vendredi 24 avril 2026

Il y a 100 ans, le 24 avril 1926...

24 avril 2026...

Quoi faire quand l'inspiration n'est pas au rendez-vous?

Fatigué d'entendre parler de la menace américaine, des inondations printanières, du débat sur la laïcité; tanné des interminables publicités à la télé ou sur YouTube; ne désirant pas plonger dans les ragots qui embouteillent réseaux sociaux et tribunes médiatiques, j'ai décidé de me permettre un voyage dans le temps. De revenir cent ans en arrière, au 24 avril 1926 pour me essayer de me dépayser.

Le haut de la page une du Droit du 24 avril 1926

Ça commence mal!

1. La principale manchette, à gauche, porte sur les effets de la crue printanière dans la région d'Ottawa-Hull et l'Est ontarien... Les eaux de la rivière Rideau, à près de trois mètres au-dessus de leur niveau normal, viennent de baisser d'une douzaine de centimètres... Le journal raconte «qu'une foule de personnes, automobilistes, cyclistes et même piétons ont longé hier soir les rives de la Rideau pour se rendre compte des progrès de l'inondation». Sur l'autre rive de la rivière Ottawa (comme on disait à l'époque), le ruisseau Brewery (on dirait aujourd'hui De la Brasserie), gonflé par la fonte des glaces, a débordé et emporté un pont sur le boulevard St-Joseph...

2. La menace états-unienne existait aussi il y a 100 ans. Constatez ce titre, également au haut de la page une: «Je nie aux Américains de venir ici et de légiférer sur notre morale.» La ligne de conduite que veulent tracer pour nous nos voisins du Sud n'a rien à voir avec les folies de leur président cependant. On s'inquiète plutôt de l'invasion des films de Hollywood qui souillent «l'âme de vos chers enfants». L'archevêque de Montréal est catégorique: «Les pellicules qui sont montrées dans nos théâtres ont besoin d'être amputées à cause des désastreuses conséquences qui peuvent en découler

3. En 1926, laïcité et Canadiens français ne faisaient pas bon ménage. Le catholicisme nous définissait comme peuple autant que la langue et la culture françaises. Le Droit rapporte la tenue d'un Congrès eucharistique à Chicago, événement très important à l'époque si on se fie à la marée humaine qui s'y rendra. Selon le journal, le délégué apostolique du pape au Canada et à Terre-Neuve (un pays jusqu'en 1949) s'y rendra à la tête d'une délégation d'au moins 25 000 Canadiens, la plupart de langue française! Le Chemins de fer nationaux ont retenu au moins vingt trains spéciaux pour le transport des pèlerins...

4. La question des tarifs secouait l'industrie automobile il y a 100 ans mais Washington n'était pas en cause. C'est le gouvernement canadien sous Wilfrid Laurier qui avait imposé un tarif de 35%, maintenu par les gouvernements subséquents. Mais le gouvernement libéral de Mackenzie King envisageait de les abaisser. Ottawa est envahie par 4000 représentants des ouvriers ontariens de l'automobile, venus dans la capitale pour s'opposer à cette baisse de tarifs. Le premier ministre fait valoir que sa décision a été prise après un examen approfondi des besoins de l'industrie automobile canadienne.

5. Sur la scène internationale, cette édition du Droit nous rappelle à quel point le fasciste Benito Mussolini était admiré au Québec à ses débuts. On lui sait gré d'avoir «réussi à se débarrasser de la pieuvre du communisme qui commençait à enserrer le gouvernement d'Italie dans ses tentacules». Ces jours-ci, cependant, il ne va pas bien et sa lutte contre la maladie «augmente encore sa popularité et lui donne une place de choix dans le coeur de tout le monde». On semble louer «son grand travail de reconstruction de l'empire romain»...

6. On annonce aussi à la une que le conseil municipal de Montréal vient d'adopter l'heure d'été. «Toutes les horloges devront être avancées d'une heure à partir du 2 mai jusqu'au 26 septembre.».

7. Côté technologie, le Canadien National annonce que sur le train d'après-midi entre Montréal et Québec, les passagers pourront entendre la radio. «Cela, dit-on «contribuera à votre récréation durant le voyage.»

