lundi 19 janvier 2026

Je ne reconnais plus ma profession

19 janvier 2026...

Voyez comment La Presse a fondu entre les années 1970 et la fin du papier en 2017... 


La dernière décennie a été mortelle pour l'ensemble des journaux imprimés du Québec. Une véritable hécatombe.

Le 31 décembre 2015, La Presse met fin à la publication de ses éditions papier en semaine (reste le samedi).

Le 30 décembre 2017, La Presse supprime l'édition imprimée du samedi. Fini le papier!

Le 24 mars 2020, les six quotidiens régionaux des Coops de l'information (Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien du Saguenay et La Voix de l'Est) annoncent l'interruption de leurs éditions papier en semaine à cause de la pandémie de COVID 19.

En juin 2020, ces mêmes quotidiens annoncent l'abandon permanent du papier, du lundi au vendredi.

Le 18 avril 2023, les six quotidiens des Coops mettent fin à leurs éditions quotidiennes numériques.

Le 31 décembre 2023, parution de la toute dernière édition du papier du samedi des six quotidiens régionaux. Fini le papier!

Le 19 janvier 2026, il ne reste dans nos kiosques que Le Devoir, le Journal de Montréal et le Journal de Québec. Aucun journal papier à l'extérieur de Québec et Montréal.

Une catastrophe? Oui bien sûr, mais pour qui?

J'ai écrit depuis 2014 une soixantaine de textes de blogue à la défense des journaux imprimés.

Ma défense de la presse papier m'a valu un congédiement comme éditorialiste au Droit en mai 2014.

L'affaire a été fortement médiatisée.

Mes chroniques de blogue ont été lues parfois par des centaines, parfois par des milliers d'internautes, y compris des journalistes.

J'ai l'impression d'avoir crié dans le désert.

Au cours de la dernière décennie, la disparition de l'imprimé n'a provoqué aucune levée de boucliers au sein de la Fédération professionnelles des journalistes du Québec (FPJQ).

Aucune montée aux barricades au sein des grands syndicats des milieux québécois de l'information.

Un silence décourageant, parfois assourdissant.

Suis-je seul à tenir le pas, ou seul à ne pas le tenir?

Les kiosques jadis bondés de journaux sont de plus en plus désertiques.

C'est tout un pan de civilisation qui s'effrite.

Nous serons un jour (pas lointain) zombies devant nos tablettes et téléphones, où distinguer le vrai du faux, l'information de la propagande, devient déjà difficile par moments.

Je vis à Gatineau. Le quotidien Le Droit, auquel j'ai consacré la part la plus importante de ma vie professionnelle, n'est plus.

Pour cueillir un journal papier à ma porte le matin, je suis abonné au Devoir, qui me déçoit ces jours-ci.

Au kiosque de mon supermarché, pour m'informer de la région, je ne trouve qu'un petit hebdo bilingue moche (!) et les deux quotidiens papier de langue anglaise d'Ottawa.

J'aime me souvenir de l'époque où les milieux de l'information étaient combatifs. Nous étions 10 000 à affronter les matraques policières à Montréal en octobre 1971 pour défendre les journalistes de La Presse contre les menaces de Power Corporation. J'y étais.

Je ne reconnais plus ma profession.


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