mardi 13 mars 2018

Le racisme du Canada anglais...

Le comble de l'ironie... Air Canada célébrant la francophonie en bilingue...


Assez! Assez! Assez! J'en ai marre de voir dans les médias anglo-canadiens, année après année, des accusations de racisme et de xénophobie à l'endroit de notre petite nation francophone au Québec. Rétablissons les faits une fois pour toutes! Nous ne sommes pas racistes, nous sommes victimes de racisme! En dépit d'une lutte sans répit pour notre survie depuis 250 ans, dans un continent où nous sommes une infime minorité, nous avons toujours su être accueillants envers les nouveaux arrivants qui voulaient s'associer à notre cheminement historique.

Les racistes et xénophobes, ce sont ces gens qui détestent notre identité et tentent de nous salir, voire nous rayer de la carte. Le raciste, au sens strict, se considère supérieur aux autres races, vues comme inférieures. Les périodes d'esclavage et d'apartheid aux États-Unis relèvent de ce type de racisme. Dans un sens élargi, un raciste peut se considérer supérieur aux membres d'autres collectivités et nations, envers lesquelles il manifeste intolérance et haine. La persécution des Canadiens français par les Britanniques et Anglo-Canadiens depuis la conquête constitue un cas tout à fait probant.

Vous voulez des preuves? Replongez dans nos manuels d'histoire. Du génocide acadien amorcé en 1755 aux crimes contre l'humanité commis par l'armée britannique contre les Patriotes, du mépris de Lord Durham à l'abolition des écoles françaises dans toutes les provinces à majorité anglophone, du quémandage incessant de droits linguistiques aux luttes tout aussi incessantes devant les tribunaux pour les faire valoir, de la haine des anciens Orangistes aux injures constants d'une frange importante de l'opinion publique contemporaine de langue anglaise (ici j'inclus toutes les minorités, visibles ou pas, qui ont adopté les valeurs anglo-canadiennes), on n'a jamais cessé de nous rappeler de façon vexatoire notre état de vaincus, de minoritaires, d'inférieurs...

En ce début de 21e siècle, partout au Canada, une colère haineuse contre les francophones en général et les Québécois en particulier se transforme trop souvent en délire dans les pages de commentaires des grands médias sur le Web. Les calomnies les plus outrancières à notre endroit y passent comme un couteau dans le beurre, alors que de tels propos, s'ils étaient dirigés contre une minorité ethnique, raciale ou religieuse, auraient vite été censurés... et les menaces portées à l'attention de la police. Cela s'appelle, au Canada anglais, le multiculturalisme...

Mais cette violence verbale ne provient pas seulement des lecteurs et auditeurs de ces médias. L'ensemble des journaux et réseaux de télévision du Canada anglais nous doit un sérieux mea culpa et des excuses officielles pour les mensonges publiés depuis 200 ans à notre endroit. Ce constat a été fait par de nombreux journalistes et historiens, y compris certains anglophones. Je cite à titre d'exemple cet éditorial de mars 1969 de la revue Maintenant (fondée par les Pères Dominicains): «De l'Atlantique au Pacifique, les journaux anglo-canadiens, à quelques exceptions près, entretiennent un réseau serré d'hostilité envers le Québec, envers notre pays d'origine, envers l'une des deux cultures nationales. La francophobie de cette presse monolithique est parfois presque aussi virulente et aberrante que l'antisémitisme de l'Allemagne à l'époque du nazisme.»

Au fil des siècles, au Canada anglais, on a beaucoup trop souvent diabolisé la langue française et depuis une cinquantaine d'années, on a littéralement déshumanisé les Québécois nationalistes et séparatistes. Tous les coups sont permis, la saison de chasse est toujours ouverte. On met 500 innocents en prison pendant la crise d'octobre? Le Canada anglais applaudit. Après tout, ce ne sont pas à proprement parler des humains de même niveau. Ce sont des séparatistes. Et il y a eu cette couverture insidieuse de la crise d'Oka en 1990, juste après l'échec de Meech. Je me souviens encore d'une journaliste vedette du réseau CBC qui posait à un Anglo-Québécois ce genre de question qui invite la réponse recherchée: «Si les Québécois (francophones) traitent ainsi les Autochtones, comment pensez-vous qu'ils vont vous traiter dans un Québec indépendant?» Je vous laisse deviner la réponse. La journaliste était ravie.

