dimanche 18 décembre 2022

Ont-ils fait tout cela pour rien?

Photo Archives nationales du Québec, famille de l'Île d'Orléans, 1950

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Imaginez-vous adulte (entre 40 et 50 ans) en 1922... Un retour vers le passé... Un petit siècle...

Dans la famille fondée par vos parents, vous avez toutes les chances d'avoir sept ou huit frères et soeurs. Disons huit, pour les fins de mon calcul. À l'époque, votre fratrie aurait donné naissance à (je donne un chiffre arbitraire) à au moins cinq ou six enfants par couple, et ces derniers auraient eu des familles moins nombreuses. Disons trois enfants par famille. Savez-vous ce que cela donne comme total? Vos parents, dans leur vieil âge, auraient eu pas moins de 180 descendants!

Avance rapide à 2022...

Supposons que vous frisez la mi-quarantaine. Vous avez deux frères et soeurs. En supposant qu'ils aient fondé une famille, ils auraient sans doute eu en moyenne (comme vous) deux enfants par couple. Et au rythme actuel des choses, il n'y aura guère eu plus de 12 enfants dans la génération suivante. Ainsi quand vos parents seront octogénaires, le nombre de leurs descendants oscillera autour de 25...

Si vous mijotez ça pendant quelques heures, vous comprendrez parfaitement pourquoi il y a tant de vieux au Québec et pourquoi il y a une pénurie de plus en plus aigüe de main-d'oeuvre. Pas besoin de savants cours d'économie pour savoir que ceux et celles qui s'en viennent sont moins nombreux que ceux et celles qui s'en vont...

Alors comment on règle ça? Avec plus de naissances, comme les générations qui nous ont précédés? Non... Nous vivons désormais dans une société où créer la vie a moins d'importance que le bien-être socio-économique. On mobilisera davantage pour le droit à l'avortement et l'aide médicale à mourir que pour une politique de natalité.

Alors que fait-on quand on compte la relève et qu'il manque des milliers de naissances dont notre société aurait eu besoin mais qu'elle a découragées? On va chercher des immigrants qui ne connaissent pas nos us et coutumes, notre langue même, puis on se plaint qu'ils ne s'intègrent pas.

Mais s'intégrer à quoi? Autrefois, notre population en croissance continue aurait eu moins de difficulté à assimiler ces gens venus d'ailleurs. Maintenant la stagnation démographique (s'ajoutant à la subordination politique) nous met en constant péril, surtout dans les centres urbains où l'immigration se concentre.

Nous ne sommes même pas foutus de nous affirmer pleinement comme nation, de prendre les mesures nécessaires pour protéger notre identité collective et assurer la pérennité de notre langue et de notre culture. Un bon jour, nous serons minoritaires sur notre propre territoire...

Non, il ne s'agit pas de revenir au message de la revanche des berceaux que martelaient les curés en chaire. Mais peut-on au moins reconnaître que n'eut été de ces taux de natalité fort élevés, nous ne serions pas ici aujourd'hui pour discuter de nos options. Et que ces grandes familles d'autrefois avaient pour but, entre autres, d'assurer l'avenir de notre peuple sur ce continent? Qu'elles étaient la preuve indéniable d'une volonté collective d'exister?

Libre à vous de rire et de me traiter de vieux rétrograde quand je parle de faire plus d'enfants mais au rythme actuel du déficit de naissances nous commettons un suicide collectif. Avec une entière souveraineté politique, libérés des entraves imposées par Ottawa, nous pourrions mieux gérer cette situation. Pour le moment, à cet égard, l'horizon reste bien bouché.

Entre-temps, les chiffres sont implacables. D'ici quelques générations, nos descendants (de souche et métissés) ne seront même plus assez nombreux pour élire un parti indépendantiste.

Nos ancêtres auront défriché, labouré, bûché, bâti, prié et fait beaucoup, beaucoup d'enfants pour offrir à la nation québécoise d'aujourd'hui une fenêtre historique sur cette planète. Auront-ils fait tout cela pour rien? Allons-nous les remercier en laissant filer l'héritage?


vendredi 16 décembre 2022

Les Rhodésiens sont de retour...

Les Rhodésiens sont de retour... Désarçonnés par la Révolution tranquille et la montée du Parti québécois dans les années 1970, ils s'étaient terrés mais aujourd'hui, ces Anglo-Québécois qu'on appelle parfois angryphones sortent de leurs antres et voient autour d'eux un terreau fertile pour réduire une fois pour toutes cette irritante majorité francophone au silence... voire à l'inexistence.

Et cette fois, l'offensive viendra d'Ottawa où les messages officiels de sympathie à l'endroit du français sonnent de plus en plus faux. La population de langue française du Canada est en décroissance accélérée, oscillant autour de 20%. Les minorités francophones, sauf en Ontario et au Nouveau-Brunswick, ont été marginalisées. Même au Québec, et le dernier recensement fédéral en fait foi, le déclin crève les yeux!

