dimanche 19 avril 2026

L'heure du «Cinq23» approche...

19 avril 2026...



Ce 19 avril 2026, sur le coup de midi, j'ai mis les pieds pour la première fois au «Cinq23», appellation opportune pour ce nouveau complexe locatif situé au 523, Montrée Paiement, à Gatineau. Ginette et moi emménagerons en juillet dans cet édifice toujours en chantier.

J'avoue ma méfiance. Au départ, je trouve peu attrayante l'idée de quitter la maison que nous habitons depuis sa construction en 1988 pour nous retrouver dans un logement rétréci qui ne nous appartient pas. Mais l'âge et la santé nous ont convaincus que l'entretien d'une propriété unifamiliale dépasse désormais nos capacités.

Nous voilà donc aux portes du Cinq23, essayant de nous convaincre que ce sera très bientôt notre chez-soi. Heureusement, nous n'avons pas vécu seuls cette expérience. Pour cette journée «portes ouvertes» organisée par le constructeur Devcore, la foule était au rendez-vous et nous étions en bonne compagnie.

Impossible de voir notre futur logis au 6e étage, réservé pour le moment aux ouvriers de la construction. Les guides peuvent cependant nous faire visiter les aires communes et commerciales du rez-de-chaussée ainsi que quelques appartements complétés aux trois premiers étages.



À la grande piscine intérieure (ci-dessus), au spa et au sauna s'ajoutent un gymnase et une salle d'exercice de golf. Impressionnant à première vue, même si rien n'est fonctionnel pour le moment. On nous annonce aussi l'ouverture d'une clinique médicale, jouxtant des salons de massothérapie, de manucure et de pédicure. Des services tout indiqués pour une clientèle qui, à premier vue, compte un grand nombre de têtes blanches...

Après une virée aux catacombes où les résidents gareront voitures et vélos, notre guide nous offre la pièce de résistance: un coup d'oeil à deux appartements prêts pour leurs futurs locataires. Rien à redire sur les planchers de bois et la couleur des armoires, comptoirs et murs, qui ressemblent à celles des esquisses fournies par le constructeur. Mais ciel que la surface habitable est mince!



Petites chambres, petit salon, petite cuisine, petites armoires, petit balcon, pénurie dramatique d'espace de rangement. Sans l'ajout d'une mezzanine (réservées à notre 6e étage) et l'accès à un espace réservé sur le toit, je craindrais d'étouffer. D'autant plus que l'interminable couloir incolore n'a vraiment rien de réjouissant...

Je déménagerai tout de même cet été et nous réussirons sans doute, graduellement, à faire de notre nouveau logis un lieu de confort et de bonheur. Entre-temps, je continuerai de savourer pour quelques mois notre maison multi-paliers où je peux passer d'une grande cuisine à un salon aéré; ou de mon bureau encombré de livres et de dossiers à la salle familiale au sous-sol pour relaxer devant la télé.

Malgré tout, sans être expert en la matière, je reste convaincu que l'offre du Cinq23 dépasse largement celle des grandes tours locatives de 20 ou 35 étages qui champignonnent au centre-ville. J'aurais l'impression d'y vivre comme dans une fourmilière. Le 523 montée Paiement reste à taille humaine!

samedi 18 avril 2026

Oui ou Non? Blanc ou Noir? Assez...

18 avril 2026...


Les sondages sur les options référendaires des Québécois n'annoncent rien de bon pour les partisans de l'indépendance. Au plus récent coup de sonde de Léger, en mars 2026, seulement 29% des répondants indiquaient une intention de voter oui à la question suivante: «Si un référendum avait lieu sur la souveraineté du Québec, voteriez-vous POUR ou CONTRE la souveraineté du Québec?»

Êtes-vous surpris? Moi pas... Réduire les perceptions citoyennes de l'option souverainiste à la décision de cocher Oui ou Non dans un bureau de scrutin ne constitue pas un reflet fidèle de la variété des courants d'opinions au sein de la société québécoise. Au départ, l'idée même d'un référendum est impopulaire, même chez bon nombre d'indépendantistes. 

