mardi 16 juin 2026

Depuis quand Ottawa veut-il l'épanouissement des minorités francophones?

16 juin 2026...

capture d'écran du site Web Le Droit, 16 juin 2026


Vous voyez le titre ci-haut, publié dans Le Droit ce mardi 16 juin 2026? Il est trompeur. Nulle part dans le texte signé Lise Denis ne trouve-t-on une telle affirmation. Ni dans l'article de Pascal Vachon dans les pages d'ONFR-TFO. Pourquoi? Parce que ce serait faux.

En janvier 2026, le gouvernement du Canada a rendu public un avant-projet de règlement découlant de la modernisation de la Loi sur les langues officielles (LLO). Cet avant-projet avait pour but de mousser «la progression vers l'égalité de statut et d'usage du français et de l'anglais» au pays.

Pas besoin de faire de dessin. L'inégalité actuelle, reconnue explicitement, défavorise la langue française. Depuis 1867. Lisez l'histoire du Canada. Tout le monde, ou presque, peut se mettre d'accord là-dessus. Favoriser la progression vers l'égalité ne peut que signifier des mesures de promotion du français (ou de régression - impensable - de l'anglais).

Or, cet avant-projet de règlement annoncé en janvier n'aborde même pas l'alinéa 41(6) de la LLO, prévoyant des «mesures positives» pour octroyer au français un statut qui lui conférerait une «égalité réelle». Aucune référence, entre autres, aux mesures «pour assurer le rétablissement et l'accroissement du poids démographique des minorités francophones»...

L'avant-projet, ainsi que le rapport sénatorial qui le critique, s'en tiennent largement à cette sempiternelle symétrie fictive entre toutes les CLOSM (communautés de langue officielle en situation minoritaire). Les minorités de langue française et de langue anglaise y sont considérés sur un pied d'égalité alors que de toute évidence, les Anglo-Québécois sont choyés depuis toujours.

Les textes reflètent fidèlement ce refus de nommer l'infériorité du français et de parler de mesures conçues spécifiquement pour promouvoir l'égalité de la langue française. J'offre en exemple le premier paragraphe du texte du Droit :

La journaliste ne mentionne pas l'épanouissement des minorités francophones hors Québec, mais celui «des communautés de langue officielle en situation minoritaire». Les mesures d'épanouissement et de développement s'appliquent donc également la collectivité anglo-québécoise, ce qui, dans le cadre d'une recherche d'égalité «réelle», n'a absolument aucun sens.

La modernisation de la LLO a introduit pour la première fois une reconnaissance des menaces qui pèsent sur la langue française au Canada - et seulement sur la langue française. Clairement, l'avant-projet de règlement, qui devait passer du principe aux mesures positives, renie cette avancée. Et le Sénat du Canada ne lui en fait pas le reproche, quoiqu'en dise le titre du Droit...

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Lien au texte du Droit - https://www.ledroit.com/actualites/politique/2026/06/16/ottawa-manque-dambition-pour-lepanouissement-des-minorites-francophones-CMGF2XIW25D5VFGKPVV552AUUM/?utm_source=homepage-le-droit&utm_medium=internal-recirculation&utm_campaign=deux-manchettes-2-3

Lien au texte d'ONFR-TFO - https://onfr.tfo.org/langues-officielles-reglement-ottawa-federal-francophonie/


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