D'ici une quinzaine ou une vingtaine d'années, les Anglo-Canadiens n'auront plus besoin de nos «collaborateurs» à Ottawa pour faire croire aux Québécois qu'ils ont un pouvoir décisionnel au fédéral. Ils les mettront à la poubelle comme de vieilles guenilles et abattront à coups de masse ce qui restera de l'édifice de la Loi 101 sous les yeux résignés ou indifférents d'une majorité de Franco-Québécois «bilinguisés»...

Des coups de semonce ont été tirés cette semaine au comité fédéral des langues officielles, qui étudie la plus récente mouture d'un loi sans dents et peu respectée, la Loi sur les langues officielles. La seule mention d'une protection accrue pour le français au Québec dans cette loi fédérale leur donne de l'urticaire. Mais face à la possibilité de modifier ce projet de loi pour répondre à des demandes québécoises issues de la Loi 96, ils sont prêts à sortir l'artillerie lourde.

Ce qui apparaît intéressant dans la comparution au comité de deux députés de circonscriptions anglo-québécoises, Marc Garneau (NDG-Westmount) et Anthony Housefather (Mont-Royal), ce n'est pas tant l'argumentaire linguistique que l'éventualité d'utiliser la puissance d'Ottawa pour mettre le Québec au pas en matière linguistique. Et des armes puissantes, le gouvernement fédéral en possède: la Charte de 1982 imposée au Québec après la nuit des longs couteaux, un pouvoir illimité de dépenser, sans oublier le contrôle de tous les tribunaux supérieurs du Québec et de l'ensemble du Canada... entre autres.

«Ce serait une grande erreur pour nous, en tant que députés fédéraux, dans un comité fédéral, examinant des lois fédérales, de laisser le champ libre au Québec pour faire tout ce qu'il pourrait vouloir faire en matière de langue au Québec», a déclaré le député de NDG-Westmount, Marc Garneau, un député auquel la majorité anglophone de cette circonscription fédérale peut faire confiance les yeux fermés. Le message est clair: au-delà du fait d'écarter les demandes québécoises de modifier la Loi sur les langues officielles, il ne faut pas laisser «le champ libre» au Québec «en matière de langue». Jusqu'où irait-il?

Le député Housefather, de Mont-Royal (ou devrait-on écrire Mount-Royal?), va dans le même sens. Qualifiant la très timide Loi 96 québécoise de «discriminatoire envers la minorité anglophone», et faisant état de mécontentement, de craintes et même de désespoir (???) au sein d'une population anglophone pourtant en pleine croissance, M. Housefather propose que la loi fédérale sur les langues officielles «prenne ses distances» de la loi québécoise plutôt que de s'en approcher. Pour lui, le gouvernement de la majorité anglo-canadienne doit se porter à le défense de sa protubérance québécoise. Ottawa en a le pouvoir et il y a fort à parier que son voeu sera exaucé.

L'ouverture envers «le français seule langue minoritaire» au Canada et la reconnaissance du déclin du français au Québec se sont évaporées dès que Mélanie Joly a été mutée aux Affaires extérieures. Les astres ne sont plus alignés en faveur des francophones québécois. L'Acadienne Ginette Petitpas Taylor qui pilote le dossier des langues officielles est beaucoup plus collée que Mme Joly aux positions défendues par les Anglo-Québécois, comme d'ailleurs le Commissaire aux langues officielles Raymond Théberge, un Franco-Manitobain. Encore une fois, le fédéral utilise contre le Québec des francophones minoritaires, tels des pions, sur son échiquier anglo-multiculturaliste.

Mais les carottes à la francophonie pan-canadienne dans le projet de loi C-13 (Loi sur les langues officielles) ne pourront pas cacher le gros bâton avec lequel on assommera ce qui reste de l'élan québécois du gouvernement Legault.  L'offensive est commencée, on ne préserve même plus les symboles. Une gouverneure générale qui ne connaît rien au français, une lieutenant-gouverneur unilingue anglaise au Nouveau-Brunswick, ce n'est que le début de l'avalanche. Il y a à Ottawa des Blaine Higgs dans tous les recoins, y compris au sein du gouvernement Trudeau. Et ils n'apprécient guère la fanfaronnade de François Legault et compagnie, qui lancent à coups de tire-pois des ébauches de laïcité et de français-langue-commune contre le béton anglo-multiculturel.