Cette semaine, encore, la chroniqueuse Lise Ravary (bit.ly/2tA712z) se disait en état de choc après avoir participé à un panel organisé par la radio de CBC où des journalistes et des membres du public étaient invités à raconter des anecdotes qui feraient la preuve du racisme des Québécois. C'est en plein le genre de truc que les médias anglos adorent... mettre en scène des minorités, souvent en voie d'anglicisation, pour démontrer au pays à quel point le Québec persécute tous ceux qui ne sont pas de vieille souche française... Le Canada anglais se dit fier de son multiculturalisme soi-disant tolérant, mais la réalité c'est que ces minorités visibles ou pas, en s'intégrant à la société anglo-dominante qui les entoure, adoptent à la fois la langue anglaise et les valeurs anglo-canadiennes, y compris les attitudes de supériorité et mépris envers Québécois et francophones...

Qu'ils aient l'anglais comme langue maternelle ou langue d'adoption, qu'ils soient de vieille souche britannique, d'anciens francophones assimilés, de races ou d'ethnies différentes, de religions ou cultures variées, cela a peu d'importance. Face à nous, francophones du Québec, ils adoptent des comportements similaires. Blancs, Noirs, Asiatiques, Européens, Africains, protestants, musulmans, catholiques, juifs, athées? Je vois peu de différences. Pour moi, ce sont tous des Anglais... et je sais quel sort ils nous réserveront si jamais ils finissent par former la majorité au Québec.... Ça va être laid... Une chose est sûre: on ne pourra plus jamais exiger de commander un 7up en français dans un avion d'air Canada...

Vous trouvez que je généralise? Que j'exagère un peu? Que je suis injuste envers tous ces anglophones parfois francophiles? Je l'avoue, je généralise, j'exagère (un tout petit peu), je suis injuste (un tout petit peu). Je leur dois bien ça aux Anglais, ils le font constamment avec nous. Et en terminant, si on veut compiler les victimes du racisme dans ce beau et grand bilingue pays, nous arriverons en tête de liste. De très loin. Et depuis très longtemps.



jeudi 22 février 2018

Les mêmes chicanes depuis longtemps...

Durant les années 1960 et 1970, les kiosques proposaient une variété de revues à l'image du bouillonnement culturel et politique de l'époque. J'ai tiré une dizaine de citations de la revue Maintenant, dirigée par des prêtres de l'Ordre des Dominicains, dans des numéros publiés entre 1969 et 1972. On peut constater que les thèmes restent d'actualité, près d'un demi-siècle plus tard...

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«Le premier ministre Trudeau avait déclaré que le problème de l'unité canadienne était désormais une affaire réglée. Le pays s'était engagé dans la voie attirante du multiculturalisme et du bilinguisme. Le séparatisme était agonisant.»

Justin en 2018.? Non, Pierre Elliott en 1972, propos rapportés dans la revue Maintenant (numéro de décembre 1972). Comme quoi les choses ne changent pas toujours...

Qui se souvient? Une pub qu'on ne verra plus... automne 1972...
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«Vu la disproportion des forces en présence, le bilinguisme qui ne présente aucun danger pour la survie de l'anglais constitue, pour les francophones, la voie royale qui mène à l'assimilation.»

Un texte sur le recensement de 2016? Non, un texte signé Jules Tessier (Comment le bilinguisme mène à l'assimilation) dans la revue Maintenant, numéro d'avril 1972


«Quand on fait du syndicalisme, on n'a pas à pousser à la grève des ouvriers qui n'ont pas envie de la faire, ou qui ont peur de la faire. On n'a pas non plus à empêcher de faire la grève les ouvriers qui sont décidés à la faire.»

Le syndicaliste Michel Chartrand, de la CSN, cité dans la revue Maintenant d'octobre 1971.
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«Au Canada anglais, il semble que la cote de popularité de M. Trudeau va se maintenir à la hausse. Il a tenu sa promesse de répondre avec vigueur au séparatisme. Qu'il y réponde en faisant fi des lois mêmes qui sont à la base des libertés constitutionnelles, cela ne semble pas important...»

George P. Grant, de l'Université McMaster de Hamilton, auteur de Lament for a Nation, commentant la crise d'octobre dans la revue Maintenant, numéro de mai 1971

Le numéro sur la crise d'octobre 1970

«Sous prétexte des événements actuels (la violence du FLQ), le pouvoir établi se sert de la force policière pour réprimer toute forme d'opposition venant de gens qui travaillent déjà à transformer la société par des voies démocratiques.»

Signature collective (dont Guy Rocher) du 31 octobre 1970, publiée dans la revue Maintenant.
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«Et à force d'avoir pris en haine toutes les servitudes, nous serons devenus des bêtes féroces de l'espoir.»

Gaston Miron, cité dans la revue Maintenant de janvier 1971.
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«On parle de légaliser la marijuana. L'opiomanie, le cannabisme, la cocaïnomanie, les polyintoxications laissent entrevoir le jour où, dans une catégorie de restaurants, à côté de la salière, des petits pots contiendront LSD, marijuana, haschisch, etc... au choix du client. Allongé à la romaine, pourquoi pas?»

