dimanche 22 février 2026

Règlement 17... dix ans depuis les excuses...

22 février 2026...

capture d'écran du site Web Le Droit, 22 février 2026

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C'est enrageant, à la longue, de lire la même erreur.

Dans son excellent texte sur le 10e anniversaire (22 février 2016) des excuses officielles de la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, pour les torts causés par le Règlement XVII de 1912 interdisant l'enseignement en français dans les écoles ontariennes, le reporter du Droit Sébastien Pierroz propose un tour d'horizon assez complet des jalons qui ont marqué l'évolution de l'Ontario français au cours des dix dernières années. Voir lien en bas de page.

Un bémol cependant. Et un vrai. L'Université de l'Ontario français (UOF) «a fini par voir le jour», peut-on lire dans le texte de M. Pierroz, après avoir rappelé que l'Assemblée législative de l'Ontario avait approuvé en novembre 2015 (quelques mois avant les excuses) un projet de loi autorisant la création de cette institution universitaire franco-ontarienne. Ici, la presse francophone n'a pas fait ses devoirs depuis 2016.

Si on ne se donne pas la peine de débroussailler l'information officielle, on ne peut comprendre la réalité cachée derrière les lois, les règlements, les discours, les budgets et leur mise en oeuvre: l'Université de l'Ontario français, la vraie, avait été sabotée avant même l'adoption du projet de loi du gouvernement Wynne, et l'UOF qui a fini par voir le jour constitue une trahison du projet original d'une université franco-ontarienne provinciale englobant les programmes de langue française et les effectifs des universités bilingues existantes, y compris l'Université d'Ottawa.

Les médias ont fait grand cas, avec raison, du «jeudi noir» (15 novembre 2018) où un Doug Ford récemment élu avait annoncé, entre autres, l'abandon du projet d'université franco-ontarienne (avant de revenir plus tard sur sa décision). En réalité, le projet de regrouper sous une seule institution tous les programmes universitaires en langue française avait été sabordé en 2014 par les libéraux, avec la complicité de la ministre des Affaires francophones Madeleine Meilleur.

En octobre 2014, en entrevue à la station de radio UniqueFM d'Ottawa (94,5), Mme Meilleur avait déclaré que la seule priorité de son gouvernement était l'augmentation de l'offre universitaire en français dans le secteur centre-sud-ouest de l'Ontario (corridor Toronto-London-Windsor) et qu'elle s'opposait à la création d'une université de langue française à Ottawa où, disait-elle, l'Université d'Ottawa desservait bien les francophones... En 2015, elle ajoutait que, de toute façon, il n'y avait pas d'argent au Trésor provincial pour une université franco-ontarienne. On en reparlerait quand le budget le permettrait... C'était une gifle en pleine figure...

Ainsi, quand, en février 2016, la première ministre Wynne a présenté des excuses officielles aux Franco-Ontariens, elle a négligé de dire que son gouvernement avait déjà torpillé le projet d'étendre à l'ensemble de l'universitaire la gestion franco-ontarienne déjà consentie au primaire, au secondaire et au collégial. Doug Ford et sa bande de 50 nuances de francophobie se sont vus octroyer le rôle de vilain dans ce long, long, long métrage mais les libéraux, avoir été au pouvoir, n'auraient peut-être pas agi autrement.

J'espère qu'un jour, nos scribes médiatiques corrigeront cette erreur qui, à force d'être répétée, deviendra vérité officielle pour l'éternité.


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Voici un texte que j'ai publié le 23 février 2016 sur mon ancien blogue (2011-2017), intitulé «Pierre Allard, le blogue», que X-Twitter censure depuis près de 10 ans. Même si le réseau social a reconnu en 2017 qu'il s'agissait d'une malencontreuse erreur, celle-ci n'a jamais été réparée. Un peu comme les excuses officielles du gouvernement ontarien au sujet du Règlement 17...  Alors je le reproduis ci-dessous:

«Pour les ultimes enfants du Règlement 17

«J'accepte vos excuses, Mme Wynne. Quoi? Un petit vieux de Gatineau, Québec? De quoi se mêle-t-il, celui-là, diront certains…

«C'est simple. Je suis un enfant du Règlement 17. J'ai passé les 29 premières années de ma vie en Ontario. Je suis né à Ottawa en 1946, seulement trente-quatre ans après la proclamation dudit règlement et près de 20 ans après qu'il fut plus ou moins tombé en désuétude («On a tort de rendre trop abstrait, parfois, ce débat sur l'interdiction du français comme langue d'enseignement, de 1912 à 1927, dans les écoles franco-ontariennes. Les décideurs étaient des personnes, en chair et en os, comme les petites et grandes victimes de cette persécution.

