27 avril 2026...
Aujourd'hui, deux - peut-être trois - événements ont légèrement perturbé le va-et-vient centrifuge-centripète qui tantôt menace, tantôt renforce la moins-fragile-qu'elle-ne-paraît Tour de Pise fédérale au Canada...
D'abord le seul député québécois du Nouveau Parti démocratique, Alexandre Boulerice, a fait ce que tout le monde attendait: il a officiellement annoncé son départ comme député fédéral pour se présenter comme candidat de Québec Solidaire aux prochaines élections québécoises.
Mais au-delà du coup de pied vous-savez-où au NPD, qui n'a plus que cinq députés aux Communes, M. Boulerice a profité de sa rentrée au Québec pour s'affirmer souverainiste! Il n'y est pas allé de main morte. Son expérience au Parlement canadien, affirme-t-il, a renforcé (?) sa conviction «de la nécessité de l'indépendance du Québec», ainsi que le besoin «d'avoir l'ensemble des outils pour être capable d'agir sans tout le temps se marcher sur les pieds».
Évidemment, il faut en prendre et en laisser. Alexandre Boulerice a siégé pendant une quinzaine d'années au sein d'un parti qui a constamment combattu la souveraineté du Québec, qui s'est opposé avec fermeté aux mesures visant à promouvoir au Québec français et laïc. Comme je refuse de mettre en doute sa bonne foi, je dois croire qu'il adhérait sincèrement à l'ensemble de l'action des néo-démocrates. C'est tout un revirement.
Par ailleurs, il passe à Québec Solidaire, un parti qui se dit indépendantiste mais dont la majorité des partisans ne le sont pas. On peut comprendre son attirance pour le programme de gauche de QS mais clairement - et il le sait - la seule formation qui peut de façon réaliste faire avancer la cause de l'indépendance, c'est le Parti québécois, un parti qui clairement - et il le sait - penche autant à gauche que le NPD fédéral.
Il y a aussi de fortes chances que dans le contexte actuel, son départ des Communes entraîne l'élection d'un autre libéral anti-québécois à la future partielle dans Rosemont-La Petite Patrie. La conversion d'Alexandre Boulerice à la cause souverainiste donne tout de même un demi coup de pouce aux forces centrifuges...
Secundo, Mark Carney a fait des siennes en annonçant la création d'un fonds «souverain» (encore ce mot...) appelé Fonds pour un Canada fort. Avec une mise de fonds de 25 milliards$ en beaux billets du Dominion, y compris ceux en provenance du Québec, cette nouvelle société de la «Couronne» financera les grands projets fédéraux qui piétineront à la fois l'environnement et les compétences des provinces, y compris celles du Québec.
Autant le mot «souverain» est détesté quand il s'agit du projet québécois, autant il est adulé quand vient le temps d'affirmer la «souveraineté» du Canada face aux États-Unis ou de façonner «une seule économie» face aux provinces. Carney n'a pas créé un ministère de l'Identité canadienne pour rien. Ce nouveau fonds fédéral «souverain» deviendra un rouleau compresseur de l'anglophonie multiculturelle visant à aplatir toutes les identités nationales (Québec et Autochtones) et régionales. Un fort coup de Jarnac centripète!
Enfin, la visite diplomatique de Christine Fréchette à Washington aurait pu être considérée comme l'affirmation d'une certaine souveraineté québécoise sur le plan international, jusqu'à ce qu'on apprenne que le tout avait la bénédiction de Mark Carney et de l'ambassadeur anti-québécois du Canada aux États-Unis.
Cela vaut la peine de noter qu'il existe un lien entre ces trois événements. Leurs auteur(e)s ont un ennemi en commun: le Parti québécois!
Le score final de la journée. Centrifuges 2,5, Centripètes 0,5...
La satanée tour de Pise s'est légèrement redressée...


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