mardi 10 février 2026
Pourquoi pas un sac sur la tête et une canne blanche, tant qu'à y être?
lundi 9 février 2026
Francophobie? Oui, mais...
dimanche 8 février 2026
Le Diable à Cinq... un baume pour l'âme...
8 février 2026...
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| capture d'écran de la page Facebook du Diable à Cinq, photo prise avant le spectacle à Gatineau |
À mon grand regret, je ne connaissais pas Le Diable à Cinq, un groupe de musique traditionnelle québécoise (trad comme on dit maintenant) de la Petite-Nation, en Outaouais. Après avoir assisté hier soir (7 février) à leur spectacle explosif dans l'intimité du cabaret La Basoche à Gatineau, je suis devenu accroc en moins de 24 heures !
Le groupe existe depuis une dizaine d'années et lancera d'ici le printemps son quatrième album. Je m'en veux d'avoir perdu pendant une décennie l'occasion de nourrir mon âme et mes tripes au son des voix, des instruments (violon, guitare, banjo, accordéon, clavier, basse) et de la podorythmie (tapage de pied à la québécoise) du Diable à Cinq.
Frissonnant après une courte marche dans l'air glacial (ressenti de -32 degrés) entre la voiture et l'entrée du cabaret, j'espérais de cet ensemble - inconnu pour moi - une prestation qui me réchaufferait vite les mains. Dire que je n'ai pas été déçu serait un euphémisme. Les premières notes au rythme d'un tapage de pied qui fait partie de notre ADN collective m'ont convaincu d'avoir devant moi un groupe capable de concurrencer des vedettes mondiales comme Vent du Nord.
À l'époque tout-numérique où la culture musicale traditionnelle paraît menacée, j'ai souvent l'impression que nos rythmes ancestraux sont davantage portés par des artistes chevronnés qui, sans être vieux, commencent à grisonner. Mais voilà, avec Le Diable à Cinq, l'arrivée spectaculaire d'une relève jeune et enthousiaste. Deux des cinq membres du groupe, les jumeaux identiques Félix (accordéon) et Samuel Sabourin (banjo et violon), de Ripon, ont à peine 29 ans.
En plus de maîtriser l'art de bien livrer des chansons à répondre, une merveilleuse et authentique façon d'intégrer l'auditoire vite acquis, et d'adapter à leur style quelques chansons du répertoire traditionnel, les membres du groupe sont aussi d'excellents compositeurs qui ont déjà et continuent d'enrichir le vaste réservoir de chansons et gigues qui forment un élément essentiel et original de notre contribution à l'héritage culturel mondial.
Et comme d'autres avant eux, leur musique est ancrée dans le territoire de leur enfance. Les artistes québécois nous ont toujours fait voyager d'un bout à l'autre de notre demi-pays. Entre Sur le bord de la Petite-Nation (voir lien en bas de page), Richer #44 (hommage au hockeyeur Stéphane Richer) et Jos Montferrand pour ne nommer que les pistes de leur plus récent album Tempête, les cinq bardes du Diable à Cinq nous promènent de Ripon à travers l'Outaouais, le long des rivières Petite-Nation et Gatineau, jusqu'aux chutes Chaudière. Dans leur spectacle d'hier, j'ai aussi entendu chanter St-André-Avellin et Montebello.
Un tour rapide sur le Web, ce matin, et j'ai dû reconnaître toute l'étendue de mon ignorance impardonnable à leur sujet. Leurs albums ont déjà été primés sur différentes tribunes nord-américaines, dont l'ADISQ, et le groupe a à son actif des tournées internationales qui les a menés depuis 2022 au Portugal, en Espagne, en Angleterre, en Lettonie, en Estonie, en Suisse, en Belgique, en Finlande et en France. À La veillée de l'avant-veille au Club Soda, à Montréal, le 30 décembre dernier, ils ont partagé la scène avec Vent du Nord. Et dire que jusqu'à hier, je ne les avais jamais entendus... J'ai honte.
Une chose est sûre. Si l'occasion se représente, je reverrai Le Diable à Cinq sur scène. À travers leur musique, avec l'énergie et l'authenticité qu'ils dégagent en spectacle, j'ai vu dans ces jeunes bardes un nouveau pont, si essentiel, entre la musique de nos générations des siècles précédents et les auditoires de demain. Un baume pour l'âme de la nation... et la mienne!
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Lien à la chanson Sur le bord de la Petite-Nation - https://www.youtube.com/watch?v=vuVMsyK0K2o
samedi 7 février 2026
«Ma queue et mon coeur s'emballent»...
Parfois elles nous font grincer. Parfois elles nous mettent en colère. Parfois elles nous découragent. Heureusement, elles nous font rire à l'occasion. Je veux parler bien sûr des erreurs ou des coquilles de traduction. De tous les peuples de la planète, les francophones du Québec et du reste du Canada en sont le plus souvent victimes. Les cyniques aiment dire (et il y a un fond de vérité) que les deux langues officielles du Canada sont l'anglais et la traduction de l'anglais. Et avec l'envahissement de la stupidité artificielle (certains disent «intelligence»), on peut s'attendre au pire.
vendredi 6 février 2026
Jeux de 2026: «in Italia» ou «in Italy»?
6 février 2026...
