samedi 4 juillet 2026

La table près de la fenêtre…





À la fin des années 1980, mon épouse et moi étions membres de la ligue de quilles St-Bonaventure, à Ottawa. Nous jouions avec de nombreux proches et amis le dimanche soir à la salle Preston Lanes, sur la rue Preston, au cœur du quartier Petite Italie, et après nos matches, vers 21 h, nous traversions la rue pour finir la soirée au restaurant Giovanni´s, alors en début d'ascension.

Nous étions quatre ou cinq couples autour de la même table, près de la grande fenêtre, à jaser de tout et de rien, enfin de ce que jasent des amis dans la jeune quarantaine avec des emplois et des enfants… Très souvent, le fils de la propriétaire, Nino, alors dans la jeune vingtaine, venait échanger avec nous. Originaire de Montréal, il se débrouillait assez bien en français.

Un bon jour, la salle de quilles a été démolie pour faire place à un vaste projet d’édifice commercial et à bureaux. Graduellement, nous avons laissé à d’autres notre longue table chez Giovanni´s, y retournant à des occasions spéciales pour des tête-à-tête agrémentés d’une savoureuse expérience culinaire. En saluant toujours Nino, qui vieillissait au même rythme que nous.

Au fil des décennies, est arrivé ce qui devait. Le travail, le départ des enfants, les bobos de toutes sortes, la retraite et, pour quelques-uns, la mort. Les sorties au resto s’espaçaient comme les rencontres avec l’ancien groupe des quilles. Plus souvent qu’autrement, Giovanni´s, ayant grimpé en gamme et en prix, n’était pas à l’agenda.

Mais voilà, demain 5 juillet, Ginette et moi fêtons notre 51e anniversaire de mariage, dans quatre jours nous quittons la maison que nous habitons depuis 38 ans, et le moment était propice pour renouer avec de bons souvenirs. Pour Ginette, ce fut un choix facile: retourner chez Giovanni´s. 

Les astres étaient exceptionnellement bien alignés… Deux de nos filles et leurs conjoints ont voulu se joindre à nous et on a réussi à obtenir une réservation à 24 heures d’avis (!), un samedi soir. Ce soir, 4 juillet 2026. Le repas était excellent, les jasettes divertissantes et ô surprise, nous avons été chaleureusement accueillis par ce bon vieux Nino, qui a maintenant 60 ans et dirige toujours le restaurant. Des retrouvailles joyeuses, évoquant les images de nos anciennes soirées du dimanche.

Avant de sortir bien repus du resto bondé, nous avons jeté un long coup d’œil nostalgique vers notre bonne vieille table au bord de la fenêtre, étrangement inoccupée ce soir. Ou peut-être l’était-elle par une poignée de fantômes invisibles de la fin des années 1980, ressassant leurs exploits sur les allées de quilles disparues d’en face…

Quelle merveilleuse soirée!

vendredi 3 juillet 2026

Rue des souvenirs, maison des souvenirs…



Cet après-midi, après nous avoir donné un fier coup de main dans nos préparatifs de déménagement, ma fille Véronique se préparait à reculer sa voiture. Elle s’est arrêtée net, sortant de l’auto avec son cellulaire pour prendre la photo ci-dessus…Elle avait sans doute la conviction qu’il fallait immortaliser ce moment…

À voir le résultat, je crois que son réflexe était opportun. J’ai eu beau fouiller dans mes souvenirs, je ne crois pas que Ginette et moi ayons posé seuls auparavant devant cette maison - le 16 Brazeau - que nous habitons depuis sa construction en 1988. Et là, nous la quitterons dans cinq jours. Il était grand temps qu’on croque ce cliché…

J’ai pensé à la chanson Rue des souvenirs des Cowboys fringants, faite sur mesure pour cette rue et ce quartier de Gatineau. Les maisons, chantent-ils, « conservent l’âme de tous ceux qui y ont vécu ». En regardant le garage vidé derrîère nous, en devinant les pièces dénudées et les boîtes empilées attendant un nouveau chez-soi, je me demande s’il y restera un peu de nos âmes… 

Je devrai y penser, en regardant cette image d’un vieux couple devant une maison qui n’est plus tout à fait la leur…

jeudi 2 juillet 2026

La manchette est un questionnaire…

2 juillet 2026…


Je sais que mon ancien journal, Le Droit, n’est plus et ne sera probablement jamais plus imprimé. Ce n’est même plus un quotidien numérique. Il revêt désormais des habits de grand babillard virtuel sur lequel on épingle, d’heure en heure, des nouvelles, des chroniques, des analyses et des opinions.

