29 juin 2026...
Depuis le 20 avril 2026, le quotidien Le Devoir ne publie plus d'éditorial le lundi. Tenant compte de ce qui s'était produit à mon ancien journal, Le Droit, après l'abolition de l'éditorial du lundi en juillet 2013, j'estimais que cette décision de la direction du Devoir méritait une remise en question publique. S'agissait-il d'une mesure d'économie budgétaire (comme ce fut le cas au Droit) ou d'autre chose? Je me suis dit qu'il y aurait sûrement des réactions, à l'interne, à la FPJQ ou dans les autres médias. J'ai peut-être regardé avec mes yeux d'homme (comme dirait mon épouse) mais je n'ai absolument rien vu jusqu'à maintenant.
Le Devoir - ainsi que la plupart des autres médias - se fait cachottier quand il le faut, comme cela s'est produit pour la mise au rancart de chroniqueurs comme Lise Payette et Christian Rioux. On devine des chicanes de personnalité ou d'idéologie. Mais la suppression d'un éditorial par semaine, ou la fermeture d'un département vidéo, suggèrent d'autres enjeux : la rentabilité du produit, les orientations du journal, l'amorce d'une stratégie qu'on tient loin des oreilles du public.
On dira bien ce qu'on voudra du Devoir, et ses critiques se font de plus en plus acerbes ces jours-ci, ce journal occupe une place spéciale au Québec depuis plus d'un siècle. Peu importe ce que puisse en penser la direction du quotidien montréalais, Le Devoir a acquis depuis longtemps le statut de journal national et à ce titre, il appartient à cette nation qu'il a eu le privilège d'incarner dans ses pages depuis 1910. Il lui doit des comptes, et a le devoir de la tenir renseignée sur les véritables intentions du journal.
Le remplacement de l'éditorial du lundi par des textes que Le Devoir aurait pu publier n'importe quand laisse songeur. Que la faiblesse du texte de justification n'ait pas attiré sur-le-champ des questions et des reproches a de quoi surprendre et en dit long sur l'usure du sens critiques au sein de la profession journalistique québécoise. Depuis quand ralentit-on le lundi? Au début de la semaine (après une journée de congé), un journal met le pied sur l'accélérateur, comme son lectorat. Quand à «réfléchir sur un sujet qui colore l'air du temps», n'est-ce pas justement l'une des fonctions d'un éditorial?
Si l'intention du Devoir est de mettre fin éventuellement à l'édition papier en affaiblissant le contenu et en négligeant la présentation, alors qu'on le dise. Le Devoir se vante beaucoup des prix que le journal mérite pour ses réalisations numériques. Quand il ne reste que trois quotidiens papier de langue française au Québec, dont deux de la même chaîne, l'incitatif de concurrence tombe à zéro. On se dit peut-être que les accros du journal papier vont acheter Le Devoir même si on n'y met pas l'effort voulu. Et les journalistes, la FPJQ même conservent sur ces questions un silence assourdissant.
Quand on a assisté a déclin puis à la disparition de sept des dix quotidiens imprimés du Québec - La Presse, Le Soleil, Le Droit, Le Nouvelliste, La Tribune, Le Quotidien du Saguenay et La Voix de l'Est - il est pénible de voir dépérir le plus important de ceux qui restent. Rien ne justifie d'éliminer l'éditorial du lundi. Tout porte à croire à l'existence d'un motif que la direction dissimule. Est-ce la première ou l'une des premières étapes de coupes, petites au départ puis majeures? Une chose est sûre: la direction a l'obligation de mettre cartes sur table.
Si, malgré tout, ce qui arrive au Devoir depuis une dizaine d'années ne résulte pas d'une volonté, ne correspond pas à un objectif, la situation actuelle est encore plus inquiétante. Le navire est à la dérive.

C'est un bon signe. Le Parti libéral du Canada éprouve probablement des difficultés au sein de la population francophone du Québec, malgré le bon travail que fait M. Carney, il faut l'admettre, sur le plan de la réorientation des relations politiques et commerciales du Canada, étant donné les problèmes causés par les agissements de l'administration trumpienne actuellement au pouvoir à Washington.
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