Le rouleau compresseur fédéral a fait le plein de carburant en 1982 avec la complicité des neuf provinces anglaises et des «collaborateurs» québécois habituels. Ottawa s'est débarrassé du droit de véto historique du Québec, a confié à «ses» juges - jusqu'à la Cour suprême - le droit de cisailler les soubresauts québécois, et inscrit dans la constitution qu'on nous impose la notion de multiculturalisme (synonyme de portez-tous-les-symboles-religieux-que-vous-voulez-à-condition-de-parler-anglais). Et pendant que les petites Lois 21 (laïcité) et 96 (français langue commune) foncent tout droit vers un mur judiciaire infranchissable, Trudeau et sa bande assèneront le coup de grâce à la langue française à coups de 100 000 immigrants ou plus par année au Québec.

La seule arme du gouvernement Legault, c'est la clause de dérogation prévue dans la Loi constitutionnelle de 1982, le fameux «nonobstant», qui permet aux provinces de passer outre à la plupart des articles de la Constitution quand il le faut. Que fera Québec si les juges fédéraux limitent l'accès à cette clause, ou charcutent les lois 21 et 96 comme ils l'ont fait pour la Loi 101 auparavant? Personne ne pose cette question à François Legault, et ce dernier n'a pas de réponse de toute façon. Il n'y avait que le projet d'indépendance, qu'il a écarté dès le départ. Et ça, les fédéraux le savent.

Les colères les plus récentes des Anglo-Québécois offrent à Ottawa le prétexte classique d'intervenir, de façon décisive. Voler au secours d'une soi-disant minorité soi-disant opprimée par une majorité qu'on qualifie de raciste et de xénophobe constitue la justification historique classique (qui ne s'est jamais appliquée au Canada quand les minorités francophones étaient persécutées par de vrais racistes, cependant). Et dans l'état actuel des choses, les chances de victoire du Québec s'amenuisent à tous les jours. Ce sera David (sans sa fronde) contre Goliath (armé d'un lance-missile). 

Ne savons-nous pas ce qu'il nous reste à faire?


mardi 13 décembre 2022

Moi mes souliers ont beaucoup... tapé!


Le Vent du Nord

«C'est une langue aux quatre vents, laissant des traces et des enfants   
Un peu de France, beaucoup de temps, notre Amérique aura vu grand.»        - Amériquois (Album 20 printemps, Le Vent du Nord)     

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À quelques mètres de la scène, les yeux rivés sur les violons, l'accordéon, la vielle à roue, et le tapage obsédant des pieds, je les voyais presque dans le brouillard à l'arrière-scène - coureurs des bois, explorateurs, colons, bûcherons, défricheurs, musiciens, patriotes, écrivains, poètes et clochers qui ont enfanté au fil des siècles notre petit peuple français métissé d'Amérique.

Si l'au-delà existe, je comprendrais que ces millions d'ancêtres tapant du pied veuillent s'accrocher à la charrette musicale du groupe Le Vent du Nord, qui garde vivantes nos traditions menacées, les transportant avec lui à travers le Québec - et autour la planète toute entière - avec la même énergie et fermeté que l'infatigable Pélagie d'Antonine Maillet. 

Dans un monde où les Spotifiy et autres plates-formes numériques nous servent un attrayant hachis au sein duquel les saveurs d'ici restent trop souvent dans l'ombre, où les radios y compris les nôtres font bien pire, le portail entre les nouvelles générations et les rythmes ancestraux se rétrécit. Pas parce que les jeunes n'aiment pas la musique traditionnelle. Plutôt, parce qu'ils ne l'entendent pas. Mais au fond d'eux-mêmes, ils la connaissent...

Promener Le Vent du Nord et d'autres comme eux dans les écoles secondaires et cégeps du Québec enflammerait des braises enfouies dans les tripes collectives depuis des centaines d'années. La musique reste un important chaînon de l'ADN québécois. À partir d'anciens airs de France garnis d'apports autochtones, irlandais, écossais et autres, enrichis d'un «tapage de pieds» qu'on ne trouve nulle part ailleurs sur la planète, nos innombrables auteurs-compositeurs-interprètes ont créé un répertoire original issu de l'âme populaire.

Dans les chansons à répondre, chants folkloriques et gigues, interprétés à l'aide de guimbardes, violons, accordéons, musiques à bouche, on peut sans doute déceler des influences d'un peu partout, mais il reste un élément qui soit exclusivement de chez nous, que l'on reconnaît, que l'on ressent même: le tapage de pied typique (aussi appelé podorythmie) qui accompagne la prestation de nos violoneux, accordéonistes et chanteurs en musique traditionnelle.

Dans son livre Les racines de la musique populaire québécoise (1990), Christian Côté opine: «Notre musique traditionnelle, contrairement à un préjugé largement répandu, n'est pas un sous-produit médiocre des musiques écossaise et irlandaise. Dès le 19e siècle, il s'est créé un style "canayen", caractérisé par un swing bien particulier, auquel le tapement des pieds n'est certainement pas étranger.» Et ce style serait relié «aux particularités rythmiques de la langue française».

