2 mars 2026...
Attachez vos ceintures. Le cirque arrive dans la capitale fédéral le 23 mars, pour un super spectacle de quatre jours. En effet, dans trois semaines, une horde d'individus, d'organisations, de commissions scolaires (English Montréal en tête) et de gouvernements y compris celui d'Ottawa, déferlera sur la Cour suprême du Canada pour essayer de torpiller la Loi québécoise sur la laïcité de l'État (Loi 21).
Soyez avertis. Ce ne sera pas beau à voir. Les ennemis de la laïcité mode québécoise attendent cette occasion depuis des années. Ils seront plus nombreux que les défenseurs de la Loi 21 et si le passé est garant de l'avenir, le Québec Bashing figurera au menu. Il nous faudra un estomac fort pour digérer les procès d'intention et les calomnies parfois haineuses qu'on proférera pour convaincre les juges suprêmes de charcuter le contenu de la Loi sur la laïcité et limiter le droit constitutionnel du Québec d'utiliser la clause dérogatoire (article 33 de la Charte des longs couteaux).
La mise en scène est parfaite pour humilier le Québec, une nouvelle fois à genoux devant huit juges (nommés par Ottawa) assujettis à la Constitution de 1982, celle qu'on a imposée au Québec contre sa volonté après un complot nocturne teinté de trahison. Vous pensez ces juges indépendants et impartiaux? Simon Jolin-Barrette l'affirme, mais j'ai peine à croire à une telle naïveté. N'oubliez pas que le neuvième juge, qui s'est récusé, était président de l'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) au moment où cette dernière lançait sa contestation judiciaire de la Loi québécoise sur la laïcité...
Des relents du vieux racisme impérial britannique subsistent toujours au Canada anglais en ce début de 21e siècle, hérité d'une intolérance historique à l'endroit de l'irritante nation francophone qui refuse de s'avouer vaincue et tente toujours d'affirmer sa langue et ses valeurs. Ces préjugés teintés de supériorité ont été transmis au fil des ans aux collectivités, peu importe l'origine, que la majorité Canadian a anglicisées depuis la Conquête ou qui sont présentement en voie d'anglicisation, y compris au Québec. Pour un grand nombre d'anglophones et d'anglicisés du Canada et du Québec, les francophones de souche demeurent encore aujourd'hui inférieurs, moins civilisés, moins tolérants, etc. Lisez Lord Durham. Vous verrez.
Les ennemis de la Loi 21 et des valeurs qu'elle sous-tend n'arrivent pas devant la Cour suprême en contestant uniquement le libellé ou l'effet de certains articles. Au nom de la supériorité des valeurs et de la moralité qu'ils défendent, ils contestent le droit, pour la «tribu» québécoise, de pouvoir édicter des lois qui heurtent leurs nobles principes et leurs traditions. Le fait que la quasi-totalité des provinces canadiennes et le fédéral aient piétiné la langue et les valeurs québécoises et canadiennes-françaises ne les offusque pas. Au contraire. Lisez les commentaires après les textes médiatiques qui traitent de ce genre de chose. On comprend vite que les propos haineux et racistes envers le français et le Québec sont à peu près les seuls qui soient tolérés au Canada.
Alors quoiqu'en dise le gouvernement de la CAQ, quoiqu'il en pense, le Québec arrive démuni devant la Cour suprême du Canada. En reconnaissant la légitimité des juges d'Ottawa, les procureurs québécois ont déjà accepté la légitimité de leur décision s'ils envoient paître la Loi 21 ou taillent en pièces le droit d'utiliser la clause dérogatoire. Cela ne signifie pas que Québec doive nécessairement perdre sa cause. Il reviendra peut-être d'Ottawa avec une victoire totale, quoique j'en doute. Peut-être quatre jours d'injures et de remontrances seront-ils suffisants pour satisfaire la meute dans l'esprit des magistrats.
Mais le fond du problème reste entier. Si la Loi 21 sur la laïcité de l'État survit aux contestations judiciaires, ce sera uniquement parce que les juges d'Ottawa l'auront permis. Le droit pour le Québec de décider seul de l'avenir de sa langue et de sa laïcité est compromis. Reconnaître la compétence des juges d'Ottawa, c'est accepter une soumission permanente à la Constitution des longs couteaux et aux juges suprêmes du Canada anglais. Si ces derniers consentent à permettre notre État laïc et notre recours irritant au nonobstant, il ne nous restera qu'à dire poliment merci-thank-you pour cette faveur accordée, en attendant la prochaine fois et l'inévitable coup de massue qui finira, un jour, par nous remettre pour de bon à notre place...
J'espère que le PQ et Paul St-Pierre Plamondon prendront des notes les 23, 24, 25 et 26 mars. S'ils sont élus avec une majorité en octobre, la soumission judiciaire du Québec doit devenir un enjeu prioritaire. Surtout si un référendum se pointe à l'horizon...

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