mercredi 1 juillet 2026

Les livres d'histoire ne servent plus à grand-chose...

1er juillet 2026...

La trilogie est complète. Avec la publication, aujourd'hui, de son message de la Fête du Canada, succédant à ceux de la Journée du multiculturalisme (27 juin) et de la Saint Jean-Baptiste (24 juin), l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) vient d'étaler en trois versements un aperçu de sa vision de l'Ontario français au sein du Canada de 2026. Et de mon point de vue, elle est inquiétante.

À la fin de mon texte de blogue du 27 juin (voir lien en bas de page), je concluais, après lecture des communiqués officiels sur la Journée du multiculturalisme et de la Saint Jean-Baptiste, que «le discours public des dirigeants franco-ontariens trahit leur passé, sabote le présent et laisse l'avenir à l'abandon». Le message ci-haut de l'AFO à l'occasion de la Fête du Canada (le meilleur des trois) vient malheureusement confirmer mes perceptions.

Après un début prometteur visant à souligner 411 ans de présence française en Ontario, l'AFO dit: «Depuis des générations, les francophones participent à la construction, au développement et à l'enrichissement de notre société.» On aurait pu écrire quelque chose comme: depuis plus d'un siècle, les Franco-Ontariens (aujourd'hui on préfére francophones, ça fait plus inclusif...) luttent pour leur droit d'étudier, de travailler et de vivre en français, et ainsi pouvoir, dans leur langue (officielle), participer à la construction, au développement et à l'enrichissement de la société.

La Fête du Canada ne doit pas occulter l'histoire des combats passés et actuels des Franco-Ontariens. Si, comme l'AFO l'écrit avec raison, «le français parlé en Ontario demeure l'un des plus précieux héritage que nous transmettons aux générations futures», elle a aussi le devoir de toujours rappeler à l'ensemble du pays et aux nouveaux arrivants que cet héritage a été acquis de haute lutte. Par des mamans avec des épingles à chapeau, par des collectes de fonds pour la survie des écoles françaises, par des mouvements et grèves d'étudiants pour obtenir une gouvernance franco-ontarienne de leurs institutions. Et bien plus.

Le communiqué de l'AFO ajoute: «En le valorisant (le français), en le protégeant et en le faisant rayonner, nous contribuons à bâtir un Canada plus inclusif, plus fort et plus fidèle à sa dualité linguistique.» On ouvre ici, tant soit peu, une fenêtre sur la réalité en évoquant le besoin de valoriser et de protéger le français en Ontario. Et, par la bande, le statut officiel du français au Canada qui lui confère primauté sur les langues non officielles, même quand les ressortissants de ces autres langues dépassent en nombre les francophones. Faudrait insister davantage.

Cette dualité fondamentale est par ailleurs absente du titre du message: «La fête du Canada: l'Ontario français, au coeur de notre identité nationale». NOTRE identité nationale? Ai-je bien compris? Les Franco-Ontariens participent à une identité nationale pan-canadienne? Telle chose n'a jamais existé. La fête nationale des Franco-Canadiens, y compris en Ontario, a toujours été la Saint Jean-Baptiste. Peut-être peut-on concocter une identité canadienne, mais pas une identité nationale. Deux, peut-être, une anglaise, une française (non je n'oublie pas les Autochtones).

Historiquement, et même aujourd'hui, seuls les Anglo-Canadiens ont vu le Canada comme leur «nation». Ottawa est leur capitale nationale. Avec près de 80% de la population, après tout, c'est leur pays. Ce sont eux qui gouvernent, qui décident. Toujours. La nation française du Canada, concentrée au Québec (lui-même devenu nation), a toujours été minoritaire, et jamais égale en dépit de son statut officiel. Les Franco-Ontariens en savent quelque chose! Alors quand l'organisation représentant la plus importante minorité de langue française au Canada demande de célébrer la fête de «notre cher pays» les 1er juillet, je me dis que les livres d'histoire ne servent plus à grand chose.

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Lien à mon texte de blogue du 27 juin sur la Journée du multiculturalisme - https://lettresdufront1.blogspot.com/2026/06/multiculturalisme-1-saint-jean-baptiste.html

Lien à mon texte de blogue du 24 juin sur la Saint Jean-Baptiste https://lettresdufront1.blogspot.com/2026/06/je-suis-bouche-bee.html

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Épilogue... 

