Lettres du front
vendredi 21 août 2026
Des faits. Rien que des faits, SVP!!!
mardi 18 août 2026
Cher Air Canada...
Tout ce que je voulais, c'était parler à un représentant humain d'Air Canada pour obtenir les coordonnées d'un autre être humain à qui j'aurais pu expliquer ou poster une plainte concernant mon expérience du 14 août 2016. J'ai découvert un mur numérique infranchissable qui nous oblige à nous adresser à des robots stupides. Je n'ai rejoint personne, je n'ai trouvé aucun responsable francophone des plaintes. Il ne me reste qu'à publier ce texte de blogue comme une bouteille lancée dans le marécage air-canadien, en espérant qu'elle soit cueillie par une vraie personne, en chair et en os. Pour le moment, j'ai peu d'espoir...
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| photo prise à Signal Hill, St. John's, Terre-Neuve |
À qui de droit,
J’aimerais par la présente vous faire connaître mon mécontentement après l’expérience de nos vols du vendredi 14 août de St. John’s (T.-N.) à Halifax, puis de Halifax à Ottawa.
Commençons par le pire. Au moment de transférer les bagages du premier avion au deuxième, nos valises (la mienne, celle de mon épouse et toutes les autres) ont été laissées sur le tarmac à Halifax pendant une forte averse de pluie.
Quand nous avons récupéré nos bagages à l’aéroport d’Ottawa, ils étaient trempés, extérieur comme intérieur, et l’une des valises était endommagée. Nous avons dû la mettre aux ordures. Je considère l’abandon des valises à la pluie comme de la négligence majeure.
Nous n’avons reçu aucune explication et encore moins d’excuses du personnel ou d’Air Canada.
Par ailleurs, nous avions choisi de voler avec Air Canada mais à notre surprise nous étions à bord de petits turbopropulseurs de Pal Airlines où l’espace est limité et la technologie nulle. À côté de notre avion nous voyions l’Airbus 220 du vol Halifax-Montréal aux couleurs d’Air Canada… Dites-moi que nous avons payé moins cher SVP… ça me consolerait un peu.
Je n’ai rien à redire au sujet des langues officielles ou du personnel, fort courtois. Les systèmes de son, par contre, rendaient parfois les messages aussi difficiles à comprendre en français qu’en anglais.
Un mot sur le service collation pendant le vol. Ça ne me dérangerait pas de payer 10$ de plus pour avoir autre chose qu’une mini-sac de bretzels secs ou un petit biscuit au chocolat Célébration…
Bien à vous,
Pierre Allard, client insatisfait.
Gatineau, 17 août 2026
Une réponse provenant d'un humain, si telle chose existe toujours à Air Canada, serait appréciée...
mercredi 29 juillet 2026
La seule langue en danger, au Québec comme en Ontario, c'est le français!
La conclusion la plus évidente: la seule langue en danger, au Québec comme en Ontario, c'est le français. La différence, c'est que le déclin du français au Québec n'a pas encore atteint son rythme de croisière, alors qu'en Ontario il s'approche de l'agonie. Une autre conclusion qui s'impose: la similitude des tendances linguistiques chez les Anglo-Québécois et les Anglo-Ontariens, les premiers se comportant davantage comme membres de la majorité anglophone du pays qu'en tant que minoritaires dans un Québec qui se veut français.
mardi 28 juillet 2026
La dignité de la souffrance
Je n'ai rien à redire sur l'argumentaire tissé par l'éditorialiste du Devoir, Marie Vastel, dans le cadre du débat sur l'extension de l'aide médicale à mourir aux personnes atteintes d'un trouble mental. Mais une partie de sa conclusion, partagée sans doute par une majorité de la population, m'irrite au plus haut point. Je la cite: «Dix ans d’aide médicale à mourir au Canada ont permis des avancées majeures pour une fin de vie non plus condamnée à la souffrance, mais pouvant être vécue dans la dignité et la compassion.»
Loin de moi de contester le droit à l'aide médicale à mourir pour une personne qui refuse une fin de vie dans la souffrance. Ce qui me rebute cependant, et qu'on présente comme une évidence, c'est que les souffrances de fin de vie soient incompatibles avec «la dignité et la compassion». La dignité et la compassion peuvent être présentes dans une souffrance assumée. J'ai écrit un texte de blogue sur cette question en 2013 et je viens de le relire. Je n'ai pas changé d'opinion. Le voici:
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«mercredi 30 octobre 2013
Mourir en souffrant, dans la « dignité »...
Ce qui me trouble, cependant, c'est la suggestion constante qu'il existe une incompatibilité entre la souffrance, même extrême, et la dignité humaine. C'est comme si le dépérissement et la douleur qui précède la mort était indigne, comme si cela n'avait aucune valeur, que c'était, au fond, inutile. Je suis dans l'incapacité totale de partager ce point de vue, même si je dois concéder que confronté à l'issue fatale dans les pires circonstances, je ne sais pas quelle décision je prendrais...
Pour moi, la vie est sacrée. Lutter pour la maintenir sans acharnement thérapeutique me semble un choix noble et digne. Je ne sais pas ce qui nous attend après la mort, mais cela m'apparaît secondaire en réfléchissant à la fin de vie. Ce qui au fond de nous, par amour de soi, de ses proches et de son prochain (et de Dieu pour ceux et celles qui ont des convictions religieuses), nous pousse à lutter pour rester en vie dans notre jeunesse et à l'âge adulte, cela reste intact jusqu'à la fin.
