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| Capture d'écran du site Web Le Droit |
lundi 25 mars 2024
La langue de bois du CISSSO
mardi 19 mars 2024
«Le dernier Canadien français» - Mission impossible...
samedi 16 mars 2024
Immigration: l'opération suicide...
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| Capture d'écran de Radio-Canada |
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Parfois, je ne comprends tout simplement pas... Prenez cette demande d'obtenir pour le Québec les «pleins pouvoirs» en immigration, formulée par François Legault en prévision de son sommet du 15 mars avec Justin Trudeau... Le premier ministre québécois a beau avoir raison de réclamer le contrôle de l'immigration - pour l'avenir du français, pour protéger notre identité, nos valeurs - il n'a pas la moindre chance de l'obtenir et il le sait. Alors pourquoi s'y aventurer?
Serait-ce pour fanfaronner publiquement devant Ottawa et tenter ainsi de récupérer les franges d'opinion publique qui glissent depuis des mois vers le Parti Québécois et son chef Paul St-Pierre Plamondon? Si c'est le cas, voilà une stratégie qui ne peut que lui éclater en pleine figure. Il fait face à un premier ministre fédéral ayant en poche tous les atouts constitutionnels et un soutien quasi indéfectible de ses juges des tribunaux supérieurs. L'article 95 de l'AANB affirme clairement la prédominance législative du fédéral en immigration, et depuis le jugement de la Cour suprême sur la taxe carbone en 2021, Ottawa n'a qu'à déclarer un enjeu «d'intérêt national» pour qu'il devienne une compétence exclusive du fédéral. Dans ce dossier, Trudeau peut dire non, sans plus, et le Québec n'a qu'à rentrer chez lui tête basse.
Par ailleurs, François Legault s'adresse à un premier ministre fédéral qui suffoque de peur devant une opinion anglo-canadienne largement francophobe et anti-québécoise, que les sondeurs disent prête à propulser massivement au pouvoir la bande à Poilièvre au scrutin de l'an prochain. Pourquoi Justin Trudeau s'effondrerait-il devant le Québec dans un secteur essentiel au projet multiculturel fédéral où le Québec exerce déjà depuis 1991 des pouvoirs considérables arrachés à Ottawa? Comment réagirait le Canada anglais (après tout, Ottawa, c'est son gouvernement national) si «son» premier ministre s'agenouillait devant l'ultimatum québécois en immigration? En peu de temps, il y aurait un putsch chez les libéraux fédéraux.
Mais François Legault sait tout ça. Ça crève les yeux. Même avant de rencontrer Justin Trudeau, il évoquait la possibilité (la certitude?) d'un non d'Ottawa et disait envisager d'autres options, que ce «non» serait jugé inacceptable. Mais diable, quelle option lui reste-t-il ouverte? Il a exclu l'indépendance (bien sûr), mais il écarte tout autant un référendum sectoriel sur l'immigration (qui ne lui donnerait sans doute pas grand chose). Alors quoi? La constitution est contre lui, le fédéral se dressera comme un mur de béton, et les coffres de l'État québécois rougissent à vue d'oeil. Si, ce qui semble fort improbable avec la CAQ, Québec choisit la voie de l'affrontement, que pourra-il faire d'efficace devant le pouvoir politique, judiciaire, financier et militaire du gouvernement central? Pas grand-chose. Accumuler les échecs.
Redessiner la carte constitutionnelle de l'immigration ne sera pas aussi simple qu'abolir l'ancien Conseil législatif en 1968 ou le serment d'allégeance au roi Charles III (2022). Le Québec a alors modifié unilatéralement l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (AANB) de 1867, mais seulement dans des domaines qui ne concernaient pas vraiment Ottawa. Il en ira autrement si l'Assemblée nationale décide de modifier unilatéralement la répartition des compétences dans un secteur où la Constitution reconnaît la prééminence fédérale. La voie législative est donc également exclue.