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| capture d'écran de Radio-Canada |
N'ayant jamais été un grand amateur de sports (autres que le hockey et le golf), je ne suis pas vraiment porté à suivre les Jeux Olympiques, ni ceux d'hiver, ni ceux d'été. Et pourtant je ne manquerais pour rien au monde les cérémonies d'ouvertures, l'entrée des athlètes en particulier.
En plus de renouer avec les noms et les drapeaux d'une centaine de pays, d'apprécier les modes colorées des athlètes et accompagnateurs, de s'émouvoir à l'embrasement de la flamme olympique, on y découvre des éléments culturels de la nation hôtesse, tant par le spectacle que par les discours officiels.
Les Jeux de Paris en 2024 m'avaient déçu par l'excès d'anglais, en commençant par le slogan Made for Sharing. J'ai tout de même visionné le défilé d'ouverture sur la Seine et à ma grande stupeur, les noms des pays étaient écrits en anglais sur les bateaux transportant les délégations d'athlètes. Ça, dans la capitale de la francophonie mondiale! Aux Jeux d'été de Montréal en 1976, seuls les noms français avaient été utilisés: États-Unis d'Amérique et non United States of America...
Pour les Jeux d'hiver de Milan Cortina, j'avais bon espoir que les Italiens ne soient pas aussi colonisés que les voisins français. Mauvais départ avec Mariah Carey (pourquoi elle?) dans le spectacle d'ouverture mais au défilé des athlètes, ingénieusement présenté à quatre endroits différents, les noms des pays étaient affichés en italien, et suivaient l'ordre alphabétique italien. Ainsi, la Hongrie arrivait à la fin de la procession d'athlètes parce que les Italiens écrivent Ungheria.
C'était par moments difficile à suivre, Radio-Canada interrompant souvent la couverture de la cérémonie avec des publicités trop longues, m'obligeant à syntoniser le réseau anglais CBC pour ne pas manquer des pays, ça et là. On aurait aussi pu, par ailleurs, se passer de Serge Denoncourt, qui n'ajoutait pas grand chose au commentaire et qui, de loin, semblait s'ennuyer...
Les choses se sont gâtées au moment des discours officiels. Le premier orateur, Govanni Malago, président du comité national olympique de l'Italie et du comité d'organisation des Jeux de Milan Cortina, a parlé presque uniquement en anglais. Devant les siens, la dignité la plus élémentaire exigeait qu'une portion importante de son allocution soit prononcée en italien, émaillant le reste d'anglais et de français, les deux langues officielles des Olympiques. Le pire, au milieu du discours, il a déclaré qu'il n'avait jamais été aussi fier d'être Italien. Et il l'a dit en anglais seulement! C'était honteux.
L'autre discours appartenait à Kirsty Coventry, présidente du Comité international olympique. Originaire du Zimbabwe, on comprend que sa langue maternelle soit l'anglais mais est-il possible qu'au poste qu'elle occupe, Mme Coventry n'ait pas appris quelques bribes de français pour au moins marmonner l'autre langue officielle des Jeux? Ou encore un peu d'Italien en témoignage de respect pour ses hôtes? Plus tard on a eu droit à une prestation de Charlize Theron, encore en anglais... Une parcelle d'honneur a été sauvée quand le président de l'Italie, Sergio Mattarella, a déclaré les Jeux ouverts en italien.
Et qu'a fait Radio-Canada pendant ces quelques dizaines de minutes d'anglais ininterrompu? Serge Denoncourt semblait traduire ce qu'il pouvait en français, soit parce qu'il avait en main une copie des discours, soit parce qu'il a du talent en interprétation simultanée. J'ai peine à croire que Radio-Canada n'ait pu prévoir un service professionnel d'interprétation pour un événement mondial qui paralyse l'ensemble de sa programmation pour deux semaines complètes. C'était lamentable.
Sur une note positive, la magnifique prestation d'Andrea Bocelli avant l'arrivée de la flamme olympique aura été le moment le plus émouvant des cérémonies d'ouverture. Sa voix portait en elle l'âme de l'Italie. Frissons, mouchoir à la main. Et que dire de la vasque olympique, assurément la plus belle et la plus spectaculaire que j'aie vu au fil des décennies. Chapeau aussi aux Italiens pour la coordination quasi parfaite de quatre emplacements différents à l'ouverture des Jeux.
jeudi 5 février 2026
Médias d'information: «le papier l'emporte haut la main» sur le numérique
5 février 2026...
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| À la une du numéro de janvier 2026 du Monde diplomatique |
Quand j'arrive devant la caisse à mon IGA de la montée Paiement, à Gatineau, je jette toujours un coup d'oeil au kiosque de magazines, au cas où j'aperçoive autre chose que du commérage sur les vedettes du cinéma, de la télé ou de je ne sais quoi. Surprise, ce matin, mon regard se fixe sur le plus récent numéro de la revue française Le Monde diplomatique, publication que j'aime bien mais qu'on trouve rarement de nos jours avec la désespérante décote des journaux imprimés.
En prime, à la une, un titre qui a tout pour me séduire: Éloge du papier. Ayant publié depuis une douzaine d'années pas moins de 60 textes de blogue à la défense des journaux papier, je me suis rué sur cet article en arrivant à la maison, café fumant en main. Je n'ai pas été déçu. Voilà un texte étoffé, riche en enseignements, qui nécessite un bon 15 minutes de lecture et une attention constante. Le genre de lecture que les bouffeurs de sites Web et de médias sociaux ignorent.
