samedi 17 janvier 2026

Le PLQ restera le parti des Anglais et des anglicisés

17 janvier 2026...

capture d'écran de La Presse


Les défenseurs du français au Québec devront sortir les boucliers avec l'arrivée de Charles Milliard à la direction du Parti libéral du Québec. Ses commentaires au lancement de sa campagne à la chefferie ne laissent aucun doute. Avec lui, on peut s'attendre à un Québec de plus en plus bilingue (et de moins en moins laïc). Le parti des Anglais et des anglicisés restera bien solidement le parti des Anglais et des anglicisés, comme sous Jean Charest et Philippe Couillard.

M. Milliard adoptera la même stratégie que ses prédécesseurs: défendre en principe la langue et la culture françaises pour dissimuler son penchant pour un bilinguisme de fait, en attendant de le rendre officiel. Avec l'anglais intensif au primaire pour les élèves francophones, MM. Charest et Couillard sont devenus de véritables fossoyeurs du français. L'objectif était clair: bilinguiser tous les francophones du Québec. Les angliciser. Plus besoin du français après ça...

Tentez de déchiffrer ce que Charles Milliard a dit aujourd'hui. «Je veux que tout le monde se sente chez soi et qu'on mettre fin aux divisions qui nous ralentissent et qui franchement me gênent (...) Depuis huit ans, le gouvernement de la CAQ sépare les villes des régions, les francophones des non francophones, ceux qui sont nés ici de ceux qui ne sont pas nés ici. Il est grand temps de mettre fin à ce cirque dans le discours politique.»

On va ouvrir l'école anglaise à tous ceux, d'ici ou d'ailleurs, qui estiment s'y sentir «chez soi»? On va permettre l'affichage en anglais partout pour que les Anglo-Québécois et les cohortes de nouveaux arrivants en voie d'anglicisation se sentent «chez soi»? On va faire de Montréal une ville bilingue et multiculturelle pour que tous les adversaires d'un Québec français se sentent «chez soi»? On va se plier partout, à l'école, dans la rue, au travail, dans nos lois, aux exigences d'intégristes religieux?  Pour que «tout le monde se sente chez soi» au Québec, il faut accepter le français langue commune et les valeurs nationales qui l'accompagnent, y compris la laïcité. N'est-ce pas, M. Milliard?

L'aspirant au poste de chef du PLQ reproche au gouvernement Legault séparer «les francophones des non francophones, ceux qui sont nés ici de ceux qui sont nés ailleurs»... En voilà une bizarre qui me fait croire à une incompréhension à peu près totale de la dynamique linguistique et sociétale au Québec (et au Canada). Les lois et politiques des gouvernements s'appliquent à tous les citoyens. Si les francophones, non francophones, ceux qui sont nés ici et ceux qui sont nés ailleurs sont séparés ou désunis, cela tient beaucoup plus aux rapports établis entre ces collectivités depuis des générations, des siècles même. 

Pourquoi y a-t-il à Montréal des quartiers historiquement francophones, anglophones, des quartiers avec des concentrations italiennes, grecques, arabes, chinoises, etc.? Personne ne les a forcés à se regrouper. Les francophones et les non francophones ont eu tendance à se séparer eux-mêmes, comme ceux qui sont nés ici et ceux qui sont nés ailleurs... Peu importe les politiques d'un gouvernement québécois qu'il soit du PQ, de la CAQ ou des libéraux, il restera toujours des divisions entre ces collectivités. Le seul moyen de favoriser une certaine intégration, à un certain consensus social, c'est de favoriser une langue commune et un certain nombre de valeurs communes. Cela semble échapper à M. Milliard.

Au contraire, il a indiqué son intention de «détricoter» la Loi 21 sur la laïcité de l'État et les mesures de promotion du français dans la Loi 96. Pas un peu. Il y a «beaucoup de détricotage» à faire, a-t-il dit sans préciser... Les lois qu'il veut détricoter sont déjà trop faibles pour atteindre leurs objectifs et, de plus, elles sont contestées devant les tribunaux par tous les adversaires imaginables d'un Québec français et laïc. Si M. Millard détricote le moindrement il ne restera plus rien. J'entends déjà les applaudissements dans le West Island et dans les couloirs du Parlement fédéral. En voilà un, diront-ils, qui viendra toujours solliciter nos votes à genoux... qui mettra les francophones à leur place...

Plus que jamais, le Parti libéral du Québec apparaît encore comme l'ennemi juré d'un Québec français et laïc. On le connaît bien, ici, en Outaouais. On se souvient toujours des dernières remontrances de Philippe Couillard, en 2016, qui tentait de nous imposer une faculté satellite de médecine de McGill où tous les cours seraient donnés en anglais. Nous aurions dû être heureux, disait-ils, de suivre des cours en anglais d'une des universités «les plus renommées au monde». Traitre, et colonisé. Juste pour être bien sûr qu'on comprenne, la députée libérale de Hull a ajouté: «C'est ça ou rien.» Compris?


1 commentaire:

  1. Il ne faut pas oublier l'autre parti muliculturaliste: Québec solidaire. Comme le Parti libéral du Québec, QS est contre la laïcité et la Loi 21. QS a voté en faveur de la Loi 96, mais dès le lendemain reprenait le discours des anglophones et des libéraux sur les "irritants" de la loi. Comme le PLQ, QS est en faveur de l'immigration massive. Ils ont même retiré de leur programme la mention suivante: "toute personne vivant au Québec doit maîtriser suffisamment le français pour en faire sa langue d'usage, dans la vie courante comme au travail". Mais rassurez-vous, nos co-porte-paroles "souhaitent que la francisation fonctionne mieux". (1) Et quel sont les partis qui obtiennent les meilleurs scores aux questionnaires du National Council of Canadian Muslims)? Le PLQ et QS. En somme QS est l'aile gauche du PLQ sur les questions concernant l'avenir de la nation québécoise.

    1)Québec solidaire: les indépendantistes Ruba Ghazal et Sol Zanetti attaquenr le PQ et ses positions identitaires
    par Nicolas Lachance, Le Journal de Montréal, 9 novembre 2025

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