1er mai 2026...
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| capture d'écran du site Web Le Devoir |
Il fut un temps où le 1er mai, fête internationale des travailleurs, servait de tremplin aux organisations syndicales et populaires en lutte pour augmenter et affirmer les droits de la classe ouvrière. Ces jours-ci, du moins au Québec, les mobilisations du 1er mai semblent viser davantage à combattre un «recul inquiétant» des acquis. On est passé de l'attaque à la résistance.
Ce n'est pas un hasard si les nouvelles sanctions trumpiennes contre Cuba ont été annoncées le 1er mai. Au même moment, selon l'Agence France-Presse, des millions de Cubains étaient dans la rue pour dénoncer le blocus américain et le siège énergétique. Devant l'ambassade américaine à La Havane, le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a qualifié les actions états-uniennes de «génocidaires». Cette ténacité du peuple cubain face aux menaces du richissime géant d'à-côté incarne ce qu'il y a de mieux dans l'esprit du 1er mai.
Il y a quelque chose d'obscène à regarder sans intervenir pendant que des milliardaires privent les plus démunis du peu qu'ils possèdent. Les syndicats et organisations de gauche d'ici doivent bien sûr poursuivre leurs luttes pour les droits des travailleurs d'ici, mais comment ne peuvent-ils pas crier sur tous les toits leur indignation devant les tentatives américaines d'écraser Cuba? L'ennemi des Cubains est aussi le nôtre. La solidarité exige tout au moins de dénoncer le silence relatif du Québec et du Canada devant ce qui pourrait devenir un génocide.
Alors qu'Ottawa débloque 25 milliards $ pour des grands projets destinés à enrichir les plus riches d'ici, des dizaines de milliards pour emplir les poches des grandes entreprises qui construiront des avions et des sous-marins, on n'a pu trouver que 8 petits millions de dollars dans quelque fond de tiroir pour «améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des Cubains vulnérables». Comprendre: pour les empêcher de mourir de faim à cause du blocus de Trump.
En ce 1er mai 2026, on voit le peuple cubain souffrir. On le voit résister dans la mesure où il le peut. On l'entend crier à l'aide... dans ce monde immobile. On voit un président criminel et sa clique d'oligarques s'acharner à étouffer l'île rebelle qui accueille à bras ouverts, tous les hivers, des dizaines de milliers de nos amis et concitoyens. Chaque minute de plus où nous ne faisons rien pour aider les travailleurs cubains nous rend complices des actions de nos voisins du Sud.
So-so-so solidarité ???

