vendredi 16 août 2019

On se moque de nous!


D'ici quelques semaines, dans l'indifférence générale, un groupe d'étudiants désirant s'inscrire en 2020 à la nouvelle faculté de médecine de l'Université McGill en Outaouais (à Gatineau) se retrouvera sur les bancs d'école à Montréal, sur le campus McGill, pour y compléter une année préparatoire... en anglais seulement!!!

Le débat surréaliste autour de la langue d'enseignement de la médecine à Gatineau durait depuis 2014 quand, comme un cheveu sur la soupe, on a découvert à l'automne 2018 que quelqu'un, quelque part, avait oublié de parler de l'année préparatoire requise pour accéder au programme de médecine à McGill...

Alors qu'on s'époumonait à vouloir franciser les deux premières années de cours magistraux et que les médias régionaux en faisaient parfois grand cas, l'Université McGill et le gouvernement Couillard n'avaient jamais révélé que l'année préparatoire (la «Med-P», bit.ly/30b2dwx) se donnait en anglais seulement... et à Montréal par surcroit.

Belle surprise pour le gouvernement de la CAQ, fraîchement élu, et pour son ministre de l'Outaouais, Mathieu Lacombe. «Je ne peux faire autrement que d'être fâché, déclara ce dernier, parce que les libéraux étaient au courant de ça et c'est quelque chose qu'ils ont accepté (bit.ly/2S088Qz).»

Pour le gouvernement Legault, il s'agissait donc de trouver une solution permettant d'offrir cette formation préparatoire en français à l'automne 2019, pour la cohorte d'étudiants voulant s'inscrire au programme de médecine de McGill à Gatineau dès son ouverture en septembre 2020.

Cela ne semblait pas un défi insurmontable à prime abord. On ne demandait pas à nos élus de régler la faim dans le monde, négocier le libre-échange ou freiner les changements climatiques. Juste de permettre à une vingtaine d'étudiants québécois de suivre quelques cours universitaires en français...

Eh bien, avec toutes les ressources humaines et technologiques disponibles dans les facultés de médecine des universités de langue française (auxquelles on pourrait ajouter l'Université d'Ottawa, avec son programme complet de médecine en français), c'est l'échec. Des francophones seront donc obligés d'étudier cet automne en anglais... au Québec!

L'Université du Québec en Outaouais s'organise pour offrir l'année préparatoire en français en septembre 2020, mais pour cette première cohorte de la nouvelle faculté de médecine à Gatineau? Rien! C'est honteux, inexcusable, révoltant!

On me répondra qu'il ne s'agit que d'une vingtaine d'étudiants et pour une seule année. Le nombre et la durée n'ont aucune importance. Le principe en cause, ici, est fondamental: le droit absolu des Québécois d'étudier la médecine (ou toute autre matière offerte au Québec) dans leur langue, la seule langue officielle du Québec, le français.

Imaginez si, dans des circonstances inversées, on obligeait des Anglo-Québécois à suivre une année de cours en français seulement... Les médias anglo-canadiens monteraient aux barricades et on aurait vite quelque représentant des Nations Unies dans les parages pour nous faire la morale...

Mais comme il s'agit de francophones sur un territoire où la mentalité de colonisé a laissé des sillons profonds, on laisse faire dans l'indifférence. Silence médiatique et politique à peu près total. Même dans les milieux étudiants, aucun grondement ne se fait entendre...

Et qu'arrivera-t-il, l'an prochain, si l'Université McGill annonce que malgré tous ses efforts, un cours ou deux devront être enseignés en anglais pour la première année du programme? Sur quel principe nous fonderons-nous pour affirmer que c'est inacceptable?

On nous lancera: vous avez pilé sur vos principes l'an dernier. Eh bien, dear Franco-Quebecers, pliez de nouveau, bande de lavettes...









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