lundi 23 février 2026

Les leçons de Chicoutimi...

23 février 2026...

Les résultats dans Chicoutimi (137 boîtes sur 142)



Aujourd'hui, 23 février 2026, les appuis à la CAQ se sont de nouveau effondrés, dans Chicoutimi cette fois. Pour le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon, c'est un septième député et une quatrième victoire d'affilée dans les partielles depuis le scrutin général de 2022. Le bémol pour le PQ, c'est sans doute les 26% de votes au Parti conservateur dans le rétroviseur, et ce que cela augure pour la campagne électorale d'octobre 2026. 

Vous m'excuserez, grands stratèges. Je regarde tout ça de loin. De l'Outaouais. De Gatineau, plus précisément. Je suis indépendantiste depuis la fondation du PQ. Denrée plutôt rare par ici. Vétéran des vallées arides de Gatineau-sur-Ottawa, je tournais mes yeux vers le terreau plus fertile du Saguenay avec l'espoir (exaucé) d'un gain du Parti québécois dans Chicoutimi. Mais est-ce vraiment une victoire du mouvement souverainiste?

Comme pour la partielle d'Arthabaska en août 2025, le message de l'indépendance semble avoir cédé l'avant-scène aux enjeux locaux et régionaux du Saguenay. C'est du moins l'impression laissée par le peu d'information ayant filtré jusqu'à nous depuis le début de la campagne électorale et cela n'est guère rassurant pour l'avenir de la nation. Même avec cette victoire convaincante, avoir de nouveau raté l'occasion d'insister sur l'urgence de l'indépendance pourrait finir par coûter cher.

Le problème, tel que je le vois, c'est que le Parti d'Eric Duhaime a réussi à détourner le débat sur l'indépendance et le transformer en débat sur un éventuel référendum. Fort d'un sondage Pallas indiquant que seulement 27% des électeurs de Chicoutimi voteraient «oui» à un référendum sur l'indépendance, contre 52% pour le «non», le PCOQ a obligé le PQ à justifier sa promesse référendaire au lieu de se concentrer sur le recrutement d'appuis à la souveraineté.

Les résultats d'aujourd'hui sont probants. La montée du vote conservateur, de 8,4% en 2022 à 26% en 2026, est significative et sa campagne agressive contre la tenue d'un référendum y est certainement pour quelque chose. Eric Duhaime l'a répété ce soir d'ailleurs. J'ai pourtant la conviction qu'avoir misé avec force, tout de suite, sur le message qui devra sans doute être celui du scrutin général d'octobre, le Parti Québécois aurait pu freiner l'élan conservateur et augmenter sa marge de victoire déjà appréciable.

Encore ce soir, après le décompte des votes, Paul St-Pierre Plamondon a essentiellement promis que le Parti Québécois formerait en octobre prochain un bon gouvernement responsable en remplacement de la CAQ. Aucun plaidoyer pour l'indépendance. Aucune insistance sur l'urgence de sauver une nation au bord du précipice, sur l'urgence de réaliser enfin un Québec français et laïc. Une mention du référendum, mais seulement pour dénoncer les tactiques de peur des adversaires.

Le discours de victoire de PSPP était excellent par moments, en particulier ses commentaires sur la peur que suscitent les menaces d'annexion et les tarifs de Donald Trump, mais cet argumentaire sera nettement insuffisant pour parer aux attaques qui viendront de toutes parts, y compris d'Ottawa, contre l'indépendance et surtout, la tenue d'un référendum rapide au Québec. Si le PQ ne modifie pas la stratégie employée dans les partielles, s'il ne réussit pas d'ici l'automne à mousser la cote de l'indépendance dans l'opinion publique, une victoire majoritaire en octobre risque de finir en cul-de-sac.

Mais pour ce soir, savourons la victoire!

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