lundi 23 mars 2026

La cause la plus fondamentale de notre génération???

23 mars 2026...

capture d'écran de la Cour suprême du Canada



Le débat sur la laïcité de l'État du Québec s'est transporté lundi matin (23 mars) à Ottawa, rue Wellington, à quelques pas du Parlement, où la Cour suprême du Canada entamait quatre journées complètes d'audiences. La meute d'adversaires parfois virulents de la Loi 21 semblait s'être donné rendez-vous, sans doute heureuse de se retrouver en terrain ami, à quelques pas du Parlement fédéral, du côté ontarien de la rivière des Outaouais.

Le ton était donné avant même le début des audiences par le président du Conseil national des musulmans canadiens, Stephen Brown pour lequel la contestation juridique de la laïcité québécoise est «la cause la plus fondamentale de notre génération». Rien de moins! Écoutez ça: selon lui, si la Cour suprême entérine la décision du Québec d'avoir recours à la clause nonobstant pour mettre en péril les libertés des Québécois, les droits des citoyens des autres provinces en matière de liberté d'expression et de religion pourraient être compromis.

Que cet argument farfelu soit pris ou non au sérieux importe peu. Les ennemis de la Loi 21 savent qu'ils peuvent se permettre de dire à peu près n'importe quoi à Ottawa, où ils sont entourés et appuyés par une armée médiatique. On trouvera ici à tous les coins de rue et dans toutes les salles de rédaction des chroniqueurs ou commentateurs prêts à vomir sur la laïcité québécoise au nom d'une moralité soi-disant supérieure drapée d'une bonne couche de venin. Ici, les bibittes anti-québécoises ont toujours le droit de sortir du placard.

Les porte-parole des Anglo-Québécois, des musulmans, des sikhs, des organisations de libertés civiles, et des autres parties engagées dans la contestation de la Loi savent aussi que la bataille de la Cour suprême déterminera l'issue de la guerre. Il n'y aura pas d'appel ici. Et ils sont parfaitement conscients que le gouvernement de la CAQ, en acceptant de se rendre devant la Cour suprême pour se faire juger en vertu de la Constitution des longs couteaux de 1982 (devant des juges nommés par Ottawa), a aussi accepté de capituler advenant la condamnation de la laïcité et du recours à la clause dérogatoire.

Je n'ai pu écouter les audiences qu'en matinée, mais déjà les coups pleuvaient. La Commission scolaire English-Montréal a de nouveau prétendu que l'interdiction du port de signes religieux dans les écoles et administrations scolaires portaient atteinte aux droits «linguistiques» de la minorité anglo-québécoise, protégés par l'article 23 de la Constitution des longs couteaux. Lier le hijab à la langue anglaise? Faut le faire... Je ne suis pas sûr, cependant, que tous les juges se soient laissés emberlificoter par cette plutôt faible allégation.

Le Conseil national des Musulmans canadiens a pour sa part utilisé un argument que j'ai trouvé fort original... et bizarre. Selon leur procureur, La Loi 21 est motivée par des considérations morales, et seul le gouvernement fédéral serait autorisé à légiférer en matière de moralité. Elle est bien bonne celle-là... Il me semble d'ailleurs qu'un juge ait mentionné en réplique ce qui devrait apparaître évident à tous et toutes: en général les lois, qu'elle soient fédérales ou provinciales, portent toutes en elles des éléments de moralité publique. Et que dire de voir ces protecteurs de la «moralité» défendre le port d'un symbole d'oppression des femmes au nom d'une constitution imposée au Québec après de louches négociations dans une cuisine du Château Laurier à Ottawa?

Un autre opposant à la Loi 21 a dénoncé la laïcité québécoise pour sa soi-disant persécution des minorités. Il a notamment affirmé, sans sourciller, que la protection des minorités avait été un élément fondamental de l'Acte de l'Amérique du Nord de 1867. Il n'a évidemment lu aucun livre sur l'histoire du Canada. Parlez-en à TOUTES les minorités francophones hors Québec, persécutées dès le lendemain de 1867, et jamais protégées par Ottawa. Celle-là, je l'ai trouvé grossière.