«Mes grands-parents se souvenaient des batailles d'épingles à chapeaux dans la Basse-Ville d'Ottawa. Mon papa, qui aurait bien voulu s'instruire et qui aurait tout sacrifié pour traîner ses enfants jusqu'aux portes de l'université, a dû quitter l'école à l'âge de 13 ans faute d'écoles françaises au secondaire…

«J'étais trop petit pour m'en rendre compte au primaire mais nos écoles - françaises et catholiques - étaient sous-financées et parfois sous-équipées. En huitième année, dans une école soi-disant franco-ontarienne, on m'enseignait en français le matin et en anglais l'après-midi… Pourquoi?

«Le Règlement 17 n'était plus en vigueur, pourtant. Vrai. Mais les personnes qui l'avaient adopté et leurs successeurs - aussi racistes qu'eux - ne faisaient jamais de faveur aux Franco-Ontariens… Les concessions étaient consenties au compte-gouttes... en nous obligeant à dire merci avec le sourire…

«Quand, en 1959, est arrivé pour moi le temps d'entrer au secondaire il n'y avait toujours pas d'écoles de langue française. Mes parents se sont endettés pour m'inscrire à une école privée, l'École secondaire de l'Université d'Ottawa, où j'apprendrais dans ma langue des matières comme le français, la géographie, l'histoire et la religion… mais pas la chimie, la biologie, les mathématiques et autres… ça c'était toujours en anglais…

«Nous étions 500 francophones et 200 anglophones à cette école des Oblats… et rendus en 11e année, plusieurs d'entre nous étions déjà passablement assimilés… Je parlais plus souvent qu'autrement l'anglais à mes amis… Cela devait heureusement changer l'année suivante, en 1962, quand, débordement de la Révolution tranquille aidant, la situation au pays a secoué notre torpeur…

«Ce que j'ai subi sur le plan scolaire dans une période où le Règlement 17 était supposément mort et enterré, d'autres l'ont subi en pire. La grande majorité des jeunes de mon quartier d'Ottawa, un quartier francophone modeste, ont été obligés de fréquenter l'école secondaire publique anglaise… Ils n'avaient pas le choix… Et n'allez pas croire que cela n'a pas eu d'effets permanents!

«Le Règlement 17 était mort…. mais pas son esprit.

«Plus tard, alors que j'avais élu domicile au Québec, deux de mes filles ont étudié à l'Université d'Ottawa… en génie. Plus elles avançaient vers leur bac, plus le nombre de leurs cours en anglais augmentait! Je me souviens encore des pétitions qu'elles devaient circuler et faire signer pour espérer - sans succès - avoir tel cours dans leur langue l'année suivante.

«Mme Wynne, quand on fait du tort à mes filles, c'est à moi personnellement qu'on le fait.

«Et aujourd'hui, des jeunes Franco-Ontariens - dont certains que je connais - tentent de briser le dernier obstacle à un réseau scolaire complet dans leur langue: obtenir une université bien à eux, bien à elles. Ce ne sont pas des individus anonymes, il n'y a pas là qu'une collectivité sans nom…

«On voit leur visage et leur regard, on entend leurs paroles. Ce qu'ils demandent, c'est ce que les Anglo-Québécois ont toujours eu. Non, moins que ça. Une seule université suffirait pour le moment. Ils n'en demandent pas trois comme au Québec…

«Si vous croyez vos propres paroles d'excuses, vous savez que ces ultimes enfants du Règlement 17 ont raison. Vous avez entrepris d'écrire une importante page d'histoire. Finissez-la bien!»



samedi 21 février 2026

Non, pas de questions en français à Marie-Philip Poulin...

21 février 2026...

capture d'écran du site Web du Journal de Québec (voir lien en bas de page)


Quoi? Interdire à la presse québécoise de poser des questions en français à Marie-Philip Poulin après la défaite crève-coeur contre les États-Uniennes? Au début j'ai cru qu'il s'agissait d'une nouvelle bourde des organisations olympiques du Canada. C'aurait bien pu. Dans les grandes ligues sportives Canadian (et même québécoises) et au sein des fédérations olympiques Canadian, les joueurs et joueuses francophones doivent le plus souvent laisser leur langue au vestiaire.

Cette fois cependant, le French-bashing (si c'en fut une manifestation) émane du personnel du comité international olympique (CIO). Quand le journaliste Guillaume Lefrançois de La Presse a voulu poser une question à la capitaine beauceronne de l'équipe féminine de hockey lors d'une mêlée de presse après le match contre les États-Unis, le représentant du comité organisateur des Jeux lui a interdit de parler français. En anglais ou en Italien, SVP!

Évidemment c'est scandaleux. Le français reste la première langue officielle des Jeux Olympiques depuis 1896, même si, aux Jeux de Milano Cortina, la langue de Molière a été littéralement effacée de l'affichage, des communications et de l'animation sur les sites de compétition. Enfin, on aura bien l'occasion de revenir là-dessus à l'avenir. Pour le moment, il s'agit de l'interdiction de parler français faite à Marie-Philip Poulin et aux reporters québécois présents.