J'en reproduis ici quelques extraits que je trouve opportuns à cette époque où la jungle de l'Internet et du tout-numérique a créé une gibelotte douce-amère d'information et de désinformation qui menace la cohésion sociale et même la démocratie. Je laisse donc le lutrin aux deux rédacteurs du Monde diplomatique, Benoît Bréville et Pierre Rimbert:
«Ses vertus stupéfient les usagers; son pouvoir affole Silicon Valley.»
«Toutes les études qui comparent depuis 30 ans les vertus de la lecture sur écran et sur papier, menées aux États-Unis, en Autriche, en Allemagne, en Israël ou en Espagne, convergent vers la même conclusion: les lecteurs manifestent une concentration plus soutenue, une meilleure compréhension et une mémorisation plus durable des textes complexes lorsqu'ils sont imprimés.»
«Qu'il s'agisse de la mémoire spatiale, qui facilite la possibilité de revenir en arrière pour vérifier et que perturbe la réorganisation permanente des écrans selon leur format, du confort et de la fatigue oculaire, de la faculté d'annoter, souligner, cocher, corner pour mieux assimiler, de la distraction induite par le support lui-même, le papier l'emporte haut la main.»
Et d'ajouter le texte de Bréville et Rimbert: «Ouvrir un journal comme le nôtre à la terrasse d'un café, recevoir le sourire complice d'un voisin dans un train, laisser traîner un exemplaire dans un lieu public ou le brandir dans un cortège: ces gestes, ces engagements ne s'envisagent pas sous une forme dématérialisée.
«C'est peut-être que le papier ouvre un imaginaire infiniment plus profond que la simple fonction de support d'écriture. Le journal imprimé symbolise la reconquête de la curiosité, la maîtrise de notre concentration, une disposition à "se hâter lentement", une résistance au vol des informations personnelles et aux effractions de la vie privée qu'implique en régime de marché l'usage des appareils connectés.
«À l'ère de l'information algorithmique, le papier ne contrôle pas son lecteur, ne capture pas son temps, ne pirate pas ses émotions. Il ne se fraye pas un chemin statistique à contre-courant de votre volonté: il exige au contraire un effort, la manipulation de sa maquette demande parfois quelques contorsions. Quand sa lecture inspire une idée, une analogie, une mise en perspective, une colère, une action, on le pose, on s'arrête, on réfléchit. C'est le support d'une souveraineté recouvrée sur les objets de notre attention et, partant, de nos mobilisations. Ainsi l'éloge du papier ne traduit-il pas une réaction conservatrice, mais un mouvement rationnel et une nécessité politique.»
Et de conclure ce magnifique texte: «Le destin d'une presse libre repose plus que jamais sur une refonte globale capable de soustraire l'information à l'enclume du marché comme au marteau de l'État. En attendant qu'un gouvernement manifeste pareille volonté, les réfractaires peuvent ouvrir sur le monde la fenêtre de papier que vous tenez entre les mains.»
N'hésitez pas à vous procurer l'édition de janvier 2026 du Monde diplomatique (image ci-dessous). Vous y lirez entre autres L'éloge du papier et vous reposerez du capharnaüm numérique...
mercredi 4 février 2026
Il y a 70 ans... Déjà...
4 février 2026...
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| la page une du journal Le Droit du 4 février 1956 |
À chaque 30 janvier, c'est un peu ma demi-fête... Je suis à mi-chemin entre mon anniversaire de naissance précédent (30 juillet) et le prochain. C'est l'occasion, dans les jours qui suivent, de mijoter sur le chemin parcouru et de scruter l'horizon de l'avenir. Or, en cette année 2026, j'aurai 80 ans. J'espère bien m'y rendre, mais il y a de fortes chances que j'amorce la dernière décennie de ma vie.
Je n'ai jamais eu la conviction que je deviendrais nonagénaire. Je me souviens, il y a 70 ans de cela, mon âge m'inquiétait. J'avais neuf ans durant l'hiver 1956, et cela me préoccupait que j'approche de la fin des mes années d'un seul chiffre. À l'été j'aurais 10 ans. Deux chiffres. Et les chances de me rendre à trois chiffres, d'être un jour centenaire, me paraissaient minces. À 10 ans, je serais donc vieux.
Pour bien marquer cette prise de conscience, j'avais, avec un copain de classe de 5e année à l'école Notre-Dame des Anges (Ottawa), emballé une petite fronde métallique (lance-pierres) avec laquelle on visait toutes sortes de cibles, les moins dangereuses possibles. J'avais écrit sur l'emballage: ne pas ouvrir avant 1966. Ce chapitre finit en queue de poisson. Dix ans plus tard, à la faculté des Sciences sociales de l'Université d'Ottawa, j'avais d'autres chats à fouetter et, de toute façon, deux déménagements plus tard, la petite fronde avait disparu...