Et que penser de l'avocat de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) du Québec, qui a dit, dans son plaidoyer contre la Loi 21 en Cour suprême, qu'il fallait revenir à l'essence du Canada, «une démocratie saine et riche»... Un grand nombre des membres de cette centrale syndicale se seraient étouffés. On se souvient à quel point la démocratie canadienne était «saine et riche» en octobre 1970 quand on a emprisonné près de 500 innocents (dont plusieurs syndicalistes), quand on nous a bourrés de faussetés en 1980, quand on nous a plantés dans le dos la Constitution des longs couteaux en 1982, quand on a érigé la tricherie en système pour gagner en 1995...

L'impression laissée après avoir écouté les audiences du lundi matin en Cour suprême, c'est le degré d'ignorance de l'histoire de ce pays, du sort réservé depuis le 19e siècle à la langue et à la culture française, d'une domination anglo-canadienne trop souvent haineuse, de l'évolution fulgurante de la société québécoise et canadienne-française, de son passage de l'ultra-catholicisme à la laïcité, de l'utilisation de l'État québécois comme seul véhicule du nationalisme progressiste et respectueux de l'unique majorité de langue française. Les opposants à la Loi 21 arrivent le plus souvent avec leurs gros sabots pour faire avaler à notre tribu arriérée que la véritable civilisation passe par le multiculturalisme de leur Constitution des longs couteaux.

Tous les Québécois auraient avantage à suivre ces audiences sur le site Web de la Cour suprême. Ils passeraient quelques jours fort instructifs devant leur petit écran à écouter les jérémiades des ennemis de la laïcité québécoise. Et j'ai confiance que la plupart d'entre eux finiraient par en tirer les conclusions qui s'imposent...

1 commentaire:

  1. En effet, tel que prévu, nous avons assisté à un festival de la haine. Ce qui est cependant surprenant est l'appui que la Loi 21 recueille en Ontario, et ce malgré la propagande haineuse des élites multiculturalistes de la province. En effet, pratiquement toute la classe politique, intellectuelle et journalistique sont contre la laïcité. Ils étaient contre le Projet de loi 60 (Chharte des valeurs du gouvernement péquiste de Mme Marois (2012-2014) et naturellement aussi contre la Loi 21. Nous n'avons identifier qu'un seul chroniqueur qui a toujours appuyé la laïcité québécoise, Tarek Fatah, décédé en 2023. En 2014, ce chroniqueur du Toronto Sun appuyait la Charte des valeurs et avait appelé à voter PQ, le seul gouvernement qui se tenait debout face aux islamistes selon lui. Il avait conclue sa chroniques en écrivant: "Save Canada, vote PQ". Eh bien en 2019, malgré la haine de élites multiculturalistes, entre 35-40% des Ontariens appuyait le Projet de loi 21, maintenant Loi 21.

    Quant à la Fédération autonome de l'enseignement, disons que la direction était incapable de trouver l'argent pour des sandwichs et du café pour ses grévistes lors du dernier conflit de travail en 2023. Cependant, ils peuvent trouver un million de dollards (et le montant augmente de jours en jours) pour financer la contestation de la Loi 21. Loi appuyée par la MAJORITÉ de ses membres!!! Lors du débat sur la Charte des valeurs en 2013, la FAE avait sondé ses membres. Plus de 78% étaient d'accord avec l'interdiction du port de signes religieux pour les enseignants et enseignantes. La direction, pro-Québec solidaire, avait décider de ne pas tenir de la réponse de ses membres, et on connait la suite. Bel exemple du non-respect de la volonté dec ses membres par la direction de la FAE.

    RépondreEffacer