8. Les nouvelles locales étaient parfois vraiment locales. Ainsi, le correspondant du Droit à Val-Gagné (Ontario) envoie l'information suivante: «MM. Lèmère Dumas et Alphonse Jacob, de St-Sébastien, étaient les hôtes de M. et Mme A. Boutin ainsi que de M. et Mme E. Lapierre. M. Et Mme Auger et M. A Labrèche sont allés à Iroquois Falls.» C'était le bon vieux temps...

9. En mai 1956, dans mon petit coin d'Ottawa, une vieille grange dans lequel on entreposait les blocs de glace pour ceux qui avaient toujours des glacières à la maison avait brûlé, arrosait de brin de scie enflammé plusieurs maisons du voisinage. Quelques années plus tard, presque tout le monde avait des frigos... Mais en 1926, les glacières régnaient toujours en maître. Ainsi cette publicité dans Le Droit du 24 avril:



10. Voici quelques autres publicités qui compléteront ce retour vers le passé, toutes du Droit du 24 avril 1926...


Pour femmes pâles et faibles... Ça guérit absolument tout...


Un concours de l'époque... Les prix: une berline Ford, un piano Pratte et une radio Marconi...


jeudi 23 avril 2026

Voilà ce que les libéraux du Québec ont élu...

23 avril 2026...



Depuis son arrivée au poste de premier ministre du Canada, Mark Carney fait «royalement» preuve d'indifférence, voire de négligence, quand vient le temps de protéger ou promouvoir la langue française, ou de respecter les droits et valeurs de la majorité québécoise.

La nomination de Mark Wiseman comme ambassadeur du Canada à Washington s'ajoute à la preuve. Unilingue anglais, hostile à la gestion de l'offre chère au Québec, partisan d'une immigration massive même si «ça fait hurler le Québec», M. Wiseman a invité les députés du comité parlementaire des Affaires étrangères à sa réception inaugurale à Washington en anglais seulement...

Invité à s'expliquer aujourd'hui devant ce même comité, le nouvel ambassadeur a doublé le tort d'un affront. Il s'est excusé de sa bourde, mais encore une fois en anglais seulement. À la Michael Rousseau. Le premier ministre a reconnu que la communication de M. Wiseman était «inacceptable», mais seulement après que les députés du Bloc et du Parti conservateurs se soient indignés sur la place publique.

Les députés libéraux francophones semblent bien à l'aise - publiquement du moins - de voir leur langue nationale malmenée jusque dans les hautes sphères de leur gouvernement. Après l'injurieux discours de Marc Carney sur les Plaines d'Abraham où la conquête était devenue l'acte fondateur d'un pacte biculturel imaginaire, on a découvert que les rédacteurs des textes du premier ministre étaient tous des Torontois anglophones...

En effet qui se ressemble s'assemble. On ne trouve aucun défenseur de la langue française dans la garde rapprochée de M. Carney. Quant à l'ambassadeur Wiseman, c'est un ami personnel du premier ministre. Difficile de croire que les deux hommes entretiennent des conflits de fond quant aux grandes orientations du pays, y compris en matière linguistique. M. Carney savait donc à quoi s'attendre quand il lui a confié le rôle de porte-parole du Canada au sein de l'empire Trump.

Dès ses premiers jours comme premier ministre, Mark Carney avait aboli le portefeuille des Langues officielles pour le remplacer par un ministère de l'Identité canadienne. C'était déjà un geste hostile à l'endroit de la langue française et de la nation québécoise. Et il n'a rien fait pour activer le nouveau mandat du Commissariat aux langues officielles de protéger le français partout au Canada, y compris au Québec.

Au contraire, le gouvernement libéral a l'intention de contester devant SA cour suprême l'utilisation par le Québec de la clause dérogatoire de la Constitution des longs couteaux pour mettre la Loi 96 (français langue commune et officielle) à l'abri des tribunaux. Et il continue de verser environ 80 millions $ par année à la collectivité anglo-québécoise et à l'anglicisation du Québec...