Claude-Gérard Sarrazin, dans un texte de Maintenant (avril 1970) sur la pollution par la cigarette.
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...le Parti Québécois à la veille de sa première élection générale

«Le nationalisme québécois, celui qui sert d'inspiration au programme du PQ, possède une fonctionnalité profonde qui est de restituer aux Québécois le sens d'une patrie, de leur ouvrir toutes les occasions possibles de s'affirmer sur le plan national et international, de faire une nation moderne d'un territoire encore en proie aux contraintes d'une domination coloniale.»

Texte collectif dans la revue Maintenant de mars 1970 (avant l'élection du 29 avril). Ce texte vaut toujours en 2018...

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L'unilinguisme français au Québec? «Si c'est cela faire montre de racisme, tous les peuples en sont coupables qui exigent qu'on parle chez eux leur propre langue. Et les neuf autres provinces nous ont indiqué la voie il y a longtemps. Je vois mal qu'on puisse considérer comme du fanatisme le refus de se suicider...»

Le romancier et journaliste André Langevin, dans la revue Liberté (1964) cité dans Maintenant, numéro de décembre 1969. Et cinquante-quatre ans plus tard?

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«De l'Atlantique au Pacifique, les journaux anglo-canadiens, à quelques exceptions près, entretiennent un réseau serré d'hostilité envers le Québec, envers notre pays d'origine, envers l'une des deux cultures nationales. La francophobie de cette presse monolithique est parfois presque aussi virulente et aberrante que l'antisémitisme de l'Allemagne à l'époque du nazisme.»

Éditorial de la revue des Dominicains, Maintenant, en mars 1969. S'ils avaient pu lire les commentaires tout aussi francophobes qu'on voit aujourd'hui dans les médias sociaux...

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Amen...


mercredi 21 février 2018

Le Canada et le français aux Olympiques


Comme s'il n'était pas déjà suffisant d'être obligé de s'entraîner et de jouer uniquement en anglais pour représenter le Canada au hockey (ou dans tout autre sport), voilà qu'il faudra aussi prononcer à l'anglaise des noms français ou non-anglais... Mark-Ondrey Gragg-nanny, Derrick Royye, Reney Bork... Dans les cercles dirigeants du hockey Canadian, non seulement refuse-t-on généralement de parler français, on semble désormais décidé à ne plus l'entendre... ni dans le vestiaire, ni sur la glace, ni même en ondes à la télé de langue française...

L'hypocrisie d'un Canada où le français serait égal à l'anglais éclate plus qu'ailleurs dans le domaine des sports dits nationaux. Le public et les joueurs francophones apprennent vite que c'est Team Canada... Écoutez les hockeyeurs (et de nombreux commentateurs) livrer une savante description de leur 110% dans un franglais pitoyable... Je ne les blâme pas... C'est ainsi qu'ils l'ont appris parce que c'est ainsi qu'on le leur a imposé... «Notre forecheck a arrêté leur power play».... Misère...

Au-delà de l'occasionnelle indignation de nos politiciens et des lettres au courrier du lecteur, la suppression du français dans le sport «national» canadien ne soulève guère les passions. Peut-être parce que la plupart des sportifs et des amateurs jugent la situation inévitable, et donc normale... Mais  pourquoi des joueurs de hockey, des skieurs, des planchistes ou des patineurs francophones ne pourraient-ils pas participer aux Olympiques d'hiver dans leur langue, avec une solide maîtrise du vocabulaire technique français, sans s'enfoncer constamment dans un bourbier d'anglicismes?

Il faudrait d'abord un vouloir collectif qui, s'il existait, se buterait rapidement à des organisations pan-canadiennes qui ne fonctionnent qu'en anglais et qui, pour la plupart, traitent au mieux le français comme une nuisance nécessaire. Beaucoup de token French et de mauvaises traductions... L'idée de faire fonctionner une équipe canadienne en français ne leur viendrait sans doute jamais à l'esprit. Pourtant, sur le plan linguistique, il y a bel et bien deux Canada. Ne devrait-il pas alors y avoir deux équipes «nationales», une francophone, l'autre anglophone?

Poser la question, c'est y répondre. La réponse sera «non» ou, à la limite, quelque chose comme «let's talk about this», suivi de décennies de palabres, en attendant que l'anglicisation du Québec atteigne un point de non-retour et que le problème se règle par la folklorisation de notre nation francophone. Il ne reste alors qu'une solution possible pour assurer la présence d'équipes nord-américaines de langue française dans les compétitions internationales: participer sous la bannière du Québec.