François Legault a cependant raison quant à l'urgence de la situation. Depuis la conquête, les Britanniques puis leurs successeurs à Ottawa ont utilisé l'immigration comme une arme pour angliciser le pays et nous assimiler. Au nombre des nouveaux arrivants de toutes catégories qui s'installent au Québec, la proportion de francophones baisse à vue d'oeil pendant que la majorité anglo-canadienne renforce sa présence en sol québécois. Aurons-nous survécu pendant 400 ans pour connaître une fin ignominieuse dans un bourbier multiculturel assassin qui impose l'anglais comme langue commune du pays? L'immigration, sous sa forme actuelle, ne favorise pas l'intégration des nouveaux arrivants, elle accélère la désintégration de la culture historique de la nation française et métissée qui a essaimé depuis des siècles à partir du bassin du St-Laurent.
Il n'y a qu'une solution à court terme: élire le Parti québécois en 2026 et cheminer vers l'indépendance. C'est la seule issue qui nous permettra d'exercer les pleins pouvoirs en immigration. D'exercer les pleins pouvoirs en «toutte», de fait! Enfin!
lundi 11 mars 2024
Le Droit: on a largué le papier, le quotidien numérique, des tas d'employés... et maintenant des abonnés!
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L'ancien quotidien Le Droit fut un second chez-moi pendant plus de vingt ans (1969-1991) et j'y ai collaboré comme contractuel pour quelques décennies de plus (1991-2014)... Il ne reste plus grand chose de ce journal jadis prestigieux qui aura profondément marqué l'histoire de l'Ontario français et de l'Outaouais québécois de 1913 à 2023.
Le déclin était amorcé depuis les années 1980... Une mort par mille coupures... Le 24 mars 2020, on a cessé d'imprimer l'édition papier sur semaine... En mars 2023, Le Droit cesse d'exister comme entité autonome... En avril 2023, l'édition quotidienne numérique est supprimée... Et le 30 décembre 2023 paraît l'ultime édition papier du samedi, seule survivante de l'hécatombe... En 2024, Le Droit se résume à un site Web d'information mis à jour en temps réel... Un immense babillard pas très convivial, alimenté sur le plan régional par un noyau rétréci de journalistes, excellents par ailleurs...
La direction des Coops de l'information (ayant siège à Québec) parle très peu du nombre d'abonnés qui sont restés accrochés à cette barque en péril sur les océans de l'Internet. On n'a pas besoin de nous faire un dessin. Malgré tout, je tiens à mon abonnement et je suis prêt à payer le forfait le plus dispendieux (je paierais même davantage) pour garder chaudes les braises de mon ancien quotidien et pour lire, tous les jours, quelques textes signés par les survivants du naufrage, dans l'espoir d'un miracle...
Alors ce matin, 11 mars, je téléphone à ce que je croyais être le service d'abonnement du Droit. Au bout du fil, un répondeur m'annonce que je suis à la coopérative du Soleil, à Québec. Peu importe, je tiens à communiquer avec un être humain qui exerce une quelconque autorité sur le renouvellement des abonnements à Gatineau. Finalement, je rejoins une voix humaine. «Je suis au service d'abonnements du Droit?» C'est désormais un service unique qui régit les abonnements des six pages Web régionales de la coopérative, répond-on. Parfait, poursuivons.
«Je veux renouveler mon abonnement avec le forfait "L'ultime" à 16,95$ par mois», dis-je, ou quelque chose qui ressemble à cela. On pourrait vérifier, ils disent enregistrer nos appels. Et la préposée de me répondre que je n'ai qu'à suivre les instructions sur le courriel que j'ai reçu ou sur le site Web. C'est bien beau, mais je ne veux pas effectuer un renouvellement électronique. Je ne fais jamais d'achats numériques. Je veux passer par une vraie personne qui connaît la procédure, qui me confirme qu'elle a été bien suivie, et qui s'assure que mon dossier est en règle. Comme j'ai toujours fait depuis plus de 50 ans...