J'y pense aujourd'hui. La vie d'un enfant à cette époque (1956) était beaucoup plus simple. C'était la fin d'une époque. Le bruit courait à l'école et à l'église que la fin du monde surviendrait en 1960. Que la Vierge l'aurait annoncé à Fatima. Le soir du 31 décembre 1959, j'ai regardé l'horloge jusqu'à minuit et il ne s'est rien produit. Malgré tout, en y repensant, l'année 1960 et la décennie qui porte son nom auront marqué tout de même la fin d'un monde.
Les vestiges de l'univers de mes parents étaient toujours présents en 1956. Chaque matin, ou presque, je me retrouvais à l'église Notre-Dame des Anges (au coin de la rue) pour enfiler le costume d'enfant de choeur et servir la messe. Le laitier et le boulanger livraient toujours le pain et le lait à la maison dans une voiturette tirée par des chevaux. L'école était située à jet de pierre de la maison, où je revenais tous les midis pour manger pendant que ma mère écoutait Les joyeux troubadours à la station de radio CKCH de Hull.
En fin d'après-midi, j'allais avec mon frère chercher les quelque 80 exemplaires du Ottawa Journal (ou, un des quotidiens anglais) que nous distribuions de porte en porte dans le quartier St-François et Mechanicsville d'Ottawa. Ça fait drôle d'y penser aujourd'hui mais de grandes entreprises comme la presse quotidienne comptaient, à cette époque, sur une armée d'enfants pour livrer leur produit à la clientèle. Pour nous, c'était un «salaire» de quelques dollars par semaine et l'occasion d'acheter un egg roll à 5 cents au restaurant chinois.
Si on retourne au 4 février 1956 - 70 ans très exactement - nous étions un samedi. Nous aurions exceptionnellement livré nos journaux en matinée (il n'y avait que des quotidiens d'après-midi à Ottawa) mais le reste de la journée, nous aurions joué au hockey dans la rue ou fréquenté la patinoire du parc Laroche, tout près. À moins d'aller voir un film pour quelques sous à un mini-cinéma improvisé, dans un garage sur la rue d'à-côté. À 16 heures cependant, vite à la maison pour voir les émissions de cowboys en noir et blanc à la télé de CBC et, en soirée, admirer Maurice Richard en regardant le match des Canadiens sur les ondes de Radio-Canada. Jusqu'à ce que mes parents nous envoient au lit...
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| télé-horaire du 4 février 1956 à Ottawa |
Les complexités de la vie politique, des conflits internationaux, des débats sociaux nous échappaient largement, sauf pour des bribes de conversations d'adultes captées dans les rencontres de famille, où plusieurs évoquaient encore des souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. En livrant les journaux, même si l'anglais était plus difficile à comprendre que le français, on finissait par lire une bonne partie de la page une. C'est ainsi que j'ai suivi la révolution hongroise de 1956. Des téléromans comme La famille Plouffe nous faisaient entrevoir une société plus laïque que notre monde ultra-catholique. Et le musique d'Elvis et de Chuck Berry nous prenait aux tripes...
Mais il y avait toujours dans ma tête ce foutu 10e anniversaire de naissance qui surviendrait dans moins de six mois. Les derniers mois de ma «jeunesse». À moins de six mois de mes 80 ans, je me considère vieux depuis déjà une quinzaine d'années. Commencer une nouvelle décennie est devenu plus excitant qu'en enfance. Ouate de phoque. Commencer une nouvelle journée compte parmi mes grands plaisirs.
mardi 3 février 2026
Ça val mal icitte à Gatineau !
3 février 2026...
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| La malheureuse identité gatinoise proposée en 2024... La prochaine fois, ce sera On passe à l'anglais... |
L'érosion du français à Gatineau s'accélère d'année en année. Le vieux centre-ville de Hull, jadis francophone à 90%, atteindra bientôt le point de bascule vers l'anglo-dominance.
Des milliers d'Ontariens de langue anglaise traversent la rivière, attirés par une plus grande abordabilité du logement à Gatineau. La plupart exigent d'être servis en anglais, y compris par la Ville, et se comportent comme s'ils vivaient dans une banlieue d'Ottawa. Plusieurs conservent même illégalement, leurs plaques d'immatriculation de l'Ontario.
Avec la proximité de l'Ontario et l'omniprésence du gouvernement fédéral, la forte attraction de l'anglais entraîne inévitablement l'anglicisation de nombreux immigrants, et même de Québécois francophones. Les violations de la Loi 101 sont légion. Bref, consultez les recensements. Ça va mal icitte!
Durant la campagne électorale de l'automne 2025, les candidats et candidates ont soulevé des tas d'enjeux et de priorités. Le déclin du français n'en faisait pas partie. Ce sujet demeure tabou depuis des années dans une région qui ne s'est jamais vraiment défait de sa mentalité de colonisé. Faut surtout pas énerver les Anglais et les multiculturels, qui nous traiteraient vite de racistes.
Une fois l'élection du 2 novembre terminée, le parti Action-Gatineau s'est amené au conseil municipal avec une majorité absolue de conseillers, y compris la mairie avec la victoire de Maude Marquis-Bissonnette. Or, dans son programme électoral, cette formation désormais au pouvoir proposait:
* que la ville de Gatineau s'affirme comme ville francophone; et
* que la ville de Gatineau bonifie ses activités existantes de francisation selon la démographie des secteurs.
