23 avril 2026...
Depuis son arrivée au poste de premier ministre du Canada, Mark Carney fait «royalement» preuve d'indifférence, voire de négligence, quand vient le temps de protéger ou promouvoir la langue française, ou de respecter les droits et valeurs de la majorité québécoise.
La nomination de Mark Wiseman comme ambassadeur du Canada à Washington s'ajoute à la preuve. Unilingue anglais, hostile à la gestion de l'offre chère au Québec, partisan d'une immigration massive même si «ça fait hurler le Québec», M. Wiseman a invité les députés du comité parlementaire des Affaires étrangères à sa réception inaugurale à Washington en anglais seulement...
Invité à s'expliquer aujourd'hui devant ce même comité, le nouvel ambassadeur a doublé le tort d'un affront. Il s'est excusé de sa bourde, mais encore une fois en anglais seulement. À la Michael Rousseau. Le premier ministre a reconnu que la communication de M. Wiseman était «inacceptable», mais seulement après que les députés du Bloc et du Parti conservateurs se soient indignés sur la place publique.
Les députés libéraux francophones semblent bien à l'aise - publiquement du moins - de voir leur langue nationale malmenée jusque dans les hautes sphères de leur gouvernement. Après l'injurieux discours de Marc Carney sur les Plaines d'Abraham où la conquête était devenue l'acte fondateur d'un pacte biculturel imaginaire, on a découvert que les rédacteurs des textes du premier ministre étaient tous des Torontois anglophones...
En effet qui se ressemble s'assemble. On ne trouve aucun défenseur de la langue française dans la garde rapprochée de M. Carney. Quant à l'ambassadeur Wiseman, c'est un ami personnel du premier ministre. Difficile de croire que les deux hommes entretiennent des conflits de fond quant aux grandes orientations du pays, y compris en matière linguistique. M. Carney savait donc à quoi s'attendre quand il lui a confié le rôle de porte-parole du Canada au sein de l'empire Trump.
Dès ses premiers jours comme premier ministre, Mark Carney avait aboli le portefeuille des Langues officielles pour le remplacer par un ministère de l'Identité canadienne. C'était déjà un geste hostile à l'endroit de la langue française et de la nation québécoise. Et il n'a rien fait pour activer le nouveau mandat du Commissariat aux langues officielles de protéger le français partout au Canada, y compris au Québec.
Au contraire, le gouvernement libéral a l'intention de contester devant SA cour suprême l'utilisation par le Québec de la clause dérogatoire de la Constitution des longs couteaux pour mettre la Loi 96 (français langue commune et officielle) à l'abri des tribunaux. Et il continue de verser environ 80 millions $ par année à la collectivité anglo-québécoise et à l'anglicisation du Québec...
À Ottawa, les fonctionnaires fédéraux francophones continuent en très grande majorité à travailler en anglais. Dans la bureaucratie fédérale, la langue française demeure essentiellement une langue de traduction, et les choses risquent d'empirer avec les coupes annoncées chez les traducteurs. Le bilinguisme a toujours été une façade.
En matière de langue, Mark Carney restera une copie conforme de ses prédécesseurs, peu importe le parti. À chaque violation des droits de la langue française, il se confondra en excuses pour les médias et dès le lendemain, ce sera de nouveau business as usual... Jusqu'au prochain incident, qui ne saurait guère tarder...

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