Entre Oui et Non, il y a une multitude de nuances de gris. Et pour les décortiquer, confronter les répondants au bulletin de vote référendaire n'a absolument aucun sens. Selon le dernier Léger, plus du quart des sympathisants péquistes voteraient Non, pendant que près de 20% des caquistes cocheraient Oui. Expliquez-nous ça.

La grande majorité des autonomistes - la soi-disant troisième voie - favorisent, d'une façon ou l'autre, un certain accroissement ou une affirmation accrue des pouvoirs constitutionnels du Québec contre un État fédéral centralisateur. Si, par exemple, la question référendaire portait sur le rapatriement au Québec de tous les pouvoirs en matière d'immigration, quel serait le résultat? 40% de Oui? 50% + 1?

Quelles nuances peut-il y avoir entre l'indépendance tout court et toutes formes d'affirmation nationale où le Québec arracherait un statut très particulier dans un État fédéral bien plus asymétrique? Dans quelle proportion les citoyens seraient-ils favorables à une extension des compétences du Québec sur le plan international? Quel serait l'appui à la représentation du Québec dans les grandes compétitions sportives mondiales, y compris aux Olympiques?

Les sondages ont démontré que la majorité des citoyens favorisaient l'adoption d'une constitution québécoise affirmant des valeurs fondamentales telles que le caractère français et la laïcité de la nation.

Les sondages référendaires donnent invariablement une image monochrome de l'opinion québécoise. Celle des citoyens obligés de choisir blanc ou noir alors qu'ils préféreraient gris, jaune, vert, bleu, rose ou mauve ou toutes ces couleurs en combinaisons variées.

Le Parti québécois sans boulet référendaire à court terme pourrait ratisser bien plus large. Même en traînant son boulet référendaire, il peut espérer une majorité parlementaire en octobre 2026. L'important, à court terme, sera de dresser un programme permettant au Québec un maximum de gains en misant sur l'appui de tous ceux et celles qui, peu importe leur option référendaire, ont le Québec à coeur et sont prêts à faire un bout de chemin.

L'idée de la souveraineté du Québec sera toujours mieux accueillie que l'idée d'un référendum sur la souveraineté...

Et pour un an ou deux, mettez donc les sondages à la poubelle. 


vendredi 17 avril 2026

Manque de savoir-vivre sur X-Twitter...

17 avril 2026...



Les commentaires que je dépose de temps à autre sur ma page X-Twitter suscitent rarement des controverses. Tout au plus vois-je une grappe de «j'aime», quelques «repost», l'occasionnelle réponse. Mais parfois, sans trop que je sache pourquoi, un statut que j'estime plutôt doux enflamme le Web. 

Ce fut le cas hier avec mon texte de blogue critiquant la suspension temporaire de la taxe d'accise sur l'essence (10 cents le litre). Je m'interrogeais sur les motifs et sur le moment choisi pour annoncer cette mesure. Js suggérais que l'argent de cette taxe aurait pu être mieux affecté qu'en remise hypothétique à la pompe, et je m'interrogeais sur la nature du message envoyé au public.


Au-delà du fait que ce statut ait attiré l'attention de plus de 23 000 internautes (!!!) et un maigre 25 «j'aime», ce sont les plus de 170 réponses qui m'ont le plus fasciné. Ces commentaires, plus outrés que louangeurs, se transforment trop souvent en attaque personnelle contre l'auteur du statut et du texte de blogue. Et la moitié de ces «critiques» utilisent des pseudonymes pour cacher leur identité.

Le manque de savoir-vivre élémentaire de ces abonnés de X-Twitter me laisse songeur. Ces gens se comportent-ils ainsi dans la vraie vie, dans leurs interactions en face à face, téléphoniques ou vidéo avec d'autres humains? Abreuvent-ils leurs interlocuteurs d'injures? Les traitent-ils de «tatas», de «crétins», de «cons», d'«attardés», d'«imbéciles», de «sangsues» quand ils expriment une opinion?

