dimanche 5 avril 2026

«Open the Fuckin’ Strait, you crazy bastards»...

5 avril 2026...

images du Vatican


Les deux États-Uniens les plus influents du monde ont profité de Pâques pour livrer à la planète des messages diamétralement opposés

À Rome, Robert Francis Prevost (Léon XIV) a prononcé sa première homélie pascale sur la place Saint-Pierre depuis son élection l'an dernier. Et nul ne doute que son message visait directement le déchet humain qui trône à la Maison Blanche, Donald J. Trump.

S'adressant à ceux qui «alimentent les conflits», le pape des catholiques a déclaré: «Que ceux qui ont des armes en main les déposent! Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix! Non pas une paix imposée par la force, mais par le dialogue! Non pas avec la volonté de dominer l'autre, mais de le rencontrer!»

S'adressant à tous les humains, Léon XIV a déploré la banalisation de la violence, à laquelle on finit s'habituer, qui nous rend «indifférents à la mort de milliers de personnes, indifférents aux répercussions de haines et de divisions que les conflits sèment, indifférents aux conséquences économiques et sociales qu'ils engendrent et que chacun ressent pourtant».

Pendant ce temps, aux États-Unis, ceux et celles qui espéraient une salutation pascale d'un président qui se croit un envoyé du Dieu chrétien ont dû déchanter. Trump a profité de la journée de Pâques pour livrer sur son réseau Truth Social un message guerrier et criminel contre l'Iran que même ses partisans ont dû avoir de la difficulté à digérer.
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capture d'écran de France24


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Ces paroles sont sans aucun doute celles d'un détraqué, au point où le sénateur démocrate du Connecticut Chris Murphy a déclaré: «Si j'étais membre du cabinet de Trump, j'aurais passé ma journée de Pâques à téléphoner à des experts en droit au sujet de l'invocation du 25e amendement», la disposition constitutionnelle qui permet de destituer un président inapte à occuper sa fonction.

Son ancienne alliée à la Chambre des représentants, Marjorie Taylor Greene, n'y est pas allée de main morte: «Tous les membres de cette administration qui se prétendent chrétiens doivent s'agenouiller et demander pardon à Dieu, cesser de vénérer le président et intervenir contre la folie de Trump.»

Si j'ai laissé les menaces de Trump ci-haut dans la langue originale, l'anglais, c'est que la traduction française que j'ai vue (dans Le Devoir, La Presse et le Journal de Montréal, provenant de l'Agence France-Presse) ne leur rend pas justice. Le langage est aseptisé, et on pourrait presque croire, à la limite, qu'on a affaire à un président sain d'esprit (voir l'image ci-dessous).
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Traduire «fuckin'» par «putain»? Peut-être à Paris, mais certainement pas au Québec. Un de nos sacres les plus juteux aurait davantage rendu la force du terme en anglais. Et remplacer «crazy bastards» par «tarés» n'a absolument aucun sens. Même le «vous vivrez en enfer» ne rend pas en français tout l'impact du message original. «Votre vie deviendra un enfer» aurait été plus juste sans être idéal.

Jusqu'à maintenant, Trump et ses bandits se sont largement contentés de commettre des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, ce qui leur vaudra un jour, souhaitons-le, une série de procès genre Nuremberg suivis d'une incarcération à vie dans les geôles du Salvador ou à Alligator Alcatraz. Mais l'ensemble de son intervention pascale constitue aussi un blasphème. Dans mon petit catéchisme d'enfance, on appelait cela «un péché mortel». Si Dieu existe...

En tout cas, Joyeuses Pâques!

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