6 février 2026...
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| capture d'écran de Radio-Canada |
N'ayant jamais été un grand amateur de sports (autres que le hockey et le golf), je ne suis pas vraiment porté à suivre les Jeux Olympiques, ni ceux d'hiver, ni ceux d'été. Et pourtant je ne manquerais pour rien au monde les cérémonies d'ouvertures, l'entrée des athlètes en particulier.
En plus de renouer avec les noms et les drapeaux d'une centaine de pays, d'apprécier les modes colorées des athlètes et accompagnateurs, de s'émouvoir à l'embrasement de la flamme olympique, on y découvre des éléments culturels de la nation hôtesse, tant par le spectacle que par les discours officiels.
Les Jeux de Paris en 2024 m'avaient déçu par l'excès d'anglais, en commençant par le slogan Made for Sharing. J'ai tout de même visionné le défilé d'ouverture sur la Seine et à ma grande stupeur, les noms des pays étaient écrits en anglais sur les bateaux transportant les délégations d'athlètes. Ça, dans la capitale de la francophonie mondiale! Aux Jeux d'été de Montréal en 1976, seuls les noms français avaient été utilisés: États-Unis d'Amérique et non United States of America...
Pour les Jeux d'hiver de Milan Cortina, j'avais bon espoir que les Italiens ne soient pas aussi colonisés que les voisins français. Mauvais départ avec Mariah Carey (pourquoi elle?) dans le spectacle d'ouverture mais au défilé des athlètes, ingénieusement présenté à quatre endroits différents, les noms des pays étaient affichés en italien, et suivaient l'ordre alphabétique italien. Ainsi, la Hongrie arrivait à la fin de la procession d'athlètes parce que les Italiens écrivent Ungheria.
C'était par moments difficile à suivre, Radio-Canada interrompant souvent la couverture de la cérémonie avec des publicités trop longues, m'obligeant à syntoniser le réseau anglais CBC pour ne pas manquer des pays, ça et là. On aurait aussi pu, par ailleurs, se passer de Serge Denoncourt, qui n'ajoutait pas grand chose au commentaire et qui, de loin, semblait s'ennuyer...
Les choses se sont gâtées au moment des discours officiels. Le premier orateur, Govanni Malago, président du comité national olympique de l'Italie et du comité d'organisation des Jeux de Milan Cortina, a parlé presque uniquement en anglais. Devant les siens, la dignité la plus élémentaire exigeait qu'une portion importante de son allocution soit prononcée en italien, émaillant le reste d'anglais et de français, les deux langues officielles des Olympiques. Le pire, au milieu du discours, il a déclaré qu'il n'avait jamais été aussi fier d'être Italien. Et il l'a dit en anglais seulement! C'était honteux.
L'autre discours appartenait à Kirsty Coventry, présidente du Comité international olympique. Originaire du Zimbabwe, on comprend que sa langue maternelle soit l'anglais mais est-il possible qu'au poste qu'elle occupe, Mme Coventry n'ait pas appris quelques bribes de français pour au moins marmonner l'autre langue officielle des Jeux? Ou encore un peu d'Italien en témoignage de respect pour ses hôtes? Plus tard on a eu droit à une prestation de Charlize Theron, encore en anglais... Une parcelle d'honneur a été sauvée quand le président de l'Italie, Sergio Mattarella, a déclaré les Jeux ouverts en italien.
Et qu'a fait Radio-Canada pendant ces quelques dizaines de minutes d'anglais ininterrompu? Serge Denoncourt semblait traduire ce qu'il pouvait en français, soit parce qu'il avait en main une copie des discours, soit parce qu'il a du talent en interprétation simultanée. J'ai peine à croire que Radio-Canada n'ait pu prévoir un service professionnel d'interprétation pour un événement mondial qui paralyse l'ensemble de sa programmation pour deux semaines complètes. C'était lamentable.
Sur une note positive, la magnifique prestation d'Andrea Bocelli avant l'arrivée de la flamme olympique aura été le moment le plus émouvant des cérémonies d'ouverture. Sa voix portait en elle l'âme de l'Italie. Frissons, mouchoir à la main. Et que dire de la vasque olympique, assurément la plus belle et la plus spectaculaire que j'aie vu au fil des décennies. Chapeau aussi aux Italiens pour la coordination quasi parfaite de quatre emplacements différents à l'ouverture des Jeux.

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