Après une protestation officielle de La Presse, les excuses du CIO étaient tout au mieux lamentables. On a cru, apparemment, qu'il n'y avait pas de traduction française disponible, ce qui était faux. L'équivalent olympique du très Canadian «Sorry I don't speak French»... Je me suis demandé quelle langue on imposait aux athlètes d'autres pays dans les mêmes circonstances mais je n'ai rien trouvé d'utile. Interdit-on à un athlète ou un journaliste chinois de poser ou de répondre à une question dans sa langue? Et l'espagnol? Et l'allemand?

Quelle que soit la réponse, les technologies modernes permettent de traduire plus ou moins correctement à peu près toutes les langues de la planète, à plus fort titre une langue internationale comme le français (qui rappelons-le, reste la première langue officielle des Jeux Olympiques). Que l'on puisse suivre les skieurs sur les pistes avec une armada de drones mais s'avérer incapable de traduire une question posée en français relève du plus pur ridicule.

Mais je me permets d'ajouter une remarque. J'ai été journaliste durant l'ensemble de ma vie professionnelle, et j'ai toujours cru que les artisans de l'information étaient des humains combatifs, toujours prêts à défoncer les portes verrouillées. Plusieurs risquent même leur vie dans des zones de guerre. Parlez-en à Reporters sans frontières. Alors je pose la question: les journalistes de La Presse, du Journal de Montréal, de TVA ou de Radio-Canada n'auraient-ils pas pu balayer du revers de la main cette ridicule interdiction et poser tout de même leurs questions en français, au risque de se faire couper le micro?

Originaires d'un pays où les incidents linguistiques font partie du pain quotidien, nos journalistes n'auraient pas dû se laisser intimider par les autorités des Jeux de Milan. Avoir insisté et protesté sur place, devant les caméras et micros de la planète, aurait donné de meilleurs résultats qu'une plainte officielle après que tout est fini. N'a-t-on pas vécu à genoux assez souvent dans cette fédération canadienne depuis toujours anglo-dominante? Faut-il s'incliner partout? Et cela vaut pour les athlètes francophones itou. Marie-Philip Poulin était en position de force à cette mêlée de presse. Personne n'aurait osé l'empêcher de répondre en français. Telle interdiction aurait fait le tour du globe.

J'ose espérer que le jour où le Québec participera comme entité souveraine aux compétitions olympiques, un jour pas trop lointain j'espère, notre comité olympique bien à nous s'assurera que des incidents à la Marie-Philip Poulin ne se produiront plus. Et que tous ces joueurs, hommes et femmes, que l'on a exclus des équipes Canadian puissent se retrouver sur un podium sous le fleurdelisé.

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Un autre exemple du ridicule mépris du français aux Olympiques


vendredi 20 février 2026

Le coup de force planétaire de Trump!

20 février 2026...

capture d'écran de Radio-Canada


Si je ne l'avais pas vu de mes propres yeux, j'aurais hésité à le croire. Mais après avoir pris connaissance des reportages sur la première réunion du soi-disant «Conseil de la paix», tenus ce 19 février 2026, j'ai la conviction que Trump, le «Don» de ce clan mondial de truands, mijote un coup de force à l'échelle planétaire.

Sa tentative de coup d'État à la maison rencontrant de plus en plus d'obstacles, y compris à la Cour suprême qu'il croyait contrôler, le président des États-Unis cherche désormais ses coups d'éclat ailleurs dans le monde. Il s'est exercé au jeu de l'intimidation avec le Canada (annexion comme 51e État) et le Groenland (annexion de force). Il a mis ses menaces à exécution avec le Vénézuela en violation du droit international (attaques de piraterie contre des navires, assassinat de survivants en mer, enlèvement du président Maduro, etc.).

Trump s'est aussi associé au voyou international Benyamin Netanyahou pour tenter d'imposer une domination israélo-américaine au Moyen-Orient afin de liquider le régime des ayatollahs en Iran et achever le génocide palestinien à Gaza. Trump, qui semble avoir apprivoisé les chefs militaires américains, désormais prêts à violer la Constitution des États-Unis si la Maison-Blanche l'ordonne, a rassemblé une flotte de guerre prête à mettre l'Iran à feu et à sang. Netanyahou jubile déjà à l'idée de lancer ses missiles et ses bombardiers contre la théocratie des fous d'Allah.

Le régime obscurantiste des mollahs qui opprime la population iranienne, et en particulier les femmes, depuis 1979, ne suscitera pas beaucoup de sympathie ailleurs dans le monde. Mais le renversement de régime, souhaitable certes, doit venir de l'intérieur. Si les Iraniens veulent conserver quelque espoir d'établir une démocratie laïque, ils doivent éviter à tout prix de se voir «libérés» par l'oligarchie des milliardaires américains et les militaires barbares et sans pitié de Netanyahou. Trump, soi-disant président de la paix, préférera toujours user de violence contre les résistances à ses folies de grandeur.