Peut-être n'est-ce pas un hasard qu'un des premiers succès de Félix Leclerc soit Moi, mes souliers. Nos chaussures ont en effet beaucoup voyagé, du bassin du Saint-Laurent à travers le continent, arpenté les champs et marché dans nos villes et villages. Mais elles sont aussi devenues un instrument de musique, marquant la cadence dans nos veillées. Ce tapage de pieds que Le vent du Nord et semblables amplifie sur les scènes d'ici et d'ailleurs porte en lui le vécu de n’ose) ancêtres, leurs voyages, leurs labours, leurs chants, leurs petites rébellions, leurs joies et leurs peines. Il est imprégné dans nos mémoires corporelles.

J'entrais à peine dans l'adolescence quand j'ai entendu pour la première fois (fin années 1950) la chanson La parenté de Jacques Labrecque. Je demeurais en milieu urbain, à Ottawa par surcroit, et vivais intensément la révolution du rock and roll américain. Et pourtant, je réécoutais sans trop savoir pourquoi ce 45 tours, mon seul en français à cette époque. J'étais attiré par le rythme, par la podorythmie, par le tapement de pieds qui faisait office de batterie. Je ne crois pas aujourd'hui que c'était l'effet du hasard.

Devant le violoneux Olivier Demers au spectacle du Vent du Nord,  la semaine dernière, j'avais les oreilles et les yeux fixés sur le mouvement rythmique des pieds, bien plus que sur ses habiles acrobaties d'archet. J'y ai longuement réfléchi et je sais maintenant pourquoi. Il ne me reste qu'à apprendre à taper du pied. Mais à cet égard, je suis peut-être une cause désespérée.

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Voici un lien à une excellente vidéo sur le tapage de pieds québécois. https://www.youtube.com/watch?v=aD-JY8wl4Ys


mercredi 7 décembre 2022

Serment au roi... Expliquez-moi, quelqu'un...

Avez-vous lu le projet de loi 4 sur l'abolition de l'exigence du serment au roi pour siéger comme député à l'Assemblée nationale? Il est court. Très court. Le voici:

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Que faut-il en conclure?

1. Primo, qu'une loi de l'Assemblée nationale suffit pour rendre le serment au roi inopérant, et confirmer que seul le serment au peuple québécois est obligatoire.

2. Qu'on n'a donc pas besoin de négociations constitutionnelles avec le gouvernement fédéral et les autres États de la fédération pour tasser le serment au roi.

Par contre, en modifiant l'article 128 de l'AANB de 1867, ce minuscule texte législatif laisse entendre qu'une modification à l'article 128 (qui décrète l'obligation du serment au roi) était requise pour permettre aux députés du PQ de pouvoir siéger à l'Assemblée nationale.

Alors je pose à nouveau la question que je répète depuis déjà quelque temps: POURQUOI?

En 1968, le Québec a adopté un projet de loi abolissant le Conseil législatif et attribuant ses pouvoirs à la seule Assemblée nationale. Cette loi ne fait aucune mention de l'article 71 de la Loi constitutionnelle de 1867, qui décrète l'existence dudit Conseil législatif et qui n'a pas été abrogée.


On indique cependant, à la fin de l'AANB dans le site CanLII* qu'en vertu des dispositions de la Loi concernant le Conseil législatif (adoptée par Québec en 1968), ces articles sont périmés. 



Alors je reviens à ma question. Si la loi de 1968 abolissant le Conseil législatif (dont l'existence est prévue à l'article 71 et autres de la Loi constitutionnelle de 1867) ne dit pas que cet article 71 ne s'applique plus au Québec, pourquoi l'Assemblée nationale doit-elle le faire pour le serment au roi à l'article 128? La Loi sur l'Assemblée nationale de 1982 ne mentionne qu'un seul serment de fidélité au peuple et à la constitution québécoise. Et cela suffit...

Tant mieux si on le réaffirme avec le projet de loi 4. Mais c'était déjà réglé. On aurait dû laisser siéger les députés péquistes Paul St-Pierre Plamondon, Pascal Bérubé et Joël Arseneau.


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Si jamais l'abolition du serment au roi est contestée devant les tribunaux fédéraux, souvent hostiles au Québec, le débat sera intéressant. Le ministre Roberge dit son projet de loi assis sur des bases juridiques très solides, mais selon le Washington Post, le doyen adjoint de la faculté de droit de l'Université d'Ottawa, Pierre Thibault, est en désaccord. ll est très clair à ce sujet: «L'article 128 s'applique à toutes les provinces. Si nous voulons modifier l'article 128 de la (Loi constitutionnelle de 1867), il nous faut un amendement constitutionnel. Cela ne peut être fait unilatéralement par une province.»

lundi 5 décembre 2022

«Who are these people?»


