19 juin 2026...
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| capture d'écran du site Web La Presse |
À la fin des défilés d’antan de la fête nationale, un petit Jean-Baptiste aux cheveux bouclés trônait sur le dernier char allégorique, flanqué d’un mouton : symbole tout en douceur d’une nation sachant «porter la croix», ayant adopté comme saint patron un martyr qui criait dans le désert.
Sous les élans fleurdelisés des années 1960, le ton des célébrations a changé. Le 24 juin s’est transformé en fête patriotique, en affirmation laïque et vigoureuse de la langue française et la culture québécoise. Le PQ a été porté au pouvoir. La Loi 101 a été adoptée. Et en dépit des jambettes, nous sommes passés à un cheveu près de la souveraineté.
Mais sous notre éveil combatif, les anciennes docilités veillaient. Depuis quelques décennies, les envolées oratoires de la fête nationale cachent difficilement un déclin de militantisme chez les nôtres, une glissade de plus en plus apathique vers le confort du bilinguisme.
L’engouement de milliers de Québécois pour l’anglais intensif au primaire, la ruée de nos étudiants vers les cégeps de langue anglaise, la corruption de notre langue au travail, dans les commerces, dans les médias d’information et les réseaux sociaux, notre soumission gênante devant les bonjour-Hi et toutes manières de génuflexion devant les exigences de l’anglosphère rappellent la résignation des Jean-Baptiste d’antan et, pire, leurs moutons.
Reste-t-il au sein de notre jeune génération (et chez leurs aînés) suffisamment d’étincelles de rébellion pour relancer l'esprit des luttes amorcées durant la Révolution tranquille ? Souhaitons-le. L’avenir de la nation québécoise en dépend! Bonne fête nationale!

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