samedi 28 février 2026

Fureur épique... Lion rugissant... La mort ailée...

28 février 2026...



Sans se donner la peine d'obtenir l'aval du Congrès américain (qu'il n'aurait pas obtenu), le soi-disant «Prix Nobel de la paix» vient de déclencher contre l'Iran une guerre qu'il a baptisée Fureur épique, de concert avec avec son allié israélien génocidaire, Benyamin Netanyahou. Ce dernier, rivalisant d'éloquence avec le fou de la Maison Blanche, appelle l'opération conjointe Lion rugissant.

Au-delà de ce que l'on puisse penser du régime obscurantiste et assassin des ayatollahs en Iran, dont tout citoyen responsable doit souhaiter la disparition, la question que tous doivent se poser est la suivante: permettra-t-on à Donald Trump et sa cohorte de mafiosos d'agir en toute impunité, à travers la planète, pour attaquer, envahir et à la limite remplacer par des pantins les régimes de pays qui le frottent à rebrousse-poil?

Personne ne conteste le danger que représente l'Iran sous la direction des intégristes chiites, tant pour les habitants du pays (les femmes surtout) que pour la communauté internationale. Mais il n'appartient pas aux Trump de ce monde et à leur très mal nommé Conseil de la paix de se substituer aux organismes internationaux en place, et notamment les Nations Unies. Trump agit chez lui en dirigeant autoritaire, ennemi de la liberté, et sa transformation des États-Unis en oligarchie assassine de milliardaires sera bientôt aussi condamnable que la dictature à Téhéran.

Quant à Israël, Netanyahou a plus que dépensé le capital de sympathie accumulé depuis l'attaque meurtrière du 7 octobre 2023 par le bras militaire du Hamas. Au massacre ignoble d'un peu plus de 1000 Israéliens, il répond en effaçant ce qui reste de la Palestine à Gaza et en tuant 70 000 de ses habitants. Le Conseil de la paix de Trump et ses magnats immobiliers se chargeront de compléter le génocide orchestré par le premier ministre israélien. Le comportement de ce dernier à Gaza ne laisse aucun doute sur ses intentions face à l'Iran. Ce sera une opération efficace et sans pitié.

Les premières réactions à la guerre américano-israélienne contre l'Iran ne sont rien de moins que désespérantes. La dénonciation de la Russie, qui poursuit sa guerre impitoyable contre les Ukrainiens, est tellement risible que personne ne la prendra au sérieux. Quant aux démocraties, déjà dans la mire économique de Washington, leur lâcheté ne connaît plus de bornes. Au lieu de se lever, solidaires, pour dénoncer l'agression trumpienne et réaffirmer la mission de l'ONU comme gardienne de la paix et de l'ordre mondial, elles appuient ouvertement Trump ou peinent à trouver les mots pour protester sans trop offusquer le maniaque orange.

La déclaration du Canada suinte de pusillanimité. Pas de bémol. Pas même de petit bémol pour l'honneur. «Le Canada appuie les mesures prises par les États-Unis», déclare Mark Carney. Le premier ministre canadien n'aime pas le régime en Iran et le considère dangereux. Soit. Cette fois il est d'accord avec M. Gâchette facile à Mar-A-Lago. Quand, dans un proche avenir peut-être, Trump tournera ses armes vers le 51e État, qu'il n'aime pas beaucoup plus que l'Iran, que dira M. Carney en hissant le drapeau blanc? On pense sérieusement qu'il s'arrêtera au Vénézuela, à Cuba, l'Iran, au Groenland? Trump se croit destiné pour dominer la planète. Faudra l'arrêter quelque part. Au moins le Mexique a sauvé l'honneur des Amériques en condamnant les attaques comme une «violation du droit international».

Trump et Netanyahou n'ont aucune crédibilité en matière de paix ou de liberté. Trump, en particulier, incarne le mensonge, l'hypocrisie et l'immoralité. Il est de plus assoiffé de pouvoir. Pas seulement chez lui. Partout. En attendant que le peuple américain s'en occupe, la collectivité internationale, les démocraties tout au moins, doivent ériger des barricades pour limiter le plus possible ses folies guerrières. S'il faut en finir avec le régime iranien pour empêcher un cataclysme mondial, que l'intervention soit collective et mesurée, et que le remède ne soit pas pire que le mal. Mais ça, ça prend une bonne dose de courage et présentement, je n'en vois pas beaucoup.

Quand j'ai vu Trump au micro, ce matin, casquette de baseball USA sur la tête (quelle dignité...), annoncer aux Iraniens que l'heure de la liberté avait sonné... j'ai eu la nausée. Celui qui piétine les libertés de tous les États-Uniens (sauf quelques milliardaires) se prétend apôtre de la liberté au Moyen-Orient. Il ment comme il respire. Mark Carney aurait dû vomir sur la place publique au lieu de l'encenser, sans pour autant cesser de condamner les ayatollahs. Que faut-il penser de son «héroïsme» à Davos, maintenant?

