mardi 20 octobre 2026

Entre le métro et Saint-Henri...

inauguration du Métro de Montréal en octobre 1966


Le métro de Montréal célèbre ses 60 ans ce mois d'octobre 2026. À l'automne 1966, j'avais 20 ans, j'étais Franco-Ontarien, ayant grandi dans le seul quartier francophone de l'ouest de la ville d'Ottawa (il n'existe plus). Dans notre paroisse natale, St-François d'Assise, nous étions membres d'une section locale de l'Association de la jeunesse franco-ontarienne (AJFO).

Que lien avec le métro de la métropole québécoise? Nous avions accueilli à l'AJFO un jeune apprenti-horloger de Saint-Henri, à Montréal, venu apprendre son métier d'un maître-horloger près de chez nous. Nous sommes devenus de bons amis. Il est finalement rentré chez lui en 1966 pour mettre en pratique ses nouvelles compétences et pour fonder une famille.

Puis la tragédie est survenue. Je vous fais grâce des noms de famille et des circonstances du décès. Elles n'ont aucune pertinence ici. Permettez-moi de poursuivre avec ce que j'ai écris à ce sujet il y a dix ans, en novembre 2016.
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«Par un gris matin du début de novembre 1966, on nous annonça sa mort. Il n'avait que 21 ans. Mourir à cet âge c'est déjà tragique, surtout avec une jeune épouse qui était, si je me souviens, enceinte de leur premier enfant.

«La nouvelle nous avait bouleversés, et trois d'entre nous (moi, mon frère Robert et un ami, Pierre de Champlain) avons décidé de nous rendre à Montréal pour offrir nos condoléances à son épouse, à sa famille et à ses proches. Je n'étais jamais vraiment allé à Montréal comme «adulte» auparavant. On y sentait l'effervescence avec un centre-ville en ébullition, un métro flambant neuf et toutes ces nouvelles autoroutes qui transporteraient des millions de visiteurs à Expo 67 l'année suivante…

«Après avoir goûté au charme et au «luxe» du rutilant métro, ouvert depuis à peine quelques semaines, le choc fut substantiel en arrivant dans la grisaille de Saint-Henri-en-novembre. Nous avions grandi dans un modeste quartier ouvrier à Ottawa, mais dans ce coin de Montréal, nous nous sentions tout à coup fortunés.

«J'ai encore en mémoire les devantures fades de petits commerces sur Notre-Dame et Saint-Jacques, et ces logements locatifs collés les uns contre les autres sur Saint-Philippe (comme ailleurs dans la ville), sans oublier l'accueil plus que chaleureux de la famille, reconnaissante que nous soyons venus de si loin.

«J'avais beau être Franco-Ontarien, je m'y sentais chez moi, dans cette grosse, grosse ville où beauté et laideur me pognaient aux tripes. Mon ami de Saint-Henri avait trouvé un nouveau chez-soi dans notre petite patrie canadienne-française à Ottawa, et voilà que maintenant, nous étions accueillis, presque comme membres de sa famille, par de parfaits inconnus à Saint-Henri.

«Ce jour-là, entre les merveilles du métro et les vieilles habitations ouvrières de la rue St-Philippe, j'ai découvert à Montréal que je m'étais rapproché du coeur de notre nation de parlant-français d'Amérique. En tout cas j'en captais le pouls avec beaucoup plus d'intensité, dans ce quartier où grondait tout doucement le réveil d'un peuple, à l'ombre de Westmount…»

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Je ne voyage pas souvent en métro à Montréal mais à chaque fois, je repense à novembre 1966... Comme tout a changé...

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