vendredi 1 mai 2026

Le 1er mai... SOS Cuba...

1er mai 2026...

capture d'écran du site Web Le Devoir

Il fut un temps où le 1er mai, fête internationale des travailleurs, servait de tremplin aux organisations syndicales et populaires en lutte pour augmenter et affirmer les droits de la classe ouvrière. Ces jours-ci, du moins au Québec, les mobilisations du 1er mai semblent viser davantage à combattre un «recul inquiétant» des acquis. On est passé de l'attaque à la résistance.

Face à un capitalisme débridé soutenu par l'État, les droits ouvriers se font piétiner partout. L'affiche de la CSN ci-dessous privilégie d'ailleurs ce thème pour le 1er mai 2026. Mais les droits ne sont pas piétinés de la même façon partout. Ici, la solidarité populaire et syndicale s'attaque aux injustices sociales et économiques les plus criantes. Ailleurs sur cette la planète, ça demeure ou ça devient un combat pour la survie tout court des plus pauvres et des plus exploités.

Aujourd'hui, le président américain Donald Trump, agissant au nom de sa petite bande de multi-milliardaires, s'en est de nouveau pris au peuple cubain en durcissant les sanctions ininterrompues depuis 1962 contre son petit voisin d'à peine 10 millions d'habitants. Le pays le plus riche de la Terre tente d'étouffer et d'affamer un peuple dont le seul crime aura été de brandir l'étendard du socialisme à 150 km des côtes de la Floride.

Trump et ses assassins veulent clairement renverser le régime et redonner Cuba aux exploiteurs qui le ravageaient jusqu'à l'arrivée de Castro en 1959. Et pour réussir, ils sont prêts à tous, y compris violer toutes les lois américaines et le droit international. Blocus sans pitié du carburant, restrictions de tout genre, pénurie de nourriture et de soins de santé, menace constante d'invasion militaire, tout est permis pour écraser la volonté populaire de résistance.



Ce n'est pas un hasard si les nouvelles sanctions trumpiennes contre Cuba ont été annoncées le 1er mai. Au même moment, selon l'Agence France-Presse, des millions de Cubains étaient dans la rue pour dénoncer le blocus américain et le siège énergétique. Devant l'ambassade américaine à La Havane, le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a qualifié les actions états-uniennes de «génocidaires». Cette ténacité du peuple cubain face aux menaces du richissime géant d'à-côté incarne ce qu'il y a de mieux dans l'esprit du 1er mai.

Il y a quelque chose d'obscène à regarder sans intervenir pendant que des milliardaires privent les plus démunis du peu qu'ils possèdent. Les syndicats et organisations de gauche d'ici doivent bien sûr poursuivre leurs luttes pour les droits des travailleurs d'ici, mais comment ne peuvent-ils pas crier sur tous les toits leur indignation devant les tentatives américaines d'écraser Cuba? L'ennemi des Cubains est aussi le nôtre. La solidarité exige tout au moins de dénoncer le silence relatif du Québec et du Canada devant ce qui pourrait devenir un génocide.

Alors qu'Ottawa débloque 25 milliards $ pour des grands projets destinés à enrichir les plus riches d'ici, des dizaines de milliards pour emplir les poches des grandes entreprises qui construiront des avions et des sous-marins, on n'a pu trouver que 8 petits millions de dollars dans quelque fond de tiroir pour «améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des Cubains vulnérables». Comprendre: pour les empêcher de mourir de faim à cause du blocus de Trump.

En ce 1er mai 2026, on voit le peuple cubain souffrir. On le voit résister dans la mesure où il le peut. On l'entend crier à l'aide... dans ce monde immobile. On voit un président criminel et sa clique d'oligarques s'acharner à étouffer l'île rebelle qui accueille à bras ouverts, tous les hivers, des dizaines de milliers de nos amis et concitoyens. Chaque minute de plus où nous ne faisons rien pour aider les travailleurs cubains nous rend complices des actions de nos voisins du Sud.

So-so-so solidarité ???