vendredi 13 février 2026

Terrebonne... Les enjeux...

13 février 2026...



La décision d'annuler la victoire de la candidate libérale à l'élection de 2025 dans la circonscription fédérale de Terrebonne, prise aujourd'hui par la Cour suprême du Canada, n'ouvre pas la porte à une élection partielle comme les autres.

Les partis politiques se jetteront à corps perdu dans cette lutte que le Bloc québécois avait perdu l'an dernier par un seul vote. On sait que Mark Carney demandera aux électeurs québécois de l'aider à se rapprocher du mandat majoritaire qu'il juge nécessaire pour mener à bien la résistance contre la bande à Trump, et que cet appel à l'unité pan-canadienne servira à roder le sabotage fédéral de la campagne péquiste à l'automne et d'un éventuel référendum.

Si la menace américaine devient le principal enjeu de l'élection dans Terrebonne, les libéraux ont d'excellentes chances de gagner, et ce, par bien plus qu'une seule voix. Le Bloc et les autres oppositions auront beau faire valoir avec raison que la statut minoritaire du gouvernement actuel n'a pas nui à ses négociations avec le fou de la Maison Blanche, Trump continue d'énerver tout le monde avec ses menaces récurrentes d'annexer ou d'envahir le Canada (et donc le Québec).

Non, le talon d'Achille du Parti libéral, et des autres partis fédéralistes, réside ailleurs. Au-delà des solides taloches que devra asséner le Bloc québécois dans le débat sur les rapports avec les États-Unis et le reste de la planète, les ténors indépendantistes à Ottawa devront porter à l'avant-plan les priorités québécoises, notamment en matière de défense de la langue française et de laïcité.

Il faudra rappeler tous les jours que chaque vote libéral est un vote pour une candidate ou un candidat qui soutiendra le gouvernement Carney dans ses efforts pour contrer la loi 21 sur la laïcité de l'État et la loi 96 sur le français langue commune du Québec. Et souligner que les juges de la Cour suprême appelés à statuer sur la validité constitutionnelle de ces lois québécoises sont nommés par le premier ministre du Canada et que leurs jugements seront fondés sur les valeurs Canadian de la Charte de 1982, imposée au Québec par le Canada anglais après la nuit des longs couteaux.

Quand le temps viendra d'en découdre avec le Québec, Carney et ses collabos du Québec diront ce qu'ont toujours dit leurs prédécesseurs depuis les années 1960 et en particulier depuis la première victoire du PQ en 1976: que nos députés libéraux à Ottawa sont élus comme vos députés à l'Assemblée nationale par le peuple québécois, qu'ils ont la même légitimité et qu'ils sont tout aussi représentatifs de l'humeur de l'opinion publique du Québec.

Ce qu'on nous dit, essentiellement, c'est qu'en votant libéral (ou conservateur, ou NPD) l'électeur québécois appuie ce que ce parti représente, y compris l'unité Canadian, le multiculturalisme et le bilinguisme à la sauce fédérale. Une mixture parfaite pour accélérer le déclin du français partout, y compris au Québec, torpiller les valeurs québécoises qui contredisent la Charte canadienne, apaiser les craintes des Rhodésiens du West Island, et ultimement, sonner le glas du Québec français et laïc que la nation espère.

Quand on examine de près les 28 députés libéraux élus sur l'île de Montréal et dans la couronne, il n'y a pas rien pour rassurer les francophones. Le nombre d'élus de la majorité historique francophone est réduit à huit sur 28, contre cinq issus du Québec anglophone et 17 de ce que les médias aiment appeler «la diversité». Plusieurs de ces députés sont de vibrants défenseurs des revendications anglo-québécoises. Anthony Housefather a été le seul député de la Chambre des communes à voter contre la nouvelle Loi fédérale sur les langues officielles. Aucun de ces 28 députés n'est monté au front pour défendre les mesures québécoises de promotion de la langue française.

Les électeurs francophones de Vaudreuil et de St-Léonard-St-Michel, en majorité francophones, ont élu des députés qui donnent l'anglais comme langue première à la Chambre des communes. Si l'on passe en revue les antécédents scolaires des 28 élus libéraux, on recensera plus de 20 diplômes des universités McGill et Concordia, contre une dizaine de l'Université de Montréal et de l'UQAM.

Non, l'élection partielle de Terrebonne ne doit pas être monopolisée par le conflit avec les États-Unis. Tous les partis peuvent s'entendre là-dessus, comme ils le font depuis le début de 2025. Il faut que les électeurs de Terrebonne s'interrogent sur les positions que prendra le nouveau ou la nouvelle élue dans les dossiers qui, de plus en plus, mettent l'existence même de la nation québécoise en jeu. Quand une majorité francophone élit un député libéral et que par la suite, ce dernier se range du côté des adversaires de la majorité francophone du Québec, il est trop tard. 


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