Ou bien réservent-ils ce comportement aux séances de défoulement sur Internet, où personne ne se connaît (sauf exception) et où les pires excès de langage sont le pain quotidien d'une armée de trolls. J'adore un bon débat, j'aime être contesté, cela m'oblige à me remettre en question et à défendre les points de vue que j'exprime sur la toile. Mais que peut-on répondre à un individu qui vous appelle «tata!»...

Ont-ils lu le texte de blogue avant de se défouler ou se sont-ils contentés du texte du statut ci-dessous, sans ouvrir le lien? Je n'ai aucun moyen de vérifier. J'aimerais pouvoir le faire.
Je laisse ci-dessous 14 opinions (sur 173) reçues depuis la publication de mon statut sur X-Twitter. Si vous vous rendez jusqu'au «petit cours d'économie 101», je vous invite à lire mon texte de blogue et à formuler votre propre jugement sur sa pertinence. Voilà!

















jeudi 16 avril 2026

Postes Canada... Le profit avant l'humain...

16 avril 2026...

Capture d'écran du site Web Le Devoir, 16 avril 2026


Dans la hiérarchie du capitalisme, le profit trône au sommet, bien devant l'humain. Toujours. C'est la nature de la bête. Au fil des siècles, les résistances (syndicats, partis politiques, organisations citoyennes) ont parfois réussi à en limiter les excès, mais en ce début de 21e siècle, la chasse est ouverte à tout ce qui rougit l'encre des bilans.

Le grand capital domine la planète. L'heure est aux milliardaires et à ceux qui voudraient l'être. Les inégalités économiques au sein de nos sociétés deviennent criantes. Le secteur privé n'a aucune moralité quand il s'agit de protéger sa rentabilité ou, plus souvent, l'accroître. Même dans le secteur public, des entreprises sont administrées en fonction du rendement du capital investi. Au diable les humains qui y trouvent leur gagne-pain. Au diable les citoyens récipiendaires de services rendus par ces employés de l'État.

Hier, Postes Canada a annoncé la fin de la livraison du courrier à domicile d'ici cinq ans. Pourquoi? Pour économiser 400 millions $, pour réduire le déficit de cette société publique, comme si elle devait se soumettre aux mêmes règles que le privé. Tous ces politiciens qui insistent sur la rentabilité d'entreprises publiques comme Postes Canada ne comprennent rien, mais rien du tout, à la gestion d'un État démocratique censé gouverner dans l'intérêt public.

Les citoyens s'attendent de leur État qu'il adopte des lois, bien sûr, mais aussi qu'il offre au public des services jugés essentiels avec les impôts payés par l'ensemble de la population. Les organisations qui dispensent ces services (écoles, hôpitaux, soins de santé, routes, sécurité publique, etc.) n'ont pas pour but de réaliser des profits. Elles sont de nature déficitaire et le trésor public assume tout manque à gagner. Cette philosophie n'exclut pas le principe d'une saine gestion financière, mais ne fait pas de la rentabilité une condition d'existence.

Les besoins des humains sont la raison d'être des services rendus par l'État. Ce critère occupe le sommet de la hiérarchie publique. De toute évidence, les politiciens et gestionnaires qui veulent mettre fin au courrier à domicile ne partagent pas ce point de vue. La livraison postale est depuis longtemps considérée comme un service essentiel offert par l'État. Advenant que les dépenses légitimes du service postal dépassent les revenus, les impôts des citoyens comblent le déficit. Comme pour une école. Comme pour un hôpital...

Les gestionnaires actuels, et le gouvernement Carney, semblent croire que rentabiliser Postes Canada a plus d'importance que le sort des employés du service postal et le service postal lui-même. C'est scandaleux. Quelle valeur attachent-ils aux dizaines de milliers d'employés qui ont besoin de leur emploi pour assurer un revenu familial? Quelle valeur accordent-ils au principe même de livrer le courrier à domicile (si on se pose toujours cette question)? Ont-ils songé à tous ces citoyens (âgés, handicapés, à mobilité limitée) qui auront de la difficulté ou se trouveront dans l'impossibilité de marcher jusqu'à une boîte postale communautaire, en particulier en hiver?