À Ottawa, les fonctionnaires fédéraux francophones continuent en très grande majorité à travailler en anglais. Dans la bureaucratie fédérale, la langue française demeure essentiellement une langue de traduction, et les choses risquent d'empirer avec les coupes annoncées chez les traducteurs. Le bilinguisme a toujours été une façade.

En matière de langue, Mark Carney restera une copie conforme de ses prédécesseurs, peu importe le parti. À chaque violation des droits de la langue française, il se confondra en excuses pour les médias et dès le lendemain, ce sera de nouveau business as usual... Jusqu'au prochain incident, qui ne saurait guère tarder...

mercredi 22 avril 2026

Comment ne pas couvrir une nouvelle importante...

22 avril 2026...


J'aime les journaux imprimés. J'aime Le Devoir. Alors, fidèle à la vieille expression Qui aime bien châtie bien, je monte de nouveau aux barricades pour accuser Le Devoir de négliger ses éditions papier, tant par les choix de contenu que par la présentation des sujets.

Cette critique peut paraître nébuleuse pour un grand nombre de lecteurs, mais elle est fondée sur des années d'observation aiguisées par une longue expérience en journalisme, y compris le montage de pages, la sélection de nouvelles et la direction d'une salle de rédaction.

La meilleure façon d'illustrer mon propos, c'est de trouver un bon exemple et de le décortiquer. Le Devoir me l'a offert sur un plateau d'argent avec sa couverture erratique des déclarations malhabiles du chef libéral Charles Milliard sur la protection de la Loi 96 au moyen de la clause dérogatoire.

Jeudi 16 avril: Charles Milliard, rompant avec les positions antérieures de son parti annonce qu'il mettrait de nouveau l'essentiel de la Loi 96 (français langue officielle et commune) à l'abri des tribunaux en renouvelant l'application de la clause nonobstant de la Charte des longs couteaux. Le sujet devient rapidement une manchette québécoise et Le Devoir publie sur son site Web un texte complet signé par son correspondant parlementaire François Carabin.

Vendredi 17 avril: J'ouvre mon Devoir papier et m'attends à lire un texte fouillé étant donné que l'anglosphère libérale gronde. Que vois-je? Une nouvelle brève d'une seule petite colonne, moins étoffée que le texte Web de la veille, en page 2 (voir image ci-haut) intitulée Charles Milliard protégerait la «loi 96». Ce reportage ne comporte aucun suivi auprès d'autres membres du caucus libéral ou de porte-parole de la collectivité anglo-québécoise. Très décevant!

Vendredi 17 avril: après une réunion sans doute houleuse des députés libéraux, Charles Milliard fait volte-face et ne promet plus d'avoir recours à la disposition dérogatoire de la Constitution pour protéger la Loi 96. Nouvelle manchette un peu partout, y compris sur les pages Web du Devoir qui publie un nouveau texte maison signé Sébastien Tanguay. Un article de 11 paragraphes!

Samedi 18 avril: Je m'attends à voir Le Devoir papier consacrer un espace généreux à la couverture de ce premier grand faux-pas du nouveau chef libéral, surtout qu'il porte sur l'avenir du français au Québec. Quoi? Il n'y a aucune nouvelle! Zéro. Rien. Surprenant pour un sujet qui est repris sur un tiers de page par le chroniqueur Michel David en page B5 (second cahier) de la même édition papier! C'est à n'y rien comprendre. Un manque de respect flagrant pour les lecteurs de l'imprimé.

Lundi 20 avril: Charles Milliard poursuit son cafouillage au sujet de la Loi 96 en tentant de clarifier sa position sur l'emploi ou pas de la clause de dérogation. Le sujet n'est pas couvert par un scribe du Devoir, qui publie un article de Thomas Laberge, de la Presse canadienne. Le Devoir n'avait-il pas délégué un journaliste au point de presse de M. Milliard à Laval? 

Mardi 21 avril: Dans Le Devoir papier (voir image ci-haut), reprise incomplète dans la page de nouvelles brèves (la page 2) du texte de la Presse canadienne sans mise à jour, sans ajouts à la non-couverture de la veille. Entre ça et dire que le sujet n'a à peu près aucune importance, la différence est fort mince...

