18 avril 2026...
Les sondages sur les options référendaires des Québécois n'annoncent rien de bon pour les partisans de l'indépendance. Au plus récent coup de sonde de Léger, en mars 2026, seulement 29% des répondants indiquaient une intention de voter oui à la question suivante: «Si un référendum avait lieu sur la souveraineté du Québec, voteriez-vous POUR ou CONTRE la souveraineté du Québec?»
Êtes-vous surpris? Moi pas... Réduire les perceptions citoyennes de l'option souverainiste à la décision de cocher Oui ou Non dans un bureau de scrutin ne constitue pas un reflet fidèle de la variété des courants d'opinions au sein de la société québécoise. Au départ, l'idée même d'un référendum est impopulaire, même chez bon nombre d'indépendantistes.
Entre Oui et Non, il y a une multitude de nuances de gris. Et pour les décortiquer, confronter les répondants au bulletin de vote référendaire n'a absolument aucun sens. Selon le dernier Léger, plus du quart des sympathisants péquistes voteraient Non, pendant que près de 20% des caquistes cocheraient Oui. Expliquez-nous ça.
La grande majorité des autonomistes - la soi-disant troisième voie - favorisent, d'une façon ou l'autre, un certain accroissement ou une affirmation accrue des pouvoirs constitutionnels du Québec contre un État fédéral centralisateur. Si, par exemple, la question référendaire portait sur le rapatriement au Québec de tous les pouvoirs en matière d'immigration, quel serait le résultat? 40% de Oui? 50% + 1?
Quelles nuances peut-il y avoir entre l'indépendance tout court et toutes formes d'affirmation nationale où le Québec arracherait un statut très particulier dans un État fédéral bien plus asymétrique? Dans quelle proportion les citoyens seraient-ils favorables à une extension des compétences du Québec sur le plan international? Quel serait l'appui à la représentation du Québec dans les grandes compétitions sportives mondiales, y compris aux Olympiques?
Les sondages ont démontré que la majorité des citoyens favorisaient l'adoption d'une constitution québécoise affirmant des valeurs fondamentales telles que le caractère français et la laïcité de la nation.
Les sondages référendaires donnent invariablement une image monochrome de l'opinion québécoise. Celle des citoyens obligés de choisir blanc ou noir alors qu'ils préféreraient gris, jaune, vert, bleu, rose ou mauve ou toutes ces couleurs en combinaisons variées.
Le Parti québécois sans boulet référendaire à court terme pourrait ratisser bien plus large. Même en traînant son boulet référendaire, il peut espérer une majorité parlementaire en octobre 2026. L'important, à court terme, sera de dresser un programme permettant au Québec un maximum de gains en misant sur l'appui de tous ceux et celles qui, peu importe leur option référendaire, ont le Québec à coeur et sont prêts à faire un bout de chemin.
L'idée de la souveraineté du Québec sera bien mieux accueillie que l'idée d'un référendum sur la souveraineté...
Et pour un an ou deux, mettez donc les sondages à la poubelle.

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