dimanche 7 juin 2026

PLQ : à genoux tout le monde...

7 juin 2026...

capture d'écran du site Web Le Devoir (André Pratte)


Le 26 août 1977, quand vint le temps du vote final, tous les députés libéraux se sont levés pour voter contre l'adoption de la Loi 101 (Charte de la langue française) à l'Assemblée nationale. Il est bon de le rappeler à chaque fois qu'un élu ou un représentant du PLQ lance un sempiternel «oui, mais...» quand vient le temps de de se prononcer sur des mesures de protection ou de promotion de la langue française.

S'ils pouvaient agir à leur guise, les libéraux - tant les «provinciaux» que les fédéraux - feraient du Québec un État où, derrière quelques hypocrites engagements de principe en faveur du français, le Bonjour-Hi deviendrait la règle un peu partout. Les Anglo-Québécois et leurs collabos colonisés charcuteraient avec appétit ce qui reste du projet initial de Camil Laurin et René Lévesque.

À chaque fois que la société civile, la législature ou les tribunaux débattent d'un projet de francisation, on peut invariablement compter sur la présence d'éminents libéraux pour défendre les intérêts de l'anglais sous l'étendard toujours commode du bilinguisme. À son plus extrême, le député fédéral d'Alfred-Pellan (Laval) proposait en 2024 que le Québec devienne une province officiellement bilingue. Aucun de ses collègues du caucus libéral québécois n'a dénoncé ces propos.

Il y a une dizaine d'années, Philippe Couillard, alors premier ministre, souhaitait que tous les jeunes Québécois francophones puissent apprendre l'anglais. Son gouvernement avait même tenté, en Outaouais, de forcer les étudiants francophones en médecine de suivre leurs cours en anglais au campus satellite de l'université McGill à Gatineau. La députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault, avait renchéri en appuyant le libre choix pour tous de l'école française ou anglaise, du primaire en montant...

La hausse inquiétante des inscriptions de francophones dans les cégeps anglais provoque un vif débat depuis des années. Le gouvernement de la CAQ, dans son projet de loi 96, s'est contenté de plafonner le nombre d'inscriptions dans les collèges anglais, mesure faible s'il en fut, mais que les libéraux jugent inacceptables. Rien de moins que le libre choix, bien sûr. Il  fallait donc s'attendre à ce que la troupe de Milliard s'oppose à l'extension de la Loi 101 à la formation professionnelle et l'éducation des adultes.

Le français décline au Québec, notamment comme langue de travail. Les étudiants francophones et leurs parents le savent. Québec lui-même accélère l'apprentissage de l'anglais au primaire depuis 15 ans avec les programmes d'anglais intensif de Jean Charest. Les députés libéraux anglophones et anglophiles de la région de Montréal jubilent. On entrevoit déjà le passage du Bonjour-Hi au Hi-Bonjour, en attendant Hi tout simplement, à la Michael Rousseau.

La bienveillante députée libérale de Westmount-Saint-Louis, le coeur sur la main, se fait l'avocate des jeunes adultes désireux de faire le plongeon vers l'anglais. «Rendu à 18 ans, dit-elle, si un jeune francophone désire apprendre l'anglais parce qu'il voit que ça fait partie des options pour le futur, mais pourquoi on ne va pas le lui laisser l'apprendre?» Décodez ça... C'est vénéneux... Sa collègue de Notre-Dame-de Grâce, Désirée McGraw, favorise elle aussi pour les francophones le libre choix de s'angliciser au cégep...

Sur la colline parlementaire fédérale, les députés libéraux de la métropole et des environs ne sont pas en laisse. Dès sa nomination comme ministre des Langues officielles en décembre 2025, Marc Miller (Ville-Marie-Sud-Ouest-Île des Soeurs) se disait «tanné» du débat sur le déclin du français au Québec. Son collègue de Mount Royal Anthony Housefather, se sera distingué comme seul député fédéral à voter contre la modernisation de la Loi sur les langues officielles...

Charles Milliard affirme que son plan pour le français, attendu le 21 juin, sera meilleur que celui de la CAQ (Rires étouffés), avant de finir sa pensée avec une insulte à la nation québécoise. «Il faut avoir de l'ambition pour le Québec», lance-t-il... Si j'ai bien compris, cela signifie que franciser davantage le Québec traduit un manque d'ambition. «On est fiers de notre langue», conclut M. Milliard. Il aurait pu ajouter: dans la mesure ou les anglos de notre parti l'acceptent...

«Chose certains, on touche à des institutions (les cégeps) qui sont importantes pour la communauté anglophone», et cela doit «absolument» changer, affirme le président de la Commission politique nationale du PLQ, André Pratte.  À genoux tout le monde...

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