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Dans son Livre blanc (une émanation des récents États généraux de l'Ontario français) rendu public le 1er septembre 2026, l'AFO évoque un scénario démographique qui ferait passer «la population francophone (ontarienne) d'environ 738 000 personnes en 2024 à 1,23 million en 2050». Je n'ai vu aucune contestation de ces chiffres, ce qui me laisse croire que les journalistes ayant couvert cette nouvelle les ont acceptés comme factuels.
La réalité est mieux servie par les recensements fédéraux et les études réalisées par Statistique Canada sur les Franco-Ontariens. Au recensement de 2021, on dénombrait près de 525 000 francophones en Ontario selon le critère de la langue maternelle, et seulement 292 000 en utilisant comme repère la langue la plus souvent parlée à la maison, plus fiable que le précédent. Et ces chiffres sont stagnants ou en baisse - en nombres absolus - depuis une quinzaine d'années.
Les repères délirants utilisés par l'AFO et même ceux du gouvernement ontarien font fi d'une réalité où l'assimilation taille en pièces à tous les ans ce qui reste de l'ancien Ontario français. Dans son tour d'horizon de la situation de la francophonie ontarienne, le Livre blanc de l'AFO ne mentionne pas une seule fois les mots assimilation, anglicisation ou même transferts linguistiques. Aucune analyse, aucune donnée, silence total sur une réalité qui crève pourtant les yeux.
Au contraire, l'AFO tente de faire croire que la décroissance du français en Ontario se situe uniquement dans les proportions, et non dans les chiffres absolus. Que somme toute, il continue à y avoir croissance. Les recensements contredisent cette affirmation. Alors quand l'organisme franco-ontarien dit utiliser des critères qui donnent près de 800 000 francophones en Ontario, on devrait sourciller. Même les chiffres du gouvernement ontarien (plus de 650 000) feraient sourire les experts en démographie linguistique.
L'Assemblée de la francophonie reconnaît implicitement l'agonie des Franco-Ontariens traditionnels en affirmant que «la plus grande part» des ajouts requis pour atteindre «1,23 million de francophones en 2050» (!!!) seront des immigrants. L'AFO ne semble pas au courant que les immigrants francophones ne sont guère plus résistants à l'anglicisation que les Franco-Ontariens de souche canadienne-française. Le taux d'assimilation global, qui dépasse déjà les 40%, ne diminuera pas.
L'objectif de permettre à la francophonie ontarienne de revenir aux proportions de 1971) où elle formait 6% de la population totale de la province est fort louable. Mais ce 6% de 1971 était fondé sur le critère de la langue maternelle. Si on réutilise ce critère en 2026, le point de départ est de 525 000, et non 738 000 (ça vient d'où?). Et dans un contexte d'assimilation oscillant auront de 40%, il faudra soustraire quelque 200 000 anglicisés à ce 525 000. Pour atteindre une proportion de 6%, il faudra en 24 ans trouver 900 000 nouveaux francophones... qui ne s'angliciseront pas...
À Toronto et à Ottawa, les gouvernements de la majorité anglo-ontarienne et de la majorité anglo-canadienne ne gaspilleront longtemps pas des milliards de $ dans un projet qu'ils sauront vite futile. Attendez qu'ils prennent connaissance, l'an prochain, des données du recensement de 2026... Ça ne sera pas beau à voir...
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Liens aux textes du Droit et d'ONFR - https://www.ledroit.com/franco/2026/09/01/la-francophonie-ontarienne-se-donne-un-cap-pour-2050-R74ZMOZHIFA7JLFKNLRYPFKQFQ/ et https://onfr.tfo.org/immigration-services-nord-gouvernance-lafo-veut-transformer-lontario-francais/
Lien au Livre blanc de l'AFO - https://livreblanc.monassemblee.ca


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