lundi 16 mars 2026

Le Conseil national des musulmans canadiens à l'assaut de la Loi 21...

16 mars 2026...

capture d'écran du site Web du Conseil national des musulmans canadiens



Plus que sept jours avant l'arrivée du cirque de Québec bashing à la Cour suprême du Canada... Lundi prochain, 23 mars 2026, ceux et celles qui ont l'estomac solide pourront s'installer devant le petit écran pour assister à quatre jours d'affilée d'attaques parfois grossières contre la Loi 21 sur la laïcité de l'État québécois. Gardez vos Tylenol extra fortes et vos Gravol à portée de main.

On ne se cachera pas qu'à travers le Québec et le Canada, la majorité des condamnations médiatisées du projet de loi ont ciblé l'interdiction d'un signe religieux en particulier: le port, par les musulmanes, du hijab (voile couvrant cheveux et cou) en milieu de travail. Le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) compte d'ailleurs parmi les parties principales dans cette affaire depuis le début. Sa campagne anti-Loi 21 a débordé largement les frontières québécoises.

Sur son site Web, le CNMC se vante ouvertement d'avoir convaincu les «principaux» partis politiques fédéraux (l'organisme a peu d'estime pour le Bloc québécois, semble-t-il), ainsi que des provinces et des villes «à travers le Canada» d'élever leurs voix contre la laïcité de l'État québécois. En effet, le maire de Brampton, en Ontario, avait même demandé aux 100 plus grandes villes du pays de se joindre à lui pour abattre une loi qu'il juge discriminatoire et raciste. Pas subtil...

Mais sur quoi se fonde le Conseil canadien des musulmans (pas des musulmanes, semble-t-il) pour faire tant de tapage? On pourrait croire à prime abord que l'organisme serait monté aux barricades pour défendre la liberté de choisir ou non de porter le voile en milieu de travail, se fondant sur le droit à la liberté religieuse. Mais non! Nulle part, dans le mémoire du CNMC de 2019 à l'Assemblée nationale ne trouve-t-on quelque mention de la liberté de choix des femmes. 

On peut comprendre le silence du Conseil à ce sujet. Défendre la liberté des femmes de porter le voile implique aussi défendre la liberté des femmes d'enlever le voile. L'un ne va pas sans l'autre. Et cela obligerait le Conseil national des musulmans canadiens à s'attaquer aux pays qui imposent le port du voile et parfois de voiles extrêmes comme le niqab et la burqa, tels l'Iran, l'Arabie saoudite ou l'Afghanistan. J'ai cherché sur le Web (peut-être pas assez) mais je n'ai pas trouvé de déclaration du CNMC attaquant des pays islamiques pour dénoncer l'oppression des femmes...

Le Conseil des musulmans attaque plutôt les fondements de la Loi 21 et affirmant qu'il n'existe aucune preuve d'un lien de cause à effet entre le port d'un signe religieux au travail dans le secteur public, et la neutralité de l'État. Je cite: «Aucune base scientifique ne supporte la croyance que le port de symboles religieux par des enseignants endoctrine les élèves - aucune corrélation entre la présence de symboles religieux et toute forme de prosélytisme passif (ou actif) n'a été démontrée. En fait, les études démontrent plutôt l'inverse.» Le fait qu'aucune de ces études ne soit citée, même pas par un lien en bas de page, laisse planer le doute sur le sérieux de cette allégation.

Le CNMC prétend aussi que le projet de loi contribuera à valider, dans la société, «les sentiments antisémites, islamophobes anti-sikhs et xénophobes». Et voilà, le chat est sorti du sac. L'État québécois propage la haine, le racisme et la xénophobie. Cette loi, affirme le Conseil, «envoie un message clair d'intolérance à la différence, soutenant que ceux qui ne ressemblent pas à la majorité ne devraient pas participer dans la sphère publique.» L'impact, dit-on, serait «dévastateur». Et le refus, souvent haineux, des valeurs (et de langue) historiques et contemporaines de cette nation qui accueille de nouvelles minorités ethniques et religieuses, qu'en est-il? Bruit de criquets...

Enfin, le CNMC dénonce l'utilisation de la disposition de l'article 33 (clause dérogatoire) de la Charte fédérale des longs couteaux pour protéger la Loi 21 contre les contestations judiciaires. Le gouvernement fédéral, auteur de la Charte, partage cette inquiétude et c'est lui qui nomme les juges de la Cour suprême. La Constitution de 1982 a été imposée au Québec par des négociations louches entre Ottawa et les provinces anglaise en pleine nuit. Le résultat, on l'a enfoncé dans la gorge des Québécois, qui ne l'ont jamais ratifié. Cette réalité semble échapper totalement au CNMC, qui raisonne à peu près de la même façon que la majorité anglo-canadienne.

Au-delà de la laïcité de l'État, la Loi 21 défend l'égalité entre les hommes et les femmes, un concept dangereux pour le CNMC. D'ailleurs, les deux seules personnes que son mémoire attaque de front sont des femmes: Djemila Benhabib et Céline Hervieux-Payette. La Loi 21 s'applique à tous et à toutes également, peu importe le sexe, l'origine, les convictions ou les croyances. Dans ce dossier, s'il existe un relent de haine et de xénophobie, il n'émane pas des élus de la majorité francophone...


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