jeudi 22 janvier 2026

Une nouvelle bataille des Plaines d'Abraham

22 janvier 2026...

capture d'écran d'un texte Web du Devoir


J'ai ressenti de l'admiration pour Mark Carney après son discours magistral au forum économique mondial à Davos, en Suisse. L'exposé qu'il avait lui-même écrit méritait l'ovation reçue des délégués, visiblement ravis d'entendre un chef de gouvernement capable de nommer sans détour les nouvelles réalités et de tenir tête à Trump.

Deux jours plus tard, l'estime que je lui ai brièvement porté a chuté brutalement à son niveau pré-Davos après son «spectacle» d'unité canadienne à un jet de pierre des Plaines d'Abraham, à Québec. Surfant sur la vague d'éloges ramenée de sa performance européenne, il a sans doute cru possible de réussir un doublé en servant aux Québécois une leçon d'histoire sur les lieux mêmes où avait débuté en 1760 l'oppression du peuple français de la vallée du Saint-Laurent par les Britanniques.

Décidément, si les compétences économiques de M. Carney font l'unanimité ou presque, son interprétation de l'histoire du Canada depuis la conquête restera comme une arête dans la gorge. Pire, comme une gifle en pleine figure, tellement elle occulte les injustices subies par les Canadiens français et les Québécois depuis plus de 250 ans. D'un océan à l'autre. Lisez les livres d'histoire, M. le premier ministre.

M. Carney a fait siennes les paroles de George-Étienne Cartier,  qui présentait la Confédération comme un «pacte» entre deux «races» afin de «travailler conjointement à leur propre bien-être». Il a même eu le culot d'affirmer que le Canada n'avait pas choisi la voie de l'assimilation des francophones, négligeant de préciser que les Anglo-Canadiens, partout où ils étaient majoritaires, ont nié l'existence de ce pacte avec leur persécution ininterrompue des francophones pendant plus d'un siècle.

Encore aujourd'hui M. Carney se donne des pouvoirs que la Constitution n'autorise pas pour piétiner les plates-bandes provinciales, notamment en santé et en éducation. En créant unilatéralement des projets «nationaux» du Canada qu'il pourra imposer à la nation québécoise, y compris des oléoducs. En injectant des dizaines de millions de dollars tous les ans pour promouvoir l'anglais au Québec.

La vieille tactique d'utiliser les bons coups internationaux pour faire oublier les mauvais coups à la maison fonctionne malheureusement trop souvent. Les présidents américains sont experts en la matière. Or, voilà que le premier ministre Carney, coiffé des lauriers de Davos et portant un bouclier anti-Trump,  se dresse avec son cabinet sur un «lieu chargé de souvenirs» (les Plaines) pour tenter d'effacer la mémoire d'une nation ayant comme devise «Je me souviens». 

Aidez-nous à sauver le Canada, même si cela vous oblige à sacrifier la nation québécoise. Laissez-nous empiéter sur vos compétences, sacrifier l'environnement, liquider la fonction publique pour enrichir des fabricants d'armes, ranger la langue française sur une tablette. Et surtout ne votez pas pour le Parti québécois en octobre 2026.

Une nouvelle bataille des Plaines d'Abraham s'est engagée à la Citadelle de Québec, ce 22 janvier. Et elle ne sera pas belle à voir...

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