Impossible? Mais pas du tout. Le Québec, à titre de porte-parole de sa nation, n'a qu'à exiger d'Ottawa qu'il assure une participation collective et distincte du Canada français aux différentes coupes du monde et Jeux Olympiques. Si le gouvernement fédéral dit non, et il dira non, le Québec est pleinement justifié de présenter ses propres équipes, qui pourraient même s'identifier comme Québec (Canada) et coller de petits unifoliés sur les uniformes fleurdelisés... Le Canada n'a rien dans son arsenal multiculturel pour justifier l'interdiction d'équipes de langue française à l'extérieur du pays.

Quant aux organisations mondiales, elles acceptent déjà des non-pays à droite et à gauche. Même les Nations Unies ont déjà accordé des sièges à la Biélorussie et à l'Ukraine quand elles étaient des États fédérés de l'Union soviétique... Aux Jeux Olympiques d'été et d'hiver, on note la participation d'au moins sept délégations de territoires sans statut de pays: Porto Rico, Hong Kong, Guam,  Samoa, Îles Vierges britanniques, Îles vierges des États-Unis... Alors pourquoi pas le Québec?

Mais la question reste: doit-on devenir anglophone pour faire partie des Team Canada? Si oui, on continue d'accepter ou on exige que ça change? Si on veut que ça change, il n'y a que deux options: fignoler deux équipes canadiennes, une anglaise, l'autre française, ou accepter que le Québec s'en occupe. Cela ne changera rien pour les Team Canada qui sont déjà unilingues anglais.

Mais pour nous, francophones québécois, ainsi que pour les Acadiens et Canadiens français qui voudront bien se joindre à nous, cela fera toute la différence, surtout quand on sait qu'un événement comme les Jeux Olympiques constitue un immense tremplin pour les appareils de propagande nationale. On n'a qu'à regarder ce que fait sans gêne le Canada à PyeongChang 2018...






vendredi 16 février 2018

Chère Mme Guerrette...

Chère Mme Guerrette,

Je comprends très bien votre réaction de honte quand votre parler acadien a été confronté à celui de la Vieille France. Si je crois comprendre, c'est parce que j'ai grandi, comme vous, dans une enclave francophone de province à majorité anglaise, l'Ontario en l'occurrence, et que mon argot du «West End» d'Ottawa a dû, un bon jour, se mesurer au français plus littéraire de l'université ou au français moins anglicisé du Québec. C'était parfois embarrassant...

Dans mon enfance, on disait moé, toé... On jouait au bord de la track... On appelait nos parents mom et pop… On prenait les ti-chars ou le bus avec un ticket… Le quartier voisin, on l'appelait le Flat et non les Plaines LeBreton… On se disait Bye au lieu de «salut!»… On allait aux vues et non au cinéma… On évitait de se faire lutter par un char… On parlait des soures (pour sewers) et non des égouts… Des riles au lieu des camions de pompiers… mais également de la grand-rue au lieu de son appellation anglaise, Wellington…

Enfin, c'était sans doute essentiellement du français, avec un vocabulaire limité et une forte infiltration d'expressions et de mots anglais… Pas aussi coloré et célèbre que le chiac mais tout de même suffisamment différent pour qu'un visiteur de Saint-Hyacinthe ou de Caraquet trouve notre langage parfois étrange… Nous faisions sans doute du mieux que nous le pouvions, dans les circonstances qui étaient les nôtres comme résidents de la très anglaise capitale fédérale...

Jamais n'ai-je prétendu que «notre» français était un objet de fierté… Mais jamais, non plus, n'y ai-je vu un motif de honte. Qu'on soit originaire de Sainte-Anne-de-Madawaska ou d'Ottawa (ou même du Québec), nous n'avons pas à rougir de la qualité du français qu'on a appris à la maison, dans la rue ou à l'école. C'est celui qu'on nous a transmis... Nous avons cependant la responsabilité d'en reconnaître les faiblesses (là-dessus vous avez bien raison) et, à partir de cette reconnaissance, de passer à l'action pour l'améliorer partout autour de nous.

Ce qu'il faut absolument éviter, c'est de se «fermer la gueule pour de bon» et de «s'effacer» (bit.ly/2ErMIFu) parce que des internautes prennent les nerfs et vous abreuvent d'injures. Les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter fonctionnent ainsi, dans un climat constant d'excès. S'il y a eu faute, et je dis bien «si», c'est peut-être dans la façon d'exprimer vos sentiments, et non dans le fait de les exprimer. Croyez-moi, dans une société où une majorité inerte et indifférente nous embourbe dans d'éternels statu quo, linguistiques et autres, il faut parfois élever le ton. Le silence est souvent pire que la faute.

Dans notre Québec de la Loi 101, le français reste menacé, notamment dans des régions comme Montréal ou l'Outaouais. Même dans les coins les plus francophones, le recours abusif à l'anglais a de quoi inquiéter. Les Cowboys fringants l'avaient souligné avec humour dans cette chanson très colorée, Québécois de souche (bit.ly/2Hkc7Tt). Évidemment, à l'extérieur du Québec, sauf peut-être dans la péninsule acadienne et le Madawaska, la situation est beaucoup plus préoccupante.

