samedi 17 octobre 2026

Un ministre pour préparer le référendum? Oubliez ça!

capture d'écran de La Presse


Ce matin, en lisant Le Devoir, Michel David a rappelé dans sa chronique que Paul St-Pierre Plamondon avait l'intention de nommer un ministre responsable de la préparation du référendum. Depuis 1995, la simple évocation de ce mot (référendum) me donne des boutons. Il porte en lui nos pires erreurs de stratégie et nos plus grands échecs. L'héritage de Claude Morin...

La promesse d'un troisième référendum rapide sur l'indépendance vient de coûter au Parti Québécois sa majorité à l'Assemblée nationale. Il y a fort à parier que nous serons de nouveau en campagne électorale d'ici deux ans et que le PQ se présentera encore devant le peuple québécois avec un boulet référendaire au pied. Dieu seul sait vers quel résultat cela nous mènera...

À la place de PSPP (et je bien conscient de ne pas l'être...), j'opterais pour une gouvernance souverainiste immédiate. Chaque affirmation nationale, chaque geste d'indépendance a plus de chance de rallier l'opinion que la fixation référendaire. L'exclusion de la monarchie au cérémonial d'assermentation des députés l'illustre bien. Le Québec affirme sa propre identité constitutionnelle et place le reste du Canada devant un fait accompli. Appui populaire en prime.

La protection et la promotion de notre langue menacée constitue un autre champ de bataille où Québec peut ouvrir différents fronts. Le premier semble devoir être l'extension de la Loi 101 aux cégeps, mais un examen des trous percés dans notre Charte de la langue française par les tribunaux fédéraux des longs couteaux ajoutera au menu (affichage, langue de travail, etc.). Les données linguistiques du recensement de 2026 (qui seront rendues publiques en 2027) nous feront sursauter d'horreur et accentueront l'urgence d'agir.

Au-delà des tentatives pour obtenir un contrôle québécois accru sur l'immigration, les mesures en faveur de la laïcité de l'État devront être intensifiées. La décision prochaine de la Cour suprême sur la Loi 21, sans doute retardée à cause des élections, risque de mettre le feu aux poudres. Un gouvernement du PQ, s'il refuse d'obéir à un jugement défavorable des juges d'Ottawa, devra mobiliser l'opinion publique pour dresser un bouclier efficace contre toute tentative d'imposer aux Québécois par tribunaux interposés le régime multiculturaliste anglo-canadien de 1982.

Une offensive coordonnée et réfléchie pour libérer le Québec des symboles monarchiques coloniaux, achever le grand projet d'un État laïc et remettre en tête de liste l'urgence d'enrayer un déclin effarant de notre langue officielle et commune (à Montréal, en Outaouais) créera un appétit croissant pour la souveraineté, vue comme seul moyen de soustraire notre identité collective au contrôle politique et judiciaire d'une majorité anglo-canadienne hostile.

Une augmentation appréciable des appuis à l'indépendance (40% et plus) assurera au PQ une réélection, majoritaire cette fois. Quand cela se produira, Québec pourra tester davantage les limites actuelles de la constitution canadienne. Donald Trump ne sera plus qu'un très, très, très mauvais souvenir et le reste du Canada se mettra à table. Alors, peut-être pourra-t-on commencer à penser à une étape référendaire pour achever un processus où les contours d'une indépendance ou d'une souveraineté-association seront déjà assez clairs.

Paul St-Pierre Plamondon a sorti le PQ de son quasi-cercueil en 2022 en remettant à l'avant-scène le projet d'indépendance, pas la perspective d'un troisième référendum. L'indépendance, c'est le coeur du combat collectif, c'est l'objectif. Un référendum, ce n'est qu'un moyen parmi d'autres et si ce moyen vient à mettre en péril l'objectif ultime, alors on s'en défait, le temps qu'il faut.

Le gouvernement du Parti Québécois devra relever des tas de dossiers ayant moins à voir avec la souveraineté. Santé, éducation, économie, logement, itinérance, etc., etc. S'y ajouteront les enjeux liés à la souveraineté. Langue française, laïcité, fin du lien monarchique, etc. La marmite déborde. Remettons pour le moment le mot référendum à sa place: sous la lettre R, dans le dictionnaire...

vendredi 16 octobre 2026

Trop de nos journalistes ne savent pas reconnaître les moments historiques!



Les livres d'histoire retiendront ce jour. Le moment où après 265 ans de vie sous la monarchie britannique, les députés d'un nouveau gouvernement québécois ont prêté serment pour la première fois au seul peuple québécois. Aucune mention de Charles III. Ni de la lieutenante-gouverneure, qui n'avait pas été invitée à la cérémonie.