Et il y a Gaza, bien sûr. Les assassins de Hamas doivent regretter l'ignoble tuerie du 7 octobre 2023 et les violences innommables commises contre des civils dans des localités israéliennes. La vengeance mode Netanyahou a coûté la vie à plus de 70 000 Palestiniens dans la bande de Gaza et clairement, Israël a choisi la solution du génocide pour se débarrasser du Hamas une fois pour toutes. L'ONU, dont l'action est trop souvent paralysée par les grandes puissances, s'est montrée incapable de jouer le rôle de pacificateur pour lequel elle a été créée durant la 2e Guerre mondiale.

C'est l'occasion rêvée pour Trump et ses gangsters immobiliers d'intervenir avec ce «Conseil de la paix», appellation indécente s'il en fut pour un cartel d'apprentis-oligarques qui ne demandent pas mieux que de s'associer au président américain pour transformer la côte de Gaza en «Riviera» touristique méditerranéenne. La plupart des démocraties, y compris le Canada, ont choisi de ne pas payer le milliard $US exigé par Trump pour devenir membre de ce Conseil de la paix qui, clairement, a pour mission de remplacer l'ONU ou, tout au moins, de saboter ce qui en reste; un début de coup d'États (notez le «s») à l'échelle planétaire est en gestation...

Trump sera sans doute obligé de céder sa place un jour aux États-Unis mais il s'est nommé président à vie du Conseil de la paix, dont il contrôle le conseil exécutif via son gendre Jared Kushner et son Secrétare d'État Marco Rubio. Son gendre est aussi membre du conseil exécutif qui administrera Gaza, ou ce qui en restera si Israël décide de ne jamais retirer ses troupes. Le président américain teste son cartel d'autocrates à Gaza, mais il envisage déjà de s'en servir ailleurs si l'occasion se présente, faisant fi de l'ONU pour de bon.

Selon les plans rendus publics, la totalité de la côte de Gaza sera réservée au tourisme. Donc des hôtels, des centres de villégiature, tous destinés à de riches visiteurs et probablement fermés aux habitants de Gaza qui n'auront pas été tués, déportés ou ghettoïsés. Rien n'arrêtera le mégalomane de la Maison Blanche si l'ONU et les démocraties ne dressent pas des barricades. Il faut arrêter tout de suite Trump et sa horde de bandits internationaux. Je crois qu'il en va, cette fois, de l'avenir de l'humanité.

jeudi 19 février 2026

Les trois vire-capot...

19 février 2026...


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Un député, qu'il siège à Ottawa ou à Québec, a-t-il (ou elle) le droit de virer capot en plein mandat et de siéger, pour quelque raison que ce soit, sous la bannière d'un autre parti jusqu'à l'élection suivante?

La réponse légale est de toute évidente «oui», puisque cela s'est produit à plusieurs occasions, mais sur le plan de l'éthique cela passe comme une arête dans la gorge. Surtout quand un gouvernement minoritaire utilise on ne sait trop quels stratagèmes pour siphonner des députés de l'opposition et atteindre la majorité échappée à l'élection.

Mercredi (18 février 2026), un troisième député conservateur, Matt Jeneroux, élu en avril 2025 dans la circonscription d'Edmonton-Riverbend, en Alberta, a faussé compagnie à Pierre Poilievre - et à ses électeurs - pour aller coucher dans le lit de Mark Carney. Avant lui, Chris d'Entremont (député d'Acadie-Annapolis en Nouvelle-Écosse) et Michael Ma (député de Markham-Unionville en Ontario) avaient mis à la poubelle l'étendard du Parti conservateur qu'ils portaient lors du scrutin de l'an dernier.

Peut-être peut-on envisager des circonstances exceptionnelles qui forcent un député, en toute conscience, de remettre en question son allégeance politique. Oui, sans doute, mais alors l'élu(e) n'a-t-il pas l'obligation morale de se représenter devant les électeurs de sa circonscription? Ces derniers ne sont-ils pas les maîtres absolus du verdict électoral? Dans la circonscription d'Edmonton-Riverbend, plus de 30 000 électeurs ont coché la case du candidat conservateur victorieux. De quel droit M. Jeneroux peut-il renverser leur décision?

Ce député avait annoncé sa démission à l'automne mais devait siéger comme conservateur jusqu'au printemps. Or, voilà qu'il change de veste sans préavis après avoir été absent des Communes pendant des mois, ayant déjà trahi ses commettants qui n'avaient ainsi plus de voix au Parlement canadien. Le discours de M. Carney à Davos aura, dit-il, été l'élément déterminant qui l'a fait changer de camp. Cette justification est tellement lamentable qu'à sa place, j'aurais été gêné.

En décembre, le conservateur Michael Ma a fait encore pire que son ex-collègue de l'Alberta. Il disait avoir traversé la Chambre «après avoir écouté attentivement les résidents de Markham-Unionville et réfléchi avec sa famille». C'est proprement scandaleux. Les résidents de sa circonscription s'étaient prononcés officiellement à peine huit mois plus tôt. Leur verdict est le seul qui compte. Aller prétendre qu'ils ont changé d'idée en écoutant ses proches et un échantillon restreint d'électeurs de toutes appartenances constitue une trahison du mandat obtenu.

