5 juin 2026...
Ce chef du Parti libéral du Québec qui s'agenouille devant les bonzes anglophones quand vient le temps de protéger la langue française* fait maintenant l'éloge des étudiants qui choisissent de poursuivre leurs études supérieures en anglais... au Québec!
Durant son séjour récent comme cadre supérieur à l'université Bishop's, dans le secteur Lennoxville de Sherbrooke, Charles Milliard «dit avoir été charmé par la cohabitation des deux langues officielles du Canada», rapporte le quotidien Le Devoir.
Apparemment inconscient du lien démontré entre la langue des études et la langue de travail, l'innocent chef libéral croit que fréquenter l'université en anglais agit «comme un outil de développement linguistique» pour les jeunes francophones.
Pire, M. Milliard estime que dans ses classes, à l'automne 2025 «60 à 65% des étudiants étaient des francophones qui voulaient apprendre dans une deuxième langue». De jeunes Québécois déjà bilingues qui avaient le choix de se perfectionner en anglais...
Il y a deux ans, en mai 2024, deux chercheurs québécois s'étaient fait traiter de «pleins de marde» par un député libéral, Francis Drouin, pour avoir tenté de démontrer le lien de cause à effet entre les études supérieures en anglais et l'assimilation des étudiants francophones.
Sans nier les effets positifs, pour certains jeunes, de développer des habiletés bilingues et plurilingues, les recherches démontrent que la langue des études au collégial et à l'universitaire a davantage tendance à devenir, en tout ou en partie, la langue de travail.
Si le chef libéral ne connaît rien à la dynamique linguistique dans notre enclave francophone d'Amérique, il gagnerait se renseigner auprès d'experts dans une institution de langue française. On lui apprendrait comment, pour un peuple entouré d'anglophones, la croissance excessive du bilinguisme est une étape vers l'anglicisation collective.
Charmé par l'université anglaise Bishop's, M. Milliard l'est tout autant par la municipalité de North Hatley où il a élu résidence. Selon lui, il s'agit d'un village où 350 résident parlent français, et 350 autres parlent l'anglais. Tout le monde est bilingue, estime le chef libéral.
J'ai vérifié. Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, sur les 675 habitants de North Hatley, 61% sont francophones et 39% anglophones. Si on a l'impression que c'est moitié-moitié, c'est peut-être parce que les francophones parlent plus souvent en anglais, et les anglos un peu moins souvent en français.
J'ai vérifié. Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, seul l'anglais est en croissance comme langue d'usage (langue la plus souvent parlée à la maison) à North Hatley. Une comparaison de la langue maternelle et de la langue d'usage montre un gain de 12% pour l'anglais, et une perte de 3% pour le français.
En se fondant sur la langue d'usage (la langue transmise à la génération suivante), North Hatley compte environ 55% de francophones et 42% d'anglophones. Si la tendance se maintient, ce pourrait effectivement devenir le 50-50 de M. Milliard. Enfin, selon Statistique Canada, le taux de bilinguisme est de 65%... Environ 38% des anglos sont unilingues, contre 32% des francos...
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* https://lettresdufront1.blogspot.com/2026/04/comment-ne-pas-couvrir-une-nouvelle.html

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