12 janvier 2026...
La disparition au Québec de plus de la moitié des quotidiens imprimés depuis une dizaine d'années nous a laissés de plus en plus à la merci d'un tout-numérique trop souvent désordonné, rarement convivial et désormais, très suspect.
Au début, on remplaçait le quotidien papier par une édition numérique plus ou moins similaire, sur Internet. La Presse, par exemple, qui le fait toujours. Il en fut de même pendant trois ans pour les six journaux régionaux de Gesca/Power devenus Capitales Médias, jusqu'au 18 avril 2023 quand Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien du Saguenay et La voix de l'Est ont adopté un format babillard mis à jour en temps réel, sans numéros quotidiens.
Un fouillis. N'essayez pas de retrouver Le Droit du 12 janvier 2026. Il n'existe pas. Pareil pour Le Soleil et les autres. Si vous voulez consulter tous les textes d'un de ces anciens journaux pour une date précise, bonne chance. Vous allez chercher longtemps et même si vous réussissez, il n'y a aucune certitude que les textes aient survécu sans modifications. Ou même qu'ils aient survécu tout court...
Le degré de fiabilité des moteurs de recherche a culbuté à mesure qu'ils s'étouffent dans leurs complexes algorithmes. Pour leur part, les réseaux sociaux ont ajouté pour chaque ruisseau d'ordre et méthode des fleuves de désinformation et de confusion. Et vient depuis peu s'ajouter le monstre de l'Intelligence artificielle qui dévore tout sur son passage, y compris la capacité de distinguer entre le vrai et le faux.
J'en suis au point où, dans les informations sur les réseaux sociaux, et sur YouTube en particulier, mon premier réflexe est la méfiance. Tout doit être vérifié et revérifié pour s'assurer que les auteurs des écrits ou vidéos sont crédibles ou encore qu'à l'aide de l'IA, on ne nous refile pas des images et textes faussés ou inventés de toutes pièces. La jungle du Web est sérieusement infectée et personne n'est immunisé contre une intelligence artificielle qui, en dépit des sérieuses imperfections de son bassin de connaissances, se croit déjà supérieure à l'humain dans bien des domaines, en attendant d'affirmer sa domination partout.
Quand vous tenez dans vos mains ou étalez sur votre table un quotidien imprimé préparé par des professionnels de l'information selon un code d'éthique rigide, avec des reportages signés, corrigés, et soigneusement présentés en ordre d'importance dans plusieurs sections thématiques, vous avez le plus souvent un produit sûr. Du solide. Et si vous le conservez pour quelques jours ou quelques années, rien n'aura changé. Le contenu restera le même. Personne ne le tripotera.
J'écrivais en 2014 que j'aimais l'Internet pour ce qu'il ajoute à la connaissance et la communication, et non pour ce qu'il prétend pouvoir remplacer. Cela vaut doublement pour l'IA...

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