Un moment historique pour Paul St-Pierre Plamondon, pour chacun, chacune de ses députés et pour la nation québécoise! Mais, de toute évidence, pas pour nos braves journalistes qui, par les temps qui courent, semblent incapables de s'élever au-dessus de l'immédiat et d'accorder sa juste valeur à un moment décisif de l'évolution du peuple du Québec!

Il fallait aller à Toronto, dans le National Post, pour voir la manchette qui aurait dû orner l'ensemble de la presse québécoise. Eux, les anglos, semblent avoir compris la signification historique du geste posé par le serment de fidélité au peuple, plutôt qu'au roi, et de l'absence de Manon Jeannotte, représentante de Charles III au Québec.

Capture d'écran du National Post

J'aurais espéré que Le Devoir publie en manchette de la une sa nouvelle sur l'assermentation «républicaine» des députés du PQ avec une photo bien en vue des députés péquistes à l'Assemblée nationale. Il me semble que cela allait de soi. Mais non. Un simple renvoi à un texte en page 3 sous le titre PSPP appelle ses collègues députés à jouer en équipe. Dans cet article on évoque l'importance du serment au peuple après un deuxième sous-titre...

Au téléjournal de Radio-Canada, à 22 heures, le soir du 15 octobre, on n'a même pas mentionné le fait que les symboles monarchiques aient été entièrement exclus de la cérémonie d'assermentation. Dans le texte de La Presse, signé par quatre (!) journalistes, on a attendu aux trois derniers paragraphes de l'article pour parler de l'absence du serment au roi d'Angleterre... C'est pire dans Le Soleil...

Dans le Journal de Montréal, traitement similaire mais on publie un deuxième texte, sur la demande d'injonction de l'avocat et prof de l'Université d'Ottawa, Lawrence David, qui veut que la Cour supérieure interdise aux députés du PQ l'accès à l'Assemblée nationale à moins de prêter serment d'allégeance au roi Charles III.

Combien voulez-vous gager que si la Cour supérieure (des juges fédéraux nommés par Ottawa) entend cette demande au cours des prochains jours et, pire, rend une décision favorable à M. David, l'ensemble de nos braves journalistes québécois vont tout à coup se rendre compte du caractère historique du geste posé par les 57 députés québécois, ce jeudi. Un peu tard, cependant!

Ce que notre presse avait passé presque comme un à-côté deviendra la manchette de l'ensemble des médias du Canada, coast to coast... 


samedi 10 octobre 2026

Pas besoin d'avis juridique pour écarter la lieutenante-gouverneure de l'assermentation...

Pourquoi le chef du PQ et premier ministre en attente Paul St-Pierre Plamondon se donne-t-il la peine de solliciter un avis juridique pour éviter que la lieutenante-gouverneure Manon Jeannotte participe à la cérémonie d'assermentation des députés élus au scrutin du 5 octobre? On n'a qu'à lui dire de rester chez elle!

Quand les députés de l'Assemblée nationale ont adopté, le 9 décembre 2022, un projet de loi pour annuler l'obligation de prêter serment au roi Charles III, ils ont du même coup rendu inopérant (au Québec) l'article 128 de la Loi constitutionnelle fédérale de 1867 qui rendait ce serment obligatoire. Les textes constitutionnels du ministère fédéral de la Justice en ont pris bonne note. On peut ainsi y lire après l'article 128 le texte ci-dessous:
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Or, c'est justement cet article 128 qui contient les dispositions voulant que le serment d'allégeance au roi ou à la reine doive être prononcé devant le lieutenant-gouverneur. 
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L'article 128 ne s'appliquant plus au Québec, l'obligation de la présence de la lieutenante-gouverneure disparaît avec lui. Et comme la Loi sur l'Assemblée nationale se contente de rendre obligatoire le serment d'allégeance au peuple québécois, sans préciser devant qui ce serment doive être prononcé, la première ministre sortante ou le premier ministre désigné (je ne sais pas qui, de fait) peut très bien décider que le serment d'allégeance des nouveaux députés se déroule devant un juge, un fonctionnaire, ou toute autre personne digne de présider cette cérémonie.

Voilà. C'est simple. Finie la lieutenante-gouverneure à l'assermentation des députés. Elle a été rayée de la carte avec le vieil article 128 de la Constitution fédérale de 1867...

Pas besoin d'avis juridique!