Non, me dit-on. Plus personne n'est affecté à ce type de service à la clientèle. Il faut absolument utiliser la procédure de renouvellement numérique. Aucune exception! Je n'ai pas demandé si on avait pensé aux gens qui n'ont pas de tablette ou d'ordi, ou à ceux et celles qui pour de multiples raisons (l'âge, entre autres) ne savent pas comment faire, ou même à des personnes aveugles ou avec d'autres incapacités physiques... J'ai continué à insister pour mon droit de conclure une transaction avec un être humain... Rien n'y fit! Elle a vérifié mon dossier et m'a confirmé que faute de suivre ses instructions, je serais désabonné le 1er avril... Bonjour, au suivant!
C'est ahurissant. Au fil des ans, Le Droit a largué le papier, largué le quotidien numérique, mis à la porte des tas d'employés y compris de bons journalistes, et voilà que maintenant, on largue des abonnés... Si l'intention réelle était d'effacer pour de bon toute trace de mon ancien quotidien, on ne s'y prendrait pas autrement!
dimanche 10 mars 2024
Non mais sur quelle planète...
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| Capture d'écran d'ONFR+ (voir lien en bas de page) |
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Quand le Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF) de l'Université d'Ottawa a annoncé une table ronde intitulée «Langues officielles du Canada: le français à la recherche de l'égalité réelle», j'aurais dû me méfier. Le «réel», la «réalité» sont des concepts fort impopulaires au sein de la francophonie hors-Québec (et au sein de l'anglophonie québécoise, pour des motifs fort différents). Regarder la réalité en face, en particulier devant des micros et caméras, constitue presque une mission impossible.
Le dictionnaire définit «réalité» ainsi: «ce qui est réel, ce qui existe vraiment». La loi fédérale sur les langues officielles affirmait depuis 1969 l'égalité juridique du français et de l'anglais dans à peu près tout ce qui relève des compétences du gouvernement canadien. Faut croire que la réalité était restée fort différente parce que la plus récente mouture de cette loi (C-13, adoptée en 2023) s'appelle désormais «Loi visant l'égalité réelle entre les langues officielles du Canada». On veut, du moins selon ce libellé, que «ce qui existe vraiment» ressemble davantage au texte de la loi...
Or, pour discuter intelligemment de «la recherche de l'égalité réelle», on doit pouvoir décrire avec précision la réalité actuelle, seul point de départ possible pour un cheminement vers la réalité souhaitée. Et c'est le plus souvent là que le train déraille. Les têtes dirigeantes de la francophonie canadienne évitent à tout prix d'évoquer la situation catastrophique de l'assimilation au sein des minorités de langue française (sauf au Nouveau-Brunswick), l'effacement des quartiers urbains francophones hors-Québec, l'effondrement des collectivités traditionnelles, la quasi-impossibilité de travailler uniquement en français dans la fonction publique fédérale, le caractère foncièrement anglo-dominant de tout ce qui porte l'étiquette fédérale...
Les «professionnels de la résistance», comme on les appelait jadis, sont depuis longtemps tributaires des dollars fédéraux, de la partie VII de la Loi sur les langues officielles (promotion du français et de l'anglais) et de l'article 23 (droits scolaires) de la Loi constitutionnelle de 1982. Alors ils arrivent à Ottawa avec des effectifs gonflés (la FCFA inclut même les anglos bilingues!), on invente des communautés (anglicisme) qu'on prétend vibrantes, on laisse faussement croire qu'un afflux massif d'immigrants francophones sauvera le français en déclin, et on se présente devant les autorités fédérales (là où c'est la majorité anglo-canadienne qui décide toujours) comme si ces dernières étaient un rempart contre leurs méchants gouvernements provinciaux...