J'ai vu mon père mourir et j'ai eu l'occasion d'échanger avec quelques autres, proches et amis, qui étaient à l'article de la mort. Ils étaient souffrants, mais encore des nôtres. Leurs paroles, l'occasionnel sourire, même leurs silences, laissent une profonde empreinte sur les survivants. Mon père, dans la dernière longue conversation que j'ai eue seul à seul avec lui, quelques semaines avant son décès, s'était excusé de sembler absent autour des siens, précisant que son regard était désormais tourné vers l'intérieur, vers le dernier droit qu'il savait sans doute amorcé.
Je persiste à croire que notre rôle, ainsi que celui du personnel médical, était de l'aimer, de le soulager dans la mesure du possible et de l'accompagner dans son ultime cheminement. S'il avait demandé qu'on mette fin à ses souffrances, j'aurais sans doute respecté ce voeu. Mais de ne pas avoir voulu qu'on l'aide à mourir reste un choix aussi digne et aussi estimable. Dans ses dernières minutes, même quand j'ai eu la conviction que son esprit était déjà ailleurs, son corps a poursuivi le combat jusqu'à l'épuisement final, avec quelques ultimes battements et un dernier soupir.
Que penser de cette autre membre de la famille qui, se sachant condamnée, continue avec tous les moyens disponibles à vivre à domicile et à poursuivre, aussi longtemps que possible, sans espoir, malgré le déclin, malgré la souffrance, son petit train-train quotidien pour encore quelques mois, quelques semaines, quelques jours, quelques heures de plus... jusqu'à l'avant-veille de sa mort. J'en suis toujours inspiré. Et les personnes qui l'ont aidée et accompagnée à la fin, n'ont-elles pas aussi participé à une noble et digne entreprise?
Et que penser de cet ex-collègue, cloué à son lit dans un centre de soins palliatifs, avec quelques jours à vivre, encore soucieux de s'informer des anciens amis, de se rappeler de bons souvenirs, et même d'échanger sur le présent et l'avenir... Personne ne lui aurait reproché d'avoir voulu mettre fin à ses souffrances prématurément. Sa mort était-elle moins digne parce qu'il a accepté de continuer de souffrir? La directrice de la Maison Mathieu-Froment-Savoie, un centre de soins palliatifs en Outaouais, disait récemment : « Lorsque les soins de fin de vie sont bien administrés, qu'ils soulagent la souffrance autant physique que psychologique, les personnes ne demandent pas à mourir. »
Et même en l'absence de soins de fin de vie, il peut y avoir la dignité. Dans l'histoire humaine, des milliers de personnes ont accepté de mourir dans les pires circonstances pour défendre leurs opinions, leur foi, leurs proches et leurs concitoyens. Je reviens d'un voyage en France et j'ai longuement médité devant le palais de justice de Rouen, encore troué de balles et d'obus de la 2e Guerre mondiale. Les membres de la résistance qui y ont été incarcérés et qui ont été livrés aux Nazis pour être torturés et exécutés sont des héros. La dignité était le lot des torturés et non des tortionnaires.
Je ne suis pas contre le suicide assisté. Je respecte ceux et celles qui estiment que c'est là la seule décision possible et suis d'accord avec sa légalisation. Mais mourir dans la dignité n'est pas réservé à ceux et celles qui choisissent cette voie. La plus douloureuse des morts peut aussi être auréolée de dignité.»
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Lien à l'éditorial du Devoir - https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/997688/matiere-aide-mourir-abdiquer-est-pas-avancee?
dimanche 26 juillet 2026
Une bouteille lancée dans l'océan de l'Internet...
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| capture d'écran de YouTube |
Tableau 1 (en chiffres)
Québec – connaissance des langues officielles
Année Pop. totale Français seul Anglais seul Français et anglais
2021 8 406 905 3 980 275 445 575 3 898 980
2016 8 066 560 4 032 640 372 445 3 586 410
2011 7 815 955 4 047 175 363 861 3 328 725
2006 7 435 905 4 010 880 336 785 3 017 860
Ontario – connaissance des langues officielles
Année Pop. totale Français seul Anglais seul Français et anglais
2021 14 099 790 39 310 12 196 575 1 519 365
2016 13 312 865 40 040 11 455 580 1 490 390
2011 12 722 065 42 980 10 984 360 1 395 805
2006 12 028 895 49 210 10 335 700 1 377 330
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Tableau 2 (en %)
Québec – connaissance des langues officielles
Année Pop. totale Français seul Anglais seul Français et anglais
2021 8 406 905 47,3% 5,3% 46,4%
2016 8 066 560 50,0% 4,6% 44,4%
2011 7 815 955 51,8% 4,7% 42,6%
2006 7 435 905 53,9% 4,5% 40,6%
Ontario – connaissance des langues officielles
Année Pop. totale Français seul Anglais seul Français et anglais
2021 14 099 790 0,27% 86,5% 10,78%
2016 13 312 865 0,3% 86,0% 11,2%
2011 12 722 065 0,33% 86,3% 11,0%
2006 12 028 895 0,41% 85,9% 11,5
Source : recensements fédéraux 2006, 2011, 2016, 2021