Même en France, on constate un relâchement linguistique - je dirais presque un engouement pour l'anglais... Un coup d'oeil rapide sur les sites Web des grands médias suffira pour vous en convaincre. Cette semaine, une manchette de l'Agence France-Presse (AFP), se lisait: «Real Madrid-Paris SG: blockbuster, catégorie thriller». Un exemple parmi tant d'autres... Et que dire du slogan Made for sharing des Jeux Olympiques de Paris de 2024 (bit.ly/2obzK83)...

Les peuples québécois, acadien et canadien-français ont le devoir de protéger, respecter et promouvoir la langue française. C'est notre bien collectif le plus précieux... notre lien avec le passé, le miroir de notre culture, notre outil de communication, l'âme de nos identités nationales. Ne plus s'en préoccuper, ne plus en parler sur la place publique, c'est se condamner à disparaître.

Alors moi, Mme Guerrette, je vous dis merci. De vous être exprimée avec franchise. D'avoir voulu susciter une réflexion et un débat sur une question primordiale.

Bien à vous,
Pierre Allard



mardi 6 février 2018

L'effet long terme d'un «CISSSO bashing»...


Quand le journalisme fait partie de votre ADN, certains comportements deviennent des automatismes... par exemple, effectuer une recherche aussi complète que possible, s'assurer de la légitimité des sources d'information, présenter les faits de façon intègre, proposer des opinions réfléchies, respecter ceux qui ne partagent pas le même point de vue, suivre les règles d'éthique, etc.

Alors ce que je m'apprête à écrire me rend mal à l'aise, parce qu'une fouille exhaustive du sujet est presque impossible pour un seul individu, surtout quand la source principale (mon quotidien, Le Droit, en l'occurrence) m'oblige à payer, au-delà de l'abonnement, une somme appréciable pour avoir accès à son outil de recherche sur le site Web du journal...

Alors j'y vais d'impressions que peut conserver un ancien employé et fidèle lecteur du Droit depuis près de 50 ans... J'avoue au départ que je pourrais bien me tromper, en partie du moins, mais parfois, quand la coupe déborde, il faut lancer sur la place publique les questions qui s'imposent...

Allons, le vif du sujet! En ce début de 2018, après les cinq ou six dernières d'une litanie inépuisable de textes et manchettes sur les problèmes et horreurs dans le réseau de santé à Gatineau, et notamment aux multiples établissements régis par le CISSSO (Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais), je me suis dit que je devais en avoir le coeur net. Commence-t-il à se forger une tradition de «CISSSO bashing» dans la région et Le Droit s'en fait-il involontairement complice?

Bien sûr, l'Outaouais subit des irritants mineurs et majeurs communs à la plupart des régions du Québec - pénurie de personnel, délais de chirurgie, longues attentes et ainsi de suite. Mais en règle générale, les soins dispensés sont excellents et les soignants sont aussi dévoués que compétents. Les nombreux témoignages publiés dans la rubrique de l'opinion des lecteurs et les avis de décès en témoignent abondamment.

Évidemment c'est l'avion qui s'écrase qui fera la une et non les 9999 autres qui arrivent tranquillement à destination, mais tout de même... L'abonné du Droit qui apprend la mort de 200 passagers d'un transporteur aérien sait fort bien qu'il s'agit d'une exception et cela ne l'empêchera pas de croire en la sécurité du vol qu'il prendra vers les tropiques pour échapper à la froidure...

Quand on lit cependant, sur une base régulière, année après année, au sujet de décès suspects aux hôpitaux de Hull et Gatineau, de «crise majeure» au bloc opératoire, d'infections et de grippes mortelles, d'employés épuisés ou insatisfaits des conditions de travail, et bien plus, ne vient-on pas à croire que le système de santé québécois, et particulièrement celui de l'Outaouais, est pourri?

Ajoutez à ce portrait que nous vivons en région frontalière (avec l'Ontario), que Le Droit ne rapporte pas, ou si peu, de situations semblables dans les hôpitaux et institutions de santé de la rive ontarienne, et vous renforcerez cette première conclusion, avec le sous-entendu qu'en Ontario, les choses vont sans doute beaucoup mieux qu'au Québec... Et c'est là que j'ai des réserves - de fortes réserves - envers la couverture du Droit.

Loin de moi de vouloir censurer les nouvelles d'intérêt public émanant d'une recherche de journalistes ou, probablement souvent, de fuites orchestrées de l'intérieur par des employés de toutes catégories. Non, la question c'est plutôt de savoir si tous ces vices de notre régime de soins de santé se manifestent aussi sur la rive ontarienne, soit à l'hôpital Montfort, soit aux trois campus du méga-hôpital d'Ottawa, soit au Centre hospitalier pour enfants de l'Est ontarien...

