28 février 2026...
Sans se donner la peine d'obtenir l'aval du Congrès américain (qu'il n'aurait pas obtenu), le soi-disant «Prix Nobel de la paix» vient de déclencher contre l'Iran une guerre qu'il a baptisée Fureur épique, de concert avec avec son allié israélien génocidaire, Benyamin Netanyahou. Ce dernier, rivalisant d'éloquence avec le fou de la Maison Blanche, appelle l'opération conjointe Lion rugissant.
Au-delà de ce que l'on puisse penser du régime obscurantiste et assassin des ayatollahs en Iran, dont tout citoyen responsable doit souhaiter la disparition, la question que tous doivent se poser est la suivante: permettra-t-on à Donald Trump et sa cohorte de mafiosos d'agir en toute impunité, à travers la planète, pour attaquer, envahir et à la limite remplacer par des pantins les régimes de pays qui le frottent à rebrousse-poil?
Personne ne conteste le danger que représente l'Iran sous la direction des intégristes chiites, tant pour les habitants du pays (les femmes surtout) que pour la communauté internationale. Mais il n'appartient pas aux Trump de ce monde et à leur très mal nommé Conseil de la paix de se substituer aux organismes internationaux en place, et notamment les Nations Unies. Trump agit chez lui en dirigeant autoritaire, ennemi de la liberté, et sa transformation des États-Unis en oligarchie assassine de milliardaires sera bientôt aussi condamnable que la dictature à Téhéran.
Quant à Israël, Netanyahou a plus que dépensé le capital de sympathie accumulé depuis l'attaque meurtrière du 7 octobre 2023 par le bras militaire du Hamas. Au massacre ignoble d'un peu plus de 1000 Israéliens, il répond en effaçant ce qui reste de la Palestine à Gaza et en tuant 70 000 de ses habitants. Le Conseil de la paix de Trump et ses magnats immobiliers se chargeront de compléter le génocide orchestré par le premier ministre israélien. Le comportement de ce dernier à Gaza ne laisse aucun doute sur ses intentions face à l'Iran. Ce sera une opération efficace et sans pitié.
Les premières réactions à la guerre américano-israélienne contre l'Iran ne sont rien de moins que désespérantes. La dénonciation de la Russie, qui poursuit sa guerre impitoyable contre les Ukrainiens, est tellement risible que personne ne la prendra au sérieux. Quant aux démocraties, déjà dans la mire économique de Washington, leur lâcheté ne connaît plus de bornes. Au lieu de se lever, solidaires, pour dénoncer l'agression trumpienne et réaffirmer la mission de l'ONU comme gardienne de la paix et de l'ordre mondial, elles appuient ouvertement Trump ou peinent à trouver les mots pour protester sans trop offusquer le maniaque orange.
La déclaration du Canada suinte de pusillanimité. Pas de bémol. Pas même de petit bémol pour l'honneur. «Le Canada appuie les mesures prises par les États-Unis», déclare Mark Carney. Le premier ministre canadien n'aime pas le régime en Iran et le considère dangereux. Soit. Cette fois il est d'accord avec M. Gâchette facile à Mar-A-Lago. Quand, dans un proche avenir peut-être, Trump tournera ses armes vers le 51e État, qu'il n'aime pas beaucoup plus que l'Iran, que dira M. Carney en hissant le drapeau blanc? On pense sérieusement qu'il s'arrêtera au Vénézuela, à Cuba, l'Iran, au Groenland? Trump se croit destiné pour dominer la planète. Faudra l'arrêter quelque part. Au moins le Mexique a sauvé l'honneur des Amériques en condamnant les attaques comme une «violation du droit international».
Trump et Netanyahou n'ont aucune crédibilité en matière de paix ou de liberté. Trump, en particulier, incarne le mensonge, l'hypocrisie et l'immoralité. Il est de plus assoiffé de pouvoir. Pas seulement chez lui. Partout. En attendant que le peuple américain s'en occupe, la collectivité internationale, les démocraties tout au moins, doivent ériger des barricades pour limiter le plus possible ses folies guerrières. S'il faut en finir avec le régime iranien pour empêcher un cataclysme mondial, que l'intervention soit collective et mesurée, et que le remède ne soit pas pire que le mal. Mais ça, ça prend une bonne dose de courage et présentement, je n'en vois pas beaucoup.
Quand j'ai vu Trump au micro, ce matin, casquette de baseball USA sur la tête (quelle dignité...), annoncer aux Iraniens que l'heure de la liberté avait sonné... j'ai eu la nausée. Celui qui piétine les libertés de tous les États-Uniens (sauf quelques milliardaires) se prétend apôtre de la liberté au Moyen-Orient. Il ment comme il respire. Mark Carney aurait dû vomir sur la place publique au lieu de l'encenser, sans pour autant cesser de condamner les ayatollahs. Que faut-il penser de son «héroïsme» à Davos, maintenant?
Les seuls qui feront les frais de cette guerre seront les civils iraniens, qui mourront par milliers sous les missiles israélo-américains et la répression militaire du régime. Je leur souhaite de se soulever en masse et de saisir l'occasion qui se présente, tant pour détrôner les fous d'Allah que pour bloquer la voie à Trump et à ses oligarques. La démocratie en Iran ne pourra venir que des Iraniens eux-mêmes. Surtout pas de criminels internationaux comme Trump et Netanyahou.

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