Rappel de mon texte de blogue du 11 décembre 2014, portant sur les fêtes du 1er juillet 1967 (centenaire du Canada) et des objections d'un groupe de jeunes Franco-Ontariens dont j'étais, ainsi que de la réaction des dirigeants franco-ontariens.




mardi 30 juin 2026

Entre Diane Dufresne et les Beatles...

30 juin 2026...

Diane Dufresne, 25 juin 1990


L'un des moments forts de la St-Jean à Montréal en 1990, selon moi, est survenu quand Diane Dufresne, toute de bleu vêtue, a entonné son hymne indépendantiste Comme un bel oiseau (écouter le spectacle Aux portes du pays, 25 juin 1990, à 1:19:20 - sur YouTube). «Je suis d'un Québec qui reprend ses ailes»... On l'a de nouveau entendue le soir de la fête nationale du Québec, ce 24 juin, à Montréal...

Alors nous voici le soir du 30 juin. C'est demain la Fête du Canada, dont le grand spectacle du soir a lieu sur les Plaines Lebreton, à Ottawa, à distance de marche du quartier où j'ai grandi. Et à mon grand étonnement, je constate que la grande vedette québécoise sera nulle autre que Diane Dufresne... Je ne la juge pas. Je ne la condamne pas. Tout artiste est libre de se produire où il ou elle veut. Mais j'ai de la difficulté à comprendre comment on peut sauter en une semaine de la St-Jean à Canada Day. Peut-être nous réserve-t-elle des surprises? Je crois bien que pour une rare fois, j'y jetterai un coup d'oeil à la télé...

Parlant de fêtes et célébrations de tous genres, j'ai appris par Stéphane Laporte, sur Facebook, que le 25 juin était la Journée mondiale des Beatles. «Les musiciens les plus importants de la planète depuis le XXe siècle», opine-t-il. Même plus qu'Angine de Poitrine. Et pour lancer une discussion sur les quatre de Liverpool, le chroniqueur propose ses 20 chansons préférées. C'était presque un défi à faire de même. Défi que je relève avec plaisir, ayant été séduit par la musique des Beatles depuis que j'ai entendu Please Please Me sur les ondes de WLS Chicago 890 en février 1963...

Voici donc mon effort de classement de mes 20 chansons, dans un ordre plus ou moins précis. Je n'ai pas de motif particulier pour plusieurs d'entre elles sauf pour dire que je les ai toujours aimées et qu'elles ont marqué mon passage de l'adolescence à l'âge adulte.

1. Here Comes the Sun
2. While My Guitar Gently Weeps
3. I Want to Hold Your Hand
4. Strawberry Fields Forever
5. A Hard Day's Night
6. Things We Said Today
7. Fool on the Hill
8. Back in the U.S.S.R.
9. Eleanor Rigby
10. Please Please Me
11. Get Back
12. Penny Lane
13. Come Together
14. I'm Looking Through You
15. If I Needed Someone
16. I Am the Walrus
17. No Reply
18. What You're Doing
19. The Night Before
20. You've Got to Hide Your Love Away

Remarquez l'absence de Hey Jude (que je classerais 200e s'il y avait 200 chansons des Beatles) et de toutes les chansons de Sgt. Pepper's même s'il s'agit de l'un de leurs meilleurs albums. Enfin, si vous avez le goût de perdre une heure ou deux, allez-y!


lundi 29 juin 2026

Navire à la dérive?

29 juin 2026...

capture d'écran du journal Le Devoir du 20 avril 2026


Depuis le 20 avril 2026, le quotidien Le Devoir ne publie plus d'éditorial le lundi. Tenant compte de ce qui s'était produit à mon ancien journal, Le Droit, après l'abolition de l'éditorial du lundi en juillet 2013, j'estimais que cette décision de la direction du Devoir méritait une remise en question publique. S'agissait-il d'une mesure d'économie budgétaire (comme ce fut le cas au Droit) ou d'autre chose? Je me suis dit qu'il y aurait sûrement des réactions, à l'interne, à la FPJQ ou dans les autres médias. J'ai peut-être regardé avec mes yeux d'homme (comme dirait mon épouse) mais je n'ai absolument rien vu jusqu'à maintenant.

Le Devoir - ainsi que la plupart des autres médias - se fait cachottier quand il le faut, comme cela s'est produit pour la mise au rancart de chroniqueurs comme Lise Payette et Christian Rioux. On devine des chicanes de personnalité ou d'idéologie. Mais la suppression d'un éditorial par semaine, ou la fermeture d'un département vidéo, suggèrent d'autres enjeux : la rentabilité du produit, les orientations du journal, l'amorce d'une stratégie qu'on tient loin des oreilles du public.