En tout, dans les trois circonscriptions conservatrices qui se retrouvent maintenant sous la bannière du Parti libéral, plus de 80 000 personnes ont élu des députés qui désormais les envoient paître, et ce, moins d'une année après leur élection, sans que l'on puisse trouver quelque cataclysme susceptible de justifier ce passage aux rouges. Quel genre de tractations peut-il y avoir eu entre M. Carney et le trio Jeneroux-d'Entremont-Ma? On ne le saura jamais. Mais j'ai peine à croire qu'une voix mystérieuse de l'au-delà les aient convaincus que le ciel n'était plus bleu et que, frais de leur chemin de Damas, ils soient arrivés rameau d'olivier en main au bureau du premier ministre quasi-majoritaire...

Si j'étais M. Carney, je me méfierais de ce trio aux allégeantes vacillantes. S'ils peuvent aussi facilement renier leur parti moins d'un an après leur élection, quelque soit leur motif, ils pourront de nouveau changer de casquette si leurs anciens adversaires devenus collègues ne répondent pas suffisamment à leurs espoirs.

Le 28 avril 2025, l'électorat pan-canadien a expédié à Ottawa un gouvernement minoritaire. Voilà. Le verdict était rendu. Mark Carney n'avait qu'à vivre avec. Mais non, au diable la démocratie, on va à la pêche chez les élus des autres partis. De quel droit le parti vainqueur peut-il tenter de renverser ainsi les résultats d'un scrutin général? Ou pire, si le résultat avait été très serré, de quel droit un parti d'opposition pourrait-il faire de même pour essayer de se hisser en tête aux Communes et ainsi renverser le gouvernement élu?

Comme dirait Shakespeare dans la langue de Molière, il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Canada...


mercredi 18 février 2026

Trump et Cuba... La lâcheté du Canada...

18 février 2026...

capture d'écran du site Web Le Devoir


Quand Donald Trump et sa bande de voyous menacent d'annexer le Canada ou de lui imposer des tarifs punitifs qui varient selon la mauvaise humeur du président, le premier réflexe du pays est bien sûr de se défendre. Mais le second, non moins important, est de se mettre en quête d'alliés pour ne pas avoir à se défendre seul.

La mobilisation du public québécois et canadien a été instantanée. À peine dix jours après l'assermentation de Donald Trump, le 30 janvier 2025, j'assistais à la rencontre où la FADOQ-Outaouais dévoilait son offre annuelle de voyages-vacances. Trois cents vieux rassemblés dans une résidence pour personnes âgées. Le décor le plus apolitique qui soit. Mais quand ce fut le temps de parler des forfaits aux États-Unis, la salle entière s'est mise à huer...

Le temps de le dire, tout chavira. Alcools américains retirés des tablettes, boycottage des produits made in USA, annulations des escapades en Floride ou à Las Vegas, hymne national des États-Unis hué aux événements sportifs. Du côté des gouvernements, celui d'Ottawa en particulier, branle-bas de combat. Contre-mesures, projets d'autonomie accrue, recherche de nouvelles alliances.

Ottawa est allé sonner aux portes du Mexique, de l'Union européenne, de la Chine. Les liens tissés ont servi de levier pour endiguer ce nouvel impérialisme états-unien. Mark Carney s'est imposé comme l'un des chefs de la résistance à Trump. Son discours à Davos lui a valu une ovation. Les pays européens nordiques et le Canada ont envoyé des militaires au Groenland en solidarité contre le fou orange.

Évidemment, le Canada, étant de la coterie des pays riches de la planète,  s'est tourné vers des puissances nanties pour créer son bouclier anti-américain. Un front commun Europe-Canada peut asséner de solides gifles à Washington. Mais qu'en est-il des nations plus pauvres, plus isolées, ou pire, ayant des régimes dont Trump désapprouve? On les abandonne à un ogre sans merci.

La Maison Blanche torpille des bateaux du Vénézuela, saborde son économie pétrolière pour se l'approprier, kidnappe son président et le garde en otage dans une vieille prison de New York. Un acte de piraterie, totalement illégal en vertu de la constitution américaine et du droit international, dénoncé de toutes parts, même par des pays qui s'opposent au régime Maduro. Mais qui s'est porté à la défense du Vénézuela? Qui a protégé les bateaux vénézuéliens? Qui a défié - mode Greenpeace devant les baleiniers - les navires de guerre du régime fascisant à Washington? Personne!

Maintenant, Trump et ses hordes sont en train d'affamer Cuba, privant le petit pays des Caraïbes du pétrole essentiel à son économie. La population manque des ressources les plus élémentaires, y compris la nourriture et les médicaments. L'objectif est clair: renverser le régime socialiste cubain, antithèse de l'oligarchie des milliardaires qui règne sans pitié sur l'État américain soi-disant démocratique. Et qui a osé tenter de percer ce blocus inhumain de Cuba et de porter secours à sa population? Personne!