Nous sommes maintenant en février 2026 et les élus ont participé à plus d'une vingtaine de réunions (conseil municipal, comité exécutif, étude du budget, etc.). La question de l'érosion du français a-t-elle été soulevée? Probablement pas. Je n'ai rien vu aux nouvelles et rien trouvé dans les procès-verbaux. Et je suis prêt à parier que personne n'osera soulever cette question avant d'apprendre les résultats catastrophiques du prochain recensement fédéral (cette année), dont les données seront rendues publiques à l'automne 2027.
Entre-temps, et au risque de crier de nouveau dans le désert, je reprends le programme d'Action-Gatineau pour demander: que fera Gatineau pour «s'affirmer comme ville francophone» et «bonifier les activités municipales de francisation selon la démographie des secteurs»? D'ailleurs existe-t-il de telles activités? Dans les bibliothèques peut-être? Ailleurs? Serait-il possible d'en parler avant que le centre-ville et le secteur Aylmer soient anglicisés au point de non-retour? J'écoute. Bruits de criquets...
Il y a 50 ans, j'ai quitté l'Ontario parce que j'en avais assez de lutter quotidiennement pour vivre en français dans un milieu très majoritairement anglais - la ville d'Ottawa. Je voulais vivre dans un milieu francophone au Québec. À Gatineau, PQ, plus précisément. Et voilà que je risque maintenant d'être obligé de reprendre mes vieux combats pour pouvoir continuer à vivre en français dans une ville que la Loi 101 dit française mais qui devient tous les jours de plus en plus bilingue. Qu'en dites-vous, mesdames et messieurs du conseil municipal de Gatineau?
lundi 2 février 2026
Abonnements aux médias tout-numériques... La désinformation au menu...
2 février 2026...
Jadis, pour savoir combien de personnes lisaient un journal quotidien, on n'avait qu'à consulter les chiffres de l'abonnement, en y ajoutant le nombre de copies imprimées pour la vente en kiosque. En calculant en moyenne trois lecteurs par journal imprimé, on pouvait estimer dans les années 1970 qu'avec un tirage de 50 000 exemplaires, un quotidien comme Le Droit pouvait être lu par 150 000 personnes.
Aujourd'hui, avec l'effondrement planifié de la presse imprimée et la prolifération du tout-numérique, bonne chance! Les six ex-journaux de la Coopérative nationale de l'information indépendante (CN2i), dont Le Droit, n'ont même plus d'édition numérique quotidienne. Depuis avril 2023, ils ont pris la forme d'immenses babillards mis à jour en temps réel. Et ils ne dévoilent surtout pas le nombre d'abonnés à leur média. L'autre tout-numérique, La Presse, pour sa part, a conservé son édition quotidienne mais ne dit rien elle non plus de son abonnement.
Sur le site Web du Centre d'études sur les médias, à l'Université Laval, on présente un tableau du lectorat des journaux québécois, imprimés et numériques. La Presse, par exemple, affirme avoir 3 144 000 lecteurs. Le nombre d'abonnés? Sais pas. Comment arrive-t-on à ce chiffre de trois millions? Ces données précise-t-on, «comprennent le nombre de personnes ayant feuilleté ou lu au moins une édition en format papier, en ligne ou par l'intermédiaire d'une application pour tablette ou téléphone intelligent pendant une semaine de publication».
Du côté des coopératives, Le Soleil dit avoir plus d'un million de lecteurs... Le Droit environ 171 000... Ces chiffres incluent les abonnés (combien?) mais aussi tous ceux qui visitent régulièrement - ou une seule fois - le média durant une semaine. C'est suspect. Même dans ses années les plus prospères, Le Droit n'a jamais prétendu avoir plus de 170 000 lecteurs. Alors aujourd'hui, avec un gros babillard peu convivial et des effectifs journalistiques plutôt réduits dans une jungle numérique fragmentée, j'ai de la difficulté à croire que les données des médias numériques ont le même lien avec la réalité que le tirage vérifié et comptabilisé des quotidiens papier.
Une seconde donnée publiée par le Centre d'études sur les médias jette un peu de lumière. Elle propose, pour chaque média, sa part de l'auditoire franco-canadien (donc à 95% québécois), en pourcentages. Ainsi on apprend que La Presse rejoint tous les jours 25% de l'ensemble des francophones (autour de sept millions au Québec). Ce 25% se traduit par un lectorat de 1 750 000 personnes, bien en-dessous du chiffre déclaré de 3 144 000, mais à l'oeil bien plus crédible pour cerner le bassin de lecteurs réguliers. Cet exercice, appliqué au Soleil de Québec, réduit le lectorat allégué d'un million à 184 760, et celui du Droit de 171 000 à près de 32 000. En effet, selon les données du Centre d'études, les six médias coopératifs régionaux ne rejoignent que 4% de l'auditoire francophone, soit environ 280 000 lecteurs.
Les chiffres des journaux de Québecor et du Devoir se compilent à partir d'une base plus solide. Plus de 520 000 exemplaires papier du Journal de Montréal et du Journal de Québec sont imprimés du lundi au samedi. Le Devoir distribue quotidiennement près de 100 000 copies du journal. Au moins ces données sont vérifiables. Il y a de fortes chances que la personne qui achète son exemplaire ou s'abonne à l'année ne se contentera pas de lire une nouvelle ou deux par semaine. Le lectorat total déclaré par ces trois journaux, qui inclut leurs publications numériques, est bien plus élevé (trop élevé?): 2 736 000 pour le Journal de Montréal, 1 597 000 pour le Journal de Québec et 1 569 000 pour Le Devoir.