Ce déni public de la réalité d'une francophonie trop souvent amorphe, voire agonisante, je peux le comprendre de ceux et celles qui ont pour mandat de quêter des dollars pour sauver les meubles, pour continuer coûte que coûte à enseigner en français à des enfants qui vivront en anglais, pour maintenir des réseaux de communication essentiels entre des collectivités isolées, pour défendre devant les tribunaux et dans les médias des droits linguistiques bafoués depuis la Confédération par des gouvernements trop souvent racistes envers les francophones. Les organisations francophones hors-Québec méritent chaque maudite cenne qu'elles réussissent à arracher à Ottawa, Toronto, à Fredericton, Winnipeg et autres capitales coupables.
Là je m'éloigne du sujet et je m'en excuse. Mes tripes franco-ontariennes remontent à la surface. Cette réalité qu'on camoufle peut s'expliquer dans un contexte politique, mais pas à un colloque universitaire qui rassemble en table ronde deux profs expertes en francophonie hors-Québec et deux juristes également connaissants, dont une avocate oeuvrant au sein du Commissariat fédéral aux langues officielles. Il est vrai que le format et la plage d'une heure seulement favorisaient une extrême concision, mais je m'attendais au moins qu'on tente de cerner clairement le sens d'une «égalité réelle» du français et les principaux défis à relever pour y arriver.
Au départ, dans un historique incomplet, on a occulté les interventions clés de Mélanie Joly et Sonia Lebel en 2019, à l'effet que le nouvelle Loi sur les langues officielles, jusque là axée sur l'égalité officielle et les droits individuels, affirmerait des droits plus collectifs pour la francophonie partout au Canada, y compris au Québec, et que le français serait reconnu comme seule langue minoritaire au pays. Je n'ai entendu aucun constat cohérent de la situation réelle du français dans les provinces à majorité anglaise, ni des objectifs à viser (autre qu'en immigration) pour arriver à une «égalité réelle» qu'on peine à définir. On n'a pas touché au problème pourtant crucial de l'imposition de l'anglais comme langue de travail dans la fonction publique fédérale.
La notion du pouvoir et de son exercice dans la fédération canadienne auraient dû être le pain quotidien des quatre panélistes (politicologue, historienne, juristes). Or on a associé la quête de l'égalité «réelle» du français à «l'empathie» (capacité de s'identifier à autrui dans ce qu'il ressent) et à «l'éducation». L'objectif d'égalité réelle, pour être atteint, aurait besoin d'une majorité anglo-canadienne consciente de ses privilèges et prête à les partager avec la minorité francophone. Pour y arriver, a-t-on entendu, il suffit d'en faire la promotion, il faut l'éducation. «Ce n'est pas plus compliqué que ça», a déclaré un des experts. Non mais entre ça et le monde des licornes...
L'égalité réelle passe par des élections, des législatures, des débats publics, et des décisions qui seront toujours prises, en fin de compte, par une majorité, toujours anglaise sauf au Québec. En 2015, en Ontario, le gouvernement libéral de Mme Wynne reconnaissait que l'absence d'une université française constituait une injustice, mais que voulez-vous, on n'a pas d'argent pour ça. À 2 ou 3% de la population, peu importe le degré d'empathie ou d'éducation, les Franco-Ontariens n'avaient aucune chance de se rapprocher d'une égalité réelle. Croit-on qu'enseigner aux élèves anglophones que leurs grands-parents ont adopté des lois et règlements racistes contre les francophones (Règlement 17) changera quelque chose aux rapports de pouvoir en Ontario? Et que dire de cette tendance, même chez des universitaires, à voir le fédéral comme le redresseur de torts, une espèce de bouclier des francophones, contre les méchantes provinces. J'ai des nouvelles pour vous, le gouvernement fédéral est le gouvernement national de la majorité anglo-canadienne et l'empathie ne fera pas le poids. Seuls, les francophones n'ont aucun pouvoir décisionnel à Ottawa. C'est la menace québécoise qui donne un levier à la francophonie pan-canadienne.