Peut-être ont-ils effectivement une meilleure moyenne au bâton que les hôpitaux de Hull, Gatineau et Buckingham, peut-être pas... On ne le sait pas, l'attention du Droit étant presque entièrement fixée sur les centres hospitaliers et autres établissements de santé outaouais. Ne pas s'informer, ou très peu s'informer des performances à Ottawa accrédite, à long terme, l'idée trop répandue que l'Ontario offre de meilleurs soins de santé que les nôtres.

Je sais que la salle des nouvelles du Droit manque de personnel, et qu'avec 75% de son lectorat au Québec, les plus gros efforts y seront investis. Mais le quotidien, qui a toujours pignon sur rue à Ottawa, a un riche passé (et présent) franco-ontarien. Encore cette semaine, le PDG du Droit, Pierre-Paul Noreau, se présentait en public comme patron d'un journal «de communauté de langue officielle en situation minoritaire» (c'est-à-dire hors-Québec). Alors...

Je suis convaincu que les hôpitaux d'Ottawa doivent avoir leur bonne part d'histoires d'horreur, sans compter l'angle des services en français, souvent déficients sauf à Montfort... Mais ils ne sont pas suivis, je dirais presque harcelés, comme le CISSSO. Montfort, en particulier, est auréolé d'une sainteté presque constitutionnelle depuis une vingtaine d'années. Quant à l'Hôpital d'Ottawa, n'y aurait-il pas des nouvelles intéressantes résultant de ses 50 000 hospitalisations et des 172 000 visites annuelles à l'urgence? Qu'en est-il des délais d'attente, des retards en chirurgie, des pénuries de personnel?

Si ça va tellement mieux en Ontario,  je veux le savoir, pas juste en avoir l'impression. Cela nous donnera des munitions additionnelles pour attaquer le régime Barrette et soutenir les efforts quasi héroïques du personnel soignant. Mais si Ottawa a sa bonne part de problèmes et d'irritants, je veux aussi le savoir, d'abord pour rendre service aux lecteurs franco-ontariens, mais également pour dissiper la mentalité incrustée du paradis ontarien et du purgatoire québécois...

Voilà... C'est ce que j'avais à dire... Je ne désire nullement blâmer les journalistes, qui méritent (et non «se» méritent) des médailles d'héroïsme tout autant que les infirmières, médecins, préposés et autres employés de nos établissements de santé... Je crois cependant que Le Droit devrait s'interroger sur l'effet long terme d'un «bashing» trop fréquent des soins de santé dans une seule région, l'Outaouais, qui souffre déjà d'un complexe d'infériorité (le terme le plus poli que j'ai pu trouver)...

Sans rancune...




mercredi 31 janvier 2018

Québec à l'Outaouais: des cours de médecine en anglais... ou rien!


Depuis un certain temps, notre ministre des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier, aime bien se pavaner hors-Québec pour tisser des liens et offrir des appuis aux causes des collectivités canadiennes-françaises et acadiennes, y compris aux efforts en faveur de la création d'une véritable université de langue française en Ontario, sous gouvernance franco-ontarienne.

Je vous offre à preuve cette noble citation, rédigée de la main de M. Fournier et publiée dans Le Devoir du 15 avril 2017: « Comme Québécois, nous insisterons toujours pour que soit assurée la promotion de la langue française au Québec, au Canada et dans le monde. Nous invitons le plus grand nombre de nos concitoyens du Québec et du Canada à s’unir aux 2,6 millions de francophones et de francophiles de tout le pays et à choisir d’être "ensemble pour le français" ».

J'ai bien lu n'est-ce pas? Il a bel et bien écrit «promotion de la langue française au Québec»??? Oui, c'est bien ça... Alors comment fait-il pour endosser le projet, annoncé en grande pompe par le premier ministre Couillard en septembre 2016, de créer pour les francophones de l'Outaouais une faculté de médecine où tous les cours magistraux se donneront en anglais et où les étudiants et étudiantes devront frayer pendant des années dans les méandres d'une administration anglaise?

Le premier ministre a bien essayé de jouer avec des chiffres trompeurs pour convaincre les médias (et il a presque réussi...) que seulement 8% des cours seraient dispensés en anglais, mais il suffit d'un examen superficiel pour constater la fausseté de l'affirmation. Ce qui se fera en français, ce seront des travaux, des stages en Outaouais et la période de résidence en hôpital... Il peut bien imaginer que ce sont des cours, mais tout le monde comprend qu'un cours se donne habituellement dans une salle de classe où un ou une prof enseigne aux étudiants et étudiantes.

