25 janvier 2026...
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| capture d'écran du site Web Le Devoir |
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C'est mal parti...
Depuis 1974, le Parti québécois traîne à son pied le boulet de l'étapisme. Se faire élire ne signifie jamais mettre en oeuvre immédiatement le projet d'indépendance. On offre à la nation québécoise un gouvernement attrayant de centre-gauche avec l'engagement de tenir un référendum sur la souveraineté politique.
Avec ce programme, le PQ a gagné cinq élections, dont quatre avec une solide majorité à l'Assemblée nationale. Mais l'échec, en 1980 et en 1995, de deux référendums qu'on a depuis décortiquées ad nauseam, a eu pour résultat une paralysie à peu près totale de la dynamique constitutionnelle Québec-Canada.
Après 1980, ce fut la nuit des longs couteaux et la Charte canadienne de 1982, enfoncée dans la gorge du Québec contre son gré. Puis nous avons subi Meech, Charlottetown, les tricheries d'Ottawa en 95, la Loi fédérale sur la «clarté» et l'invasion par Ottawa de compétences québécoises avec l'aide des juges suprêmes qu'il nomme. Le grand élan souverainiste du dernier demi-siècle a finalement abouti à une plus grande centralisation de la fédération.
Le gouvernement de la majorité anglo-canadienne piétine depuis longtemps les plates-bandes québécoises avec son pouvoir illimité de dépenser et une législature où nous sommes toujours minoritaires, le tout soutenu par une Tour de Pise judiciaire ficelée au goût de nos adversaires. Et Ottawa ne s'est pas enfargé dans un référendum pour imposer à la nation québécoise sa Charte multiculturelle de 1982.
Il est trop tard pour se défaire d'un référendum dès le premier mandat, promis par Paul St-Pierre Plamondon et entériné par le parti. L'élection a lieu dans neuf mois. Or voilà qu'au congrès du PQ, en réaction aux propos disgracieux de Mark Carney sur les Plaines d'Abraham, le mot d'ordre est lancé: la campagne référendaire est déjà en marche et le premier ministre du Canada est perçu comme le nouveau chef du camps du «Non». Mobilisation!
Non mais, quelqu'un a-t-il noté que le PQ n'a que six députés à l'Assemblée nationale? Peut-être bientôt un septième. Ce n'est pas le temps de perdre de vue, même pour un instant, le compte à rebours électoral. Il faut élire un gouvernement majoritaire en octobre avant même de fixer l'attention des militants sur la formation d'un comité du «Oui». Et cette élection, en dépit des sondages encourageants, n'est pas assurée.
Le PQ devra affronter deux partis, la CAQ et les libéraux, qui se donnent de nouveaux chefs. Qui sait quel effet ces nouveaux venus auront sur l'humeur de l'électorat? Sans compter que les débats électoraux se dérouleront dans un décor façonné, du moins en partie, par les agissements du gouvernement Carney et la menace toujours présente du fou orange à la Maison Blanche.
Le Parti québécois a tous les atouts en main pour vaincre au scrutin d'automne mais les ressources ne sont pas illimitées et il ne faut surtout pas tenter de mener de front une campagne électorale et une campagne référendaire. Par le passé, la première s'est avérée plus gagnante que la seconde. En cette fois, sans la première, il n'y aura pas de seconde. Le peuple québécois doit d'abord donner au Parti québécois le mandat de gouverner.
Proposons à la nation d'élire un gouvernement souverainiste qui, au-delà des grandes priorités de l'heure, préparera le terrain de l'indépendance: cela suffit. Après quatre années d'une gouvernance qui devra tester les limites du régime actuel sur tous les plans (politique, constitutionnel, judiciaire, social, etc.), le gouvernement Plamondon pourra étoffer une campagne qui permettra au peuple québécois de se prononcer, peut-être favorablement cette fois, sur la création de ce pays qui sera enfin le nôtre.

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