mardi 10 février 2026

Pourquoi pas un sac sur la tête et une canne blanche, tant qu'à y être?

10 février 2026...

Capture d'écran d'un texte du Devoir. Lien en bas de page.



Dans le préambule de la Charte des droits et libertés de la personne on peut lire qu'au Québec, «l'égalité entre les hommes et les femmes» constitue l'un des fondements «de la justice, de la liberté et de la paix».

L'article 10 ajoute que les droits et libertés garantis par la Charte québécoise doivent être exercés «en pleine égalité», «sans distinction, exclusion ou préférence» fondée sur la religion.

C'est clair, non?

Comment la Fédération des cégeps peut-elle alors demander qu'on tolère dans les institutions collégiales le port du voile intégral (le niqab ou la burqa)?

Selon les bonzes de la Fédération, l'obligation de découvrir son visage, mesure prévue dans la Loi 9 sur le renforcement de la laïcité, risque de «priver certaines femmes d'accès à des services et à des activités éducatives» en plus de menacer «l'autonomie des cégeps».

Décidément, les bonzes de nos collèges ne se sont pas donnés la peine de consulter la Charte des droits et libertés de la personne. L'égalité des hommes et des femmes est la base, le fondement de l'édifice.

À cet égard le voile intégral, au-delà du fait qu'il s'agisse d'un signe religieux, constitue d'abord et avant tout une démonstration publique de l'oppression et de l'infériorisation de la femme musulmane.

On pourrait affirmer que le même principe devrait s'appliquer aux étudiantes coiffées d'un hijab ou d'un foulard. mais le gouvernement québécois continue pour le moment de les tolérer, ainsi que d'autres signes religieux portant moins atteinte à l'égalité homme-femme.

Aucun argument de la Fédération des cégeps ne peut annuler ou réduire l'égalité entre les hommes et les femmes. L'autonomie que les collèges réclament ne confère par le droit de violer la Charte, qui a une valeur quasi constitutionnelle.

Il y a de quoi s'étouffer quand on entend la directrice générale de la Fédération des cégeps, Marie Montpetit, prétendre que l'obligation du visage découvert menace «les valeurs d'inclusion» que prône le réseau collégial. 

Il faudra un jour que ces prédicateurs de la tolérance multiculturelle m'expliquent comment le fait pour une femme musulmane de se cacher le visage, par choix ou le plus souvent par obligation, constitue un geste d'inclusion. C'est plutôt un geste de soumission aux règles imposées par des hommes intégristes et obscurantistes.

La Fédération des cégeps veut même continuer d'avoir le droit d'aménager des salles de prière où certaines religions (l'islam, notamment) dictent qu'on sépare les hommes et les femmes. Comme en Alabama, jadis, on l'on expédiait les Noirs au fond des autobus...

Si j'ai bien compris, nos augustes dirigeants des cégeps, des lieux par excellence de liberté et de haut savoir, demandent de permettre qu'on bafoue en milieu scolaire le droit des femmes à l'égalité et, par conséquent, toutes les libertés fondamentales qui en découlent. Permettraient-ils à quelque imam d'obliger des étudiantes à se promener avec un sac sur la tête et une canne blanche?

En interdisant le voile intégral, on ne limite pas l'accès aux études supérieures aux femmes musulmanes. Pas du tout. On y limite l'accès des signes d'inégalité et d'oppression qu'elles doivent ou qu'elles choisissent de porter. Laïcité 101.

-----------------------



Aucun commentaire:

Publier un commentaire