On dira bien ce qu'on voudra du Devoir, et ses critiques se font de plus en plus acerbes ces jours-ci, ce journal occupe une place spéciale au Québec depuis plus d'un siècle. Peu importe ce que puisse en penser la direction du quotidien montréalais, Le Devoir a acquis depuis longtemps le statut de journal national et à ce titre, il appartient à cette nation qu'il a eu le privilège d'incarner dans ses pages depuis 1910. Il lui doit des comptes, et a le devoir de la tenir renseignée sur les véritables intentions du journal.

Le remplacement de l'éditorial du lundi par des textes que Le Devoir aurait pu publier n'importe quand laisse songeur. Que la faiblesse du texte de justification n'ait pas attiré sur-le-champ des questions et des reproches a de quoi surprendre et en dit long sur l'usure du sens critiques au sein de la profession journalistique québécoise. Depuis quand ralentit-on le lundi? Au début de la semaine (après une journée de congé), un journal met le pied sur l'accélérateur, comme son lectorat. Quand à «réfléchir sur un sujet qui colore l'air du temps», n'est-ce pas justement l'une des fonctions d'un éditorial?

Si l'intention du Devoir est de mettre fin éventuellement à l'édition papier en affaiblissant le contenu et en négligeant la présentation, alors qu'on le dise. Le Devoir se vante beaucoup des prix que le journal mérite pour ses réalisations numériques. Quand il ne reste que trois quotidiens papier de langue française au Québec, dont deux de la même chaîne, l'incitatif de concurrence tombe à zéro. On se dit peut-être que les accros du journal papier vont acheter Le Devoir même si on n'y met pas l'effort voulu. Et les journalistes, la FPJQ même conservent sur ces questions un silence assourdissant.

Quand on a assisté a déclin puis à la disparition de sept des dix quotidiens imprimés du Québec - La Presse, Le Soleil, Le Droit, Le Nouvelliste, La Tribune, Le Quotidien du Saguenay et La Voix de l'Est - il est pénible de voir dépérir le plus important de ceux qui restent. Rien ne justifie d'éliminer l'éditorial du lundi. Tout porte à croire à l'existence d'un motif que la direction dissimule. Est-ce la première ou l'une des premières étapes de coupes, petites au départ puis majeures? Une chose est sûre: la direction a l'obligation de mettre cartes sur table. 

Si, malgré tout, ce qui arrive au Devoir depuis une dizaine d'années ne résulte pas d'une volonté, ne correspond pas à un objectif, la situation actuelle est encore plus inquiétante. Le navire est à la dérive.

dimanche 28 juin 2026

Entre la planète Mars et les îles Seychelles

28 juin 2026...

Quand les sujets d'actualité que j'affectionne manquent à l'appel, je retourne inévitablement vers le passé. Disons 50 ans: le 28 juin 1976. Dans mon ancien quotidien, Le Droit. Avec la numérisation tous azimuts de l'information, cela sera bientôt impossible mais pour le moment, on peut toujours entreprendre des incursions ciblées vers des époques révolues.



À la une, en manchette, le célèbre conflit des Gens de l'air, autour du droit d'utiliser le français, au Québec, dans les échanges entre pilotes et contrôleurs aériens. Le ministre fédéral Otto Lang cède devant l'opposition de la Canadian Air Pilots Association, pour qui «il est plus dangereux de travailler dans deux langues» qu'en anglais seulement... En page 3, Robert Bourassa, alors premier ministre du Québec, appuie les contrôleurs francophones.

À la une aussi, on parle encore de l'implantation possible d'un conseil scolaire homogène pour les francophones d'Ottawa. Jusque là, les écoles françaises et anglaises étaient dirigées par un seul conseil scolaire où la gouvernance francophone n'était jamais assurée. Une partie du litige tourne autour de la protection des droits religieux catholiques, protégés par la Constitution.

En page 2, on annonce qu'une délégation gatinoise se rendra à Québec pour présenter au gouvernement Bourassa une pétition de 36 000 noms en faveur de la construction d'un hôpital à Gatineau (distinct à cette époque de Hull-Aylmer). L'hôpital devait être construit sous le gouvernement Lévesque, dans les années 1980.