Il y a quelques mois, les médias rapportaient qu'Ottawa passera d'ici juin 2026 un contrat pour l'achat d'une douzaine de sous-marins. Chacun coûtera un minimum de deux milliards de dollars. On parle donc d'environ 25 milliards $ (certains disent jusqu'à 100 milliards $). Ce serait apparemment une dépenses essentielle. S'est-on une seconde demandé si ces sous-marins auraient des revenus plus importants que la dépense. Bien sûr que non! Pour la défense du pays, un service public, on ne pose pas ce genre de question...

Alors si j'ai bien compris, dépenser 25 milliards pour une flotte de sous-marins passera comme une lettre à la poste (s'cusez l'expression). Mais il serait impensable que l'État puisse trouver 400 millions $ pour sauver des dizaines de milliers d'emplois essentiels et assurer à des millions de citoyens la livraison du courrier à domicile? Non mais qui sont ces sans-coeur qui dirigent le Canada? 

Je suis outré! Nous devrions tous l'être!


mercredi 15 avril 2026

Taxe sur l'essence... Quelle mouche a bien pu piquer Mark Carney?

15 avril 2026...

capture d'écran du site Web Le Devoir, 15 avril 2026


Quand j'ai lu hier matin la nouvelle annonçant la suspension de la taxe d'accise (10 cents le litre) sur l'essence du 20 avril au 7 septembre, je me suis gratté la tête. Je cherchais un seul motif susceptible de justifier une telle mesure et je n'en ai trouvé absolument aucun. Quelle mouche a bien pu piquer Mark Carney?

J'aurais mieux compris si la décision avait été publiée pendant les campagnes en vue des trois partielles. On y aurait vu le bonbon électoral d'un parti gouvernemental en quête de sa majorité. Mais non. L'annonce est faite le lendemain des victoires libérales à Terrebonne et dans la région torontoise, au moment où les répercussions politiques sont les plus nulles...

Alors pourquoi? Tiens, tiens, tiens... Le lendemain des partielles... Serait-ce un élément de récompense promis aux quatre transfuges conservateurs qui lui ont assuré sa majorité aux Communes? Mark Carney pige dans le programme conservateur depuis son élection en 2025 et Pierre Poilievre avait lui-même réclamé la suspension temporaire des taxes fédérales sur l'essence. Enfin, sait-on jamais?

Mais revenons au coeur du sujet. Cette suspension de taxe d'accise privera le trésor public de 2,4 milliards de dollars! Si Ottawa avait quelques milliards de fonds publics (nos fonds à tous!) en trop, il aurait pu les offrir aux provinces - dont le Québec - qui en ont bien besoin pour assurer aux citoyens des services essentiels en santé, en éducation, en services sociaux, en logement.

N'oublions jamais que le trésor public, à Ottawa comme à Québec, c'est l'argent de TOUS les citoyens. Il nous appartient. On ne pige pas là-dedans sans sérieuse justification. Or que donne ce rabais de taxe sur l'essence? Non, première question: ce rabais atteindra-t-il intact les consommateurs? (Pause de quelques minutes pendant que je me bidonne...) On remet une occasion de 2,4 milliards $ aux pétrolières et on croit vraiment qu'elles vont en transmettre l'entièreté à Jos citoyen sans engraisser leurs profits déjà indécents? St-Jude priez pour nous!

Même en supposant que les producteurs et distributeurs d'essence accordent ce dix cents de rabais à la pompe, qu'en retirera vraiment le public? Les seuls qui en bénéficieront sont les utilisateurs de véhicules à essence. Et plus le véhicule est gros, plus il boit goulument l'or noir, plus grand sera le retour pour le propriétaire. Cela donne quoi après quatre mois? Peut-être quelques dollars économisés à chaque plein? On verra la différence? J'en doute.

