30 mars 2026...
Avant-hier, j'ai publié sur mon blogue un texte dénonçant l'emploi du néologisme anglais bleisure (contraction de business et pleasure) dans le titre d'une publicité de Tourisme Outaouais en page 5 du Devoir du samedi 28 mars. Voir le lien à ce billet en bas de page.
Mon commentaire a été vu par près de 2000 abonnés de Facebook et X-Twitter et a suscité des centaines de réactions d'internautes, dans la région et un peu partout au Québec. Je m'attendais à une mini-levée de boucliers, un peu comme ce fut le cas pour le slogan On passe au BOLD de la ville de Gatineau en 2024, mais après 48 heures c'est le silence total.
Je n'au vu au sein du public aucun élan de protestation pour défendre cette insulte à la langue française. Aucune explication ne semble avoir été fournie par Tourisme Outaouais pour ce massacre linguistique. Et bien sûr, comme d'habitude, aucun membre de notre anémique conseil municipal n'a élevé la voix pour remettre les pendules à l'heure...
Faut-il s'en désoler. Oui! Faut-il s'en surprendre? Non!
Il y a quelques semaines, la ville de Dieppe, au Nouveau-Brunswick avait adopté une stratégie détaillée pour contrer la diminution du nombre de résidents ayant le français comme langue maternelle. L'objectif était de créer un environnement propice à la vitalité du français dans cette municipalité majoritairement acadienne.
La semaine dernière, le 25 mars, reconnaissant que la situation du français s'était détériorée dans la métropole, la mairesse Soraya Martinez Ferrada a profité du Mois de la francophonie pour dévoiler un plan d'action quinquennal (2026-2030) ayant pour objectif de valoriser la langue française à Montréal.
Le Mois de la francophonie se termine demain 31 mars et à Gatineau, où la détérioration du français atteint des proportions alarmantes, presque catastrophiques au centre-ville, la mairesse Maude Marquis-Bissonnette et son conseil municipal ont annoncé... rien! RIEN! Pas de constat de l'existence d'un problème, pas de mesures de francisation, pas de conférence de presse... RIEN!
S'étant fait taper sur les doigts pour l'utilisation du mot anglais BOLD dans leur slogan municipal il y a deux ans, les dirigeants de la métropole de l'Outaouais auraient dû être les premiers à intervenir pour rappeler à Tourisme Outaouais que bleisure est non seulement un mot anglais, mais aussi un mot quasi inconnu pour la quasi-totalité de la population, y compris les anglophones.
J'ai cherché sur le site Web de la ville de Gatineau pour trouver une mention du Mois de la francophonie ou de mesures récentes en réaction à l'anglicisation rapide du centre-ville. Je n'ai rien trouvé. Peut-être ai-je cherché avec mes yeux d'homme, comme on dit... Une des pages Web de la ville explique cependant que le centre-ville est «un lieu qui s'inscrit en tant que composante francophone du centre de l'agglomération d'Ottawa-Gatineau»!!!
Avec-vous bien lu? Le centre-ville de Gatineau est devenu une composante de «l'agglomération d'Ottawa-Gatineau». C'est-à-dire une composante du centre-ville d'Ottawa!!! Au rythme du déclin actuel du français dans ce secteur, on pourra bientôt rayer le mot «francophone» de la phrase. Dans notre petit royaume frontalier du vivre-à-genoux, l'idée d'effacer l'appartenance québécoise du coeur de Gatineau trouverait des milliers d'adeptes.
Verra-t-on au moins quelques organismes de défense de la langue française intervenir sur la place publique pour rappeler à la ville de Gatineau ses obligations linguistiques (les mêmes qu'à Montréal) et aussi pour reprocher à Tourisme Outaouais de nous faire passer pour des colonisés avec leur pub anglicisée?
Ah... si Jean-Paul Perreault était toujours président d'Impératif français, les médias se feraient chauffer les oreilles...
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Lien au texte Deux claques en pleine face - https://lettresdufront1.blogspot.com/2026/03/deux-claques-en-pleine-face.html

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