En manchette internationale, on parle de la course présidentielle en vue de l'élection de novembre 1976 aux États-Unis. Après la démission de Nixon en 1974, Gerald Ford avait assumé la présidence pour la durée du mandat et voulait se mesurer avec son adversaire démocrate après ses deux années à la Maison Blanche. Mais Ronald Reagan (qui devait être élu en 1980) se présente contre lui et ses victoires dans les primaires de plusieurs États resserrent la course. Ford devait l'emporter mais le démocrate Jimmy Carter a remporté l'élection.

Toujours en Amérique, le département états-unien de la Défense nie que la CIA et le Pentagone aient essayé d'altérer le climat pour causer des sécheresses à Cuba et ainsi ruiner la récolte de canne à sucre. On aurait atteint ce but en crevant les nuages au large de Cuba. Cela avait été tenté au Vietnam.

L'ancien empereur Hailé Sélassié d'Éthiopie a été assassiné par la junte militaire qui avait pris le pouvoir deux années plus tôt. Les militaires auraient ensuite brûlé son corps. Celui qu'on appelait le Négus avait été empereur éthiopien de 1930 à 1974, sauf durant l'occupation avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale. 

Au Québec, on annonce que le gouvernement Bourassa a cédé au fédéral près de 75 000 acres des meilleures terres agricoles de la région de Mirabel. Ce sont des terres expropriées pour la construction de l'aéroport, mais qui n'ont pas été utilisées. Le chef parlementaire du PQ Jacques-Yvan Morin crie au «coup d'État».

La NASA annonce que l'atterrissage de la sonde automatique Viking 1, qui devait avoir lieu le 4 juillet 1976 (jour du 200e anniversaire des États-Unis) a été ajourné. La sonde devait y faire des prélèvements pour trouver des signes que la vie existe toujours à la surface de la planète rouge... Viking 1 devait finalement atterrir le 20 juillet mais n'a pas trouvé de trace de petits hommes verts...

Enfin, les îles Seychelles, colonie britannique au large de Madagascar, proclament leur indépendance et deviennent une république où un «bilinguisme équilibré» doit assurer un meilleur partage entre l'anglais et le français... Tiens tiens...

samedi 27 juin 2026

Multiculturalisme 1, Saint Jean-Baptiste 0

27 juin 2026...




On sait désormais à quelle enseigne loge l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO). Comparez les messages de l'organisme parapluie de l'Ontario français à l'occasion de la Saint-Jean Baptiste et de la Journée canadienne du multiculturalisme. (Longue pause pour vous laisser le temps de les lire, ci-dessus) Avez-vous compris les mêmes choses que moi?

D'abord, la longueur des textes et l'effort de rédaction. À peine 149 mots pour le message plate et laconique du 24 juin, fête nationale historique des Canadiens français y compris ceux de l'Ontario, mais 251 mots pour la Journée du multiculturalisme, avec des exemples d'activités régionales et des remerciements ciblés. Clairement, si l'on s'en tient aux messages officiels, le 27 juin l'emporte haut la main.

Pire, ce que suggérait l'AFO le 24 juin devient explicite dans son plaidoyer multiculturel. Les Franco-Ontariens sont de plus en plus relégués - par ceux mêmes qui disent les représenter - au statut de «communauté» parmi les autres dans la «diversité» canadienne. Pas de mention du statut officiel et national de la langue française, des luttes contre des décennies de répression francophobe, de solidarité avec le Québec, porte-étendard de la langue et de la culture française au Canada et en Amérique du Nord.

Lisez ce paragraphe des voeux multiculturels du 27 juin. Il donne la frousse. «Le Canada est avant tout un pays qui a pour fondement la diversité, là où chaque héritage culturel telle que la langue et les coutumes enrichissent notre identité collective. En Ontario, cette riche diversité culturelle est encore plus riche grâce aux implications diverses des francophones.» Où est passé le pacte fondateur entre les nations française et anglaise du pays qu'on nous a enseignés pendant si longtemps? Il ne reste que la «diversité». Incroyable!

Et pas n'importe quelle diversité... Pas une diversité qui apporte ses contributions aux cultures nationales et officielles du pays, mais une diversité qui inclut les Franco-Ontariens, devenus une composante parmi d'autres d'une «identité collective» sortie tout droit de la Charte des longs couteaux et du multiculturalisme débridé (et anglo-dominant) qui essaime depuis trois ou quatre décennies.