Le gouvernement fédéral de Mark Carney se drape dans la vertu pour contester les menaces de Trump contre le Canada, et appelle les autres pays du monde à le soutenir, mais reste insensible à la misère causée à Cuba (et au Vénézuela) par ce même Donald Trump. Il y a là une hypocrisie insoutenable.

Le Canada a suffisamment de pétrole, d'aliments et de médicaments pour ravitailler Cuba le temps qu'il faudra. Le chef du Bloc québécois et le porte-parole du NPD ont exhorté le gouvernement à dénoncer les manoeuvres inhumaines de Washington, et de résister à l'intimidation des États-Unis en offrant à Cuba du carburant et une aide humanitaire. La ministre des Affaires étrangères s'est contentée de se dire «profondément préoccupée» par la situation, mais pas assez pour faire ce que la conscience de tout humain dicte de faire: aider son prochain menacé par les forces des ténèbres.

Si le Canada ne vient pas en aide à Cuba, un pays qui accueille chaleureusement tous les ans des milliers de touristes québécois et canadiens, un pays avec lequel le Canada a maintenu des relations diplomatiques même au plus fort de la guerre froide, un pays dont le seul crime (aux yeux de Trump) est d'avoir tenu tête aux États-Unis depuis 1959, alors tous les beaux discours de Mark Carney, y compris celui de Davos, ne sont que des paroles creuses, insignifiantes, cruelles même pour ceux et celles qui apparemment n'en sont pas dignes.

Cuba est notre ami. Trump est notre ennemi. Il attaque nos amis cubains. Ne rien faire c'est appuyer l'ennemi et tourner le dos à l'ami. Celui ou celle qui agit ainsi est un lâche. Vite, pendant qu'il est toujours temps de se racheter. Sinon, la lâcheté du Canada sera soulignée en caractère gras dans les livres d'histoire pour l'éternité.

J'aime croire que le Québec, s'il était souverain, aurait suivi la devise de mon ancien journal, Le Droit: «L'avenir est à ceux qui luttent

Ce soir, je suis en colère. La colère de l'impuissance. La pire qui soit...


mardi 17 février 2026

Québec tire la plogue sur... l'Outaouais

17 février 2026...

Capture d'écran du site Web Le Droit


Non mais êtes-vous surpris? Le gouvernement québécois vient de retirer le financement promis de 163 millions $ pour un grand projet de tramway devant relier le secteur ouest de Gatineau au centre-ville et, surtout, à Ottawa.

Je n'ai jamais été partisan du projet de tramway tel que conçu. Le transport en commun à Gatineau, à l'instar du réseau routier et autoroutier, a toujours été un entonnoir finissant aux cinq ponts vers Ottawa et l'Ontario.

Malgré tout, il faut reconnaître que ce projet - en préparation depuis des années - avait réussi à crapahuter jusqu'aux approbations requises et semblait susciter de larges appuis au sein de la classe politique et de la population.

Or voilà! Alors que le feu vire enfin au vert et que tout semble devoir se mettre en branle, Québec «tire la plogue», comme le titrait hier soir la manchette du site Web Le Droit. La CAQ reprend ses billets verts pour aller les dépenser ailleurs.

Nous sommes habitués.

Pourquoi? Parce que Québec a toujours eu tendance à agir ainsi envers l'Outaouais, peu importe la couleur du parti. Sauf rares exceptions...

Et pourquoi pas? On a toujours facilement passé sapin après sapin à cette région frontalière où broute une majorité de moutons apeurés...

Quelques exemples?

Où, ailleurs qu'en Outaouais, pourrait-on mettre en chantier une autoroute (la 50) qu'on peine à terminer 55 ans plus tard? On l'a baptisé officiellement autoroute Guy Lafleur mais ici on l'appelle davantage l'autoroute de la mort... Et l'autoroute 5? N'en parlons pas...

Québec planche sur des plans et projets dans de nombreuses régions, du Saguenay à l'Estrie, de la Montérégie au Bas du fleuve; on n'arrête pas de parler du 3e lien et on ressort de temps à autre le Plan Nord. Avez-vous déjà entendu parler d'un plan Ouest, en commençant par la demande centenaire d'un lien routier entre Gatineau et  l'Abitibi-Témiscamingue? Non? Moi non plus...

Entre les pénuries de personnel, la vétusté des installations et les budgets anémiques, le réseau de la santé à Gatineau et dans l'ensemble de la région titube au bord du précipice depuis des décennies. Que fait Québec? On nous promet un nouveau méga hôpital, qu'on construira peut-être dans dix ans (si Québec ne tire pas encore la plogue), à l'endroit le plus mal foutu de la ville de Gatineau. Ça va finir pire que SAAQclic...

