jeudi 1 septembre 2022

Après cinq jours...

les candidats caquistes de l'Outaouais devant leurs pancartes

Septembre s'amorce sous un vent frisquet du nord-ouest en Outaouais... et ce n'est pas la campagne électorale québécoise, vieille de cinq jours, qui nous ramènera une canicule... Du moins jusqu'à maintenant.

J'ai toujours estimé que la vitesse de l'apparition et l'abondance des pancartes électorales constituait un bon indicateur de quelque chose... Quoi, je n'en suis pas sûr... De l'état de préparation des partis? De la quantité de dollars dans leurs coffres? Du moral des troupes? De la qualité des organisations locales? Pas sûr.

En 2018, l'élection de trois députés de la CAQ dans une région rouge jusqu'à l'os en avait surpris plusieurs y compris moi. Surtout dans ma circonscription, Chapleau (essentiellement le territoire des anciennes villes pré-fusionnement de Pointe-Gatineau et Gatineau), marquée au fer rouge depuis près de 30 ans. Le député libéral sortant avait peine à le croire...

Alors 2022 devait être un match revanche pour le PLQ, qui n'a sûrement pas digéré ses défaites (les premières depuis l'élection de 1976) pendant que la CAQ lorgnait deux proies additionnelles: Hull et Pontiac. J'imaginais déjà la férocité du combat dès que la cloche sonnerait à minuit, ce 28 août. Les équipes libérales et caquistes sillonnant la ville de Gatineau durant la nuit, s'efforçant d'accaparer les meilleurs poteaux ou lampadaires pour leurs affiches.

Or, le matin du 28, dans mon quartier du moins, les seules pancartes visibles étaient celles de Mathieu Lévesque, député de la CAQ. Où était le puissant rouleau compresseur libéral d'antan, cette machine électorale qui écrasait tout? Et comment se fait-il que le parti de Dominique Anglade ait attendu jusqu'au 23 août pour officiellement présenter sa candidate aux médias? 

Ce dimanche, nous nous sommes rendus à notre chalet situé dans la circonscription voisine de Gatineau (le nord de la ville et la quasi-totalité de la vallée de Gatineau jusqu'à Grand-Remous). Encore une fois, seulement des pancartes du député sortant de la CAQ, Robert Bussière. Une circonscription que tente de reprendre pour les libéraux l'ancienne maire de Chelsea, Caryl Green, qui semblait mener une forte campagne. Alors où étaient ses pancartes sur la route 366?

De retour en ville lundi, rien n'avait changé dans mon coin de Chapleau mais en revenant plus tard en journée au chalet, j'ai vu deux affiches oranges de Québec solidaire, mais je suis passé devant trop vite pour défricher autre chose que le prénom, Laura, écrit en lettres énormes, alors que le nom de famille au dessous était imprimé en caractères qui me semblaient minuscules et que je n'ai pu lire. Encore une fois, absence totale des candidats du Parti libéral...

Après trois jours au chalet à suivre la campagne à la télé et sur Internet, mon épouse et moi sommes revenus à la maison aujourd'hui (jeudi) et là, les choses avaient évolué. Le changement visuel majeur était la prolifération des pancartes du Parti conservateur d'Eric Duhaime, à l'oeil plus nombreuses que celles de la CAQ et ayant une apparence plus professionnelle (mais pas nécessairement meilleure). Pour un parti qui n'a jamais vraiment été dans le décor avant, c'est impressionnant, et inquiétant. Des coffres garnis, on dirait...

J'ai aperçu pour la première fois, sur la route 366 dans le secteur de Masham, quelques pancartes du candidat du Parti québécois, Raphaël Déry, avec le nom du parti et le slogan de la formation bien visibles. Efficaces, mais trop peu nombreuses. Et dans ce genre de combat, l'abondance de pancartes chez les uns et la rareté chez les autres doit avoir une certaine influence sur les perceptions de l'électorat.

En fin d'après-midi, ce 1er septembre, j'ai roulé sur quelques artères principales vers l'est de la ville, où les circonscription de Chapleau et Papineau (celle du ministre Mathieu Lacombe) se chevauchent, presque. Toujours pas de pancartes du PQ, mais un nombre accru d'affiches de Québec solidaire avec, encore une fois, le seul prénom des candidat(e)s en lettres massives. Il faut ralentir, quasiment s'arrêter, pour pouvoir lire le nom de famille. Stratégie bizarre que je m'explique mal...

Et voilà, tout à coup, sur le boulevard Maloney (la route 148), une nouvelle pancarte d'un parti que je reconnais pas. Des pancartes rouges Dracula, sinistres, sombres, avec un nom bien en vue mais sans identification trop visible du parti. J'ai cru un instant qu'il s'agissait d'une formation marginale, mais un peu plus loin j'en ai aperçu une autre et j'ai ralenti pour voir plus clairement les petits caractères au bas de l'affiche. Le Parti libéral du Québec!

pancarte de lac libérale Maryse Gaudreault dans Hull, photo de Radio-Canada en attendant que j'en prenne dans Chapleau demain...

Alors après cinq jours, dans la guerre des pancartes, on pourrait croire que le principal adversaire du gouvernement de François Legault est le Parti conservateur... J'espère que non. Celles de Québec solidaire, plus voyantes en orange, ne mettent en valeur que le prénom des candidats... Celles des libéraux, encore rares (absentes dans mon quartier), dégagent un petit air menaçant. Les plus belles sont celles du PQ mais je suis préjugé. Quand il ne restera qu'un seul péquiste en Outaouais, ce sera moi... Entre-temps, je continue d'observer la redécoration politique de nos rues, avenues et boulevards d'ici le 3 octobre.

En espérant que ce que je vois ne donne pas un avant-goût des résultats du 3 octobre prochain...


1 commentaire:

  1. Il faut signaler un phénomène, déjà présent et visible lors de la dernière campagne précédente, soit le déplacement des symboles visuels de la rue vers l'Internet. De plus en plus, même en politique, c'est là que ça se passe.

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