Les dirigeants franco-ontariens, historiquement, ont considéré avec raison les francophones de la province comme membres d'une grande nation de langue française, cette langue ayant en Ontario et au Canada un statut officiel et supérieur à celle des nouveaux arrivants d'autres langues. Les anglos, par contre, ont souvent eu tendance à voir les francophones comme une communauté linguistique indissociée dans les provinces où ils sont très majoritaires. Or, à lire le message multiculturel de l'AFO en 2026, le ver est dans la pomme.

Pour la Journée multiculturelle, le message de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario énumère des activités au Niagara, à Mississauga, à North Bay et exprime sa gratitude à nombre d'organismes, y compris l'ensemble des associations ethnoculturelles ontariennes. Dans le message dénudé de la Saint Jean-Baptiste, aucune mention d'activités et aucun remerciement aux organisateurs d'événements pour la fête nationale. Il y a certainement dû y en avoir...

Si j'étais toujours Franco-Ontarien, j'aurais rugi en prenant connaissance de ces deux communiqués de l'AFO. Mais je n'ai entendu aucune protestation, aucune prise de conscience. Peut-être parce que peu de gens en ont pris connaissance, peut-être parce que la perte d'identité nationale est en train de réduire à zéro la résistance historique. Vu du Québec, il me semble que le discours public des dirigeants franco-ontariens trahit leur passé, sabote le présent et laisse l'avenir à l'abandon.


vendredi 26 juin 2026

Et l'apparence de neutralité des journalistes?

26 juin 2026...

capture d'écran du Journal de Montréal

Intéressant de voir le débat sur la laïcité se transporter à l'extérieur du Québec. Chez nous, la question a été tournée, retournée dans tous les sens et même s'il y a toujours des étincelles, le débat fait partie du quotidien. Nous nous y sommes habitués. Mais voilà que la chicane pogne au coeur des Prairies, à Regina, capitale de la Saskatchewan.

Eux, sont habitués à jeter un regard sévère sur les élans de laïcité québécois style Loi 21, poussant à l'occasion des cris d'indignation devant ce qu'ils perçoivent comme des formes de xénophobie, d'islamophobie ou de racisme. Mais voilà que Regina vient de permettre un appel public à la prière de la mosquée locale, lancé d'un haut-parleur sur le sommet d'un édifice en plein centre-ville.

Pensez-vous que les élus municipaux ont été couverts de félicitations et de gerbes de fleurs? Non, les réseaux sociaux ont pris feu sous une accumulation de protestations, de propos souvent haineux et même de menaces, au point où la police de Regina fait enquête. Selon le Journal de Montréal, qui cite Global News, une présence policière accrue est prévue aux alentours des rassemblements musulmans. 

Des médias locaux et canadiens ont fini par s'emparer de l'affaire et consacrer quelques reportages que j'ai trouvés plutôt doucereux. Mais de mon point de vue de journaliste, ce qui surprend le plus dans cette couverture médiatique, c'est que CBC et Global News aient affecté à cette nouvelle des femmes musulmanes voilées: Aishah Ashraf (CBC) et Sania Ali (Global). Je trouve cela plutôt inquiétant, sur le plan de l'intégrité de l'information, de confier une affectation portant sur la religion musulmane à des reporters qui portent des signes religieux musulmans.

Allez faire un tour dans les médias (CBC, Global, Regina Leader Post, plusieurs pages Facebook) et renseignez-vous. Suffit de dire que nombre de commentaires sont d'une violence verbale qui fait sursauter. Voir par exemple ci-dessous:



Des médias locaux et canadiens ont fini par s'emparer de l'affaire et consacrer quelques reportages que j'ai trouvés plutôt doucereux. Mais de mon point de vue de journaliste, ce qui surprend le plus dans cette couverture médiatique, c'est que CBC et Global News aient affecté à cette nouvelle des femmes musulmanes voilées: Aishah Ashraf (CBC) et Sania Ali (Global). Je trouve cela plutôt inquiétant, sur le plan de l'intégrité de l'information, de confier une affectation portant sur la religion musulmane à des reporters qui portent des signes religieux musulmans.

Si la neutralité religieuse de l'État se défend, celle de la presse s'impose. Neutralité religieuse bien sûr. Neutralité tout court! Les médias professionnels doivent non seulement être neutres, ils doivent en donner l'apparence. Je ne dis pas que les reportages de Mmes Ashraf et Ali ont souffert de leur engagement religieux mais le public qu'elles rejoignent (ainsi que les personnes qu'elles interviewent) seraient en droit de s'interroger sur leur neutralité en les voyant.