Les seuls qui feront les frais de cette guerre seront les civils iraniens, qui mourront par milliers sous les missiles israélo-américains et la répression militaire du régime. Je leur souhaite de se soulever en masse et de saisir l'occasion qui se présente, tant pour détrôner les fous d'Allah que pour bloquer la voie à Trump et à ses oligarques. La démocratie en Iran ne pourra venir que des Iraniens eux-mêmes. Surtout pas de criminels internationaux comme Trump et Netanyahou.


vendredi 27 février 2026

Tout le monde veut aller au ciel, mais...

27 février 2026...



«Tout le monde veut aller au ciel mais personne ne veut mourir». Vous vous souvenez de cette vielle chanson de Petula Clark qui trônait au sommet des palmarès en 1967, l'année des 100 ans du Canada? Moi si. J'avais 21 ans, et le débat sur l'avenir constitutionnel du Québec battait son plein. Quel lien, direz-vous? Ténu, j'en conviens, mais cette maxime me fait penser depuis un demi-siècle aux espoirs politiques du Québec. Tout le monde veut que «ça change», mais personne n'est prêt à «mourir» un peu pour déstabiliser le carcan constitutionnel édicté en 1867 et renforcé à Ottawa en 1982 après la nuit des longs couteaux.

Nous vivons depuis l'époque du gouvernement Johnson dans un régime de tout ou rien. L'égalité ou l'indépendance. Puis celui de l'étapisme du PQ depuis 1973: un référendum gagnant ou... rien. Avec la Loi 101 en 1977, plusieurs croyaient que l'élan mènerait à la victoire du «oui» en 1980. Ce fut un échec cuisant et deux ans plus tard, Trudeau ainsi que ses collabos du Québec et du Canada anglais ne se sont pas embarrassés d'une procédure référendaire pour imposer une constitution multiculturelle dont l'un des objectifs était clairement de saboter toute velléité autonomiste québécoise, y compris la Loi 101.

En 1990, après l'échec de l'Accord du Lac Meech, qui aurait sans doute fissuré un peu la Charte fédérale de 1982, et la défaite référendaire de l'Accord de Charlottetown en 1992, les positions s'étaient figées. Oui ou non, sans trop de compromis. La seconde tentative référendaire du PQ en 1995 a passé à un cheveu près de réussir. Sans les tricheries fédéralistes, le «oui» aurait franchi le cap des 50% plus 1. Mais ce fut 49,4%, et un résultat de 50% moins 1, c'est zéro en politique. Pas de pays. Pas de constitution d'un Québec souverain. Rien. S'cusez, on a eu droit à la Loi fédérale sur la clarté référendaire, pour nous dire quelle question serait acceptable à Ottawa et quelle majorité serait requise au prochain référendum. Bien plus que 50% plus 1...

À force de gouverner dans ce statu quo constitutionnel, le Québec - peu importe le parti au pouvoir - s'est enlisé. Les barricades ont été démantelées, la ferveur indépendantiste réduite à l'État de braises vieillissantes. Après la défaite du gouvernement Marois, le Parti québécois agonisait, notamment chez les plus jeunes. Puis arrive 2022. Il ne reste que trois députés péquistes mais le parti sous PSPP grimpe dans l'opinion publique. Le premier geste des trois élus du PQ fut de refuser de prononcer le serment d'allégeance au roi Charles III. Ne pas siéger pour changer la constitution. Mourir un peu pour voir un minuscule coin de ciel bleu. Ils ont réussi. Le gouvernement Legault, par un vote unanime de l'Assemblée nationale, a modifié l'AANB de 1867 pour permettre un serment d'allégeance au peuple québécois. Un tout petit pas sans doute, mais mieux que rien.

Quatre ans plus tard, le Parti québécois a raflé quatre partielles avec des majorités appréciables et tout semble indiquer que les indépendantistes pourraient reprendre le pouvoir en octobre 2026. Une fenêtre s'ouvre. Peut-être pour la dernière fois. Et nous voilà de nouveau dans le quitte ou double. Tout ou rien. Une autre échéance référendaire qui, sans ce magique 50% plus 1, nous mènera strictement à rien! Pendant que nous continuons à jouer le tout pour le tout, Ottawa continue de s'ingérer sans référendum dans les compétences québécoises avec son pouvoir de dépenser illimité et les juges suprêmes (qu'il nomme seul), chargés depuis 1982 d'interpréter la constitution. Pendant qu'Ottawa agit, détruisant notre édifice national brique par brique, nous référendons...