Cet après-midi, je suis allé au bureau de poste logé au fond d'un Jean Coutu, sur le boulevard Maloney Est (la route 148) à Gatineau.

En sortant, j'ai jeté un coup d'oeil de l'autre côté de la rue, où se dressait jusqu'à récemment l'imposante enseigne de la librairie «Réflexion», une des seules bannières à jeter quelques rayons de culture française sur ce boulevard d'une laideur consommée.

Mais à Gatineau, fief des Tim Hortons et Dollarama, les adresses littéraires n'ont jamais été choyées, et c'est sans grande surprise que cette librairie du boulevard Maloney a fermé ses portes il y a quelques années. Il y avait certes là matière à réflexion...

Toujours est-il qu'en levant les yeux vers l'emplacement que je croyais toujours déserté, j'ai noté une nouvelle enseigne et ce n'était pas édifiant.  À la place des étagères de livres et magazines on trouve maintenant un centre de liquidation. Et comme si cela, en soi, n'était pas suffisamment déprimant, une grosse annonce illuminée dévoile le nouveau nom du commerce: Quick Pick.

Encore une fois, sous la barbe de l'Office québécois de langue française, une raison sociale unilingue anglaise remplace un nom français.  Une succursale d'une entreprise d'Ottawa, si je peux me fier au site Web unilingue anglais de l'entreprise... Ce qui me désespère, c'est que cette anglicisation des noms de commerce ne soulève à peu près aucune réaction au sein du public francophone et surtout pas chez les élus.

Le dernier recensement fédéral, celui de 2021, est un miroir chiffré de ce que l'on voit et entend dans les rues de la quatrième ville du Québec. Entre 2016 et 2021, le nombre de Gatinois qui ne parlent que l'anglais comme langue officielle a bondi de plus de 5000 ! Pendant ce temps, le nombre d'unilingues français a diminué de 3000. Faites le calcul, il est fort simple. Tous les indicateurs témoignent d'un déclin du français.

Et surtout ne demandez pas aux gens d'en devenir conscients, encore moins de s'inquiéter de l'avenir leur langue commune et officielle. Un petit nombre de francophones crie dans le désert. Même les médias constatent dans l'indifférence totale, attaquant même au passage ceux, comme le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, montent aux barricades.

Arrive un anglophone dans un quartier? Trop souvent, les voisins francophones, la plupart du temps bilingues, lui parleront en anglais. L'habitude de vivre à genoux à l'ombre d'Ottawa. Quand un restaurateur de Gatineau qui ne parlait pas français a mis M. Perreault à la porte parce qu'il demandait à être servi en français, de nombreux clients francophones étaient assis tout autour. Se sont-ils portés à la défense de M. Perreault? Non, ils ont gardé le silence, en baissant la tête...

Les 5000 nouveaux unilingues anglais qui se sont établis à Gatineau depuis cinq ans sont sans doute concentrés dans certains quartiers riverains, mais d'autres sont éparpillés un peu partout, jusque dans l'est beaucoup plus francophone de la ville. Ils fréquenteront les commerces locaux en s'adressant en anglais comme s'ils étaient chez eux, sans même se poser de questions. Dans mon quartier, jusqu'à ces dernières années, je n'entendais jamais d'anglais dans les rues. Aujourd'hui, les choses changent... vite.

Il y a quelques jours, un couple avec deux enfants d'environ 8 à 10 ans marchait sur notre rue et s'approchait de chez moi. Je m'affairais dans l'entrée, près de l'auto et m'apprêtais à les saluer, comme on salue tout le monde, jusqu'à ce que le plus âgé des enfants lance à ses parents, en me regardant: Who are these people? Je n'ai pas entendu la réplique, mais je me suis tout à coup senti un peu étranger dans mon pays. La question était pertinente, cependant, et il est grand temps qu'on y réponde. Qui sommes-nous? Même, y a-t-il toujours un «nous»?

Clairement, à Gatineau, l'ambiance est à la liquidation...

samedi 3 décembre 2022

La Rotonde: la révolution des années 60

À gauche, La Rotonde en 1963; à droite, en 1967... Tout avait changé...

Le reportage récent sur le 90e anniversaire du journal étudiant La Rotonde de l'Université d'Ottawa, diffusé sur les pages Web du réseau ontarien ONFR+, a ravivé de vieux souvenirs. Le texte rappelle quelques jalons importants de l'histoire du journal grâce à la mémoire toujours fiable de l'archiviste et historien Michel Prévost, mais ne dit rien de l'ébullition des années 1960, la décennie qui a marqué un point tournant pour le journalisme étudiant d'ici.