Le Centre d'études sur les médias précise que les deux quotidiens de Québecor rejoignent 30% de la population francophone, ce qui donnerait au total 2 100 000 personnes. Cela semble plus raisonnable. Quant au Devoir, on lui accorde 12% des la francophonie québécoise, soit environ 840 000 lecteurs. Des chiffres moins mirobolants mais même là, on ne sait rien de la quantité d'abonnements numériques.
Ma question est la suivante, et je n'ai toujours pas de réponse claire. Les journaux papier rejoignent-ils le public lecteur plus efficacement que les quotidiens et/ou babillards numériques? Je crois que oui mais suis incapable de le démontrer. J'aimerais bien connaître le nombre d'abonnements à mon ancien journal, Le Droit, depuis son passage au babillard tout-numérique. Est-ce 5000? 10 000? 15 000? Quand on divulgue pas de tels chiffres, il y a de fortes chances qu'on cache de mauvaises nouvelles.
Les baisses de lectorat pour les publications préparées au quotidien par des journalistes professionnels constituent une menace pour l'avenir du Québec et pour la démocratie. Dans une ère de propagande de plus en plus déguisée en information, un public mal informé devient vite un mets de choix au menu des vrais décideurs.
dimanche 1 février 2026
Je suis inquiet...
samedi 31 janvier 2026
Nipissing Ouest Blues
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| Capture d'écran du Devoir (9 septembre 1971). Sturgeon Falls, aujourd'hui dans West Nipissing/Nipissing Ouest, Ontario, le «St-Léonard des Franco-Ontariens en 1971... |
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vendredi 30 janvier 2026
Des américanismes aux montréalismes...
30 janvier 2026...
Je ne sais pas s'il y a une leçon à retenir ou une conclusion à tirer de ça mais depuis mon enfance et mon adolescence en Ontario, quand j'écoutais du rock'n roll américain sur les ondes des stations de radio à Buffalo, New York, Boston et Chicago, j'avais noté le grand nombre de succès au palmarès qui portaient ou mentionnaient le nom d'une ou de plusieurs villes ou localités des États-Unis.
Dans la seule chanson Back in the USA de Chuck Berry, on entend les noms des villes de Los Angeles, New York, St. Louis, Détroit, Chicago, Chattanooga et Baton Rouge... Et la plupart de ceux qui écoutaient les stations rock des années 1950 et 1960 se souviendront de Memphis (chantée et instrumentale), San Francisco (époque des hippies), Galveston et El Paso (villes texanes) ou encore Kansas City. On pourrait dresser une liste de centaines, voire de milliers de références musicales à la géographie des États-Unis.
Je ne me souviens pas cependant d'avoir entendu sur les ondes des stations anglaises d'ici (celles d'Ottawa en tout cas) des succès rock d'artistes anglophones qui évoquaient ou louangeaient Ottawa, Toronto, Winnipeg, Calgary, Edmonton ou Vancouver, ou quelque autre localité des Maritimes, de l'Ontario, des Prairies ou des Rocheuses. L'exception qui confirme la règle? «Runnin' Back to Saskatoon du groupe Guess Who, mais là on navigue dans la musique des années 1970... Je me souviens aussi, dans le genre folk, d'avoir entendu Ian and Sylvia mentionner l'Alberta, et Buffy Sainte-Marie s'ennuyer des Piney Wood Hill, que je croyais être situées en Saskatchewan.
En 2013, la chaîne CBC avait publié le Top 100 des albums Canadian, et en toute première position il y avait le disque Harvest de Neil Young, qui contient la chanson Heart of Gold. Dans ce grand succès nord-américain, Young ne mentionne qu'une ville: Hollywood. Et aucun titre ne reflète l'origine canadienne de l'artiste. Même chose pour le numéro 3 du palmarès, l'album Blue de Joni Mitchell, où seule la Californie est mentionnée. J'ai toujours cru qu'à cette époque, les artistes anglo-canadiens de la musique pop-rock tentaient le plus possible de se fondre dans le melting pot américain pour assurer leur succès en ondes et aux palmarès. On ne se risquera pas à parler de Fredericton ou Regina dans un tube destiné au marché américain.
Est-ce toujours la situation aujourd'hui? Je n'en sais rien. Ma fréquentation des stations de musique contemporaine a cessé vers la fin des années 1980 et j'avoue mon ignorance relativement totale de ce que sont devenus les palmarès Canadian au 21e siècle. Peut-être entend-on ces jours-ci des tas de chansons dans les Top 40 au sujet du Nouveau-Brunswick, du Manitoba ou du Yukon, mais j'en doute. Non, pour trouver des chansons populaires qui parlent du Canada anglais, il faut presque invariablement se tourner vers le répertoire des artistes québécois de langue française.