Tous ces cours - il y en a pour 18 mois - sont donnés en anglais seulement. Apparemment McGill s'est engagée à les franciser «éventuellement», mais cela pourrait prendre jusqu'à une dizaine d'années... Et même si McGill réussissait à livrer la marchandise en français, nos étudiants et étudiantes seraient sous la coupe d'une université anglaise, conçue pour et gouvernée par la minorité anglo-québécoise.

Confier une collectivité étudiante francophone aux bons soins d'une élite jadis rhodésienne qui tente de nous assimiler depuis 250 ans, c'est promouvoir la langue française au Québec? Comment le ministre Fournier peut-il prononcer ses beaux discours à travers le pays quand son propre gouvernement se prépare à angliciser des étudiants et étudiantes francophones en médecine?

Le premier ministre n'y voit aucun problème... Utilisant une rhétorique à laquelle les libéraux nous ont habitués ici, aux confins du Québec, à l'ombre du Parlement canadien, la députée de Hull Maryse Gaudreault, nous a rappelé en mai dernier que la langue des cours est d'intérêt second. «Ce qui est important, dit-elle, c'est qu'il y ait une faculté de médecine en Outaouais»... Ça ou rien! On nous traite comme une bande de caves...

Et au cas où il nous resterait quelque motif de croire que ces cours pourraient être offerts sous l'égide de l'Université du Québec en Outaouais, en collaboration avec une des universités de langue française du Québec, ou même de Moncton ou d'Ottawa, qui ont des facultés de médecine de langue française, le premier ministre nous a rappelé, en bon colonisé, qu'on devrait se compter chanceux... Nous ne serons pas régis par une institution de second ordre (francophone?), c'est McGill... Wow!

Je ne suis guère surpris que Lise Bissonnette ait démissionné de son poste de présidente de l'UQAM. Ce gouvernement, affirme-t-elle, voit clairement le réseau de de l'Université du Québec comme des institutions universitaires «de seconde zone». Elle aurait pu ajouter que pour le docteur Couillard, les universités à charte de langue française ne semblent pas, elles non plus, occuper la plus haute marche du podium universitaire... Peuple, tous à genoux devant la compétence et le prestige de McGill...

Le pire dans cette affaire, c'est le silence qui entoure l'évolution du projet... Le gouvernement Couillard entreprend cette année le processus qui mènera à la construction physique de la faculté satellite de médecine, à même la structure actuelle de l'hôpital de Gatineau. Et on vise toujours d'accueillir une première cohorte en 2020. Il ne reste plus grand temps pour éviter cet affront flagrant à l'Outaouais et à l'ensemble de la nation québécoise. J'ajouterais qu'il s'agit même d'un affront à l'ensemble des francophones hors-Québec, qui luttent quotidiennement contre ce que s'apprête à faire le gouvernement libéral du Québec...

Au cours de la dernière année, les médias ont été à peu près absents du dossier. Personne ne semble avoir demandé aux faculté de médecine de langue française si elles seraient en mesure d'offrir à distance les cours théoriques des premiers 18 mois de la formation... peut-être en collaboration avec l'UQO, qui dispense déjà un programme complet en sciences infirmières... Après tout, les profs de McGill ne seront pas en classe à Gatineau. Ils enseigneront à Montréal devant une caméra... et, n'oubliez pas, en anglais...

Ce que j'ai compris dans tout ça, c'est que nous, la majorité francophone en Outaouais, sommes laissés cette fois à la merci de la minorité anglo-québécoise... Le monde à l'envers... Une situation que ne toléreraient plus les Franco-Ontariens et les Acadiens mais qui semble tout à fait acceptable dans ce beau pays français du Québec...

J'avais toujours cru qu'il appartenait à la majorité de décider, dans le respect des droits des minorités bien sûr. J'ai appris ça à la dure quand j'ai grandi en Ontario, où l'on ne respectait pas la minorité de langue française... Alors pourquoi, chez nous, au Québec, ne prenons-nous pas les décisions qui s'imposent, au lieu de laisser un pan de notre éducation médicale entre les mains de ceux qui se sont historiquement moqués de notre langue et de notre culture?

Nous avons les compétences. Nous avons le droit de décider. Et nous sommes (pour le moment) la majorité. Combien de temps resterons-nous à plat ventre?

La situation en 2020? «Hi-Bunjer... Please, students here in Montreal, let me introduce on screen our new class from Gatineau... They're Francophone, so they will have to learn the English terminology. This may slow us down a bit... but let's give them a big hand of applause anyway...»

Bien sûr je caricature mais qu'en pensez-vous, Monsieur Fournier? Monsieur Lisée? Monsieur Nadeau-Dubois? Monsieur Legault?