Mercredi 22 avril: Encore une fois, il appartient à un chroniqueur de remettre les pendules à l'heure: un tiers de page consacré au texte Milliard dans le brouillard de Jean-François Lisée!

Expliquez-moi ça. Un sujet qui fait les manchettes un peu partout, y compris sur le site Web du Devoir, ne mérite que deux brèves d'une colonne dans les pages d'actualité de l'édition papier entre le 17 et le 22 avril. Par contre, on lui consacre deux longues chroniques dans les pages d'opinion.

Peut-être aurait-on pu pondre un édito maison sur les malheurs de Charles Milliard dans l'édition du lundi 20 avril, mais malheur de malheur, Le Devoir vient de supprimer sa page éditoriale les lundis... pour de bon...

Avoir été chef des nouvelles ou rédacteur en chef au Devoir, j'aurais piqué une crise dès le premier jour...

mardi 21 avril 2026

Les lundis, le coeur du Devoir ne bat plus...

21 avril 2026...

La première «page» éditoriale du Devoir - le 1er juin 1950. Avant, l'édito était publié à la une.

Le Devoir publie des éditoriaux depuis sa fondation en 1910. Pendant près de 40 ans, ces textes prestigieux ont occupé deux colonnes au haut de la page une. Cette présentation a changé le 1er juin 1949 avec l'apparition d'une pleine page éditoriale quotidienne (voir image ci-haut). Le premier édito publié en page 4 était signé André Laurendeau.

statut publié sur ma page X-Twitter hier, 19 avril 2026

Mes premiers souvenirs du Devoir remontent aux années 1960 quand j'étudiais en science politique à l'Université d'Ottawa. Invariablement les pages d'opinion et les prises de position de Claude Ryan animaient les discussions estudiantines. Le coeur du journal battait en page éditoriale, du lundi au samedi. Le Devoir sans son éditorial du jour aurait été inimaginable.

Mais voilà que soixante ans plus tard, ce 20 avril 2026, en page A6, le logo ÉDITORIAL manque à l'appel, remplacé par DE LA SUITE DANS LES IDÉES. Et la prise de position habituelle du journal, signée Marie-Andrée Chouinard, Marie Vastel, Louise-Maude Rioux Soucy ou même Brian Myles, ne se trouve nulle part ailleurs. À la place, on nous sert deux textes d'«idées?» rédigés l'un par un chercheur de l'Université Laval, l'autre par un écrivain.

Mais où est donc passé l'éditorial? N'ayant pas vu de message évident ou encadré en pages A6 et A7, j'ai posé la question sur X-Twitter (image ci-dessus), sans effet, même si le compte @LeDevoir était identiqueté. Voulant en avoir le coeur net, j'ai vérifié l'édition du 20 avril sur le Web et j'ai découvert ce message (image ci-dessous):


Comment diable se fait-il que cette annonce n'ait pas paru dans l'édition papier que je reçois à la maison? Nouveau retour sur la page A6, sur ces textes d'«Idées?» que je n'avais aucunement l'intention de lire à la place d'un édito, et voilà que j'aperçois le petit paragraphe entre le titre et le texte du bas de page, coloré en mauve pâle (image ci-dessous). L'endroit et la présentation idéales pour que l'oeil ne capte pas cet avertissement insipide de la direction du Devoir.



Passons au texte du message lui-même, absolument condescendant faute d'être compréhensible. Comment le fait de remplacer l'éditorial maison par un texte d'idées rédigé à l'externe «ralentit»-il nos lundis? Et pourquoi les lundis ont-ils besoin d'être ralentis, dans la mesure où «ralentir» signifierait alléger, relaxer, simplifier ou quelque chose du genre? C'est une journée plus épuisante que les autres?

Mais le pire reste à venir. Nos lundis seront ralentis «en réfléchissant à un sujet qui colore l'air du temps en lieu et place de notre section Éditorial». C'est le boutte!!! Quoi, les éditoriaux ne colorent-ils pas eux aussi l'air du temps? Car c'est bien ce que laissent entendre les propos sibyllins des patrons des éditorialistes du Devoir. Une fois par semaine, les lecteurs du Devoir ont ainsi besoin, pour colorer l'air du temps, de prendre congé des éditorialistes du Devoir. L'insulte!

