jeudi 26 mars 2026

Devant l'hésitation du PQ, je dis bravo!

26 mars 2026...

capture d'écran du Devoir

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L'Assemblée nationale du Québec a adopté à la quasi-unanimité ce matin une motion demandant la démission du président d'Air Canada, Michael Rousseau. Le message de condoléances unilingue anglais (sauf pour «bonjour» et «merci») après le décès du pilote québécois Antoine Forest à l'aéroport La Guardia de New York a évidemment suscité l'indignation générale chez les francophones d'ici.

La motion de condamnation de l'Assemblée nationale était prévisible. Comme d'habitude, dans des circonstances où le français est attaqué, la nation fait corps, peu importe les allégeances politiques. Cette fois, cependant, le Parti québécois a presque fait faux bond, son chef Paul St-Pierre Plamondon ayant annoncé la veille que les députés péquistes enregistreraient leur abstention au moment du vote.

Ils se sont finalement ralliés aujourd'hui, craignant que leur abstention soit interprétée comme un vote contre la motion de blâme. C'était sans doute la seule issue pour le PQ, sur le plan stratégique. Mais son hésitation était pleinement justifiée. M. St-Pierre Plamondon avait entièrement raison d'affirmer qu'une motion même unanime de l'Assemblée nationale ne donnerait aucun résultat.

Cela n'a pas été formulé aussi clairement que je l'aurais souhaité, mais tout de même. Le message est convaincant. Dans un contexte où ces demandes restent toujours sans effet, peu importe le gouvernement qui les formule, le PQ conclut que «le Canada est irréformable», tout comme Air Canada que le Commissaire aux langues officielles blâme tous les ans depuis des décennies.

Le député Joël Arseneau a poussé cet argument à sa conclusion logique aujourd'hui. Les hauts cris justifiés des Québécois resteront des hauts cris et rien de plus dans un Canada où ils sont et resteront minoritaires. «Alors on en tire les conclusions, dit M. Arseneau. C'est pour ça qu'on est ici pour promouvoir l'indépendance, c'est la raison de notre engagement politique

La porte ouverte par M. St-Pierre Plamondon dans ce débat doit devenir la clé de l'argumentaire du Parti québécois (et du Bloc) sans tarder. Il faut insister: si nous avions notre pays français, nous pourrions prendre nos propres décisions au lieu de devoir s'indigner sans succès à coups de motions unanimes contre des situations crées et défendues par la majorité anglo-canadienne.

Si un Québec souverain avait son propre transporteur aérien, son président parlerait français. Le Québec n'aurait pas à s'agenouiller devant une Cour suprême nommée par Ottawa. Il adopterait sa propre constitution, au lieu de se faire imposer une Charte des longs couteaux. Chialer en choeur dans un régime où les décisions se prennent toujours ailleurs ne donne rien. Il faut en sortir. Il n'y a pas d'autre moyen.

Les Michael Rousseau, il y en aura bien d'autres. Mark Carney et ses rédacteurs anglophones de Toronto continueront de nous faire croire que c'est pour notre bien. Les motions unanimes de l'Assemblée nationale ne doivent pas cesser comme moyen de formuler nos protestations et nos aspirations, mais avouons-le: elles restent aussi une expression de notre impuissance collective.

À l'hésitation du PQ devant la motion Michael Rousseau, je dis bravo! À son ralliement de dernière minute, je dis bravo! Nous voilà sur la bonne voie...

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Voir aussi mon texte de blogue Vous êtes pas tannés de chialer... - https://lettresdufront1.blogspot.com/2026/03/vous-etes-pas-tannes-de-chialer.html

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