Dans la catégorie des indécences... Les libéraux de Couillard ont tenté d'imposer aux étudiants francophones de Gatineau une faculté de médecine où les cours seraient donnés en anglais, sous la férule de l'université McGill... Un relent de l'infâme règlement 17 en Ontario... A-t-on assisté à une levée de boucliers? Non, le troupeau aurait sans doute suivi sans trop beugler si, par chance, la CAQ n'avait pas mis fin à cette cochonnerie en 2018...

Sur la plan linguistique, Québec a adopté la Loi 101 et lancé de nombreux programmes plus ou moins efficaces visant à faire du français la langue commune d'un État unilingue français. Pendant ce temps, la ville de Gatineau s'anglicise à la vitesse grand V (comme Montréal et Laval) et à ma connaissance, le gouvernement québécois n'a aucun plan d'intervention pour le coeur urbain de l'Outaouais. On donne libre cours à l'influence anglicisante d'Ottawa.

Quand j'étais enfant à Ottawa, on entendait souvent les gens sur l'autre rive dire que Hull était le trou-d'cul du Québec. La sagesse populaire sait souvent bien nommer les choses. Et à voir Québec filer avec nos 163 millions $ dans ses sacs bruns, je me demande si, au fond, les choses ont bien changé depuis le début des années 1960. Il reste au moins une certitude: la plupart des gens d'ici, s'ils pestent un peu, le feront autour d'un café au Tim, pas dans la rue, et se diront: y sont-tu fins les libéraux d'Ottawa? Leurs millions, eux autres, y'étaient toujours sur la table...

Être indépendantiste à Gatineau n'a jamais été une tâche facile. Surtout quand Québec fait tout pour nous jeter dans les bras d'Ottawa...


lundi 16 février 2026

Anglicisation... Cris du coeur de Franco-Ontariens sur Facebook...

16 février 2026...


J'ai toujours cru que la majorité des Québécois (et des Franco-Canadiens ailleurs au pays) étaient réellement inquiets du déclin historique de la langue française, et courroucés par les injustices subies dans des environnements trop souvent francophobes. Et pourtant, en dépit de ces préoccupations, les textes qui tentent d'expliquer le phénomène de l'anglicisation peinent à trouver des masses de lecteurs.

Intéresser le public à des textes analytiques bourrés de statistiques tirées des recensements quinquennaux du Canada est devenu une tâche herculéenne. Pourtant, derrière chaque colonne de chiffres préparée par Statistique Canada se profilent des dizaines, des centaines, des milliers de personnes vivantes, en chair et en os. Suffirait-il de laisser ces humains parler de leur expérience, avec leurs propres mots, pour accrocher davantage l'opinion publique?

Cela vaut la peine de tenter l'expérience. J'ai retrouvé dans mes dossiers le témoignage de Jean-Pierre Monette, un citoyen d'Embrun (Ontario), lançant sur Facebook un cri du coeur devant la disparition accélérée de la langue française dans cette petite ville historiquement francophone, désormais fusionnée à la municipalité voisine de Russell. Selon le plus récent recensement, celui de 2021, plus de 50% des résidents d'Embrun parlent désormais l'anglais le plus souvent à la maison. Le point de bascule a été atteint.

Le message Facebook de M. Monette remonte à 2017 ou 2018, alors que le français restait légèrement majoritaire comme langue d'usage. Je vous laisse lire le texte de M. Monette:

«Qu'est-ce qui se passe pour l'amour du ciel? Je demeure à Embrun, une petite communauté 40 minutes à l'est d'Ottawa. Je me souviens il n'y a pas trop longtemps quand Vanier était considéré comme le petit Hull ontarien grâce à la population franco-ontarienne. Le même pouvait être dit pour Embrun, Casselman, Vankleek Hill, St-Albert et même Hawkesbury. Malheureusement, de nos jours, j'ai de la difficulté à me faire servir dans la langue qui avait avant une dominance si forte dans l'est de l'Ontario. Que s'est-il passé? On dirait qu'on se fait pousser de plus en plus vers la frontière québécoise.»

Et il poursuit: «Voici un exemple: je me balade de temps en temps sur la rue St-Jacques et je passe devant l'école secondaire d'Embrun où les élèves prennent leur pause... à chaque fois que je passe, ils se parlent en anglais... tout le temps. Pourquoi? Un autre exemple, les jeunes employés de notre épicerie parlent seulement en anglais quand je m'adresse en français et je sais en effet qu'ils sont francophones. C'est complètement inouï de voir ce comportement. Ils ne réalisent pas qu'ils sont en train de perdre leur langue et leur culture. C'est dommage et déprimant!»

Les commentaires à la suite du statut de M. Monette sont abondants. J'en relance quelques-uns.

Céline Lalonde (Alfred-Plantagenet): «J'observe la même chose... c'est que la langue anglaise est plus facile probablement... à écrire surtout... si seulement les jeunes réalisaient l'importance de la langue française dès leur jeune âge!!»