Cette nouvelle mesure du quotidien montréalais n'augure rien de bon. Je me souviens de l'époque où j'étais éditorialiste invité au journal Le Droit. En juillet 2013, on a annoncé à l'équipe (mais pas aux abonnés) qu'on mettait fin à la publication des éditoriaux maison les lundis. Pas pour alléger les lundis, mais bien pour alléger le budget de la rédaction. L'horizon s'assombrissait.

L'année suivante, l'empire Gesca-Power annonçait l'abandon du papier pour La Presse et la disparition éventuelle des six quotidiens régionaux, y compris Le Droit. J'ai protesté sur mon blogue. On m'a mis à la porte. Il restait deux éditorialistes. Le second ayant pris sa retraite quelques années plus tard, il n'en restait qu'un. Un scénario genre Agatha Christie. Éventuellement, Le Droit, devenu coopérative, a aussi largué le papier et un bon jour, cessé de publier ses éditoriaux, à l'exception de l'occasionnel texte de la rédactrice en chef.

Puis Le Droit a mis fin à ses éditions quotidiennes, ne conservant qu'un babillard dans le nuage numérique. J'espère que l'amputation de l'éditorial du lundi au Devoir, qui semble sortir de nulle part, ne soit pas un signe avant-coureur du cercle vicieux qui a fini par emporter six des dix quotidiens de langue française du Québec depuis 2020.

Je suis un peu - non, beaucoup - en colère. Probablement tout seul, si je me fie au silence assourdissant qui semble avoir accueilli cette mesure, inédite dans les 116 ans d'histoire du journal. Sans sa page éditoriale, Le Devoir n'est plus Le Devoir. Désormais, les lundis, le coeur de notre quotidien national ne bat plus...

lundi 20 avril 2026

Angine de Poitrine... oui, moi aussi...

20 avril 2026...

Le clin d'oeil de Google à Angine de poitrine

Ce 26 avril, dans exactement six jours, les 240 places du bar Le Minotaure, dans le Vieux Hull (Gatineau) sont TOUTES réservées. N'essayez pas d'entrer, le spectacle affiche complet et cela n'a rien de surprenant quand on sait qui tient l'affiche: Angine de Poitrine !



Consacré groupe «rock?» de l'heure, acclamé et réclamé autour du monde, le duo du Saguenay pourrait remplir des salles prestigieuses sur les cinq continents, mais continue d'honorer les engagements conclus avant son explosion sur la scène mondiale au début de février. Pour le plus grand bonheur des Gatinois.

J'avais lu quelques textes sur Angine de Poitrine, mais avant la semaine dernière, je n'avais jamais entendu leur musique. C'est alors que je suis tombé sur la vidéo enregistrée lors d'un spectacle en France et présentée le 5 février sur les ondes de la station américaine KEXP. Deux mois plus tard, plus de 20 millions d'internautes l'ont visionnée!

Selon l'hebdomadaire français Le Point, la pièce Fabienk, premier extrait de leur second album, est devenu le titre le plus viral de la planète! Les gens sont apparemment prêts à payer jusqu'à 1500 $ pour obtenir un exemplaire de leur premier disque intitulé volume 1. Leur deuxième album, sorti. au début d'avril, frappe déjà aux portes du Top dix du palmarès de Billboard Canada.

Je peux comprendre. Depuis quelques jours, je ne cesse d'écouter les enregistrements disponibles sur YouTube et ailleurs sur le Web. Cette musique est à la fois déroutante et ensorcelante. J'ignorais tout de la  musique microtonale, produite grâce à la multiplication du nombre de notes disponibles sur une guitare, une basse, ou tout autre instrument.

Au départ, je trouvais que ça sonnait faux, mais pas à cause d'erreurs. C'était clairement voulu, avec une parfaite synchronisation entre le batteur et le guitariste-bassiste en dépit des curieux costumes à pois qui les rendent à demi aveugles en spectacle. Et leur musique n'a rien de simpliste. Radio-Canada a interviewé un expert:

«J'ai remarqué un niveau de complexité assez inouï, tant au niveau théorique qu'au niveau technique, que ce soit avec l'utilisation de la pédale de loop (boucle) de manière très inusitée ou le rapport entre les deux musiciens sur scène», a commenté Pierre Michaud, professeur agrégé en composition à l'Université de Montréal.