Pour siéger à l'Assemblée nationale, prêter serment à Charles III est désormais illégal

Le projet de loi 4, adopté par l'Assemblée nationale le 9 décembre 2022 pour permettre aux trois mousquetaires du PQ de pouvoir siéger sans prêter serment au roi Charles III
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capture d'écran du site des textes constitutionnels du ministère fédéral de la Justice indiquant que l'AANB a été modifié par la Loi 4

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Ce que dit la Loi de l'Assemblée nationale de 1982 au sujet du serment d'allégeance d'un député élu

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Le chef libéral Charles Milliard a annoncé quelques jours avant l'élection qu'à l'assermentation des députés, il déclarerait son allégeance au peuple québécois, plutôt qu'au roi Charles III. Comme s'il avait le choix... Je ne suis pas juriste mais il me semble que depuis l'adoption de la Loi 4 en décembre 2022 (voir image ci-haut), le seul serment qui soit désormais permis est celui prévu à la Loi de 1982 sur l'Assemblée nationale (voir texte ci-dessus).

On aura beau rappeler que cette loi - celle qui a permis aux trois mousquetaires du PQ de siéger après le scrutin d'octobre 2022 - est contestée devant les tribunaux par l'avocat Lawrence David, elle ne l'est pas par le ministère fédéral de la Justice qui l'a intégrée à son texte officiel de la Loi constitutionnelle de 1967 (voir 2e image du haut). Ottawa indique bien dans son propre texte que l'article 128 sur le serment d'allégeance au monarque britannique ne s'applique pas au Québec, conformément à la Loi 4 de l'Assemblée nationale.

Le seul serment obligatoire - je dirais même plus le seul serment permis - pour un député élu est celui énoncé par l'Assemblée nationale, étant donné que l'article 128 de l'ancienne AANB ne s'applique plus au Québec. Cet article n'existe plus au Québec. Personne ne peut l'invoquer pour continuer de prêter serment au roi Charles III. C'est maintenant illégal. L'élu(e) qui ne respecte pas le serment ci-dessous n'a plus le droit de siéger à l'Assemblée nationale: 

«Je déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec et que j'exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice dans le respect de la constitution du Québec.»

Les textes fédéraux et québécois concordent. Le vieil article 128 de la Constitution canadienne de 1867 fait maintenant partie des livres d'histoire. Au Québec, il n'existe pas. Il n'y a plus de choix entre le serment de 1867 et celui de la Loi québécoise de 1982. Au regard de la Loi 4, le serment de la Loi sur l'Assemblée nationale est le seul qui soit obligatoire. Au regard de la Loi de 1982 il est tout simplement le seul. Prêter serment à Charles III n'est plus permis.

Un premier pas en attendant de se débarrasser des autres vestiges de la monarchie britannique...

vendredi 9 octobre 2026

Dans un scrutin serré, 23 majorités massives...

Au centre, le West Island (capture d'écran de Rasio-Canada)


Je m'amuse depuis quelques jours à analyser les résultats parfois rocambolesques de l'élection québécoise du 5 octobre. Dans les médias, chacun commente à sa façon la répartition parfois serrée du vote entre cinq formations, le pouvoir ayant été arraché par le PQ avec seulement 28% des voix. Mais en regardant de près, on se rend compte que ce portrait ne traduit pas la réalité de toutes les régions du Québec.

Dans 23 des 107 circonscriptions, la candidate ou le candidat vainqueur a amassé plus de 50% des voix exprimées, laissant loin derrière tous ses adversaires.

Évidemment, le bloc le plus spectaculaire de victoires massives se situe dans le West Island (voir tableau ci-dessous), où les anglophones votent de façon quasi soviétique pour la formation qui leur ressemble le plus, le Parti libéral du Québec/Québec Liberal Party. Dans les 10 circonscriptions de l'ouest de l'île de Montréal, la part du vote libéral oscille entre 51% et 73%!!!

Le champion, Gregory Kelley, réélu dans Jacques-Cartier, la circonscription la plus anglophone du Québec, a engrangé à lui tout seul 73,2% des voix, pour une majorité de près de 20 000 votes (numéro 1 au palmarès des majorités). À noter que dans le West Island, on retrouve 10 des 15 circonscriptions les plus anglophones au Québec. Quatre des cinq autres (Vaudreuil, Saint-Henri-Sainte-Anne, LaFontaine et Soulanges) sont situées à proximité.