Ce qu'il faut d'abord comprendre, et ça, le texte le passe sous silence, c'est que l'Université d'Ottawa était jusqu'à 1965 un établissement catholique dirigé de main plutôt ferme par les Oblats de Marie Immaculée. Ce n'était pas «le recteur» mais bien le «père recteur»... Et ce contrôle des religieux s'étendait au contenu de «La Rotonde», dont la marge de manoeuvre pouvait être fort limitée, comme le souligne M. Prévost, avec la censure d'un reportage spécial sur la visite de la Reine Elizabeth à l'automne de 1964.

Quand je suis officiellement arrivé sur le campus à titre d'étudiant universitaire en septembre 1963 (j'avais y déjà fait mon secondaire de 1959 à 1963)* , à la faculté des Sciences sociales, j'ai conservé le premier numéro de l'année de La Rotonde. La manchette annonce que le «père recteur» a modifié le nom de l'association étudiante, on voit en page une la photo de la reine de l'initiation (de la faculté des «sciences domestiques») et les deux pages centrales sont consacrées à un pèlerinage religieux, la Montée Saint-Benoit. Le rédacteur n'est pas un Oblat, mais il aurait bien pu l'être. «Le Christ est la route. Le Christ est ma route. Le Christ est la route de l'humanité», écrit-il. Il faut avoir été là, en temps réel, pour comprendre que ce genre de texte, à l'époque, ne faisait guère sourciller. Il était héritier d'une longue tradition.

J'ai aussi conservé le numéro du 20 octobre 1967 de La Rotonde pour montrer à quel point, en quatre années seulement, le milieu universitaire avait viré sens dessus dessous. Dans le bannière du journal en haut de la une, à côté de «La rotonde» on lit: «viva che!» et la page entière est occupée par l'immense photo classique de Che Guevara, dédiée à sa mémoire. «On ne tue pas une légende. Le Che ne pouvait donc pas mourir», écrit-on. On publie un texte sur un fonds d'entraide aux victimes de la guerre du Vietnam, et deux pages sur le départ fracassant de René Lévesque aux assises du Parti libéral du Québec. Deux reporters de La Rotonde, Paul Terrien et Henri Bradet, s'étaient rendus à Québec... Ce journal étudiant n'a vraiment rien à voir celui de 1963 ou 1964.

Pourquoi? Je n'ai fréquenté que la faculté des sciences sociales, où en 1963, l'immense majorité des étudiants étaient québécois et partisans de l'indépendance, notamment du RIN, parfois du FLQ. À cette époque, l'Université d'Ottawa élisait à chaque année un Parlement étudiant largement fondé sur les partis fédéraux traditionnels. J'avais 17 ans, j'étais franco-ontarien et - Dieu me pardonne - libéral. Quel ne fut pas mon choc de voir mes collègues québécois aux sciences sociales rejeter «en bloc» les vieux partis fédéraux pour fonder le «Front lumineux». Si on avait ajouté «du Québec» c'aurait été le FLQ... Le résultat au Parlement étudiant: Parti libéral 41, Front lumineux 31, et les autres des miettes. Les pères oblats savaient que leur mainmise achevait.

Le texte sur les 90 ans de La Rotonde ne le dit pas - personne n'est assez vieux pour s'en souvenir - mais la vie étudiante francophone de l'époque était très fortement marquée par la présence québécoise, souvent plus agitée et rebelle que les jeunes Franco-Ontariens. À cette dynamique de changement créée par la Révolution tranquille (et parfois pas tranquille) du Québec s'est ajoutée la révolution sociale et musicale déclenchée par les Beatles en 1964, l'engagement croissant de la jeune génération en faveur des droits des Noirs américains et contre la guerre au Vietnam, et aussi le départ officiel des Pères Oblats (sauf au poste de recteur) en 1965 avec la transformation de l'Université d'Ottawa en établissement laïc et public. Les vannes étaient tout à coup grandes ouvertes. La rectitude politique a pris le chemin de la poubelle. Y compris dans La Rotonde.

Quant à savoir si La Rotonde a été un pilier de la francophonie ontarienne et de la francophonie à l'Université d'Ottawa, je me souviens qu'à la fin des années 1960 il y a eu un fort mouvement au sein de la population étudiante franco-ontarienne en faveur de l'unilinguisme français à l'Université d'Ottawa. Et la Rotonde y a fait écho, largement. Mais dès le début des années 1970, les francophones ont perdu leur majorité à l'Université d'Ottawa et aujourd'hui, ne forment plus que 30% de la population étudiante. Tout cela s'est passé sous les yeux de La Rotonde, et je n'ai pas souvenir d'interventions fracassantes susceptibles d'ébranler les colonnes du temple. L'équipe actuelle en est rendue à oeuvrer pour ce qui reste de bilinguisme et se plaint que les institutions francophones sont en voie de disparition sur le campus...

