15 juin 2026...
Ce matin, mon épouse et moi sommes allés pour la deuxième journée d'affilée à l'un des centres de dons Renaissance de Gatineau, la voiture chargée de vêtements, de linge de lit, et d'une variété d'objets qui ont habité la maison que nous quittons bientôt. Demain, nous emporterons un chargement à l'Éco-Centre, en plus d'offrir livres, vinyles et CD à une librairie d'occasion.
Samedi, 13 juin, nous avons transformé notre entrée en «vente de garage», le rituel consacré pour assurer une nouvelle vie à toutes les possessions auxquelles nous avons attaché une grande valeur, mais qui ne survivront pas au déménagement imminent. Toute la journée, des gens que nous ne connaissions pas, informés par nos affiches et nos annonces Internet, ont cherché les aubaines sur une dizaine de tables disposées devant la maison. Plusieurs ont trouvé.
Pour les voisins, ces ventes-débarras annoncent le départ imminent d'une famille qui a vécu dans le quartier depuis les années 1980. C'est le début des «au revoir», parfois émus. Plusieurs proches et amis sont aussi venus nous saluer, ajoutant une touche de bonheur à un événement qui alterne entre rires et nostalgie. Je songeais à la chanson Rue des souvenirs des Cowboys fringants:
«Les commerces et les gens ne sont que de passage
Le quartier lui traverse les âges
Conservant dans ses cours ses maisons et ses rues
L'âme de tous ceux qui y ont vécu.»
Le quartier lui traverse les âges
Conservant dans ses cours ses maisons et ses rues
L'âme de tous ceux qui y ont vécu.»
Les gens qui n'ont jamais organisé une vente de garage ne peuvent savoir la quantité de travail et de préparatifs requis pour en assurer la réussite. Depuis des mois, mon épouse Ginette a dépensé des dizaines et des dizaines d'heures à choisir et ranger des objets destinés à la vente de garage... et à confectionner, la veille, d'abondantes collations pour celles (Ginette, Véronique, Gabrielle, Catherine, Dominique) qui ont accueilli et servi plus d'une soixantaine de clients par une journée chaude sous un soleil ardent, et d'autres parents et amis qui nous ont donné un solide coup de main avant, pendant et après.
Ça me faisait un peu penser à Noël. De longues semaines de préparatifs et d'attente pour une journée intense qui passe en coup de vent. Entre le montage des tables à partir de 6 heures du matin et le démantèlement vers 15 heures, ce fut un tourbillon de salutations, de ventes, de jasettes, de café, de boissons froides, de sandwichs, de croustilles, de remerciements, jusqu'à épuisement. Le garage reste encombré (un peu moins qu'avant) et le noyau familial s'installe pour quelques heures de repos autour d'un repas de pizzas.
Puis, le lendemain, en plus de liquider ce qui n'a pas été vendu, c'est le retour à la tâche - apparemment sans fin - de s'assurer que la maison soit libérée pour le futur proprio. Déjà trois pièces de vides et ça continue. Boîte sur boîte se remplissent et sont scellées. Heureusement, nos trois filles et leurs conjoints ne sont jamais très loin pour les tâches les plus lourdes. Mon épouse a raison. S'il faut déménager, n'attendez pas trop longtemps. Nous sommes trop âgés pour relever aisément un tel défi...

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