Dans la dernière, Pontiac (Outaouais), 7e circonscription la plus anglophone du Québec, les libéraux obtiennent 48% des voix. 
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Jacques-Cartier - 73,2% des votes au PLQ (majorité de 19147)
Robert-Baldwin - 65% des votes au PLQ (majorité 15334)
D'Arcy-McGee - 60,8% des votes au PLQ (majorité 11119)
Notre-Dame-de-Grâce - 61,1% des votes au PLQ (majorité 11594)
Westmount-Saint-Louis - 59,9% des votes au PLQ (majorité 10 803)
Nelligan - 63,3% des votes au PLQ (majorité 16580)
Marguerite-Bourgeois - 52,6% des votes au PLQ (majorité 10372)
Saint-Laurent - 54,5% des votes au PLQ (majorité 11614)
Marquette - 55,3% des votes au PLQ (majorité 10651)
Mont-Royal-Outremont - 50,9% des votes au PLQ (majorité 9519)
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On ne peut passer sous silence un autre bloc de victoires très décisives, celles des conservateurs d'Éric Duhaime, dans la grande région autour et au sud de la ville de Québec. Compte tenu de la montée spectaculaire des appuis au PCQ dans les derniers jours de la campagne, on peut se demander ce qui serait advenu si le scrutin avait eu lieu une semaine plus tard... 

Quoiqu'il en soit, dans cinq circonscriptions, le PCQ a récolté des majorités à faire rêver avec plus de 50% des voix exprimées (voir tableau ci-dessous). Ça ressemble à une vague en formation et tout porte à croire qu'elle aurait pu s'amplifier. Malheureusement...

À noter: les victoires les plus massives de la troupe d'Éric Duhaime ont été enregistrées dans le groupe des 20 circonscriptions les plus francophones du Québec (entre 98 et 99%...)

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Bellechasse - 63,8% des votes au PCQ (majorité de 17221)
Beauce-Nord - 61.9% des votes au PCQ (majorité de 16724)
Beauce-Sud - 58,2% des votes au PCQ (majorité de 13499)
Lotbinière-Frontenac - 54,4% des votes au PCQ (majorité de 15859)
Portneuf - 51,6% des votes au PCQ (majorité de 14272)
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Aussi digne de mention: les victoires sans appel des candidats de Québec Solidaire (Alexandre Boulerice, Ruba Ghazal, Alexandre Leduc et Andrés Frontecilla) dans leurs châteaux-forts de l'île de Montréal. Un signe très clair que leurs appuis transgressent les frontières linguistiques. La circonscription de Laurier-Dorion, par exemple, compte 43% de non-francophones. Un exploit dans le contexte d'une élection si serrée...
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Gouin - 62,6% des votes à QS (majorité 14419)
Mercier - 59,2% des votes à QS (majorité de 11930)
Hochelaga-Maisonneuve - 51,9% des votes à QS (majorité de 7391)
Laurier-Dorion - 50,7% des votes à QS (majorité de 6544)
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Enfin, le champion des luttes plus contestées, le Parti Québécois, a tout de même raflé des majorités impressionnantes en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, ainsi que sur la Côte-Nord (voir tableau). Comme d'habitude, c'est Pascal Bérubé qui a amassé la plus forte majorité, la quatrième plus importante du Québec après Gregory Kelley, Éric Duhaime et Patricia Drouin (PCQ). L'est du Québec semble pour le moment vouloir demeurer une valeur sûre pour le PQ.
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Matane-Matapédia-Mitis - 67,8% des votes au PQ (majorité de 15934)
Îles-de-la-Madeleine - 66,5% des votes au PQ (majorité de 3501)
René-Lévesque - 50,7% des votes au PQ (majorité de 6202)
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Il y a enfin le cas d'Ungava où le PQ a remporté l'élection avec 63,3% des voix exprimées. La proportion de non-francophones est l'une des plus élevées du Québec (plus des deux tiers) mais la présence de 55% d'Autochtones (Inuits) qui ne semblent pas beaucoup voter explique la domination du Parti Québécois.

samedi 3 octobre 2026

Un ultime élan... ou le début de la fin?

capture d'écran des sondages Léger, 3 octobre 2026


Au surlendemain du scrutin du 3 octobre 2022, j'ai écris que les prochaines élections, celles du 5 octobre 2026, constitueraient sans doute la dernière véritable chance de prendre l'ultime élan vers un Québec français et souverain. Je le répète depuis quatre ans. Et nous y voilà, à la fin d'une campagne électorale somme toute désastreuse. 

Le froid pinceau des recensements brosse depuis longtemps le tableau d'une langue et d'une culture françaises en chute. Médias et politiciens continuent de faire fi de cette réalité qui risque de mettre fin à notre aventure de 400 ans dans le grand bassin du Saint-Laurent. Au cours d'une quarantaine de jours de campagne, notre combat pour le français a à peine été effleuré...