J'écoutais hier Les chemins d'été de Steve Fiset (1970) et entendu: «Sur la Trans-Canada, entre les arbres verts, nous filerons vers Vancouver.» Et qui ne souvient pas de la référence à Regina dans le grand succès Saskatchewan des Trois Accords? Ou d'À Winnipeg les nuits sont longues de Pierre Lalonde. Ou encore de Robert Charlebois parlant d'Ottawa et Toronto dans Les ailes d'un ange et de Jean Leloup évoquant Hawkesbury dans I Lost my Baby. Ou le récent Sudbury de JF Pauzé, ex-Cowboy Fringant? Pourquoi, au Canada anglais, sur les chaînes rétro, entend-on toujours Surfin' USA des Beach Boys mais rien qui pourrait même ressembler un peu à Skating Canada? Le Canada anglais est-il américanisé au point d'être gêné de parler de lui-même en chanson?
Une chose est sûre. Le Québec francophone ne souffre pas d'un déni d'existence musicale. Au cours des 60 dernières années, grâce aux chansonniers autant qu'aux groupes rock, la géographie québécoise a été décortiquée de A à Z dans nos palmarès. Montréal en premier lieu bien sûr. Les albums de Beau Dommage contiennent tellement de «montréalismes» (22 en tout, de 7760 St-Vallier à l'île Perrot) qu'on en fait une carte illustrée dans la version remastérisée du premier album éponyme. Mais le reste du territoire québécois y passe aussi. De Ste-Adèle PQ (Jean-Pierre Ferland) à Val d'Or (Raoul Duguay), d'Ungava à Manicouagan (Claude Gauthier), de Natashquan (Gilles Vigneault) à Chibougamau (Robert Charlebois), de Montmagny (Cowboys fringants) à Gatineau (Mommy, Daddy), jusqu'à Notre-Dame-de Stanbridge (les soeurs McGarrigle), tout le Québec y passe. Les identités géographiques québécoises sont devenues l'une des marques de commerce de notre univers musical.
Pourquoi chez nous et pas chez nos voisins anglo-canadiens? Voilà une question que le Canada anglais devrait se poser. Et, de Halifax à Victoria, on n'aimera peut-être pas la réponse.
jeudi 29 janvier 2026
Doug Ford fustige le PQ... Silence des Franco-Ontariens...
29 janvier 2026...
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| Doug Ford, premier ministre de l'Ontario |
Après la tentative du premier ministre fédéral Mark Carney de réécrire en rose l'histoire des rapports entre francophones et anglophones au Canada, voici que le pas très subtil premier ministre ontarien Doug Ford avertit les Québécois de ne pas nuire à l'«unité» canadienne en élisant le Parti québécois (un «désastre», dit-il) et en tenant un référendum rapide («inacceptable», selon lui) sur l'indépendance.
Personne ne nie à M. Ford le droit d'exprimer une opinion sur les choix constitutionnels des Québécois. Mais disons qu'elle serait mieux reçue si son gouvernement avait démontré plus d'ouverture envers les francophones dans sa propre province. On se souviendra qu'après son élection en 2018, il avait salué les Franco-Ontariens en annulant le projet de création d'un micro-campus universitaire de langue française à Toronto (la soi-disant Université de l'Ontario français) et en supprimant le poste de Commissaire aux services en français. He loves frogs. Il a dû faire marche arrière par la suite après un tollé au sein de l'opinion publique francophone mais le ton était donné. Son seul député franco-ontarien, Amanda Simard, a claqué la porte.
En tant que chef d'une province qui a longtemps persécuté sa minorité de langue française, et qui ne l'a JAMAIS choyée par la suite, Doug Ford s'aventure en terrain miné quand il garroche des conseils simili menaces aux Québécois francophones. Son choix du mot «désastre», et particulièrement du mot «inacceptable», laisse entendre un appui potentiel à quelque mesure de répression pour empêcher la réalisation du projet de souveraineté du Parti québécois. Quand on dit inacceptable, cela signifie qu'on n'acceptera pas. Ça veut dire quoi au juste? Quelque chose comme des mesures de guerre?
Comme il fallait s'y attendre, le parti des Anglais au Québec, le Parti libéral, a applaudi M. Ford. Les répliques du PQ, de la CAQ et de QS ont été unanimes dans leur condamnation du premier ministre de l'Ontario, le message central étant, au-delà des variantes partisanes, que les Québécois peuvent décider de leur avenir seuls, sans jambettes du Canada anglais.
Il est curieux, cependant, qu'aucun son de cloche ne se soit fait entendre au sein des organisations francophones de l'Ontario, qui ont souvent eu maille à partir avec M. Ford en matière de droits linguistiques. Est-ce à cause de leur alliance des dernières années avec les Anglo-Québécois dans certaine dossiers de langues officielles, ou parce que l'essentiel de leur financement arrive tous les ans du Trésor fédéral, ou encore une manifestation du sentiment anti-québécois présent en Ontario français depuis les années 1960? Difficile à dire, mais le silence de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, qui aurait dû mettre Doug Ford à sa place, laisse un goût amer.
On est loin de l'attitude plus énergique prise par la Fédération des francophones hors-Québec (FFHQ) en 1977 après l'élection du premier gouvernement Lévesque, qui lui aussi promettait un référendum à la fin de son premier mandat. Je cite le rapport Les héritiers de Lord Durham: «En face du choix du Québec, les communautés francophones hors Québec éprouvent tout d'abord un profond respect à l'égard de la population québécoise. Le Québec a décidé de participer activement à l'élaboration de son destin. En ce sens, son attitude est exemplaire et les francophones hors Québec la respectent et veulent s'en inspirer.»
