire apprendre l'anglais parce qu'il voit que ça fait partie des options pour le futur, mais pourquoi on ne va pas le lui laisser l'apprendre?» Décodez ça... C'est vénéneux... Sa collègue de Notre-Dame-de Grâce, Désirée McGraw, favorise elle aussi pour les francophones le libre choix de s'angliciser au cégep...

Sur la colline parlementaire fédérale, les députés libéraux de la métropole et des environs ne sont pas à la traîne. Dès sa nomination comme ministre des Langues officielles en décembre 2025, Marc Miller (Ville-Marie-Sud-Ouest-Île des Soeurs) se disait «tanné» du débat sur le déclin du français au Québec. Son collègue de Mount Royal Anthony Housefather, se sera distingué comme seul député fédéral à voter contre la modernisation de la Loi sur les langues officielles...

Charles Milliard affirme que son plan pour le français, attendu le 21 juin, sera meilleur que celui de la CAQ (Rires étouffés), avant de finir sa pensée avec une insulte à la nation québécoise. «Il faut avoir de l'ambition pour le Québec», lance-t-il... Si j'ai bien compris, cela signifie que franciser davantage le Québec traduit un manque d'ambition. «On est fiers de notre langue», conclut M. Milliard. Il aurait pu ajouter: dans la mesure ou les anglos de notre parti l'acceptent...

«Chose certains, on touche à des institutions (les cégeps) qui sont importantes pour la communauté anglophone», et cela doit «absolument» changer, affirme le président de la Commission politique nationale du PLQ, André Pratte.  À genoux tout le monde...

samedi 6 juin 2026

Une première pièce vide...

6 juin 2026...



Une première pièce vide... nos trois filles ont dormi dans cette chambre, il n'y a pas si longtemps il me semble... Nous avions gardé un lit, une table de nuit pour «la visite»... Partis aujourd'hui...

Dans une seconde chambre d'enfants, la commode manque désormais à l'appel... Reste le lit et la table de nuit... Leurs jours sont comptés...

Dans la cuisine, des chaises pliantes et une table improvisée... Nos chaises et notre table en chêne passent quelques semaines dans l'atelier d'un peintre...

Le divan et la causeuse du salon auront bientôt de nouveaux propriétaires, comme le mobilier du sous-sol... Deux autres pièces qu'on ne reconnaîtra plus...

Le mobilier de jardin n'a pas retrouvé sa place sur la terrasse dans la cour arrière cette année... On l'a transporté à sa nouvelle résidence au lac Sinclair...

Trois de nos huit bibliothèques seront bientôt vendues... Les 600 ou 700 livres qui ornaient les tablettes ont été donnés...

Des centaines de vinyles ont subi le même sort... Ma vieille table tournante et mes deux haut-parleurs Pioneer des années 80 ne nous suivront pas dans notre nouvelle demeure...

Dans quelques jours, une panoplie d'objets conservés depuis 38 ans dans cette demeure seront étalés pour les passants à notre toute première (et dernière) vente garage...

La maison familiale se démantèle sous nos yeux...

Heureusement, on peut compter sur l'appui de nos enfants, de leurs conjoints, de petits-enfants, de proches et d'amis, et de bras plus jeunes et plus forts que les nôtres...

Le jour du déménagement vers notre nouvelle vie en appartement approche à grands pas. La maison que nous avons fait construire, où nos enfants ont grandi, où nous avons vécu et vieilli, ne sera alors qu'un souvenir.

Chaque jour qui reste sera précieux.

vendredi 5 juin 2026

Charles Milliard... l'innocent...

5 juin 2026...



Ce chef du Parti libéral du Québec qui s'agenouille devant les bonzes anglophones quand vient le temps de protéger la langue française* fait maintenant l'éloge des étudiants qui choisissent de poursuivre leurs études supérieures en anglais... au Québec!

Durant son séjour récent comme cadre supérieur à l'université Bishop's, dans le secteur Lennoxville de Sherbrooke, Charles Milliard «dit avoir été charmé par la cohabitation des deux langues officielles du Canada», rapporte le quotidien Le Devoir.

Apparemment inconscient du lien démontré entre la langue des études et la langue de travail, l'innocent chef libéral croit que fréquenter l'université en anglais agit «comme un outil de développement linguistique» pour les jeunes francophones.

Pire, M. Milliard estime que dans ses classes, à l'automne 2025 «60 à 65% des étudiants étaient des francophones qui voulaient apprendre dans une deuxième langue». De jeunes Québécois déjà bilingues qui avaient le choix de se perfectionner en anglais...

Il y a deux ans, en mai 2024, deux chercheurs québécois s'étaient fait traiter de «pleins de marde» par un député libéral, Francis Drouin, pour avoir tenté de démontrer le lien de cause à effet entre les études supérieures en anglais et l'assimilation des étudiants francophones.

Sans nier les effets positifs, pour certains jeunes, de développer des habiletés bilingues et plurilingues, les recherches démontrent que la langue des études au collégial et à l'universitaire a davantage tendance à devenir, en tout ou en partie, la langue de travail.