À deux jours du vote, les partis ont laissé aux pieds d'une nation sceptique une monstrueuse empilade de promesses destinées à séduire l'électorat. Comme des marionnettes animées par les mains invisibles de sondeurs et d'experts en marketing, ils ont tissé leurs toiles dans une jungle médiatique largement irresponsable. Qu'en reste-t-il, au-delà de l'éternelle peur référendaire et des perceptions superficielles de l'idéologie des partis et la personnalité de leurs chefs?

Nous sommes désormais devant le pire scénario. La majorité des anglos reste solidement collée aux libéraux, le parti qui leur ressemble. En face, les Québécois de langue française se retrouvent éparpillés entre cinq partis - le PQ, le PCQ, la CAQ, QS et le PLQ. L'avance du PQ chez les francophones paraît à peine suffisante pour l'obtention d'un mandat majoritaire, essentiel si l'on veut espérer redresser la situation du français et relancer le mouvement indépendantiste.

Au moment où l'urgence d'agir devient incontournable, la remontée malheureuse d'un vieux fond conservateur dans la Beauce, la capitale nationale et sa rive sud risque de torpiller le tout. Un PQ minoritaire ne trouvera pas d'alliés. Ses jours au pouvoir seront comptés et PSPP pourrait avoir à revivre le cauchemar de Pauline Marois. Si le Parti Québécois finit par échapper le ballon et qu'il nous faut attendre quatre autres années pour reprendre la pouvoir, ce sera probablement la fin.

La nation québécoise entamera pour de bon une lente et douloureuse désintégration. Ça va fêter fort dans le West Island et dans la cuisine du Château Laurier, à Ottawa...

vendredi 2 octobre 2026

Monarchie: volte-face des libéraux?

Capture d'écran de La Presse


Quand Paul St-Pierre Plamondon a promis «d'abolir la monarchie au Québec», il y a quelques jours, les principaux reproches sont venus du camp libéral. Charles Milliard a accusé le chef péquiste d'être «chicanier» et de vouloir amorcer une guerre fratricide avec le gouvernement de Mark Carney.

Encore une fois, nos médias ont raté la chance de poser à M. Milliard quelques questions qui s'imposaient. L'an dernier, le 27 mai 2025, pendant la visite de Charles III au Canada, l'Assemblée nationale du Québec avait adopté à l'unanimité une motion (voir ci-dessous) en faveur de l'abolition du «lien entre l'État du Québec et la monarchie britannique».
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La motion avait été co-présentée par Paul St-Pierre Plamondon et Ruba Ghazal mais tous les députés présents - et ils étaient 106 - ont voté en faveur, y compris ceux de la CAQ de François Legault et du Parti libéral, alors dirigé par Marc Tanguay.

Aucun député du PLQ ne s'est levé pour s'opposer - ou même s'abstenir - lors de l'appel du vote. Si on se donne la peine de lire les débats de l'Assemblée nationale on verra que même le quatuor représentant le coeur de l'ancienne Rhodésie royaliste anglo-montréalaise - Désirée McGraw, Jennifer Maccarone, Michelle Setlakwe et Elisabeth Prass - ont officiellement appuyé l'abolition de la monarchie au Québec!

Ces députés (voir liste ci-dessous) représentent les circonscriptions de Notre-Dame-de-Grace, Westmount-Saint-Louis, Mount-Royal-Outremont et Darcy-McGee et sont toutes candidates au scrutin du 5 octobre. Pourquoi nos intrépides représentants des médias n'ont-ils pas demandé à ces braves gens pourquoi leur parti s'attaquent à PSPP pour une prise de position qu'elles avaient appuyé solennellement à titre de députées à l'Assemblée nationale? 
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Évidemment, nous sommes rendus à la dernière semaine d'une campagne où le «tous contre le PQ» est devenu le mot d'ordre, au Québec comme à Ottawa. Les jambettes. Faire peur au monde. Référendum... Instabilité... Affrontements... Les mots qui font peur, à répétition... L'Halloween avant l'heure...

Des chicanes avec Ottawa, il y en a toujours eu et il y en aura toujours, peu importe le parti qui gouverne, tant que le Québec reste pris dans le carcan de la Charte des longs couteaux. La différence, c'est que le PQ se tient debout alors que les autres partis ont l'habitude de s'écraser.

Enfin, retour à la case départ. Un journaliste d'un de nos grands médias demandera-t-il à M. Milliard de justifier sa prise de position sur l'abolition de la monarchie à la lumière du vote unanime du 27 mai de l'an dernier à l'Assemblée nationale?