Ce qui m'amène au sujet de l'heure: le projet de constitution québécoise présenté par le ministre Simon Jolin-Barrette. Attaqué de toutes parts pour son libellé. Sa légitimité mise en cause. Bien sûr, il n'est pas issu d'une grande consultation populaire. Bien sûr il ne remet pas en question l'appartenance du Québec à la structure fédérale. Bien sûr, il pourrait être amélioré. Mais ce n'est pas du tout ou rien. Muni du nonobstant, seule arme qui reste au Québec avec la Charte de 1982, le projet de loi 1 constitutionnalise le français langue commune, la laïcité, la primauté de l'égalité hommes-femmes sur les religions, la primauté des lois du Québec dans ses champs de compétence, les relations internationales du Québec, et plus. Comme indépendantiste, je trouve cela nettement insuffisant, mais ce n'est pas RIEN.

Une fois au pouvoir, le PQ pourra s'en servir, tester ses limites, la modifier au besoin, et surtout l'utiliser pour montrer la rigidité et la mauvaise foi du régime fédéral anglo-dominant envers la francophonie québécoise. S'en servir pour intensifier l'appui à l'indépendance, seul moyen de prendre l'ultime envol qui nous permettra, cette fois, de ne pas percuter de front le béton référendaire. C'est notre dernière chance, j'en suis convaincu. Quand notre seule métropole, Montréal, sera bilingual, et ça s'en vient vite, il sera trop tard. Cueillons au moins ces quelques cailloux constitutionnels offerts par la CAQ avant d'affronter Goliath en 2030.

J'en ai assez du tout ou rien. Pour réaliser l'indépendance, il faut bâtir sur de petites victoires qui mèneront à de grandes victoires, et non sur le désert des mauvais souvenirs des échecs de 1980 et de 1995. Les adversaires du projet de M. Jolin-Barrette ont raison. Mais avoir raison sur papier ne garantit rien dans une mêlée politique où l'ennemi ne recule jamais devant les coups bas. Veut-on affronter Ottawa avec ou sans une constitution québécoise adoptée par l'Assemblée nationale, si imparfaite soit-elle? Voilà la question que je me pose.

Tout le monde veut aller au ciel...

jeudi 26 février 2026

Le gros mensonge d'Allan Rock

26 février 2026...

capture d'écran du site Web de Radio-Canada

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Ne vous attendez pas à une mobilisation populaire pour sauver le Programme d'antiquité grecque et romaine à l'Université d'Ottawa. On ne verra pas de sitôt des milliers de manifestants crier Programma nostrum servemus, pancartes en mains, dans les rues de la capitale fédérale... Plutôt des haussements d'épaule et des bâillements...

Je ne tenterai pas de refaire ici l'éternel débat sur la place d'une culture générale dans un monde dominé par les technologies et la science. Au cours du dernier demi-siècle, les collèges et universités ont formé des armées de spécialistes dépourvus du savoir classique (philosophie, littérature, langues contemporaines et anciennes, histoire, géographie) qui contribue à faire de l'être humain un citoyen moral et responsable. On en subit d'ailleurs les conséquences en ce début de 21e siècle.

Non, ce que je trouve particulier dans cette histoire (rapportée par Le Droit et Radio-Canada - liens en bas de page), c'est le brouillard décisionnel ayant mené à cette seconde (et finale?) suspension du programme d'apprentissage du latin et du grec anciens. Qui a pris l'ultime décision et quels sont les véritables motifs? Est-ce simplement une question d'inscriptions insuffisantes ou y a-t-il autre chose? Les jeux de pouvoir dans les grandes institutions universitaires, qui brassent aujourd'hui des milliards $, se déroulent dans l'obscurité.

Mais il ne s'agit pas de n'importe quel établissement. L'Université d'Ottawa se targue d'être une institution bilingue avec un mandat spécial de protection et de promotion de la langue et de la culture française. Et le programme d'antiquité grecque et romaine est le seul programme du genre donné en français en Ontario. Or, les Franco-Ontariens ne sont pas maîtres de la gestion de cette université qu'on dit la leur. Ils sont minoritaires depuis le début des années 1970 sur ce campus désormais anglo-dominant. S'ils veulent conserver le programme d'étude des langues anciennes, en ont-ils le droit? Pas sûr...

Le fait que le directeur du département d'études anciennes, Dominique Côté, invoque la Loi ontarienne sur les services en français (LSF) pour défendre le maintien du programme d'antiquité grecque et latine est révélateur. Selon lui, l'Université d'Ottawa aurait demandé un avis juridique pour contourner la protection offerte par la LSF. Le porte-parole de l'Université nie cette allégation, mais le simple fait qu'elle surgisse laisse croire qu'il n'y a pas de fumée sans feu, quelque part. Ce ne serait pas la première fois que les francophones feraient les frais de tractations à huis clos...

La justification par un «vaste processus d'évaluation et de revitalisation de programmes pour qu'ils continuent de répondre aux aspirations de la population étudiante et aux besoins des communauté» est vieille comme le monde. C'est la langue de bois qu'on utilise souvent pour ne pas mentir trop effrontément. Pour cacher une réalité qu'on veut taire. M. Côté y voit une «stratégie de restructuration» visant à réduire la taille de la faculté des Arts. Probablement la taille des programmes en français à la faculté des Arts. 