Quoiqu'il en soit, Angine de Poitrine a captivé les auditoires sur tous les continents. Google (rien de moins!) a fait un clin d'oeil à leur fulgurante notoriété en faisant apparaître des pois noirs à l'écran quand on effectue une recherche sur le duo du Saguenay.

Et si l'imitation est la plus sincère des flatteries, alors Angine de Poitrine a frappé le gros lot. Leurs costumes à pois se propagent à la vitesse de la lumière. On les voit même apparaître sur des biscuits et des gâteaux. Et bien sûr d'autres musiciens essaient de reproduire leurs sons avec plus ou moins de succès.

Est-ce une mode passagère? Peut-être bien pour les costumes, quoique... Mais de nombreuses branches risquent de se développer à partir de ce nouveau tronc musical cultivé par Angine de Poitrine. Et cette fois, quelques experts semblent croire que ce style de musique restera pour un temps profondément humain, hors de portée de l'Intelligence artificielle.

Je me souviens de la première fois que j'ai entendu la chanson I Want To Hold Your Hand des Beatles à la fin de 1963. Une fois avait suffi pour comprendre que c'était novateur et excitant. On balayait les ondes AM sans arrêt pour trouver une station rock qui nous la ferait entendre. Vous connaissez la suite.

J'hésiterais à comparer la montée explosive du quatuor de Liverpool en 1963-64 à celle d'Angine de Poitrine, tout aussi explosive. Je préférerai toujours les Beatles. Mais tout de même, l'apparence et la musique parfois bizarre du duo saguenéen ont éveillé chez moi un enthousiasme musical qui me rappelle celui de mon adolescence. Sauf que la petite radio transistor que j'ai conservée depuis les années 1960 ne me serait pas d'un grand secours, cette fois...


dimanche 19 avril 2026

L'heure du «Cinq23» approche...

19 avril 2026...



Ce 19 avril 2026, sur le coup de midi, j'ai mis les pieds pour la première fois au «Cinq23», appellation opportune pour ce nouveau complexe locatif situé au 523, Montrée Paiement, à Gatineau. Ginette et moi emménagerons en juillet dans cet édifice toujours en chantier.

J'avoue ma méfiance. Au départ, je trouve peu attrayante l'idée de quitter la maison que nous habitons depuis sa construction en 1988 pour nous retrouver dans un logement rétréci qui ne nous appartient pas. Mais l'âge et la santé nous ont convaincus que l'entretien d'une propriété unifamiliale dépasse désormais nos capacités.

Nous voilà donc aux portes du Cinq23, essayant de nous convaincre que ce sera très bientôt notre chez-soi. Heureusement, nous n'avons pas vécu seuls cette expérience. Pour cette journée «portes ouvertes» organisée par le constructeur Devcore, la foule était au rendez-vous et nous étions en bonne compagnie.

Impossible de voir notre futur logis au 6e étage, réservé pour le moment aux ouvriers de la construction. Les guides peuvent cependant nous faire visiter les aires communes et commerciales du rez-de-chaussée ainsi que quelques appartements complétés aux trois premiers étages.



À la grande piscine intérieure (ci-dessus), au spa et au sauna s'ajoutent un gymnase et une salle d'exercice de golf. Impressionnant à première vue, même si rien n'est fonctionnel pour le moment. On nous annonce aussi l'ouverture d'une clinique médicale, jouxtant des salons de massothérapie, de manucure et de pédicure. Des services tout indiqués pour une clientèle qui, à premier vue, compte un grand nombre de têtes blanches...

Après une virée aux catacombes où les résidents gareront voitures et vélos, notre guide nous offre la pièce de résistance: un coup d'oeil à deux appartements prêts pour leurs futurs locataires. Rien à redire sur les planchers de bois et la couleur des armoires, comptoirs et murs, qui ressemblent à celles des esquisses fournies par le constructeur. Mais ciel que la surface habitable est mince!