Mais il demeure un média d’information et à ce titre, il me semble, doit faire de son mieux pour proposer une page d’accueil conforme à sa mission. Or, que voit-on, en cliquant sur l’appli Le Droit? Les plus importants titres du jour? Non… un petit questionnaire…. « La question du jour » …

Le média ne nous informe pas… c’est au lecteur de l’informer avant même d’être informé…vous me pardonnerez si je trouve cela un peu abracadabrant. Et c’est pire quand la question suggère que son auteur manque lui-même de savoir. Ainsi, cette ridicule interrogation sur la « culture canadienne » (voir image ci-dessus), parue aux alentours de la fête du Canada.

« Selon vous, qu’est-ce qui symbolise la culture canadienne? » Je peux concevoir une culture québécoise, une culture anglo-canadienne, des cultures autochtones. Je peux concevoir des valeurs canadiennes. Des comportements canadiens. Mais pas une langue ou une culture canadiennes. La question n’a pas de sens.

Le premier choix, le multiculturalisme, répété par erreur, ajoute au ridicule. Multiculturalisme et culture unique sont des antonymes. Il n’y a que trois autres choix de réponse: le hockey, les peuples fondateurs et la politesse. Non mais vraiment… ça ne fait pas très sérieux…

Peut-être Le Droit devrait-il s’en tenir à sa mission première: informer, et non animer un jeu questionnaire. Le matin du 2 juillet, lendemain de la fête du Canada, j’aurais préféré voir sur mon écran un texte sur les dégâts causés par les violents orages de la veille, qui avaient forcé l’annulation du grand spectacle sur la Colline… mais il n’y avait que le questionnaire…


mercredi 1 juillet 2026

Les livres d'histoire ne servent plus à grand-chose...

1er juillet 2026...

La trilogie est complète. Avec la publication, aujourd'hui, de son message de la Fête du Canada, succédant à ceux de la Journée du multiculturalisme (27 juin) et de la Saint Jean-Baptiste (24 juin), l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) vient d'étaler en trois versements un aperçu de sa vision de l'Ontario français au sein du Canada de 2026. Et de mon point de vue, elle est inquiétante.

À la fin de mon texte de blogue du 27 juin (voir lien en bas de page), je concluais, après lecture des communiqués officiels sur la Journée du multiculturalisme et de la Saint Jean-Baptiste, que «le discours public des dirigeants franco-ontariens trahit leur passé, sabote le présent et laisse l'avenir à l'abandon». Le message ci-haut de l'AFO à l'occasion de la Fête du Canada (le meilleur des trois) vient malheureusement confirmer mes perceptions.

Après un début prometteur visant à souligner 411 ans de présence française en Ontario, l'AFO dit: «Depuis des générations, les francophones participent à la construction, au développement et à l'enrichissement de notre société.» On aurait pu écrire quelque chose comme: depuis plus d'un siècle, les Franco-Ontariens (aujourd'hui on préfére francophones, ça fait plus inclusif...) luttent pour leur droit d'étudier, de travailler et de vivre en français, et ainsi pouvoir, dans leur langue (officielle), participer à la construction, au développement et à l'enrichissement de la société.

La Fête du Canada ne doit pas occulter l'histoire des combats passés et actuels des Franco-Ontariens. Si, comme l'AFO l'écrit avec raison, «le français parlé en Ontario demeure l'un des plus précieux héritage que nous transmettons aux générations futures», elle a aussi le devoir de toujours rappeler à l'ensemble du pays et aux nouveaux arrivants que cet héritage a été acquis de haute lutte. Par des mamans avec des épingles à chapeau, par des collectes de fonds pour la survie des écoles françaises, par des mouvements et grèves d'étudiants pour obtenir une gouvernance franco-ontarienne de leurs institutions. Et bien plus.