Quant aux aspirations de la population étudiante, de qui parle-t-on? Des 70% d'anglophones, qui finiront peut-être par continuer à étudier les langues anciennes en anglais? Ou des 30% de francophones? Et qu'en est-il des «besoins des communautés»? De quelles communautés s'agit-il? De quels besoins? On obscurcit bien plus qu'on éclaircit. On calme ainsi les objections et le débat se trouve reporté jusqu'au moment où les décisions finales étant prises, les défenseurs du programme français de langues anciennes ne pourront que constater les dégâts, irréparables. 

En 2014, quand les organisations étudiantes franco-ontariennes réclamaient une université provinciale où les francophones auraient le droit d'administrer tous les programmes en français de l'Ontario, y compris ceux de l'Université d'Ottawa, le recteur de l'époque, Allan Rock, avait publié la déclaration suivante dans les pages d'opinion du Droit:

«Les francophones de tout l'Ontario ont déjà leur université: c'est l'Université d'Ottawa. J'invite tous les Franco-Ontariens à soutenir leur université, un endroit où la formation en français rime avec excellence, plutôt que songer à créer un nouvel établissement qui pourrait mettre longtemps à atteindre les normes de qualité que notre université a si bien su établir et promouvoir.»

À chaque fois que surgissent des choix difficiles, budgétaires surtout, qui affectent les programmes en français, et qu'on se trouve dans des universités soi-disant bilingues mais anglo-dominantes, dans ces situations où personne ne sait trop qui décide et pourquoi, on se rend compte que les propos de M. Rock étaient un gros mensonge!

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«À l'U d'O, le seul programme d'études anciennes en français vacille encore», par Sébastien Pierroz, Le Droit - https://www.ledroit.com/actualites/actualites-locales/ottawa/2026/02/26/a-lu-do-le-programme-en-antiquite-grecque-et-romaine-vacille-encore-TMPOAPD3KRBE3NF2RBYQMVC2VI/

«Le programme d'Antiquité grecque et romaine de nouveau suspendu», par Mariane Dépelteau, Radio-Canada - https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2232621/programme-suspension-universite-ottawa

mercredi 25 février 2026

Vous souvenez-vous de Sault Ste-Marie?

25 février 2026...



À la fin de février 1990, quelques mois avant que l'échelle de Richter linguistique ne bondisse avec l'échec sismique de l'Accord du Lac Meech en juin, suivi de la réplique retentissante à Oka en juillet, de sourds grondements marquaient déjà les rapports entre anglophones et francophones sur les rives de la rivière Ste-Marie, entre le lac Supérieur et le lac Huron.

Quelques semaines auparavant, le 29 janvier 1990, le conseil municipal de Sault Ste-Marie, craignant les effets de la nouvelle loi ontarienne sur les services en français, avait adopté une résolution déclarant la ville «unilingue anglaise». C'était une manifestation évidente de francophobie, la majorité anglaise n'ayant rien à craindre d'une minorité de 3 ou 4% de francophones en voie de disparition. Tout de même, plus de 25 000 résidents de Sault Ste-Marie, le tiers de la population de la ville, avaient signé une pétition contre toute concession aux quelque 3000 Franco-Ontariens.

Une affaire somme toute banale considérant tous les coups bas assénés à la langue française depuis le début du 20e siècle en Ontario, mais la presse s'est emparée de l'affaire un peu partout au Canada, y compris au Québec où l'on n'avait toujours pas digéré le piétinement public du fleurdelisé l'année précédente à Brockville (également en Ontario). Le premier ministre Mulroney et des premiers ministres provinciaux sont intervenus pour condamner la résolution.

Au beau milieu de cette tension grandissante, un événement rare s'est produit: une collaboration inédite entre deux journaux quotidiens, Le Droit d'Ottawa-Gatineau et The Sault Star, quotidien de langue anglaise de Sault Ste-Marie. pour produire deux cahiers spéciaux (un en français, un en anglais) sur ce qu'on appelait déjà la crise de Sault Ste-Marie. L'originalité du projet provenait d'un échange de journalistes entre les deux quotidiens. Trois reporters du Sault Star seraient intégrés à la salle des nouvelles du Droit, pendant que trois scribes du Droit travailleraient pour quelques semaines au Star.

Pour les journalistes francophones, Adrien Cantin, Robert Bousquet et Jules Richer, c'aurait sans doute été un périple en territoire connu même s'ils n'avaient jamais mis les pieds à Sault Ste-Marie. Pas besoin d'aller bien loi pour goûter à l'amère médecine des majorités anglaises. La ville d'Ottawa elle-même s'était déclarée unilingue anglaise 27 ans auparavant. C'était cependant l'occasion rêvée d'aller vérifier sur place, à Sault Ste-Marie, et de prendre le pouls de la population sans passer par les médias de langue anglaise.