La seule planche de salut pour les 13 000 francophones, québécois comme ontariens, qui y étudient serait que l'Université d'Ottawa crée un campus de langue française qui deviendrait le coeur d'une véritable «Université de l'Ontario français». Si La Rotonde s'engageait à fond de train dans une telle revendication, on ne sait jamais... Peut-être mon ancien journal étudiant réussira-t-il à fêter ses 100 ans...

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* L'Université d'Ottawa avait une école secondaire privée bilingue, l'École secondaire de l'Université d'Ottawa, située sur le campus et dont l'objectif avoué était de former des candidats (c'était une école de gars) susceptibles de s'inscrire à l'université après l'obtention de leur diplôme d'études secondaires. Ce fut mon parcours, de 1959 à 1963.


vendredi 2 décembre 2022

Laissez-les entrer! Tout de suite!



L'affaire du serment d'allégeance pour les députés se simplifie de jour en jour. Quand il est question, comme on l'a cru au début, d'obligations constitutionnelles découlant de l'AANB de 1867, d'amendements à ces soi-disant obligations, et d'éventuels projets de loi, tout devient compliqué. Les juristes ne s'entendent pas et la collectivité journalistique, trop souvent rétive devant des tas d'arides textes constitutionnels et législatifs, nous a proposé un méli-mélo d'information qu'on peine à déchiffrer.

S'il y a une chose que j'ai apprise après un demi-siècle de journalisme, c'est de se méfier des experts juridiques. Ils ont fréquemment raison mais parfois, ils ont tort. Je ne suis ni avocat ni professeur de droit mais je sais lire et je crois pouvoir comprendre ce que je lis. Et une fois que je trouve une réponse fondée sur une recherche que j'espère solide, je n'ai pas peur de l'exprimer publiquement. Et si je me trompe? Tant pis. J'aurai appris de l'exercice.

Cette fois, devant le refus des trois députés péquistes de jurer fidélité au roi Charles III, et constatant le caractère approximatif des reportages dans la presse écrite et électronique, je suis allé aux sources. Et soudainement, tout m'apparaissait très clair. J'en ai tiré le raisonnement suivant, que j'estimais relever du gros bon sens:

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1. Charles III est le roi du Québec.

2. Le lien entre Charles III et le Québec est direct. Il ne fait pas de détour par Ottawa.

3. Le Québec est seul maître de sa constitution.

4. Son rapport avec le roi Charles III relève de sa constitution.

5. La Loi sur l'Assemblée nationale prescrit un seul serment de fidélité, au peuple québécois.

6. Le serment de fidélité au roi prescrit dans l'AANB de 1867 contredit le serment de fidélité au peuple dans la loi québécoise.

7. Le Québec, étant constitutionnellement maître de ses rapports avec son roi, a le droit de rédiger son propre serment d'allégeance. Ce qu'il a déjà fait en 1982.

8. Ce serment québécois, prescrit dans la Loi sur l'Assemblée nationale, rend donc inopérant le serment de l'AANB.

9. Les députés qui jurent fidélité au roi après avoir juré fidélité au peuple violent donc l'esprit et la lettre de la Loi sur l'Assemblée nationale.

Échec et mat.

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Pour ceux et celles qui n'ont pas déjà quitté ce texte de blogue, je reprends ici le cheminement depuis l'annonce, le 1er novembre, de la décision du président sortant de l'Assemblée nationale, François Paradis de confirmer l'obligation «constitutionnelle» du serment au roi Charles III pour pouvoir occuper son fauteuil de député.

Un reportage de TVA Nouvelles citait la décision de M. Paradis: «Dans ce contexte, la présidence n’a pas le pouvoir de dispenser un député d’une obligation constitutionnelle et elle ne peut juger recevable une motion qui permettrait de passer outre à cette obligation». Cette soi-disant obligation est contenue dans l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (AANB), aussi appelé Loi constitutionnelle de 1867, et n'a jamais été modifiée.

Ce que personne ne mentionne, c'est que la portée de l'AANB pour ce qui concerne les constitutions des provinces a été considérablement modifiée par le Comité judiciaire du Conseil privé de Grande-Bretagne (ancêtre de la Cour suprême fédérale) durant le premier demi-siècle de la Confédération. Et il avait été clairement établi que tout ce qui touche la constitution du Québec était à l'abri des interventions d'Ottawa, et qu'ainsi le rapport entre Québec et le roi ou la reine était direct. Pas de détour par Ottawa ou son gouverneur général...