Et quel est le message envoyé par Carney et sa bande en matière d'environnement? Pourquoi privilégier la consommation d'énergie fossile en temps de crise? Et que doivent penser ces dizaines de millions de citoyens, les vieux, les enfants, les pauvres, les écologistes, etc. qui ne retirent absolument rien d'une mesure qu'ils doivent payer, parce que le 2,4 milliards de dollars dont on se prive engraissera une dette énorme dont les intérêts sont assumés par la totalité des citoyens.

Pendant que l'État fédéral coupe des dizaines de milliers d'emplois dans sa fonction publique, parfois avec raison, souvent abusivement, on investit des milliards et des milliards en armements, en sous-marins, en avions de combat, on dépense presque sans compter pour militariser. Donner ainsi ce 2,4 milliards $ aux consommateurs d'essence et aux pétrolières n'a absolument aucun sens.

À moins que quelque part, derrière des portes closes, cette décision ait été motivée par des considérations un peu plus complexes que celles invoquées par Mark Carney...

Je ne suis qu'un simple citoyen, mais il y a des limites...

mardi 14 avril 2026

Le désarroi du parti de Poilievre...

14 avril 2026...
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capture d'écran du compte X de Pierre Poilievre

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L'an dernier, à la générale du 28 avril 2025, les candidates libérale Tatiana Auguste et la bloquiste Nathalie Sinclair-Desgagné avaient obtenu chacune 38,7% des votes exprimés, la victoire étant acquise par une seule voix. La conservatrice Adrienne Charles avait engrangé une part respectable des voix (18%), tandis que le NPD, en chute depuis la vague orange de 2011, avait dû se contenter de 2,6% des appuis.

Alors si on m'avait assuré qu'au match reprise du 13 avril 2026, la candidate du Bloc Québécois dans Terrebonne obtiendrait cette fois près de 47% des voix, un gain de 8% par rapport à l'année précédente, j'aurais parié toutes mes économies sur sa victoire... et, malheur de malheur, j'aurais perdu ma chemise!

Dans un pays où trois grandes formations politiques (quatre dans notre demi-pays du Québec) s'affrontent depuis des décennies et où d'autres partis de moindre envergure et des indépendants jouent régulièrement les trouble-fête, obtenir plus de 40% des voix exprimées vous assure plus souvent qu'autrement un siège aux Communes.

À l'élection partielle du 16 septembre 2024 dans LaSalle-Émard-Verdun, alors que Justin Trudeau et son parti caracolaient dans les sondages d'opinion publique, le bloquiste Louis-Philippe Sauvé avait remporté la circonscription avec 28,2% des voix! Suivaient dans l'ordre le Parti libéral (27,4%), le NPD (26,1%) et le PCC (11,5%)...

Que s'est-il donc passé pour que que 95,2% des électeurs de Terrebonne cochent une case libérale ou bloquiste, pour que le Parti conservateur et le NPD soient littéralement broyés? Sur 48 369 votes enregistrés, seulement 249 (0,5%) sont allés au Nouveau Parti démocratique. Il arrive au Parti Rhinocéros de faire mieux. Mais c'est le parti de Pierre Poilievre qui a pris la plus dramatique débarque, perdant près de 10 000 votes : une dégringolade, de 18% à 3,3%!

Le Parti conservateur, qui avait le vent dans les voiles face aux rouges, ayant même arraché le bastion libéral de Toronto-St. Paul's lors d'une élection partielle tenue le 24 juin, semble avoir frappé un mur de béton depuis que l'arrivée d'un Donald Trump menaçant à la Maison-Blanche offre au premier ministre Trudeau, puis à Mark Carney, une tribune inespérée qui les a transformés en sauveurs du Canada. Les appuis au PCC ont fondu comme neige au soleil.

Les espoirs de Poilievre se sont évaporés avec l'élection d'un gouvernement minoritaire libéral le 28 avril 2025. Le chef conservateur a même été battu dans sa propre circonscription. Pire, depuis la fin de l'automne 2025, quatre de ses députés ont viré capot. Trahissant le mandat reçu de l'électorat, ils ont joint les rangs de la bande à Carney. Et des rumeurs qui circulent prétendent que d'autres membres du caucus conservateur pourraient faire de même...