Qu'aurait pensé le directeur de la mosquée de Régina s'il avait vu arriver un reporter juif portant kippa, ou un chrétien zélé avec une croix au cou? Se serait-il méfié? Voyait-il donc ces deux journalistes voilées comme des amies, des alliées, ou des fidèles sur lesquelles il pouvait exercer une influence? Global News et CBC auraient-ils osé envoyer Mmes Ali et Ashraf couvrir une manif de Juifs militants appuyant les agressions israéliennes, ou même un rassemblement de gens de Regina opposés aux appels musulmans à la prière?

La seule quête d'un journaliste, ce sont les faits. Rien que les faits. Si on réussit à présenter tous les faits au lectorat, ce dernier sera bien placé pour comprendre ce qui se passe et former une opinion. Tout ce qui nuit à la collecte des faits, et cela inclut la tenue vestimentaire du journaliste, doit être banni. On n'arbore pas une épinglette «Je suis athée» à une manifestation d'intégristes religieux. On ne porte pas un t-shirt «Je suis indépendantiste» au congrès libéral. Et on ne porte pas un hijab pour couvrir une réunion du Mouvement laïque local.

Je dois conclure que dans certaines grandes salles de rédaction au Canada anglais, le multiculturalisme débridé est devenu un dogme, au détriment de la neutralité de la cueillette d'information. Comme chef des nouvelles ou rédacteur en chef, j'aurais volontiers embauché ces deux journalistes, mais à la condition qu'elles ne portent pas de signes religieux (ou politiques, ou militants) ostentatoires à l'ouvrage. Si elles choisissent leur religion avant leur emploi, elles s'excluent de la neutralité journalistique. Et quant à moi, elles s'excluent de la profession.





jeudi 25 juin 2026

La grande tablée de notre Saint-Jean…

25 juin 2026...



C’est déjà le 25 juin et la fête nationale est passée en coup de vent… Dans le tourbillon des activités et des préparatifs de notre déménagement imminent, j’ai manqué de temps pour rédiger un message opportun en 2026. En revenant sur mes plus de 1000 textes de blogue de la dernière décennie, je suis tombé sur cet écrit du 23 juin 2016. Il y a 10 ans, presque au jour le jour. Je l’aime bien, et le propose de nouveau pour 2026.
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« En ce 24 juin, la nation se dit à nouveau «Bonne fête»!

La table est mise partout, et tous, toutes y sont bienvenus.

Notre hospitalité est légendaire...

Il y a plus de 400 ans, arrivant de France, nous étions accueillis par les peuples d'Amérique.

La liberté, le partage, les grands espaces font partie de l'héritage commun.

Notre présence - française et métissée - aura marqué à jamais les rives et les affluents du «fleuve géant».

Elle mérite d'être conservée, appréciée, enseignée.

Même conquis, nous avons su porter l'épée. Nous avons, surtout, porté la croix.

Pacifiques, rebelles à notre façon, nous avons jeté l'épée, puis remisé la croix.

Le coeur de la nation, s'éloignant de l'ancienne mère-patrie, restait français cependant...

Ces derniers siècles, d'autres ont pris place à notre table…

Des Européens, Africains, Antillais, Asiatiques, Américains…

Plusieurs ont voulu cheminer avec nous et sont maintenant chez eux, à notre table.

Notre aventure en Amérique est devenue la leur…

Ils ont compris ce que trop des nôtres semblent avoir oublié:

   - l'importance et l'attrait de notre petite nation encerclée… de son passé, son présent et son avenir...

   - l'actualité des valeurs de survivance, résistance, rébellion, liberté, laïcité, indépendance…

   - la beauté de la langue française, bien vivante dans notre riche répertoire musical et littéraire…

Ces anciens étrangers ont compris qu'ils étaient invités à notre table, pas nous à la leur.

Que les bras tendus en accueil étaient les nôtres…

Ils ont saisi ce que les «multiculturels» semblent incapables de saisir…

S'ouvrir collectivement à l'autre, c'est l'inviter à venir vers soi.

On ne fait pas preuve d'ouverture en souscrivant aux coutumes des autres, mais en conviant les autres à notre table…

Leur présence enrichira la nôtre et modifiera peu à peu la texture de la nation, sans en altérer le coeur et les valeurs.

Alors je leur lance cette intitiation: venez casser la croute à la grande tablée de la Saint-Jean!

À la fin du repas et de la fête, si vous désirez toujours participer à notre aventure nationale, si vous choisissez de la faire vôtre, nous chanterons tous, toutes, sur un air connu:

«Ils sont des nôtres»… »