vendredi 16 octobre 2026

Nos journalistes ne savent pas reconnaître les moments historiques!



Les livres d'histoire retiendront ce jour. Le moment où après 265 ans de vie sous la monarchie britannique, les députés d'un nouveau gouvernement québécois ont prêté serment pour la première fois au seul peuple québécois. Aucune mention de Charles III. Ni de la lieutenante-gouverneure, qui n'avait pas été invitée à la cérémonie.

Un moment historique pour Paul St-Pierre Plamondon, pour chacun, chacune de ses députés et pour la nation québécoise! Mais, de toute évidence, pas pour nos braves journalistes qui, par les temps qui courent, semblent incapables de s'élever au-dessus de l'immédiat et d'accorder sa juste valeur à un moment décisif de l'évolution du peuple du Québec!

Il fallait aller à Toronto, dans le National Post, pour voir la manchette qui aurait dû orner l'ensemble de la presse québécoise. Eux, les anglos, semblent avoir compris la signification historique du geste posé par le serment de fidélité au peuple, plutôt qu'au roi, et de l'absence de Manon Jeannotte, représentante de Charles III au Québec.

Capture d'écran du National Post

J'aurais espéré que Le Devoir publie en manchette de la une sa nouvelle sur l'assermentation «républicaine» des députés du PQ avec une photo bien en vue des députés péquistes à l'Assemblée nationale. Il me semble que cela allait de soi. Mais non. Un simple renvoi è un texte en page 3 sous le titre PSPP appelle ses collègues députés à jouer en équipe. Dans cet article on évoque l'importance du serment au peuple après un deuxième sous-titre...


Au téléjournal de Radio-Canada, à 22 heures, le soir du 15 octobre, on n'a même pas mentionné le fait que les symboles monarchiques aient été entièrement exclus de la cérémonie d'assermentation. Dans le texte de La Presse, signé par quatre (!) journalistes, on a attendu aux trois derniers paragraphes de l'article pour parler de l'absence du serment au roi d'Angleterre... C'est pire dans Le Soleil...

Dans le Journal de Montréal, traitement similaire mais on publie un deuxième texte, sur la demande d'injonction de l'avocat et prof de l'Université d'Ottawa, Laerence David, qui veut que la Cour supérieure interdise aux députés du PQ l'accès à l'Assemblée nationale à moins de prêter serment d'allégeance au roi Charles III.

Combien voulez-vous gager que si la Cour supérieure (des juges fédéraux nommés par Ottawa) entend cette demande au cours des prochains jours et, pire, rend une décision favorable à M. David, l'ensemble de nos braves journalistes québécois vont tout à coup se rendre compte du caractère historique du geste posé par les 57 députés québécois, ce jeudi. Un peu tard, cependant!

Ce que notre presse avait passé presque comme un à-côté deviendra la manchette de l'ensemble des médias du Canada, coast to coast... 


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