La dignité la plus élémentaire exigerait des dirigeants franco-ontariens de rappeler au premier ministre Ford que sa crédibilité augmenterait face au Québec s'il avait tout au moins contribué à réparer les injustices historiques infligées par les gouvernements ontariens depuis 1912 aux collectivités de langue française de l'Ontario. Injustices dont les séquelles ont laissé des traces jusqu'à aujourd'hui. Avec un peu plus de courage, les organisations de l'Ontario français auraient pu de nouveau défendre le droit des Québécois à l'autodétermination, même si l'éventuelle tenue d'un référendum devait entraîner leur adhésion au camp du «Non».
Nous sommes à l'écoute... Bruits de criquets...
mercredi 28 janvier 2026
Le colonialisme, vieux comme le monde...
28 janvier 2026...
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| Pierre Bourgault en 1940, tenant un drapeau britannique... (photo publiée dans le livre «Le colonialisme au Québec» d'André d'Allemagne) |
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«Le colonialisme (moderne) n'est pas un phénomème nouveau mais la forme actuelle d'un phénomène vieux comme le monde: celui de la domination d'une société par une autre», écrivait André d'Allemagne (voir lien en bas de page) dans son livre Le colonialisme au Québec, publié en 1966. Soixante ans très exactement.
Appliquer cette définition à la société québécoise ou franco-canadienne relève de l'évidence même. En 1760, nous sommes devenus un peuple conquis. La Grande-Bretagne nous l'a rappelé violemment en 1837-38. Lord Durham a réaffirmé la suprématie et la supériorité des conquérants et de leur langue dans son rapport de 1839. On nous a fusionné à l'Ontario (Haut-Canada) en 1840 pour nous réduire à un état de minorité permanente. La Confédération de 1867 a confié au gouvernement fédéral, celui contrôlé par la majorité anglo-canadienne, les pouvoirs qu'ils jugeaient les plus importants à l'époque. Le français a été réprimé un peu partout. Les compétences exécutives et judiciaires qu'avait conservé la Grande-Bretagne ont été accaparés au fil des décennies par la majorité anglo-canadienne à Ottawa. Encore aujourd'hui, même dans les domaines constitutionnels relevant du Québec, l'appareil judiciaire fédéral impose sa tutelle en se fondant sur une constitution adoptée contre la volonté des Québécois.
La domination d'une société par une autre? Cela crève les yeux, au Canada et au Québec. Ce n'est plus une domination par les armes, quoiqu'Ottawa n'ait pas hésité en octobre 1970 à imposer une occupation militaire du Québec pour réprimer une insurrection fictive et, du même, coup mettre en prison sans mandat près de 500 Québécois indépendantistes. Non, le colonialisme contemporain prend davantage la forme d'une domination de l'esprit des colonisés, qui s'habituent à être gouvernés - même contre leurs propres valeurs - par une société qui poursuit contre le Québec et le Canada français une domination politique, économique et linguistique en utilisant sa supériorité démographique, désormais permanente, et un mode d'emploi hérité de l'empire britannique.
À cet égard, le Québec se retrouve dans une situation semblable à celles vécues dans d'autres anciennes colonies britanniques. Gandhi l'avait bien compris en Inde. André d'Allemagne affirmait en 1966: «Vivant dans une société dominée à tous les paliers, le Québécois est soumis dès son enfance et tout au long de son existence à un conditionnement qui provoque chez lui, à quelques variantes près, tous les réflexes typiques des colonisés à travers le monde actuel (il écrit en 1966).»
Poursuivant son argumentaire, le cofondateur du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) écrit: «La psychologie de toute société colonisée est profondément complexe. Parallèlement à la résignation, on observe au Québec de multiples formes de résistance traditionnelles et symboliques. N'ayant confiance ni en lui-même, ni en les siens, le colonisé québécois, encouragé en cela par les dirigeants et même par le colonisateur, engage sa révolte dans des voies sans issue, ce qui lui donne l'illusion de l'action, voire de la puissance. (...) Le colonisé se confectionne ainsi un micro-monde où son action prend la teinte d'un nationalisme d'attente. Se donnant l'impression de lutter, il rêve que d'autres feront plus tard plus que lui.»
C'est pourquoi, écrit André d'Allemagne, la libération des colonisés doit se faire collectivement. «Ce qui inquiète le plus le colonisateur c'est toute manifestation d'un sentiment collectif chez le colonisé, que ce sentiment prenne une forme nationale, sociale ou idéologique.» D'ailleurs simplement parler de colonialisme, on l'a vu ces derniers jours, suscite des mouvements d'indignation au sein du Parti libéral du Québec et d'autres milieux fédéralistes. Mentionner l'esclavage, même au sens psychologique, suffit pour qu'on crie au scandale.
André d'Allemagne offre cette conclusion opportune qui conserve toute sa valeur 60 ans après sa publication. «Rien ne se fait tout seul, dans l'histoire, et on n'a jamais résolu de problèmes en évitant de les poser.»
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Qui est André d'Allemagne? - https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_d%27Allemagne
mardi 27 janvier 2026
En 1970, vaine tentative de franciser l'Université d'Ottawa...
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| la une du journal La Rotonde de l'Université d'Ottawa en octobre 1968 |
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