dimanche 8 février 2026

Le Diable à Cinq... un baume pour l'âme...

8 février 2026...

Le Diable à cinq


À mon grand regret, je ne connaissais pas Le Diable à Cinq, un groupe de musique traditionnelle québécoise (trad comme on dit maintenant) de la Petite-Nation, en Outaouais. Après avoir assisté hier soir (7 février) à leur spectacle explosif dans l'intimité du cabaret La Basoche à Gatineau, je suis devenu accroc en moins de 24 heures !

Le groupe existe depuis une dizaine d'années et lancera d'ici le printemps son quatrième album. Je m'en veux d'avoir perdu pendant une décennie l'occasion de nourrir mon âme et mes tripes au son des voix, des instruments (violon, guitare, banjo, accordéon, clavier, basse) et de la podorythmie (tapage de pied à la québécoise) du Diable à Cinq.

Frissonnant après une courte marche dans l'air glacial (ressenti de -32 degrés) entre la voiture et l'entrée du cabaret, j'espérais de cet ensemble - inconnu pour moi - une prestation qui me réchaufferait vite les mains. Dire que je n'ai pas été déçu serait un euphémisme. Les premières notes au rythme d'un tapage de pied qui fait partie de notre ADN collective m'ont convaincu d'avoir devant moi un groupe capable de concurrencer des vedettes mondiales comme Vent du Nord.

À l'époque tout-numérique où la culture musicale traditionnelle paraît menacée, j'ai souvent l'impression que nos rythmes ancestraux sont davantage portés par des artistes chevronnés qui, sans être vieux, commencent à grisonner. Mais voilà, avec Le Diable à Cinq, l'arrivée spectaculaire d'une relève jeune et enthousiaste. Deux des cinq membres du groupe, les jumeaux identiques Félix (accordéon) et Samuel Sabourin (banjo et violon), de Ripon, ont à peine 29 ans. 

En plus de maîtriser l'art de bien livrer des chansons à répondre, une merveilleuse et authentique façon d'intégrer l'auditoire vite acquis, et d'adapter à leur style quelques chansons du répertoire traditionnel, les membres du groupe sont aussi d'excellents compositeurs qui ont déjà et continuent d'enrichir le vaste réservoir de chansons et gigues qui forment un élément essentiel et original de notre contribution à l'héritage culturel mondial.

Et comme d'autres avant eux, leur musique est ancrée dans le territoire de leur enfance. Les artistes québécois nous ont toujours fait voyager d'un bout à l'autre de notre demi-pays. Entre Sur le bord de la Petite-Nation (voir lien en bas de page), Richer #44 (hommage au hockeyeur Stéphane Richer) et Jos Montferrand pour ne nommer que les pistes de leur plus récent album Tempête, les cinq bardes du Diable à Cinq nous promènent de Ripon à travers l'Outaouais, le long des rivières Petite-Nation et Gatineau, jusqu'aux chutes Chaudière. Dans leur spectacle d'hier, j'ai aussi entendu chanter St-André-Avellin et Montebello.

Un tour rapide sur le Web, ce matin, et j'ai dû reconnaître toute l'étendue de mon ignorance impardonnable à leur sujet. Leurs albums ont déjà été primés sur différentes tribunes nord-américaines, dont l'ADISQ, et le groupe a à son actif des tournées internationales qui les a menés depuis 2022 au Portugal, en Espagne, en Angleterre, en Lettonie, en Estonie, en Suisse, en Belgique, en Finlande et en France. À La veillée de l'avant-veille au Club Soda, à Montréal, le 30 décembre dernier, ils ont partagé la scène avec Vent du Nord. Et dire que jusqu'à hier, je ne les avais jamais entendus... J'ai honte.

Une chose est sûre. Si l'occasion se représente, je reverrai Le Diable à Cinq sur scène. À travers leur musique, avec l'énergie et l'authenticité qu'ils dégagent en spectacle, j'ai vu dans ces jeunes bardes un nouveau pont, si essentiel, entre la musique de nos générations des siècles précédents et les auditoires de demain. Un baume pour l'âme de la nation... et la mienne!

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Lien à la chanson Sur le bord de la Petite-Nation - https://www.youtube.com/watch?v=vuVMsyK0K2o


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