Les trois journalistes du Star, John Halucha, Joe Warmington et Linda Richardson, par contre, s'aventuraient dans un univers qui leur était totalement étranger en visitant les milieux franco-ontariens de la capitale et quelques localités de l'Outaouais québécois. Après quelques jours de travail au Droit, l'un d'entre eux, je ne me souviens plus lequel, m'avait dit quelque chose d'inouï. Selon lui, les anglophones d'endroits comme Sault Ste-Marie avaient l'impression que tous les francophones du Canada et du Québec étaient bilingues, qu'ils connaissent donc l'anglais, et qu'ils exigent du français sur les boîtes de Corn Flakes uniquement pour narguer les anglos...

On peut aisément imaginer leur stupéfaction en février 1990 quand, en visitant des endroits comme St-André-Avellin dans la Petite-Nation, ou même Hull et Gatineau, ils se trouvaient parfois dans des milieux unilingues français où ils devaient conduire des interviews avec des interprètes. Quoiqu'il en soit, il en est résulté deux cahiers d'une vingtaine de pages, un publié en anglais par le Star, l'autre en français par Le Droit, le 10 mars 1990. Les textes français et les textes anglais avaient été traduits pour que les deux cahiers intitulés Le bilinguisme sur la corde raide et Bilingualism on a Tightrope soient similaires.

Je doute que le résultat ait contribué à changer les mentalités, ici comme là-bas, mais l'initiative avait du mérite et les journalistes qui y ont participé ont vécu une expérience, assez unique je crois, à cette époque marquée par un dialogue de sourds. Pour les Franco-Ontariens et les Québécois de l'Outaouais, ces reportages ont confirmé ce que nous savions déjà au sujet de l'agonie des petites collectivités franco-ontariennes minoritaires et du bilinguisme de facto qui permet aux anglos de l'Outaouais de vivre comme en Ontario... Qu'en ont retiré les journalistes du Sault Star et leurs lecteurs? Sais pas...

Je sais cependant qu'en 2021, à peine 420 personnes (sur 71 000) parlaient surtout français à la maison à Sault Ste-Marie. Calculez le pourcentage. Même si le conseil municipal a présenté officiellement ses excuses en 2010 pour sa résolution sur l'unilinguisme anglais, la situation des francophones reste précaire. Plus que précaire. Et pire, les médias du Québec et du Canada sont revenus à leur indifférence historique... Si quelqu'un veut en savoir plus sur cette histoire, j'ai conservé un exemplaire des deux cahiers du Droit et du Star de 1990... Avis aux intéressés...


mardi 24 février 2026

À l'époque des radios-transistor...

24 février 2026...

annonce du film de 2026 sur Dick Biondi, un des grands du début des années 60


Suis-je l'exception ou la règle? À l'approche de mes 80 ans, alors que Ginette et moi élaguons (c'est peu dire) avant de quitter cette maison que nous habitons depuis près de 38 ans, j'ai l'impression que plus les objets, documents et souvenirs sont anciens, plus on s'y accroche.

De vieilles photos d'enfance, laissées en héritage par nos parents. Deux ou trois images saintes reçues à la première communion. Un missel et un atlas géographique conservés depuis l'âge de 9 ans. Quelques bulletins de l'école du quartier et du secondaire, un album de fin d'année scolaire avec les autographes des copains. Des livres et bandes dessinées des années 1950 (Tintin, Bob Morane) Des trucs du genre.

L'arrivée de l'adolescence marque le début d'une véritable autonomie. Les objets accumulés ne proviennent plus des générations précédentes. Ce sont bien davantage le fruit de nos propres décisions, de nos intérêts et de passions naissantes. Pour certains (de mon époque bien sûr), ce pourra être une rondelle, une balle de baseball, des cartes sportives, une collection de timbres, des souvenirs de voyages.

Pour moi, en revoyant tout ce que j'ai conservé de l'époque, il ne subsiste aucun doute. Je m'intéressais d'abord et avant tout à la musique. J'aimais le rock'n roll américain depuis les premiers succès de Buddy Holly mais je n'avais pas de sous pour acheter des disques. Cela a changé quand je me suis payé mon premier 45 tours à 14 ans, en 1960, et que j'ai voulu entendre les plus récents succès à la radio.

Dans ma ville natale, Ottawa, les stations de radio ne misaient pas sur l'auditoire adolescent. Il fallait donc chercher ailleurs et cet ailleurs se situait aux États-Unis. C'était avant la radio FM et il fallait attendre le coucher du soleil pour capter sur nos petites radios-transistor AM les émissions des grands disk Jockeys dans des villes comme New York, Boston, Buffalo et Chicago. Je me revois en soirée, radio portable sur l'oreille, calepin en main, en train de balayer la bande AM dans l'espoir d'entendre mes chansons préférées ou des nouveautés.

