21 février 2026...
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| capture d'écran du site Web du Journal de Québec (voir lien en bas de page) |
Quoi? Interdire à la presse québécoise de poser des questions en français à Marie-Philip Poulin après la défaite crève-coeur contre les États-Uniennes? Au début j'ai cru qu'il s'agissait d'une nouvelle bourde des organisations olympiques du Canada. C'aurait bien pu. Dans les grandes ligues sportives Canadian (et même québécoises) et au sein des fédérations olympiques Canadian, les joueurs et joueuses francophones doivent le plus souvent laisser leur langue au vestiaire.
Cette fois cependant, le French-bashing (si c'en fut une manifestation) émane du personnel du comité international olympique (CIO). Quand le journaliste Guillaume Lefrançois de La Presse a voulu poser une question à la capitaine beauceronne de l'équipe féminine de hockey lors d'une mêlée de presse après le match contre les États-Unis, le représentant du comité organisateur des Jeux lui a interdit de parler français. En anglais ou en Italien, SVP!
Évidemment c'est scandaleux. Le français reste la première langue officielle des Jeux Olympiques depuis 1896, même si, aux Jeux de Milano Cortina, la langue de Molière a été littéralement effacée de l'affichage, des communications et de l'animation sur les sites de compétition. Enfin, on aura bien l'occasion de revenir là-dessus à l'avenir. Pour le moment, il s'agit de l'interdiction de parler français faite à Marie-Philip Poulin et aux reporters québécois présents.
Après une protestation officielle de La Presse, les excuses du CIO étaient tout au mieux lamentables. On a cru, apparemment, qu'il n'y avait pas de traduction française disponible, ce qui était faux. L'équivalent olympique du très Canadian «Sorry I don't speak French»... Je me suis demandé quelle langue on imposait aux athlètes d'autres pays dans les mêmes circonstances mais je n'ai rien trouvé d'utile. Interdit-on à un athlète ou un journaliste chinois de poser ou de répondre à une question dans sa langue? Et l'espagnol? Et l'allemand?
Quelle que soit la réponse, les technologies modernes permettent de traduire plus ou moins correctement à peu près toutes les langues de la planète, à plus fort titre une langue internationale comme le français (qui rappelons-le, reste la première langue officielle des Jeux Olympiques). Que l'on puisse suivre les skieurs sur les pistes avec une armada de drones mais s'avérer incapable de traduire une question posée en français relève du plus pur ridicule.
Mais je me permets d'ajouter une remarque. J'ai été journaliste durant l'ensemble de ma vie professionnelle, et j'ai toujours cru que les artisans de l'information étaient des humains combatifs, toujours prêts à défoncer les portes verrouillées. Plusieurs risquent même leur vie dans des zones de guerre. Parlez-en à Reporters sans frontières. Alors je pose la question: les journalistes de La Presse, du Journal de Montréal, de TVA ou de Radio-Canada n'auraient-ils pas pu balayer du revers de la main cette ridicule interdiction et poser tout de même leurs questions en français, au risque de se faire couper le micro?
Originaires d'un pays où les incidents linguistiques font partie du pain quotidien, nos journalistes n'auraient pas dû se laisser intimider par les autorités des Jeux de Milan. Avoir insisté et protesté sur place, devant les caméras et micros de la planète, aurait donné de meilleurs résultats qu'une plainte officielle après que tout est fini. N'a-t-on pas vécu à genoux assez souvent dans cette fédération canadienne depuis toujours anglo-dominante? Faut-il s'incliner partout? Et cela vaut pour les athlètes francophones itou. Marie-Philip Poulin était en position de force à cette mêlée de presse. Personne n'aurait osé l'empêcher de répondre en français. Telle interdiction aurait fait le tour du globe.
J'ose espérer que le jour où le Québec participera comme entité souveraine aux compétitions olympiques, un jour pas trop lointain j'espère, notre comité olympique bien à nous s'assurera que des incidents à la Marie-Philip Poulin ne se produiront plus. Et que tous ces joueurs, hommes et femmes, que l'on a exclus des équipes Canadian puissent se retrouver sur un podium sous le fleurdelisé.
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