22 avril 2026...
J'aime les journaux imprimés. J'aime Le Devoir. Alors, fidèle à la vieille expression Qui aime bien châtie bien, je monte de nouveau aux barricades pour accuser Le Devoir de négliger ses éditions papier, tant par les choix de contenu que par la présentation des sujets.
Cette critique peut paraître nébuleuse pour un grand nombre de lecteurs, mais elle est fondée sur des années d'observation aiguisées par une longue expérience en journalisme, y compris le montage de pages, la sélection de nouvelles et la direction d'une salle de rdaction.
La meilleure façon d'illustrer mon propos, c'est de trouver un bon exemple et de le décortiquer. Le Devoir me l'a offert sur un plateau d'argent avec sa couverture erratique des déclarations malhabiles du chef libéral Charles Milliard sur la protection de la Loi 96 au moyen de la clause dérogatoire.
Jeudi 16 avril: Charles Milliard, rompant avec les positions antérieures de son parti annonce qu'il mettrait de nouveau l'essentiel de la Loi 96 (français langue officielle et commune) à l'abri des tribunaux en renouvelant l'application de la clause nonobstant de la Charte des longs couteaux. Le sujet devient rapidement une manchette québécoise et Le Devoir publie sur son site Web un texte complet signé par son correspondant parlementaire François Carabin.
Vendredi 17 avril: J'ouvre mon Devoir papier et m'attends à lire un texte fouillé étant donné que l'anglosphère libérale gronde. Que vois-je? Une nouvelle brève d'une seule petite colonne, moins étoffée que le texte Web de la veille, en page 2 (voir image ci-haut) intitulée Charles Milliard protégerait la «loi 96». Ce reportage ne comporte aucun suivi auprès d'autres membres du caucus libéral ou de porte-parole de la collectivité anglo-québécoise. Très décevant!
Vendredi 17 avril: après une réunion sans doute houleuse des députés libéraux, Charles Milliard fait volte-face et ne promet plus d'avoir recours à la disposition dérogatoire de la Constitution pour protéger la Loi 96. Nouvelle manchette un peu partout, y compris sur les pages Web du Devoir qui publie un nouveau texte maison signé Sébastien Tanguay. Un article de 11 paragraphes!
Samedi 18 avril: Je m'attends à voir Le Devoir papier consacrer un espace généreux à la couverture de ce premier grand faux-pas du nouveau chef libéral, surtout qu'il porte sur l'avenir du français au Québec. Quoi? Il n'y a aucune nouvelle! Zéro. Rien. Surprenant pour un sujet qui est repris sur un tiers de page par le chroniqueur Michel David en page B5 (second cahier) de la même édition papier! C'est à n'y rien comprendre. Un manque de respect flagrant pour les lecteurs de l'imprimé.
Lundi 20 avril: Charles Milliard poursuit son cafouillage au sujet de la Loi 96 en tentant de clarifier sa position sur l'emploi ou pas de la clause de dérogation. Le sujet n'est pas couvert par un scribe du Devoir, qui publie un article de Thomas Laberge, de la Presse canadienne. Le Devoir n'avait-il pas délégué un journaliste au point de presse de M. Milliard à Laval?
Mardi 21 avril: Dans Le Devoir papier (voir image ci-haut), reprise incomplète dans la page de nouvelles brèves (la page 2) du texte de la Presse canadienne sans mise à jour, sans ajouts à la non-couverture de la veille. Entre ça et dire que le sujet n'a à peu près aucune importance, la différence est fort mince...
Mercredi 22 avril: Encore une fois, il appartient à un chroniqueur de remettre les pendules à l'heure: un tiers de page consacré au texte Milliard dans le brouillard de Jean-François Lisée!
Expliquez-moi ça. Un sujet qui fait les manchettes un peu partout, y compris sur le site Web du Devoir, ne mérite que deux brèves d'une colonne dans les pages d'actualité de l'édition papier entre le 17 et le 22 avril. Par contre, on lui consacre deux longues chroniques dans les pages d'opinion.
Peut-être aurait-on pu pondre un édito maison sur les malheurs de Charles Milliard dans l'édition du lundi 20 avril, mais malheur de malheur, Le Devoir vient de supprimer sa page éditoriale les lundis... pour de bon...
Avoir été de nouveau chef des nouvelles ou rédacteur en chef au Devoir, j'aurais piqué une crise dès le premier jour...

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