Mark Carney s'étant approprié une bonne partie du programme des conservateurs pendant que le NPD met désormais le cap à gauche, Pierre Poilievre semble errer dans un bourbier où son idéologie (ou son style) ne réussit pas à séduire les auditoires indécis ou même à conserver les acquis. Dans les deux partielles torontoises du 13 avril, loin des enjeux du Bloc québécois, le PCC se mesurait à ses adversaires traditionnels à un moment où la panique des premières semaines de Trump se fait beaucoup moins sentir. 

Or, dans ces deux circonscriptions, traditionnellement libérales il faut le dire, la performance des candidats conservateurs a été anémique, leur part des voix chutant de 31% à 18% dans Scarborough Sud-Ouest, et de 23,5% à 12,4% dans University-Rosedale. Dans cette dernière, même un NPD à la dérive a coiffé le parti de Pierre Poilievre avec 19% des votes exprimés. Quant aux scores libéraux, sans être aussi «unanimes» que ceux des régimes autoritaires, ils s'approchent de la stratosphère des partis uniques, avec 70% dans Scarborough Sud-Ouest et 65% dans University-Rosedale.

La morale de cette histoire, si elle existe, c'est que jusqu'à la fin du règne Trump aux états-Unis, l'hégémonie libérale perdurera un peu partout au pays pendant que les gauches et droites traditionnelles cherchent un discours accrocheur. Au Québec, la déroute actuelle des conservateurs et néo-démocrates aura pour effet de multiplier les luttes à deux à travers le Québec francophone. Alors que le Bloc pouvait espérer des victoires avec 35, 40 ou 45% des voix dans les circonscriptions où 85% ou plus des électeurs sont francophones, le parti souverainiste doit maintenant viser le 50% +1. Sans le PCC et le NPD, les confrontations PLC contre BQ sont dorénavant référendaires. 

Nous avons vu cette dynamique à l'oeuvre ce 13 avril dans Terrebonne. J'espère que les indépendantistes ont pris des notes. Elles serviront peut-être d'ici le mois d'octobre si le PQ se retrouve en combat singulier avec le vieil adversaire libéral. Et cela semble de plus en plus possible...

lundi 13 avril 2026

Une poussée d'adrénaline collective... Et vite!

13 avril 2026...

capture d'écran du site Web Le Devoir



Toute ma vie, j'ai carburé à l'adrénaline. Étudiant, j'avais tendance à attendre à l'extrême limite pour préparer un examen ou compléter une dissertation. Une poussée d'adrénaline me laissait indéfectiblement savoir quand il fallait appuyer à fond sur l'accélérateur. Même chose pour ma vie en journalisme avec cette irrépressible et opportune montée d'énergie dans les minutes précédant une heure de tombée.

L'adrénaline, disent les experts, est essentielle à notre survie. À la mienne en tout cas. Elle aiguise nos réactions en situation de menace et permet d'accélérer la prise de décision. Cette hormone existe en chacun de nous. J'aime croire qu'elle peut se manifester aussi de manière collective, qu'un peuple tout entier a cette capacité de monter aux barricades et de repousser, dans un mouvement de solidarité, toute menace existentielle.

J'ai appris au cours de mes 80 ans à flairer l'imminence des moments où tout peut basculer sans intervention immédiate. L'adrénaline a été et reste mon amie. Je lui fais confiance, et ces jours-ci, elle me dit que l'avenir d'un Québec français et laïc, ainsi que ses chances d'accéder à la souveraineté, se joueront d'ici six mois. Qu'après le 5 octobre, date du prochain scrutin québécois, il sera probablement trop tard!

Ce 13 avril 2026, trois élections partielles avaient lieu et quel que fut le résultat dans Terrebonne, les libéraux étaient assurés d'avoir dès le lendemain la majorité qui leur avait échappé à l'élection générale du 28 avril 2025. Le parti de Mark Carney comptait déjà 171 députés aux Communes depuis l'arrivée de cinq transfuges (4 PC,  1 NPD) et avec deux victoires assurées dans la région de Toronto, ce gouvernement centralisateur pourra dorénavant foncer sans risque d'être freiné ou renversé par l'Opposition.