Le communiqué de l'AFO ajoute: «En le valorisant (le français), en le protégeant et en le faisant rayonner, nous contribuons à bâtir un Canada plus inclusif, plus fort et plus fidèle à sa dualité linguistique.» On ouvre ici, tant soit peu, une fenêtre sur la réalité en évoquant le besoin de valoriser et de protéger le français en Ontario. Et, par la bande, le statut officiel du français au Canada qui lui confère primauté sur les langues non officielles, même quand les ressortissants de ces autres langues dépassent en nombre les francophones. Faudrait insister davantage.

Cette dualité fondamentale est par ailleurs absente du titre du message: «La fête du Canada: l'Ontario français, au coeur de notre identité nationale». NOTRE identité nationale? Ai-je bien compris? Les Franco-Ontariens participent à une identité nationale pan-canadienne? Telle chose n'a jamais existé. La fête nationale des Franco-Canadiens, y compris en Ontario, a toujours été la Saint Jean-Baptiste. Peut-être peut-on concocter une identité canadienne, mais pas une identité nationale. Deux, peut-être, une anglaise, une française (non je n'oublie pas les Autochtones).

Historiquement, et même aujourd'hui, seuls les Anglo-Canadiens ont vu le Canada comme leur «nation». Ottawa est leur capitale nationale. Avec près de 80% de la population, après tout, c'est leur pays. Ce sont eux qui gouvernent, qui décident. Toujours. La nation française du Canada, concentrée au Québec (lui-même devenu nation), a toujours été minoritaire, et jamais égale en dépit de son statut officiel. Les Franco-Ontariens en savent quelque chose! Alors quand l'organisation représentant la plus importante minorité de langue française au Canada demande de célébrer la fête de «notre cher pays» les 1er juillet, je me dis que les livres d'histoire ne servent plus à grand chose.

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Lien à mon texte de blogue du 27 juin sur la Journée du multiculturalisme - https://lettresdufront1.blogspot.com/2026/06/multiculturalisme-1-saint-jean-baptiste.html

Lien à mon texte de blogue du 24 juin sur la Saint Jean-Baptiste https://lettresdufront1.blogspot.com/2026/06/je-suis-bouche-bee.html

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Épilogue... 

Rappel de mon texte de blogue du 11 décembre 2014, portant sur les fêtes du 1er juillet 1967 (centenaire du Canada) et des objections d'un groupe de jeunes Franco-Ontariens dont j'étais, ainsi que de la réaction des dirigeants franco-ontariens.




mardi 30 juin 2026

Entre Diane Dufresne et les Beatles...

30 juin 2026...

Diane Dufresne, 25 juin 1990


L'un des moments forts de la St-Jean à Montréal en 1990, selon moi, est survenu quand Diane Dufresne, toute de bleu vêtue, a entonné son hymne indépendantiste Comme un bel oiseau (écouter le spectacle Aux portes du pays, 25 juin 1990, à 1:19:20 - sur YouTube). «Je suis d'un Québec qui reprend ses ailes»... On l'a de nouveau entendue le soir de la fête nationale du Québec, ce 24 juin, à Montréal...

Alors nous voici le soir du 30 juin. C'est demain la Fête du Canada, dont le grand spectacle du soir a lieu sur les Plaines Lebreton, à Ottawa, à distance de marche du quartier où j'ai grandi. Et à mon grand étonnement, je constate que la grande vedette québécoise sera nulle autre que Diane Dufresne... Je ne la juge pas. Je ne la condamne pas. Tout artiste est libre de se produire où il ou elle veut. Mais j'ai de la difficulté à comprendre comment on peut sauter en une semaine de la St-Jean à Canada Day. Peut-être nous réserve-t-elle des surprises? Je crois bien que pour une rare fois, j'y jetterai un coup d'oeil à la télé...

Parlant de fêtes et célébrations de tous genres, j'ai appris par Stéphane Laporte, sur Facebook, que le 25 juin était la Journée mondiale des Beatles. «Les musiciens les plus importants de la planète depuis le XXe siècle», opine-t-il. Même plus qu'Angine de Poitrine. Et pour lancer une discussion sur les quatre de Liverpool, le chroniqueur propose ses 20 chansons préférées. C'était presque un défi à faire de même. Défi que je relève avec plaisir, ayant été séduit par la musique des Beatles depuis que j'ai entendu Please Please Me sur les ondes de WLS Chicago 890 en février 1963...

Voici donc mon effort de classement de mes 20 chansons, dans un ordre plus ou moins précis. Je n'ai pas de motif particulier pour plusieurs d'entre elles sauf pour dire que je les ai toujours aimées et qu'elles ont marqué mon passage de l'adolescence à l'âge adulte.