Si le chef libéral ne connaît rien à la dynamique linguistique dans notre enclave francophone d'Amérique, il gagnerait se renseigner auprès d'experts dans une institution de langue française. On lui apprendrait comment, pour un peuple entouré d'anglophones, la croissance excessive du bilinguisme est une étape vers l'anglicisation collective.

Charmé par l'université anglaise Bishop's, M. Milliard l'est tout autant par la municipalité de North Hatley où il a élu résidence. Selon lui, il s'agit d'un village où 350 résident parlent français, et 350 autres parlent l'anglais. Tout le monde est bilingue, estime le chef libéral.

J'ai vérifié. Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, sur les 675 habitants de North Hatley, 61% sont francophones et 39% anglophones. Si on a l'impression que c'est moitié-moitié, c'est peut-être parce que les francophones parlent plus souvent en anglais, et les anglos un peu moins souvent en français.

J'ai vérifié. Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, seul l'anglais est en croissance comme langue d'usage (langue la plus souvent parlée à la maison) à North Hatley. Une comparaison de la langue maternelle et de la langue d'usage montre un gain de 12% pour l'anglais, et une perte de 3% pour le français.

En se fondant sur la langue d'usage (la langue transmise à la génération suivante), North Hatley compte environ 55% de francophones et 42% d'anglophones. Si la tendance se maintient, ce pourrait effectivement devenir le 50-50 de M. Milliard. Enfin, selon Statistique Canada, le taux de bilinguisme est de 65%... Environ 38% des anglos sont unilingues, contre 32% des francos...

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https://lettresdufront1.blogspot.com/2026/04/comment-ne-pas-couvrir-une-nouvelle.html

jeudi 4 juin 2026

Cuba à l'agonie... Assez!

4 juin 2026...

capture d'écran, La Presse, image d'une rue cubaine



Tous les jours, le mégalomane cruel et dément qui trône sur la Maison Blanche se rend coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, en plus de violer presque impunément les lois et la constitution de son propre pays.

Seuls les citoyens américains, soutenus par leurs législatures et leur système judiciaire, ont le pouvoir de mettre fin au régime autoritaire et corrompu de Donald Trump. Avec l'appui de son club de milliardaires, les occasionnelles défaites aux urnes et en cours de justice n'ont pas réussi à freiner la descente aux enfers des États-Uniens.

Les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité, cependant, interpellent le monde entier, y compris les Québécois et les Canadiens. Les procès de Nuremberg ont établi une fois pour toutes l'obligation planétaire de punir ces criminels, autant ceux qui commandent que ceux qui exécutent les ordres.

Clairement, les grandes puissances ont renié les idéaux sur lesquels l'ONU a été fondée dans le carnage de la Deuxième Guerre mondiale. La Russie envahit l'Ukraine et y bombarde les civils. Les États-Unis se font complices du génocide entrepris par Netanyahou à Gaza; violent la souveraineté du Vénézuela; attaquent militaires et civils en Iran (que Trump menace d'anéantissement); envisagent d'annexer le Canada et le Groenland. La Chine zieute Taiwan comme un vautour.

Toutes ces actions se déroulent dans un monde beaucoup trop immobile. Les résistances occasionnelles ciblent les effets économiques des conflits et des chimères tarifaires du mégalomane. Aucun pays n'a osé confronter directement les Américains pour mettre frein à leurs pires excès. Ni à Gaza, ni au Vénézuela, ni en Iran. Tout au plus a-t-on envoyé quelques soldats au Groenland au cas où...

Mais là, à Cuba, une urgence oblige la planète à décider jusqu'où l'estomac collectif peut tolérer la crapulerie de la plus grande puissance militaire du monde contre un peuple démuni et sans défense. Combien de temps pourra-t-on sans vomir endurer l'asphyxie de l'île rebelle? Arrivera-t-on au point où il deviendra insupportable de voir des Cubains souffrir de la faim, mourir sans soins de santé, subir les effets catastrophiques du blocus américain?

Les États-Unis menacent tous ceux qui oseraient forcer son blocus pour apporter du pétrole, ou renflouer l'économie blessée. On vient d'annoncer que les compagnies Visa et Mastercard y ont suspendu leurs services. Trump et ses milliardaires ne reculeront devant rien pour mettre le grappin sur l'île tropicale. L'exploitation de la misère des gens, leur spécialité, y deviendra la source de nouveaux milliards.

Alors la question se pose. Les pays qui ont les moyens de voler au secours du peuple cubain le feront-ils, ou continueront-ils de se faire complices des crimes contre l'humanité de Donald Trump? Nous en sommes là. Chacun de nous devra décider s'il veut, dans les livres d'histoire de l'avenir, qu'on nous classe parmi les déchets de l'humanité pour ne pas s'être opposés à l'indécence armée du locataire actuel de la Maison Blanche?

Je ne m'aventure pas souvent sur le terrain de la religion, mais je crois que l'inaction des démocraties est un péché mortel. Dans l'évangile de Saint-Jean, l'apôtre rapporte ces paroles de Jésus aux pharisiens. «Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché.» En juin 2026, nous voyons. Tous les jours. Sur nos écrans. Si nous détournons les yeux pour éviter de combattre l'injustice, il y a faute grave, que nous finirons par regretter dans cette vie ou dans l'au-delà.

Bruits de criquets...