Le premier ministre fédéral n'a jamais caché son jeu. Il veut bâtir «une économie canadienne», pas dix. Une économie québécoise forte sera tolérée dans la mesure où elle se soumet aux impératifs «nationaux» du Canada. Lisez son programme. Abolition des protectionnismes provinciaux. Libre circulation des biens et de la main-d'oeuvre (le français? Bof...). Créer une identité, une culture canadienne avec ses valeurs fondamentales. Les nôtres, au Québec? Ottawa combat déjà la Loi 21 devant sa Cour suprême et fera de même pour la Loi 96...

Armés de leur pouvoir de dépenser à peu près illimité, protégés par leur Charte des longs couteaux et une armée de juges que le premier ministre nomme seul, Mark Carney et sa bande désormais majoritaire se transformeront en véritable rouleau compresseur, prêts à aplatir les compétences, les lois et les valeurs québécoises qui se trouveront sur leur chemin. Ne sentez-vous pas leur poussée d'adrénaline? Moi si!

Et que pouvons-nous leur opposer à l'Assemblée nationale? Le gouvernement de la CAQ se professe nationaliste, il crie bien haut sa défenses des compétences du Québec, de la laïcité et de la langue française, mais ne conteste pas le droit d'Ottawa de juger nos lois en vertu d'une charte constitutionnelle multicultural qu'on nous a enfoncée dans la gorge en 1982. Si Québec perd sa laïcité et son «français lange commune» face aux juges suprêmes, c'est fini. Il n'y aura pas d'appel!

Face à la majorité anglo-canadienne qui contrôle le gouvernement d'Ottawa, Québec parle fort... et c'est tout... Ce pourrait être pire si jamais le Parti libéral du Québec, le parti des anglos et anglicisés, prenait le pouvoir en octobre 2026. Souvenez-vous des gouvernements fédéralistes, anglophiles et bilinguisants de Jean Charest et Philippe Couillard. Nous avons perdu avec eux une génération entière... Si Charles Milliard, un ancien militant conservateur fédéral qui a flirté un instant avec les libéraux de Justin Trudeau, gagne en octobre, c'est fini. Nous n'avons plus quatre années à perdre!

Il ne reste que cinq mois pour redresser la barque et se donner un gouvernement national avec suffisamment d'épine dorsale pour protéger les acquis du Québec et mettre en branle le processus d'accession à la souveraineté. Les résultats dans Terrebonne illustrent, comme à Laval et sur la Rive-Sud, à quel point le déclin du français et la présence croissante de collectivités multiculturelles favorisent les libéraux, tant au fédéral qu'à l'Assemblée nationale.

Le compte à rebours est commencé. De recensement en recensement, l'évolution du profil socio-linguistique et démographique de la grande région montréalaise et de l'Outaouais annonce un effritement des majorités francophones. Or, et les sondages le démontrent, le débat démocratique sur l'avenir du Québec français se déroule uniquement au sein de la majorité historique et chez les nouveaux arrivants qui ont choisi au fil des siècles de s'y joindre. Les autres, anglos ou anglicisés, votent à 70% contre le Bloc ou le PQ comme des zombies. À Terrebonne et ailleurs...

La dernière chose dont le Québec a besoin face au gouvernement fédéral majoritaire et centralisateur qui s'apprête à foncer, c'est l'aplaventrisme des libéraux à Québec. Nous n'avons plus de marge de manoeuvre. La défaite serrée du Bloc québécois dans Terrebonne (500 votes de retard vers 23 h 25), si elle devait se confirmer après le décompte complet, n'est pas seulement un coup dur, c'est une sonnette d'alarme. L'avenir de la nation est menacé jusque dans nos terres traditionnelles. Sans poussée d'adrénaline collective pour assurer la solidarité si essentielle à une victoire du PQ le 5 octobre prochain, ce pourrait bien être le début de la fin. Notre nation francophone de 400 ans doit-elle vraiment finir un jour «comme une page blanche de l'histoire»...