On pourrait continuer ainsi pendant des pages mais suffit de dire que j'attendais mieux de ce colloque du 7 mars 2024. Et ça valait la peine d'y participer même si ce n'est que pour chiâler un peu sur un blogue qui sera lu au max par quelques centaines de personnes...
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Lien au texte d'ONFR+ - https://onfr.tfo.org/la-loi-sur-les-langues-officielles-vise-t-elle-legalite-reelle/
jeudi 7 mars 2024
Les vautours s'approchent...
J'allais écrire «Une hirondelle ne fait pas le printemps», mais cela me semble inapproprié. Mieux vaut inventer. Tiens, essayons «Un vautour ne fait pas le cadavre»... Je pense ici à la partielle du 4 mars dans la circonscription fédérale ontarienne de Durham, dont les résultats pourraient, sait-on jamais, être annonciateurs d'une hécatombe chez les libéraux et néo-démocrates au scrutin général de 2025.
Analysant la victoire plus que convaincante du candidat conservateur, le chroniqueur Guillaume St-Pierre, du Journal de Montréal, conclut: «Face au désir de changement, après huit ans de gouvernement libéral, Poilievre est en train de constituer une nouvelle alliance formée de progressistes désenchantés, de populistes en colère et d’une jeune classe moyenne qui sent son pouvoir d’achat diminuer.» Voir lien en bas de page.
Que l'observation de M. St-Pierre atteigne ou non la cible (je crois qu'il faudrait y ajouter plus qu'une pincée d'aversion très personnelle envers Justin Trudeau, teintée de francophobie et de Québécophobie), une chose paraît sûre. Si la bande à Poilièvre ne faiblit pas dans les sondages d'ici l'an prochain, et rien ne laisse croire à une remontée prochaine d'affection pour le PLC et le NPD, le Canada anglais sera jonché de cadavres rouges et oranges après le décompte des urnes.
La proportion des votes obtenus à la partielle par le porte-étendard du Parti conservateur en dit long: 57% ! C'est énorme dans cette lointaine banlieue urbaine et rurale de Toronto où le chef du parti, Erin O'Toole, avait réussi à amasser 46% des votes. Pour trouver dans le passé des résultats aussi décisifs dans Durham, il faut retourner aux raz-de-marée des anciens chefs progressistes-conservateurs Brian Mulroney (1984) et John Diefenbaker (1958). Ces derniers se présentaient cependant sous la bannière «progressiste-conservatrice». Il y a une nette différence avec le PCC de Pierre Poilièvre qui dégage, à ses pires heures, des relents insoutenables de trumpisme...
Avec le climat toxique qui semble se généraliser au sein de la majorité anglo-canadienne, les partis moins près de l'extrême-droite que le PCC (à peu près tout le monde sauf Max) peinent à conserver leurs appuis. Dans Durham, la part des libéraux ne cesse de chuter à chaque élection: 36% en 2015, 32% en 2019, 30% en 2021 et 22,5% en 2024. Quand au vote néo-démocrate, qui oscillait entre 16 et 18% depuis une dizaine d'années, il a chuté brutalement à 10,4% !
Si cette tendance se maintient, comme aurait dit vous-savez-qui, la carte électorale du Canada hors-Québec sera tapissée de bleu foncé à la fin de 2025. Avec une majorité de circonscriptions bien suffisante pour gouverner sans l'apport de la dizaine de députés PCC du Québec. Il n'y aura plus de façade francophone à Ottawa pour masquer le vrai visage d'un Canada anglais en ressac contre un peu tout ce que représente la coalition PLC-NPD, et bien sûr contre tout ce que représente la différence québécoise.
Reste, justement, à jauger le comportement électoral du Québec. On peut tout de suite caser, comme toujours, les 20 et quelque circonscriptions anglo-dominantes de la région montréalaise dans le camp libéral. Ces gens votent comme des automates pour le PLC, vu à juste titre comme le parti des Anglais et d'un multiculturalisme anti-québécois. La lutte se déroule donc dans les 50 ou 55 circonscriptions qui restent, où, pour le moment, le Bloc québécois semble grignoter des appuis au compte-goutte. Des compilateurs de sondages lui accordent présentement un score probable de 38 victoires (gain de 6 sur 2021), avec un potentiel de 42. C'est suffisant pour meubler les barricades en attendant - en espérant - une victoire du PQ en 2026.
