vendredi 8 mai 2026

Ville amie des oiseaux / Bird Friendly City...

8 mai 2026...



Ma ville - celle qui ne lève pas un petit doigt pour la défense d'une langue française en péril sur son territoire - n'a ménagé aucun effort pour voler au secours des oiseaux et obtenir de Nature Canada son statut bilingue de Ville amie des oiseaux/Bird Friendly City

Devant une grosse pancarte bilingue/bilingual, flanquée de la ministre fédérale de l'Environnement Julie Dabrusin et de la députée fédérale de Pontiac-Kitigan Zibi, Sophie Chatel, la mairesse Maude Marquis-Bissonnette a participé cette semaine à la cérémonie honorant les multiples efforts de la ville de Gatineau «pour protéger les oiseaux et leurs habitats».

Ma ville, qui ne semble pas avoir la moindre idée du danger que court chez elle l'unique langue officielle du Québec, a volontiers participé avec L'équipe Gatineau - Ville amie des oiseaux à la réalisation d'une «vaste compilation des initiatives, politiques et projets déjà en place, mettant en lumière l'ampleur du travail accompli au fil des ans pour soutenir le bien-être des oiseaux en milieu urbain». Tout ça pour répondre aux 40 «critères rigoureux» établis pas Nature Canada...

Ma ville, qui s'est fait gronder par l'OQLF pour son slogan raté On passe au BOLD en 2024, qui est restée muette comme une carpe devant la récente campagne Bleisure de Tourisme Outaouais, jacasse maintenant comme une pie avec Nature Canada, un organisme anglo-dominant, financé par Environnement Canada, proche de la Commission de la capitale nationale (celle d'Ottawa), avec un site Web où le français traduit laisse trop souvent à désirer (voir image ci-dessous).

capture d'écran  du site Web de Nature Canada


Les membres du conseil municipal de ma ville, qui se terrent au fond de leur chaise pour éviter de discuter du drame linguistique qui se déroule sous leurs yeux, se sont levés d'un seul bond en avril 2025 pour adopter une résolution unanime enjoignant la municipalité à soumettre la candidature de Gatineau à Nature Canada. Plus facile d'aimer les p'tits oiseaux qu'une collectivité francophone en péril. Le centre-ville s'anglicise d'ailleurs à vue d'oeil en bonne partie à cause des décisions des élus municipaux.

Ma ville est québécoise, mais ça paraît de moins en moins. À preuve cette affaire d'association à Nature Canada, un organisme clairement lié au gouvernement canadien, ainsi qu'en atteste la présence de la ministre fédérale de l'Environnement, hier. Le gouvernement québécois autorise-t-il ces rencontres officielles entre Gatineau et des représentants fédéraux? Ou considère-t-on désormais Gatineau comme une extension de la capitale fédérale avec un statut semi-autonome?

Je ne dispute pas le besoin de protéger les oiseaux et, plus généralement, l'environnement. Il y avait à Gatineau un problème visible. On l'a vu. On a agi pour tenter de le régler. Et on suit le dossier de près. Mais il y a aussi à Gatineau un grave problème linguistique. On le voit dans les recensements, dans les rapports de l'OQLF, dans la rue. Mais on ne tente pas de le régler. On n'avoue même pas son existence. Les combattants pour l'environnement se transforment trop souvent en colonisés, ici, quand vient le temps d'agir pour protéger et promouvoir le français.

En 2050, ou avant, au train où vont les choses, on entendre de plus en plus souvent: French is for the birds...



capture d'écran du site Web de Gatineau


1 commentaire:

  1. J'ai vécu la moitié de ma vie à Gatineau, mais je ne m'y fait toujours pas. Je ne suis pas pressé de mourir, même si je sais bien que cela arrivera un jour. J'espère seulement que ce ne sera pas ici, mais à Maniwaki. Gatineau me donne parfois envie de vomir...

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