Ainsi, les rapports entre Québec et son monarque, Charles III en l'occurence, relèvent de la constitution québécoise. Comme, jadis, l'existence ou pas du Conseil législatif (l'ancien Sénat du Québec), toujours présent dans l'AANB mais aboli en 1968 par simple projet de loi du Québec, sans nécessité d'amendement constitutionnel. Depuis ce temps, l'Assemblée nationale (qui remplace l'appellation «assemblée législative» dans l'AANB) exerce tous les pouvoirs octroyés jadis par la Grande-Bretagne et les Pères de la Confédération au Conseil législatif.

Je ne comprends pas pourquoi François Paradis, sans doute épaulé par des avocats en droit constitutionnel, a mis de l'avant la possibilité de la nécessité d'un amendement constitutionnel, devenu quasi impossible depuis la Charte imposée de 1982. La nouvelle présidente de l'Assemblée nationale, Nathalie Roy, semble avoir repris l'argument de son prédécesseur avec un bémol: «Pour atteindre ce but (liquider le serment au roi), dans l'hypothèse où une modification constitutionnelle complexe ne serait pas requise, il faudrait au minimum une loi du Parlement québécois qui modifierait en ce qui regarde le Québec l'article 128 de la Loi constitutionnelle de 1867.»

Sans abandonner la possible nécessité d'un amendement constitutionnel, elle ouvre la porte à l'adoption d'une simple loi du Québec qui modifierait la portée de l'AANB, un peu à la sauce «Loi 96» qui a inséré dans la Loi constitutionnelle de 1867 la mention du français comme langue commune et officielle du Québec. Le premier ministre Legault semble avoir passé le premier élément à la guillotine. En annonçant un projet de loi pour rendre facultatif l'allégeance à Charles III, il a clairement écarté l'éventualité d'un amendement constitutionnel. Cela ne concerne que le Québec et sa propre constitution.

Ça règle, dans mon raisonnement, les articles 1 à 4 (voir ci-haut).

Arrivera donc un projet de loi. La question que je pose se résume en un mot: pourquoi? Si un projet de loi suffit pour annuler le serment au roi, il existe déjà. Il s'appelle Loi sur l'Assemblée nationale et a été adopté en 1982. Dans ce projet de loi, il est stipulé à l'article 15 et l'Annexe 1 que pour siéger, un député doit jurer fidélité au peuple québécois et à la constitution du Québec. Rien d'autre. On n'évoque pas le serment exigé par l'AANB, de la même façon qu'aucune mention n'était faite de l'AANB dans le projet de loi sur l'abolition du Conseil législatif et de la création de l'Assemblée nationale. Ce n'était pas nécessaire. Québec ne faisait qu'occuper un champ de compétence qui lui revenait en exclusivité. Toute disposition de la Loi constitutionnelle de 1867 à cet égard devenait inopérante sans même qu'on modifie le texte de 1867.

C'est ce Québec a fait en 1982 avec l'adoption de la Loi sur l'Assemblée nationale. Le serment unique que cette loi contient ne fait pas que rendre optionnel le serment de 1867 au roi. Il l'élimine. La loi québécoise impose un serment d'allégeance au peuple québécois. L'ancien serment, en affirmant la fidélité à un monarque de droit divin, chef religieux par surcroit, est contraire à l'affirmation de la primauté du peuple québécois. Il la contredit, de fait. Je ne suis pas avocat, ni constitutionnalisée, mais il me semble qu'on ne peut, du même souffle, jurer fidélité à une loi et à son contraire. Jurer fidélité au roi, c'est trahir le serment de fidélité au peuple. N'est-ce pas?

Ce que dit la Loi sur l'Assemblée nationale de 1982


Reste ma dernière question: que contiendra ce nouveau projet de loi? Que pour siéger, il n'y a que l'obligation de 1982 du serment d'allégeance au peuple et à la constitution du Québec contenu dans la Loi sur l'Assemblée nationale? Mais c'est ce que dit déjà la Loi sur l'Assemblée nationale. Le dire une seconde fois, c'est mieux? Peut-être ajoutera-t-on que l'on n'est plus lié par le serment au roi de l'AANB. Pourquoi? On n'a pas écrit dans la loi, en abolissant le Conseil législatif en 1968, que le Québec n'était plus lié par les dispositions de l'AANB (la Loi constitutionnelle de 1867). L'adoption de la loi québécoise suffisait. Comme celle de 1982 suffisait pour le serment d'allégeance au peuple québécois.

En ce qui me concerne, l'affaire est déjà réglée depuis longtemps. Depuis 1982. On n'a pas besoin de modifier la constitution. On n'a pas besoin d'un projet de loi. La présidente de l'Assemblée nationale n'avait pas le droit d'interdire aux députés du Parti québécois l'accès au Salon bleu. Ils s'étaient conformés aux exigences de la loi existante. Exigences qu'on ne fera que réitérer dans un nouveau projet de loi. Inutilement.

Laissez-les entrer! Toute de suite! Avec des excuses!