jeudi 2 avril 2026

À 11 jours du scrutin dans Terrebonne...

2 avril 2026...

capture d'écran du site Web Le Devoir - voir lien en bas de page



J'ai suivi avec une certaine inquiétude les campagnes du Parti québécois dans les quatre partielles tenues depuis le scrutin de 2022. En glanant l'information transmise au compte-goutte par les médias, il semblait que le PQ les ait toutes gagnées en privilégiant des thèmes locaux et régionaux.

Je ne suis pas expert, mais j'estimais cette stratégie erronée, la remontée péquiste depuis quatre ans s'étant largement appuyée sur une relance musclée du projet d'indépendance nationale, désormais hissé au grand mat du vaisseau amiral des souverainistes.

En tête dans les sondages, le parti de Paul St-Pierre Plamondon a remisé l'audace, craignant peut-être que la cause de l'indépendance, et surtout un horizon référendaire redouté, fasse chuter sa popularité. L'arôme du pouvoir a tendance à calmer la rhétorique électorale.

Ces jours-ci, l'avance du PQ fond comme neige au soleil et rien ne garantit que dans une nouvelle partielle, miser sur des débats locaux aurait les mêmes résultats, surtout dans des circonscription avec une proportion appréciable d'anglophones ou d'anglicisés.

Les anglos et les électeurs en voie d'anglicisation, peu importe l'origine géographique, raciale ou ethnique, voteront en grande majorité pour les libéraux. Pour la plupart d'entre eux, le PQ sera toujours le parti des séparatistes, et aucun enjeu local, si puissant soit-il, ne leur fera cocher la case d'un candidat de PSPP au bureau de scrutin.

L'occasion manquée par le PQ de porter le débat électoral sur le terrain des valeurs québécoises et de la souveraineté dans ses partielles semble en voie de se répéter ces jours-ci au fédéral avec l'élection partielle de Terrebonne, qui a lieu dans 11 jours!

Contrairement à la situation durant les partielles québécoises, le Bloc québécois ne mène pas dans ls sondages. Libéraux et bloquistes ont terminé à égalité le 28 avril 2025, et depuis ce temps la cote du parti de Carney semble avoir grimpé de quelques points. Selon les sondeurs de QC 125, Le Parti libéral détient une micro-avance...

Or, selon les plus récentes informations, le Bloc semble croire que le projet de TGV d'Alto sera la question de l'urne. Il en fera donc son enjeu principal. J'espère que les troupes d'Yves-François Blanchet ont raison et que cet enjeu peut les transporter à la victoire, mais dans des débats régionaux, seul le parti gouvernemental a l'avantage de pouvoir réaliser ses promesses et de délier les cordons de la bourse.

Encore une fois, je ne suis pas expert, mais de mon réduit frontalier à Gatineau, il m'apparaît que la défense du projet souverainiste et des grands chantiers de la langue et de la laïcité doivent être propulsés à l'avant-plan. C'est là qu'on trouve les points faibles de la bande à Carney et de ses candidats et candidates au Québec.

Au programme du Bloc, dans la section intitulée Choisir le Québec, on écrit: «Choisir le Québec, c'est choisir des femmes et des hommes qui partagent nos aspirations, nos ambitions et nos rêves». C'est «choisir la langue française, sa culture, son identité». Voilà la cible à viser dans la circonscription de Terrebonne.

Le gouvernement libéral à Ottawa dépense près de 100 millions $ tous les ans pour angliciser le Québec, combat jusqu'en Cour suprême nos lois sur la langue française et la laïcité, notre utilisation de la clause dérogatoire de la Constitution des longs couteaux, et envahit sans gêne les compétences constitutionnelles québécoises, notamment en santé et en éducation.

Il faudra talonner la candidate libérale en l'obligeant à répondre sur ses engagements envers le Québec, comme représentante québécoise à Ottawa. Appuie-t-elle ou non la laïcité de l'État québécois? Appuie-t-elle ou non les mesures de renforcement de la langue française? Appuie-t-elle les dizaines de millions offerts tous les ans aux Anglo-Québécois alors que le français est en déclin?

Au-delà du projet de TGV, majeur certes, le Bloc doit faire comprendre aux électeurs francophones (près de 90% de la population) qu'élire une libérale, c'est envoyer à Ottawa une ennemie de «nos aspirations, de nos ambitions et de nos rêves».  C'est voter contre soi-même! 

Quand les avocats du gouvernement Carney se présentent devant la Cour suprême pour torpiller notre seul droit de véto constitutionnel et saboter les Lois 21 et 96, ils affirment parler au nom des Québécois qui ont élu des représentants libéraux à Ottawa. Cette fois, ils ne doivent pas pouvoir dire: regardez, les Terrebonniens sont des nôtres... 

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