Louise Deslauriers (Embrun): «Je suis de ce coin-là moi aussi et j'ai fait la même observation. On avait déjà posé la question à Véronic Dicaire (originaire d'Embrun) à savoir comment elle vivait en français en Ontario et je me rappellerai toujours de sa réponse: "Quand je vais acheter un café je demande un moyen avec du lait et du sucre, et arrange-toi avec ça!"»

Céline Lalonde: «L'autre jours au Tim Hortons à Orléans je demande un café, une crème. Elle me répète: one coffee, one cream? J'ai tout simplement dit non, un café, une crème. J'vais dire comme Véronic Dicaire: arrange-toi avec ça!»

Renée Allard O'Neill (Orléans): «Je dois avouer qu'à l'adolescence, j'a passé le plus clair de mon temps à m'adresser en anglais à mes amis à l'école, de la 9e à la 12e année. Je n'ai cessé de le faire qu'en 13e année! C'était il y a plus de 20 ans. Avec le recul, je ne vois pas l'attrait de la chose, mais je crois m'en être plutôt bien sortie. Pour plusieurs, c'est une phase.»

Jean-Pierre Monette: «Ma nièce de 17 ans, quand elle vient à notre chalet familial, tout le monde est français et elle est la seule à parler en anglais. Elle s'adresse même à sa mère en anglais et sa mère lui répond en anglais...»

Lucie Chénier: «Ça me rappelle une anecdote au supermarché Metro à Orléans. J'ai demandé au jeune homme derrière le comptoir des viandes: où sont vos "Chicken Tornadoes" en spécial? Et le jeune homme de répondre: "Sorry I don't speak French...»

Carole Landriault: «Il faut être déterminé et persévérant et ne pas oublier que parfois ce sont les francophones qui s'adressent à tout le monde en anglais malheureusement. Je pense aussi à ceux qui viennent du Québec (et qui s'adressent eux aussi en anglais).»

Monique Zufferey: «Je te comprends et je sympathise avec toi. C'est la même chose ici à l'école secondaire De La Salle à Ottawa où ma fille étudie. Lâche pas, il faut que tu continues à demander le service en français!! COURAGE!!!»

Nicole Charbonneau: «J'ai demandé à un groupe d'hommes (francophones) qui étaient attablés au Tim Hortons à Embrun s'ils avaient commandé leur déjeuner en français... Pas un ne m'a répondu...»

Alain Deschamps: «Vas pas au Tim Hortons à Rockland (municipalité à majorité francophone). Des jeunes de 16 ou 17 ans qui ne savent pas ce qu'et un large 2 crèmes un sucre en français. Leurs écoles ne leur apprennent pas du français ou sont-ils juste ignorants?»

Guildo Francoeur (anciennement du Nouveau-Brunswick): «Quand il faut que tu fasse des lois (101) et qu'il faut encore que tu te battes pour la faire appliquer, il y en a que la langue et la culture leur passe dix pieds par-dessus la tête...»

Dominique Roy-Brisson: «Au Tm Hortons de Vanier, je me suis même fait servir par le "cuisinier", c'était le seul à parler français. Mais ils ont eu le message que le français est là. C'est aux commerces de respecter leurs clients et non à nous de plier à chaque fois.»

Yasmin Sham: «Ça se peut-tu que les adolescents soient plus à l'aise à s'exprimer en anglais argotique entre eux? À cause de la mondialisation et de l'internet, la culture des jeunes est fortement influencée par ceci et c'est une source principalement anglaise.»

Benoît Jolicoeur: «Pour moi le coup décisif, ça été la semaine dernière lorsque je suis allé au resto St-Hubert à Orléans. Je m'y suis réfugié, sachant être confortable dans un environnement francophone. À ma grande surprise, la serveuse était unilingue anglophone

Anabelle Thibodeau: «Mon mari est anglophone. Entre nous on se parle en anglais et moi je parle français à mon fils et à ma famille, et mes enfants iront à l'école moitié moitié au primaire, et rendu au secondaire, ils pourront choisir eux-mêmes

Lérie Chart (Rockland): «Quand j'étais jeune (j'ai 22 ans) je pouvais me faire servir partout à Rockland en français. Maintenant je célèbre si la caissière est capable de dire Bonjour anec un accent cassé. Que se passe-t-il? Je le répète souvent, je commence à me sentir comme une immigrante dans ma province.»

On pourrait continuer ainsi pendant des pages et des pages. Cela vous donne une idée du monde changeant dans lequel les francophones de plusieurs coins de l'Est ontarien vivent, un monde auquel les Québécois commencent à être confrontés et qui empirera rapidement si l'inaction actuelle devient permanente. Cela vous ouvre aussi une fenêtre sur les humains qui se cachent derrières les colonnes des données linguistiques des recensements.

Celui de 2026 arrive à grands pas! Les résultats sont terrifiants et les textes pleins de chiffres que nous écrirons n'intéresseront pas grand monde. Devra-t-on continuer à éplucher Facebook pour éveiller les Québécois à la réalité vécue par ceux et celles qui sont confrontés à la décomposition de collectivités francophones?