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Voir aussi mon texte «McGill à Gatineau... Le boutte du boutte...» au lien suivant:
http://lettresdufront1.blogspot.ca/2017/05/mcgill-gatineau-le-boutte-du-boutte.html

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vendredi 19 janvier 2018

Au Mexique c'est «Hola», pas «Hola-Hi» ou «Hi-Hola»...

panneau d'arrêt à Puerto Vallarta, Mexique


Arrêt ce lundi 8 janvier 2018 au Tim Hortons de la montée Lavigne, sur l’autoroute 40 (près de Rigaud)... La radio diffuse une station anglaise et le personnel ne me salue pas avec un beau «Bonjour». Je n’ai même pas droit à l’horrible «Bonjour-Hi». Cette fois, c’est pire... un «Hi-Bonjour» !!! 

J’indique au préposé que cela est inacceptable au Québec... Le Québec est bilingue, me répond-il... Le Québec est français, lui dis-je... Silence... Je reçois mon café et en quittant j’entends «Hi-Bonjour» derrière moi... Misère!

Avant mon départ pour Puerto Vallarta, j’ai déjeuné le lendemain matin à l’aéroport de Montréal où la serveuse m’a accueilli avec un «Hello-Bonjour»... Deux fois d’affilée, au Québec, une salutation en milieu de restauration donnait la priorité à l’anglais...

Pendant mon séjour d'une semaine et demie au Mexique (à un endroit où les touristes anglophones sont nettement majoritaires), on m’a toujours adressé des «Hola» bien souriants... pas «Hola-Hi» ou «Hi-Hola»... ce qu’à peu près tous les étrangers, y compris les Américains, semblent apprécier, voire apprivoiser...

Les Mexicains se font même un plaisir de nous enseigner, sur demande, des expressions en espagnol. Et les «muy bien» pleuvent quand on réussit à rendre à la fois les mots et l’accent... Un exemple à suivre chez nous...

Je me souviens du débat sur les panneaux routiers «Arrêt - Stop» au siècle dernier... Nos colonisés craignaient qu’on fasse rire de nous, et pointaient du doigt la France déjà vendue au «Stop»... Au Québec, nous avons, finalement et heureusement, imposé le seul mot «Arrêt»...

Eh bien, au Mexique, on a inscrit le mot «Alto» aux arrêts et personne ne se moque d’eux... Et croyez-le ou non, même les Canadiens anglais et les Américains comprennent qu’ils doivent s’arrêter...

Cela n’empêche pas bien sûr, particulièrement dans les secteurs touristiques, d’offrir un service en anglais, et même occasionnellement en français, mais l’accueil se fait en espagnol. De toute façon, les touristes viennent ici pour ça. Ils veulent être dépaysés, savourer la différence mexicaine.

Ils ne veulent pas d’un second New York, Los Angeles ou Toronto... On espère le Mexique avec tous ses attributs... Ils étaient fiers, ces Mexicains, de nous présenter en plein restaurant un spectacle de Mariachis (une tradition de l’État de Jalisco où nous étions) sur fond de drapeau du Mexique... Et ils ont chanté en espagnol, pas en anglais comme trop de nos jeunes Québécois à La Voix...

Les serveuses mexicaines portaient des robes traditionnelles multicolores de l’époque d’Emiliano Zapata... Les Mariachis avaient leur sombrero typique...

Qui songerait à présenter le groupe Vent du Nord portant ceintures fléchées dans un grand resto touristique rempli d’Américains et d’Anglo-Canadiens? Pourtant, j’ai la certitude qu’on apprécierait... 

Les touristes viennent au Mexique à la découverte de l’Amérique hispanophone, et la trouvent dans toute sa splendeur. Offrons leur la chance de découvrir au Québec ce qui reste de l’Amérique française, au lieu de leur proposer l'amalgame anglo-bilingue du colonisé...

Les Mexicains que j’ai rencontrés à Puerto Vallarta sont des gens fiers, souriants, respectueux de leur langue et de leurs traditions. Les jeunes comme les vieux. On n’impose pas l’anglais intensif ici... 

Quand je vois comment on y fait les choses, et que je reviens à notre peuple trop souvent à genoux, j’ai un peu honte... Le français mérite un respect que nous lui accordons trop peu ces jours-ci... Avec un peu plus de respect, peut-être la fierté reviendrait-elle aussi...

Alors avis aux Tim Hortons et autres restos du Québec qui font comme si nous vivions dans un territoire anglais ou bilingue. Servez-les en anglais, vos clients anglophones, mais accueillez-les avec un «Bonjour» bien français, en souriant... Ils en seront charmés.

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Post-scriptum... En revenant hier à l'aéroport de Montréal, ce 18 janvier, le douanier fédéral nous a accueillis en anglais d'abord... Vraiment !