1. Here Comes the Sun
2. While My Guitar Gently Weeps
3. I Want to Hold Your Hand
4. Strawberry Fields Forever
5. A Hard Day's Night
6. Things We Said Today
7. Fool on the Hill
8. Back in the U.S.S.R.
9. Eleanor Rigby
10. Please Please Me
11. Get Back
12. Penny Lane
13. Come Together
14. I'm Looking Through You
15. If I Needed Someone
16. I Am the Walrus
17. No Reply
18. What You're Doing
19. The Night Before
20. You've Got to Hide Your Love Away

Remarquez l'absence de Hey Jude (que je classerais 200e s'il y avait 200 chansons des Beatles) et de toutes les chansons de Sgt. Pepper's même s'il s'agit de l'un de leurs meilleurs albums. Enfin, si vous avez le goût de perdre une heure ou deux, allez-y!


lundi 29 juin 2026

Navire à la dérive?

29 juin 2026...

capture d'écran du journal Le Devoir du 20 avril 2026


Depuis le 20 avril 2026, le quotidien Le Devoir ne publie plus d'éditorial le lundi. Tenant compte de ce qui s'était produit à mon ancien journal, Le Droit, après l'abolition de l'éditorial du lundi en juillet 2013, j'estimais que cette décision de la direction du Devoir méritait une remise en question publique. S'agissait-il d'une mesure d'économie budgétaire (comme ce fut le cas au Droit) ou d'autre chose? Je me suis dit qu'il y aurait sûrement des réactions, à l'interne, à la FPJQ ou dans les autres médias. J'ai peut-être regardé avec mes yeux d'homme (comme dirait mon épouse) mais je n'ai absolument rien vu jusqu'à maintenant.

Le Devoir - ainsi que la plupart des autres médias - se fait cachottier quand il le faut, comme cela s'est produit pour la mise au rancart de chroniqueurs comme Lise Payette et Christian Rioux. On devine des chicanes de personnalité ou d'idéologie. Mais la suppression d'un éditorial par semaine, ou la fermeture d'un département vidéo, suggèrent d'autres enjeux : la rentabilité du produit, les orientations du journal, l'amorce d'une stratégie qu'on tient loin des oreilles du public.

On dira bien ce qu'on voudra du Devoir, et ses critiques se font de plus en plus acerbes ces jours-ci, ce journal occupe une place spéciale au Québec depuis plus d'un siècle. Peu importe ce que puisse en penser la direction du quotidien montréalais, Le Devoir a acquis depuis longtemps le statut de journal national et à ce titre, il appartient à cette nation qu'il a eu le privilège d'incarner dans ses pages depuis 1910. Il lui doit des comptes, et a le devoir de la tenir renseignée sur les véritables intentions du journal.

Le remplacement de l'éditorial du lundi par des textes que Le Devoir aurait pu publier n'importe quand laisse songeur. Que la faiblesse du texte de justification n'ait pas attiré sur-le-champ des questions et des reproches a de quoi surprendre et en dit long sur l'usure du sens critiques au sein de la profession journalistique québécoise. Depuis quand ralentit-on le lundi? Au début de la semaine (après une journée de congé), un journal met le pied sur l'accélérateur, comme son lectorat. Quand à «réfléchir sur un sujet qui colore l'air du temps», n'est-ce pas justement l'une des fonctions d'un éditorial?

Si l'intention du Devoir est de mettre fin éventuellement à l'édition papier en affaiblissant le contenu et en négligeant la présentation, alors qu'on le dise. Le Devoir se vante beaucoup des prix que le journal mérite pour ses réalisations numériques. Quand il ne reste que trois quotidiens papier de langue française au Québec, dont deux de la même chaîne, l'incitatif de concurrence tombe à zéro. On se dit peut-être que les accros du journal papier vont acheter Le Devoir même si on n'y met pas l'effort voulu. Et les journalistes, la FPJQ même conservent sur ces questions un silence assourdissant.

