jeudi 19 mars 2026

Le bonheur de vivre au Québec...

19 mars 2026...

capture d'écran du site Web de La Presse, 19 mars 2026


Je ne sais pas à quel point on peut se fier à cet indice planétaire de bonheur que publie tous les ans la maison de sondage Gallup, mais les résultats des dernières années donnent matière à réflexion. 

D'abord, en regardant le tableau ci-haut, on ne peut manquer de constater que le Canada figure au 25e rang mondial, une dégringolade de 20 positions au classement depuis 2015, alors que le pays occupait la 5e place... Mais les résultats sont pires pour le Canada anglais qui, sans la présence du Québec, se retrouverait en 35e position!

En effet, en matière de bonheur, les Québécois concurrencent les champions du monde. En 2026, le Québec partage le 5e rang du palmarès planétaire avec la Suède, n'étant devancé que par la Finlande, l'Islande, le Danemark et le Costa Rica. Et la performance du Québec ne fait que s'améliorer au sein du top 10, étant passée de la 8e position en 2022 au 6e rang l'an dernier.

Si l'écart entre le Québec et le Canada anglais était le moindrement semblable en 2015, quand le Canada occupait le 5e rang mondial, il y a fort à parier que les Québécois oscillaient alors tout près du sommet. 

Selon Le Devoir (lien en bas de page), le rapport 2026 de la maison Gallup signale que «l'utilisation intensive des réseaux sociaux sur Internet contribue à une forte baisse du bien-être chez les jeunes». Passer de longues heures à parcourir les réseaux sociaux aurait à la longue un effet dépressif sur l'indice de bonheur, y compris dans les pays occidentaux à revenus plus élevés. Les ados les plus heureux seraient ceux qui passent moins d'une heure par jour sur les réseaux sociaux. Ainsi, après 30 années d'Internet, et l'omniprésence de ses dérivés, le poids du monstre numérique se fait sentir.

Mais il est difficile de croire que ce facteur explique à lui seul les écarts entre le Québec et le Canada anglais. L'usage des réseaux sociaux serait-il si différent entre francophones et anglophones au Québec et au Canada? Cela me semble difficile à croire. Au sujet de la Finlande, qui domine le classement, on évoque «l'existence d'un État-providence qui protège les citoyens contre les risques de récession, et une espérance de vie en bonne santé».  Le degré d'atteinte de l'État-providence varie entre les provinces, mais pas tant que ça, et l'espérance de vie est la plus élevée au Québec, mais encore... Est-ce suffisant? Pas sûr...

Le président finlandais affirme pour sa part: «Je ne pense pas qu'il existe une formule magique, mais il est utile d'avoir une société qui aspire à la liberté, à l'égalité et à la justice.» Voilà, par contre, une piste intéressante. Le Québec, plus que le reste du pays, forme une «société», certains diraient une nation, ayant une certaine cohérence, portée par des valeurs historiquement partagées et des aspirations centenaires à la liberté, à l'égalité et à la justice. Les relents de l'impérialisme britannique, l'anti-américanisme et le multiculturalisme débridé du Canada anglais (par ailleurs américanisé sur le plan culturel) ne me semblent pas un socle très solide sur lequel ériger un indice de bonheur triomphant. Surtout depuis le début de l'ère Trump. Enfin, de mon point de vue...

L'économiste Christopher Barrington-Leigh, professeur à McGill, cité dans La Presse, abonde dans ce sens, du moins pour expliquer la situation au Québec. «Il y a une cohésion au sein de la société québécoise. Et peut-être aussi que l'un des facteurs qui cimentent cette société, c'est le sentiment de vivre sur une île francophone en Amérique du Nord».

Quoiqu'il en soit, il serait intéressant d'entendre les analyses de nos sociologues, psychologues et philosophes sur les motifs pour lesquels les Québécois seraient plus heureux que leurs concitoyens des provinces à majorité anglaise.

Quant à moi, je vis cette différence à chaque fois que je traverse la rivière des Outaouais entre Ottawa et Gatineau. Dès que je franchis les chutes Chaudière et que l'un des ordinateurs de ma voiture me dit tout en douceur «Bienvenue au Québec», je sens mon indice de bonheur bondir. À bien y penser, je suis nettement plus heureux de mon côté de la rivière. Au Québec. 

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Lien au texte du Devoir - Le Canada glisse au 25e rang dans le Rapport mondial sur le bonheur - https://www.ledevoir.com/actualites/societe/965076/canada-glisse-25e-rang-rapport-mondial-bonheur

Lien au texte de La Presse - Les Québécois ont-ils trouvé la recette du bonheur? - https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2026-03-19/les-quebecois-ont-ils-trouve-la-recette-du-bonheur.php

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