Encore aujourd'hui, je me demande pourquoi mes travaux scolaires n'ont pas souffert de tous ces moments consacrés à écouter les succès de l'heure. J'avais un faible pour le rock et le rhythm and blues. Les artistes noirs en particulier, ainsi que les rockers blancs les plus bruyants. Pire, je notais dans des cahiers chaque nouvelle chanson ou instrumental entendu, avec la date et la station de radio qui l'avait diffusée. J'ai conservé des centaines de palmarès découpés dans les journaux, quelques pages du magazine Billboard ainsi que mes propres palmarès, mis à jours à toutes les semaines de 1961 à 1963. Et bien sûr des centaines de 45 tours...

Ces jours-ci, un documentaire sur l'un des plus célèbres DJ que j'écoutais à 15 et 16 ans, Dick Biondi, sera présenté dans des cinémas et en ligne. J'a retrouvé dans mes paperasses d'adolescence une liste de toutes les stations de radio américaines que je syntonisais, ainsi que les noms des animateurs des émissions rock de ces puissantes antennes de 50 000 watts. Le texte de Wikipedia sur Biondi mentionne qu'il a été le premier DJ états-unien à jouer, sur les ondes de WLS (Chicago), un disque des Beatles, Please Please Me, en février 1963.

J'ai fouillé dans mon encyclopédie personnelle de chansons et de palmarès pour retrouver mes écoutes du mois de février 1963. Et voilà que je découvre la mention suivante : Please Please Me, The Beetles (je ne savais pas qu'ils écrivaient Beatles), le 26 février 1963, entendue sur les ondes de WLS Chicago 890.

À chaque page remplie de chansons, dans chaque chemise de palmarès et de coupures de presse, le début des années 1960 reprend vie. Un chapitre de mon existence qui s'est terminé avec la fin du secondaire et ma découverte du militantisme franco-ontarien, puis québécois et des chansonniers d'ici, Vigneault, Léveillée, Pauline Julien, Claude Gauthier et les autres.

Puis-je vraiment mettre mon adolescence musicale à la poubelle? Je ne crois pas. Quand je feuillette ces documents, quand j'écoute les chansons qui y sont inscrites, j'ai de nouveau 15 ans... parfois. Pour ce vieux quasi octogénaire que je suis devenu, me revoir avec des cheveux, sans rides, la vie devant moi, radio-transistor en main, ça n'a pas de prix!


lundi 23 février 2026

Les leçons de Chicoutimi...

23 février 2026...

Les résultats dans Chicoutimi (137 boîtes sur 142)



Aujourd'hui, 23 février 2026, les appuis à la CAQ se sont de nouveau effondrés, dans Chicoutimi cette fois. Pour le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon, c'est un septième député et une quatrième victoire d'affilée dans les partielles depuis le scrutin général de 2022. Le bémol pour le PQ, c'est sans doute les 26% de votes au Parti conservateur dans le rétroviseur, et ce que cela augure pour la campagne électorale d'octobre 2026. 

Vous m'excuserez, grands stratèges. Je regarde tout ça de loin. De l'Outaouais. De Gatineau, plus précisément. Je suis indépendantiste depuis la fondation du PQ. Denrée plutôt rare par ici. Vétéran des vallées arides de Gatineau-sur-Ottawa, je tournais mes yeux vers le terreau plus fertile du Saguenay avec l'espoir (exaucé) d'un gain du Parti québécois dans Chicoutimi. Mais est-ce vraiment une victoire du mouvement souverainiste?

Comme pour la partielle d'Arthabaska en août 2025, le message de l'indépendance semble avoir cédé l'avant-scène aux enjeux locaux et régionaux du Saguenay. C'est du moins l'impression laissée par le peu d'information ayant filtré jusqu'à nous depuis le début de la campagne électorale et cela n'est guère rassurant pour l'avenir de la nation. Même avec cette victoire convaincante, avoir de nouveau raté l'occasion d'insister sur l'urgence de l'indépendance pourrait finir par coûter cher.

Le problème, tel que je le vois, c'est que le Parti d'Eric Duhaime a réussi à détourner le débat sur l'indépendance et le transformer en débat sur un éventuel référendum. Fort d'un sondage Pallas indiquant que seulement 27% des électeurs de Chicoutimi voteraient «oui» à un référendum sur l'indépendance, contre 52% pour le «non», le PCOQ a obligé le PQ à justifier sa promesse référendaire au lieu de se concentrer sur le recrutement d'appuis à la souveraineté.