Quand on a assisté a déclin puis à la disparition de sept des dix quotidiens imprimés du Québec - La Presse, Le Soleil, Le Droit, Le Nouvelliste, La Tribune, Le Quotidien du Saguenay et La Voix de l'Est - il est pénible de voir dépérir le plus important de ceux qui restent. Rien ne justifie d'éliminer l'éditorial du lundi. Tout porte à croire à l'existence d'un motif que la direction dissimule. Est-ce la première ou l'une des premières étapes de coupes, petites au départ puis majeures? Une chose est sûre: la direction a l'obligation de mettre cartes sur table. 

Si, malgré tout, ce qui arrive au Devoir depuis une dizaine d'années ne résulte pas d'une volonté, ne correspond pas à un objectif, la situation actuelle est encore plus inquiétante. Le navire est à la dérive.

dimanche 28 juin 2026

Entre la planète Mars et les îles Seychelles

28 juin 2026...

Quand les sujets d'actualité que j'affectionne manquent à l'appel, je retourne inévitablement vers le passé. Disons 50 ans: le 28 juin 1976. Dans mon ancien quotidien, Le Droit. Avec la numérisation tous azimuts de l'information, cela sera bientôt impossible mais pour le moment, on peut toujours entreprendre des incursions ciblées vers des époques révolues.



À la une, en manchette, le célèbre conflit des Gens de l'air, autour du droit d'utiliser le français, au Québec, dans les échanges entre pilotes et contrôleurs aériens. Le ministre fédéral Otto Lang cède devant l'opposition de la Canadian Air Pilots Association, pour qui «il est plus dangereux de travailler dans deux langues» qu'en anglais seulement... En page 3, Robert Bourassa, alors premier ministre du Québec, appuie les contrôleurs francophones.

À la une aussi, on parle encore de l'implantation possible d'un conseil scolaire homogène pour les francophones d'Ottawa. Jusque là, les écoles françaises et anglaises étaient dirigées par un seul conseil scolaire où la gouvernance francophone n'était jamais assurée. Une partie du litige tourne autour de la protection des droits religieux catholiques, protégés par la Constitution.

En page 2, on annonce qu'une délégation gatinoise se rendra à Québec pour présenter au gouvernement Bourassa une pétition de 36 000 noms en faveur de la construction d'un hôpital à Gatineau (distinct à cette époque de Hull-Aylmer). L'hôpital devait être construit sous le gouvernement Lévesque, dans les années 1980.

En manchette internationale, on parle de la course présidentielle en vue de l'élection de novembre 1976 aux États-Unis. Après la démission de Nixon en 1974, Gerald Ford avait assumé la présidence pour la durée du mandat et voulait se mesurer avec son adversaire démocrate après ses deux années à la Maison Blanche. Mais Ronald Reagan (qui devait être élu en 1980) se présente contre lui et ses victoires dans les primaires de plusieurs États resserrent la course. Ford devait l'emporter mais le démocrate Jimmy Carter a remporté l'élection.

Toujours en Amérique, le département états-unien de la Défense nie que la CIA et le Pentagone aient essayé d'altérer le climat pour causer des sécheresses à Cuba et ainsi ruiner la récolte de canne à sucre. On aurait atteint ce but en crevant les nuages au large de Cuba. Cela avait été tenté au Vietnam.

L'ancien empereur Hailé Sélassié d'Éthiopie a été assassiné par la junte militaire qui avait pris le pouvoir deux années plus tôt. Les militaires auraient ensuite brûlé son corps. Celui qu'on appelait le Négus avait été empereur éthiopien de 1930 à 1974, sauf durant l'occupation avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale. 

Au Québec, on annonce que le gouvernement Bourassa a cédé au fédéral près de 75 000 acres des meilleures terres agricoles de la région de Mirabel. Ce sont des terres expropriées pour la construction de l'aéroport, mais qui n'ont pas été utilisées. Le chef parlementaire du PQ Jacques-Yvan Morin crie au «coup d'État».

La NASA annonce que l'atterrissage de la sonde automatique Viking 1, qui devait avoir lieu le 4 juillet 1976 (jour du 200e anniversaire des États-Unis) a été ajourné. La sonde devait y faire des prélèvements pour trouver des signes que la vie existe toujours à la surface de la planète rouge... Viking 1 devait finalement atterrir le 20 juillet mais n'a pas trouvé de trace de petits hommes verts...

Enfin, les îles Seychelles, colonie britannique au large de Madagascar, proclament leur indépendance et deviennent une république où un «bilinguisme équilibré» doit assurer un meilleur partage entre l'anglais et le français... Tiens tiens...