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Trudeau est-il dépassé?, Guillaume St-Pierre, Journal de Montréal, 5 mars 2024 - https://www.journaldemontreal.com/2024/03/05/justin-trudeau-est-il-fini
dimanche 3 mars 2024
Se présenter en quêteux devant les juges d'Ottawa
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| Capture d'écran du Journal de Montréal |
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«Victoire», pouvait-on lire en gros titres après la décision de la Cour d'appel du Québec sur la Loi 21, qui confirmait en gros la validité constitutionnelle de notre loi sur la laïcité de l'État et obligeait, par surcroit, les commissions scolaires anglaises à s'y soumettre!
Pendant que tout le monde danse sur les barricades à la suite de ce jugement qui relève, en général, du gros bon sens, demandons-nous ce que le Québec a réellement gagné, en attendant de passer par le déchiqueteur de la Cour suprême du Canada.
On me trouvera sévère mais voici ma vision des choses. Trois juges nommés par Ottawa ont reconnu que le Québec s'était à peu près conformé aux dispositions d'une Charte constitutionnelle (celle de 1982) qu'on nous a enfoncée dans la gorge et que tous les gouvernement québécois ont, depuis, refusé de ratifier... Ça vaut peut-être une petite «steppette» mais rien de plus...
Cette fois, on n'entend que des soupirs de soulagement et on oublie qu'il a fallu demander à des juges fédéraux de nous donner la permission de légiférer notre vision de la laïcité. Ceux-là ont dit à peu près oui. Mais c'étaient trois juges originaires du Québec. Attendez d'arriver en Cour suprême fédérale où la Loi 21 se retrouvera devant une majorité de juges originaires des provinces à majorité anglaise. Encore une fois, tous nommés par le premier ministre fédéral...
Le Québec va de nouveau se présenter en quêteux devant les juges d'Ottawa et accepter de soumettre un texte législatif fondamental à l'approbation de juges nommés par l'adversaire fédéral. Plus à genoux que ça tu meurs. Et après ça on brûle des lampions, en espérant. Qu'arrivera-t-il si les suprêmes fédéraux charcutent d'importantes dispositions de la Loi 21, ou pire, remettent en question la vision québécoise de la laïcité? Improbable, direz-vous. Mais possible.
Le gouvernement Legault, ou tout autre gouvernement, même celui, attendu, du PQ après 2026, fera face au néant. Ayant accepté de quêter une permission du Canada anglais, on accepte aussi la possibilité de revenir tête basse, les mains vides. Dans un cul-de-sac. Si le PQ est élu en 2026, son premier geste doit être de signifier à Ottawa que nous rejetons pour de bon la bouillie indigeste mijotée durant la nuit des longs couteaux, que la Charte constitutionnelle de 1982 est désormais inopérante au Québec et que le gouvernement québécois ne soumettra plus ses lois à des tribunaux où les juges sont nommés à Ottawa.
Cela signifie-t-il qu'une loi comme la Loi 21, la Loi 96 ou la Loi 101 sera à l'abri des contestations judiciaires? Pas du tout. Mais nos lois seront jugées par nos tribunaux. Nos juges. En fonction d'une constitution que nous façonnerons. Et si, en attendant le jour de la souveraineté, des conflits constitutionnels se produisent entre Québec et Ottawa, ils devront être jugés par des tribunaux paritaires où chacune des parties sera représentée.
Si Québec relève la tête, il se passera quelque chose. Quoi? Pas sûr. Mais quelque chose, c'est sûr. J'espère vivre assez longtemps pour voir ce jour.







