24 juin 2026...
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| le message lamentable de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario en 2026 |
Dans le quotidien Le Droit du 23 juin 1913, la direction franco-ontarienne du journal qui n'avait que trois mois d'existence publia à la une un éditorial sur la fête de la Saint Jean-Baptiste. En voici le début: «Demain, 24 juin, le peuple canadien-français célèbre sa fête nationale, la Saint-Jean-Baptiste. C'est la fête du peuple; c'est le jour des grands enthousiasmes, des manifestations joyeuses et des viriles résolutions. En ce jour, on aime à voir les drapeaux claquer à la brise; le son des fanfares nous paraît plus joyeux et l'on redit avec plus d'entrain les chansons du jeune âge. Tout cela est bon, tout cela est même nécessaire, c'est le souffle de l'âme nationale qui passe dans les foules, ranime les courages et inspire de fortes et solides résolutions.»
Cette Saint Jean-Baptiste se déroulait sur fond de crise scolaire alors que les Franco-Ontariens luttaient pour conserver leurs écoles françaises. Le 22 juin, un grand ralliement canadien-français avait eu lieu à Ottawa en solidarité avec les collectivités francophones de l'Ontario. Douze mille manifestants avaient paradé dans les rues de la capitale. La crise suscitée par l'ignoble Règlement 17 devait durer jusqu'à la fin des années 1920 et les séquelles se faisaient encore sentir dans mon enfance et même après, jusque dans les années 1990. Et à tous les ans, la Saint Jean-Baptiste était l'occasion de célébrer les combats historiques des Franco-Ontariens et de l'ensemble de la nation canadienne-française.
Que ces chapitres ontariens de l'histoire nationale aient été oubliés ou mis au rancart au Québec, dans l'Ouest ou en Acadie est bien regrettable. Mais il est scandaleux que cela se produise en Ontario même, au sein de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, l'organisme parapluie de l'Ontario français. Quand revient tous les ans la Saint Jean-Baptiste, comment ne peut-on pas faire revivre, tout au moins dans un texte officiel, l'héritage laissé par des générations de militants franco-ontariens? Ce passé pas si lointain n'est-il pas le socle sur lequel se dresseront les résistances de l'avenir?
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| l'éloquente page une du Droit du 23 juin 1913 |
J'ai vu ce matin le message annuel de la Saint Jean-Baptiste de l'AFO et même si je suis Québécois depuis plus de 50 ans, mes vieilles tripes franco-ontariennes ont sursauté. Comment l'association qui dit représenter les Franco-Ontariens peut-elle publier un texte aussi plate et aussi insipide? On croirait, à la lire, que ses auteurs et les dirigeants qui leur ont donné le feu vert ignorent tout de l'histoire de l'Ontario français. J'en ai eu le souffle coupé. Lisez: «L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario souhaite une excellente fête de la Saint Jean-Baptiste à tou.te.s (!!) les canadien.nes (!!!) francophones en Ontario et dans tout le Canada. C'est une période joviale pour la communauté francophone canadienne qui se commémore (sic) ses aboutissements dans le maintien du français.»
Ne cherchez pas le mot «national». Il n'y est pas, même s'il s'agit depuis toujours de la fête nationale (des Québécois, mais aussi des Canadiens français). Les Franco-Ontariens et les francophones des autres provinces (y compris le Québec) ne sont plus, à croire l'AFO, qu'une «communauté francophone canadienne». Comme les autres «communautés»... Vérifiez le sens du mot communauté quelqu'un! Quant à l'existence d'une «période joviale» pour commémorer les «aboutissements dans le maintien du français», on peut à juste titre se demander de quoi l'AFO parle... Peut-être s'agit-il d'une nouvelle langue de bois pour éviter de raconter la véritable histoire des Franco-Ontariens...
Si Doug Ford ou quelque représentant du gouvernement de l'Ontario avait pondu un tel message, on aurait pu comprendre et attribuer les faiblesses du texte à leur ignorance de l'histoire des francophones de leur province. Mais venant de l'AFO, je suis bouche bée...