Les résultats d'aujourd'hui sont probants. La montée du vote conservateur, de 8,4% en 2022 à 26% en 2026, est significative et sa campagne agressive contre la tenue d'un référendum y est certainement pour quelque chose. Eric Duhaime l'a répété ce soir d'ailleurs. J'ai pourtant la conviction qu'avoir misé avec force, tout de suite, sur le message qui devra sans doute être celui du scrutin général d'octobre, le Parti Québécois aurait pu freiner l'élan conservateur et augmenter sa marge de victoire déjà appréciable.

Encore ce soir, après le décompte des votes, Paul St-Pierre Plamondon a essentiellement promis que le Parti Québécois formerait en octobre prochain un bon gouvernement responsable en remplacement de la CAQ. Aucun plaidoyer pour l'indépendance. Aucune insistance sur l'urgence de sauver une nation au bord du précipice, sur l'urgence de réaliser enfin un Québec français et laïc. Une mention du référendum, mais seulement pour dénoncer les tactiques de peur des adversaires.

Le discours de victoire de PSPP était excellent par moments, en particulier ses commentaires sur la peur que suscitent les menaces d'annexion et les tarifs de Donald Trump, mais cet argumentaire sera nettement insuffisant pour parer aux attaques qui viendront de toutes parts, y compris d'Ottawa, contre l'indépendance et surtout, la tenue d'un référendum rapide au Québec. Si le PQ ne modifie pas la stratégie employée dans les partielles, s'il ne réussit pas d'ici l'automne à mousser la cote de l'indépendance dans l'opinion publique, une victoire majoritaire en octobre risque de finir en cul-de-sac.

Mais pour ce soir, savourons la victoire!

dimanche 22 février 2026

Règlement 17... dix ans depuis les excuses...

22 février 2026...

capture d'écran du site Web Le Droit, 22 février 2026

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C'est enrageant, à la longue, de lire la même erreur.

Dans son excellent texte sur le 10e anniversaire (22 février 2016) des excuses officielles de la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, pour les torts causés par le Règlement XVII de 1912 interdisant l'enseignement en français dans les écoles ontariennes, le reporter du Droit Sébastien Pierroz propose un tour d'horizon assez complet des jalons qui ont marqué l'évolution de l'Ontario français au cours des dix dernières années. Voir lien en bas de page.

Un bémol cependant. Et un vrai. L'Université de l'Ontario français (UOF) «a fini par voir le jour», peut-on lire dans le texte de M. Pierroz, après avoir rappelé que l'Assemblée législative de l'Ontario avait approuvé en novembre 2015 (quelques mois avant les excuses) un projet de loi autorisant la création de cette institution universitaire franco-ontarienne. Ici, la presse francophone n'a pas fait ses devoirs depuis 2016.

Si on ne se donne pas la peine de débroussailler l'information officielle, on ne peut comprendre la réalité cachée derrière les lois, les règlements, les discours, les budgets et leur mise en oeuvre: l'Université de l'Ontario français, la vraie, avait été sabotée avant même l'adoption du projet de loi du gouvernement Wynne, et l'UOF qui a fini par voir le jour constitue une trahison du projet original d'une université franco-ontarienne provinciale englobant les programmes de langue française et les effectifs des universités bilingues existantes, y compris l'Université d'Ottawa.

Les médias ont fait grand cas, avec raison, du «jeudi noir» (15 novembre 2018) où un Doug Ford récemment élu avait annoncé, entre autres, l'abandon du projet d'université franco-ontarienne (avant de revenir plus tard sur sa décision). En réalité, le projet de regrouper sous une seule institution tous les programmes universitaires en langue française avait été sabordé en 2014 par les libéraux, avec la complicité de la ministre des Affaires francophones Madeleine Meilleur.

En octobre 2014, en entrevue à la station de radio UniqueFM d'Ottawa (94,5), Mme Meilleur avait déclaré que la seule priorité de son gouvernement était l'augmentation de l'offre universitaire en français dans le secteur centre-sud-ouest de l'Ontario (corridor Toronto-London-Windsor) et qu'elle s'opposait à la création d'une université de langue française à Ottawa où, disait-elle, l'Université d'Ottawa desservait bien les francophones... En 2015, elle ajoutait que, de toute façon, il n'y avait pas d'argent au Trésor provincial pour une université franco-ontarienne. On en reparlerait quand le budget le permettrait... C'était une gifle en pleine figure...

Ainsi, quand, en février 2016, la première ministre Wynne a présenté des excuses officielles aux Franco-Ontariens, elle a négligé de dire que son gouvernement avait déjà torpillé le projet d'étendre à l'ensemble de l'universitaire la gestion franco-ontarienne déjà consentie au primaire, au secondaire et au collégial. Doug Ford et sa bande de 50 nuances de francophobie se sont vus octroyer le rôle de vilain dans ce long, long, long métrage mais les libéraux, avoir été au pouvoir, n'auraient peut-être pas agi autrement.

J'espère qu'un jour, nos scribes médiatiques corrigeront cette erreur qui, à force d'être répétée, deviendra vérité officielle pour l'éternité.