Petites chambres, petit salon, petite cuisine, petites armoires, petit balcon, pénurie dramatique d'espace de rangement. Sans l'ajout d'une mezzanine (réservées à notre 6e étage) et l'accès à un espace réservé sur le toit, je craindrais d'étouffer. D'autant plus que l'interminable couloir incolore n'a vraiment rien de réjouissant...

Je déménagerai tout de même cet été et nous réussirons sans doute, graduellement, à faire de notre nouveau logis un lieu de confort et de bonheur. Entre-temps, je continuerai de savourer pour quelques mois notre maison multi-paliers où je peux passer d'une grande cuisine à un salon aéré; ou de mon bureau encombré de livres et de dossiers à la salle familiale au sous-sol pour relaxer devant la télé.

Malgré tout, sans être expert en la matière, je reste convaincu que l'offre du Cinq23 dépasse largement celle des grandes tours locatives de 20 ou 35 étages qui champignonnent au centre-ville. J'aurais l'impression d'y vivre comme dans une fourmilière. Le 523 montée Paiement reste à taille humaine!

samedi 18 avril 2026

Oui ou Non? Blanc ou Noir? Assez...

18 avril 2026...


Les sondages sur les options référendaires des Québécois n'annoncent rien de bon pour les partisans de l'indépendance. Au plus récent coup de sonde de Léger, en mars 2026, seulement 29% des répondants indiquaient une intention de voter oui à la question suivante: «Si un référendum avait lieu sur la souveraineté du Québec, voteriez-vous POUR ou CONTRE la souveraineté du Québec?»

Êtes-vous surpris? Moi pas... Réduire les perceptions citoyennes de l'option souverainiste à la décision de cocher Oui ou Non dans un bureau de scrutin ne constitue pas un reflet fidèle de la variété des courants d'opinions au sein de la société québécoise. Au départ, l'idée même d'un référendum est impopulaire, même chez bon nombre d'indépendantistes. 

Entre Oui et Non, il y a une multitude de nuances de gris. Et pour les décortiquer, confronter les répondants au bulletin de vote référendaire n'a absolument aucun sens. Selon le dernier Léger, plus du quart des sympathisants péquistes voteraient Non, pendant que près de 20% des caquistes cocheraient Oui. Expliquez-nous ça.

La grande majorité des autonomistes - la soi-disant troisième voie - favorisent, d'une façon ou l'autre, un certain accroissement ou une affirmation accrue des pouvoirs constitutionnels du Québec contre un État fédéral centralisateur. Si, par exemple, la question référendaire portait sur le rapatriement au Québec de tous les pouvoirs en matière d'immigration, quel serait le résultat? 40% de Oui? 50% + 1?

Quelles nuances peut-il y avoir entre l'indépendance tout court et toutes formes d'affirmation nationale où le Québec arracherait un statut très particulier dans un État fédéral bien plus asymétrique? Dans quelle proportion les citoyens seraient-ils favorables à une extension des compétences du Québec sur le plan international? Quel serait l'appui à la représentation du Québec dans les grandes compétitions sportives mondiales, y compris aux Olympiques?

Les sondages ont démontré que la majorité des citoyens favorisaient l'adoption d'une constitution québécoise affirmant des valeurs fondamentales telles que le caractère français et la laïcité de la nation.

Les sondages référendaires donnent invariablement une image monochrome de l'opinion québécoise. Celle des citoyens obligés de choisir blanc ou noir alors qu'ils préféreraient gris, jaune, vert, bleu, rose ou mauve ou toutes ces couleurs en combinaisons variées.

Le Parti québécois sans boulet référendaire à court terme pourrait ratisser bien plus large. Même en traînant son boulet référendaire, il peut espérer une majorité parlementaire en octobre 2026. L'important, à court terme, sera de dresser un programme permettant au Québec un maximum de gains en misant sur l'appui de tous ceux et celles qui, peu importe leur option référendaire, ont le Québec à coeur et sont prêts à faire un bout de chemin.

L'idée de la souveraineté du Québec sera toujours mieux accueillie que l'idée d'un référendum sur la souveraineté...

Et pour un an ou deux, mettez donc les sondages à la poubelle.