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Voici un texte que j'ai publié le 23 février 2016 sur mon ancien blogue (2011-2017), intitulé «Pierre Allard, le blogue», que X-Twitter censure depuis près de 10 ans. Même si le réseau social a reconnu en 2017 qu'il s'agissait d'une malencontreuse erreur, celle-ci n'a jamais été réparée. Un peu comme les excuses officielles du gouvernement ontarien au sujet du Règlement 17...  Alors je le reproduis ci-dessous:

«Pour les ultimes enfants du Règlement 17

«J'accepte vos excuses, Mme Wynne. Quoi? Un petit vieux de Gatineau, Québec? De quoi se mêle-t-il, celui-là, diront certains…

«C'est simple. Je suis un enfant du Règlement 17. J'ai passé les 29 premières années de ma vie en Ontario. Je suis né à Ottawa en 1946, seulement trente-quatre ans après la proclamation dudit règlement et près de 20 ans après qu'il fut plus ou moins tombé en désuétude («On a tort de rendre trop abstrait, parfois, ce débat sur l'interdiction du français comme langue d'enseignement, de 1912 à 1927, dans les écoles franco-ontariennes. Les décideurs étaient des personnes, en chair et en os, comme les petites et grandes victimes de cette persécution.

«Mes grands-parents se souvenaient des batailles d'épingles à chapeaux dans la Basse-Ville d'Ottawa. Mon papa, qui aurait bien voulu s'instruire et qui aurait tout sacrifié pour traîner ses enfants jusqu'aux portes de l'université, a dû quitter l'école à l'âge de 13 ans faute d'écoles françaises au secondaire…

«J'étais trop petit pour m'en rendre compte au primaire mais nos écoles - françaises et catholiques - étaient sous-financées et parfois sous-équipées. En huitième année, dans une école soi-disant franco-ontarienne, on m'enseignait en français le matin et en anglais l'après-midi… Pourquoi?

«Le Règlement 17 n'était plus en vigueur, pourtant. Vrai. Mais les personnes qui l'avaient adopté et leurs successeurs - aussi racistes qu'eux - ne faisaient jamais de faveur aux Franco-Ontariens… Les concessions étaient consenties au compte-gouttes... en nous obligeant à dire merci avec le sourire…

«Quand, en 1959, est arrivé pour moi le temps d'entrer au secondaire il n'y avait toujours pas d'écoles de langue française. Mes parents se sont endettés pour m'inscrire à une école privée, l'École secondaire de l'Université d'Ottawa, où j'apprendrais dans ma langue des matières comme le français, la géographie, l'histoire et la religion… mais pas la chimie, la biologie, les mathématiques et autres… ça c'était toujours en anglais…

«Nous étions 500 francophones et 200 anglophones à cette école des Oblats… et rendus en 11e année, plusieurs d'entre nous étions déjà passablement assimilés… Je parlais plus souvent qu'autrement l'anglais à mes amis… Cela devait heureusement changer l'année suivante, en 1962, quand, débordement de la Révolution tranquille aidant, la situation au pays a secoué notre torpeur…

«Ce que j'ai subi sur le plan scolaire dans une période où le Règlement 17 était supposément mort et enterré, d'autres l'ont subi en pire. La grande majorité des jeunes de mon quartier d'Ottawa, un quartier francophone modeste, ont été obligés de fréquenter l'école secondaire publique anglaise… Ils n'avaient pas le choix… Et n'allez pas croire que cela n'a pas eu d'effets permanents!

«Le Règlement 17 était mort…. mais pas son esprit.

«Plus tard, alors que j'avais élu domicile au Québec, deux de mes filles ont étudié à l'Université d'Ottawa… en génie. Plus elles avançaient vers leur bac, plus le nombre de leurs cours en anglais augmentait! Je me souviens encore des pétitions qu'elles devaient circuler et faire signer pour espérer - sans succès - avoir tel cours dans leur langue l'année suivante.

«Mme Wynne, quand on fait du tort à mes filles, c'est à moi personnellement qu'on le fait.

«Et aujourd'hui, des jeunes Franco-Ontariens - dont certains que je connais - tentent de briser le dernier obstacle à un réseau scolaire complet dans leur langue: obtenir une université bien à eux, bien à elles. Ce ne sont pas des individus anonymes, il n'y a pas là qu'une collectivité sans nom…

«On voit leur visage et leur regard, on entend leurs paroles. Ce qu'ils demandent, c'est ce que les Anglo-Québécois ont toujours eu. Non, moins que ça. Une seule université suffirait pour le moment. Ils n'en demandent pas trois comme au Québec…

«Si vous croyez vos propres paroles d'excuses, vous savez que ces ultimes enfants du Règlement 17 ont raison. Vous avez entrepris d'écrire une importante page d'histoire. Finissez-la bien!»